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 Perdus dans la jungle

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Jeu 22 Déc - 11:15

       William leva les yeux au ciel.

       "Si tu le dis. Dors alors."

       C'était pas la première fois qu'elle lui disait qu'il formait un très bon matelas, ou cousin, ou ce que vous voulez tant qu'on l'utilisait pour dormir. Mais une moustiquaire intégrée, ça, jamais. En même temps, à quel moment avaient-ils eu besoin d'un repoussoir à moustiques ? Si elle ne se fiait qu'à lui, elle risquait de se retrouver bien vite avec des boutons partout comme si elle avait de la varicelle. Et des maladies tropicales par-dessus le marché. Pour l'instant, ils avaient eu de la chance, il semblait à William qu'ils n'avaient pas dévié de leur direction et ils n'avaient pas croisé d'obstacles notables, comme un marais, une rivière, quelque chose de naturel qu'il aurait fallu contourner. Donc, ils avaient plutôt été chanceux dans leur malheur. De la même façon, à part l'araignée (et les moustiques), ils n'avaient pas croisé de bestioles remarquables. Il y avait fort à parier qu'ici demeuraient des fauves, serpents, crocodiles et autre réjouissances auxquelles il ne fallait pas se frotter. William n'avait plus qu'à prier pour que ça n'arrive pas.
       La respiration d'Anaïs se fit plus lente, elle commençait à s'endormir. Ou elle s'était endormie. Un ploc attira l'attention de William, puis un autre, et puis la pluie se mit à tomber drue. Il déplia précipitamment son paquetage qui était resté à côté de lui et les couvrit tous les deux d'une bâche. C'était simplement une précaution puisque les arbres les protégeaient. Et les affaires d'Anaïs étaient dans la tente, pas de problème de ce côté-là. L'obscurité s'était installée, apportant avec elle toute la vie nocturne de la jungle. William, les yeux grand ouverts dans le noir, attendit patiemment que l'heure tourne. Pas longtemps avant qu'il ne doive la réveiller, Anaïs se mit à marmonner et à bouger dans son sommeil, puis se réveilla en sursaut.

     "Anaïs ? ça va ?" chuchota-t-il dans le noir.

      Question un peu bête, il était certain qu'elle allait répondre par l'affirmative alors qu'il n'en était rien.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Jeu 22 Déc - 15:42

Il a des choses qu'on ne peut maîtriser. Il y a des instants où les souvenirs nous projettent à certains moments que l'on préférait enfuir à tout jamais en nous. Des instants où les cauchemars prennent le pas sur la réalité et que tout semble si réel. Le sang qui coule sur son t-shirt, l'estre au loin, qui nous tient en joue. Cet estre justement, sans pupille, le visage dangereusement placide. Le bruit, le bruit tout autour de nous. Il y a des cris, des hurlements même, des détonations, des voix qui fusent de tous les côtés, et puis au centre, soudainement, le bruit mat d'un corps qui tombe, le coeur qui remonte, la peur qui fait trembler, et la mort qui apparaît. Elle lève son voile pour laisser entrevoir son vrai visage, et elle abat son coup, en emportant tout avec elle. J'ai perdu, j'ai tellement perdu durant ma courte vie. Toujours de manière brusque, sans m'y attendre, sans savoir à l'avance que ce que j'avais, j'allais le perdre dans peu de temps. Ma famille, William une fois, et puis Louis, la blessure la plus récente. Et l'idée que les estres rôdent non loin de nous, évidemment que les images réapparaissaient, évidemment que le fond de mon être se retrouvait secoué. Et cette peur, beaucoup trop intense, n'allait pas me laisser en paix, parce que j'avais beau la repousser lorsqu'elle prenait trop de place éveillée, la nuit, je ne pouvais pas. Elle embrassait mes souvenirs, elle les ravivait et les aidait à remonter à la surface, pour en arriver à cette situation : où Louis est étendu sur le flanc, la sang coule de son torse, comme le sang que j'avais eu sur les mains en essayant vainement d'appuyer sur la plaie. Ses yeux vitreux, sa poitrine ne s'abaisse plus. Louis est mort depuis longtemps, durant un combat que je n'ai même pas mené. Un enfant de la boucle m'a prévenue. Je ne sais pas qui, juste… Je le sais. Et lorsqu'on avance encore un peu, on y voit William, allongé au sol. Son bras cassé replié contre lui, sa plaie à l'épaule coulant encore. Il ne semble pas conscient. Non, il n'est pas conscient. Du sang macule sa peau, il est méconnaissable, mais je sais que c'est lui, et quand je baisse les yeux, je vois que mes vêtements sont aussi recouverts de sang, et quelque chose au fond de moi me dit que c'est celui de Louis, même si je ne comprends pas comment il a pu arriver là. Les buissons bougent autour de moi, et un estre en sort. Un estre ayant en sa possession une arme, une arme à feu. Il est complètement indifférent à ce massacre. Il sait où il va, sa route est claire, il n'hésite pas. Il lève son arme, vise William et…

Je me réveillai en sursautant, contre William justement, parfaitement vivant. Oui, parfaitement vivant, sa chaleur me recouvrait, je sentais son coeur battre contre mon corps. Il n'y avait aucune odeur de sang, c'était même presque calme dans cette jungle. Quand cette constatation eut atteint toutes les parties de mon cerveau, je reposai doucement ma tête contre lui, les yeux dans le vague, mais à l'écoute du monde qui nous entourait. Il pleuvait, c'est pourquoi nous étions recouverts d'une bâche. On entendait des bruits d'oiseaux, des sortes de grenouilles, une foule de choses que je ne saurais pas définir. En fait ce n'était pas calme, loin de là, ce n'était jamais calme ici, surtout lorsque l'on s'arrêtait juste quelques secondes pour essayer de comprendre ce qui pouvait arriver dans ces arbres. Tout ça pour nous montrer que nous, humains, nous n'étions pas dans notre élément ici, que c'était le territoire des animaux sauvages.
Et William voulait une réponse, il voulait savoir et c'était parfaitement normal. Mais la peur de le perdre était trop présente pour le moment, je n'étais pas capable de poser de tels mots. Avoir constamment peur d'une manière aussi forte n'était sain. Même en tant que particulier, nous faisions partie de l'espèce humaine, et qui dit espère humaine, dit forcément mort un jour ou l'autre. L'un de nous deux mourrait forcément avant l'autre, c'était inévitable. Et même si c'était la pure réalité, je n'étais pas capable de l'accepter. Comment accepter de perdre la dernière personne qui me restait, comment accepter de perdre celui que j'aime ? Mais j'allais me pourrir la vie à penser ainsi, justement, je ne devais pas y penser, juste vivre au présent et rien d'autre.

- Je, euh, on on en parle euh, demain d'accord ? Juste... , je soupirai bruyamment en me frottant le visage,   juste pas tout de suite s'il te plait, pas tout de suite.  

Décidant du même coup que c'était l'heure de prendre la relève (je n'en avais aucune idée en réalité, mais je n'avais pas vraiment envie de me rendormir maintenant), je rajoutai d'un ton las :

- Vas dormir toi, tu en as besoin.

Je lui fis un bisous sur la joue, et me détachai de lui pour le laisser se relever. 

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Jeu 22 Déc - 20:14

Elle ne voulait pas en parler. Message reçu. William se doutait bien de ce qui la tourmentait, de toute façon. Le pyromane de l'Institut ou la mort de Louis. Personnellement, William penchait pour la mort de Louis. Elle avait en quelque sorte dépassé complètement le traumatisme du pyromane le jour où il avait été supplanté par celui de la mort de son meilleur ami. Charmante diversion, assurément. Elle en souffrait encore en silence. Si elle s'évertuait à le cacher, son sommeil, lui, ne trompait pas. Si William était assuré de ne pas faire de cauchemar en la présence d'Anaïs sans savoir la raison de ce miracle, la réciproque n'était apparemment pas vrai, malheureusement. Alors que les yeux d'Anaïs le suppliait d'obéir, il obtempéra de bonne grâce, aidé par la fatigue qui lui embrumait la tête. William se leva en grimaçant, endolori, et retint difficilement un bâillement. Il se passa la main dans les cheveux, pas coiffé du tout, puis se tourna vers Anaïs :

"Ok. J'vais dormir alors. Fais gaffe à toi. - il hésita, puis reprit - Si t'as besoin je suis là."

Quelques gouttes lui tombèrent dessus et il secoua la tête pour les chasser. Il regarda Anaïs, sur le point d'ajouter quelque chose, avant de se raviser et de finalement s'éloigner vers la tente. Il n'allait pas dormir avec elle, il en avait marre d'être assis et savait déjà qu'il aurait le sommeil agité. Pas question de la déranger, d'autant qu'elle semblait avoir besoin de réfléchir, ou plutôt de digérer les événements.
William ne s'était pas rendu compte de combien il était crevé avant de s'allonger dans la tente. Son épaule n'arrivait pas à trouver de position confortable mais finit par s'endormir, trop hs pour faire autre chose.
Il fit des rêves étramges et ne s'en souvint pas au réveil, tiré du lit par la douleur. Il avala des comprimés et attendit qu'ils fassent effet en se drmandant vaguement quelle heure il était. Il espéra qu'il n'avait pas dormi que deux heures parce qu'il ne se voyait pas se rendormir tout de suite. Les yeux encore bouffis de sommeil, il finit par repousser les couvertures et plia mson couchage du mieux qu'il put avant de songer à aller dehors. Il venait d'ouvrir la moustiquaire intégrée à la tente quand la partie qui reliait l'intérieur à l'extérieur s'ouvrit brusquement, et il se retrouva nez à nez avec Anaïs.

"Euh... Bonjour ?" fit-il avec une tête de hibou surpris.

Il allait dire "bien dormi ?" avant de se rappeler que non, justement, pas bien dormi.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Jeu 22 Déc - 21:53

William se releva bien, quitta la moustiquaire, et après quelques hésitations alla dans la tente. Je le suivais de regard, jusqu'à ce qu'il disparaisse dans celle-ci, puis baissa les yeux sur mes mains. Même s'il ne faisait pas si froid que ça, je me couvris de la bâche qu'il avait laissé, comme un réflexe enfantin qui empêcherait les monstres d'entrer si j'étais à l'intérieur. Pour dire vrai, je n'étais pas rassurée, comme à chaque tour de garde où je me retrouvais seule. Ce n'était pas la peur du noir, mais plutôt la peur de ce que mon esprit pouvait imaginer et libérer de cette obscurité. Je n'oubliais pas que nous étions dans une jungle on ne peut plus sauvage, avec des estres autour de nous, des animaux qui nous sauteraient volontiers pour le dîner, et un groupe de fous furieux qui veulent récupérer les dossiers volés par moi-même. Donc me retrouver seule, à peine revenue d'un cauchemar, ça n'aidait pas non plus à avoir vraiment confiance. Je lâchai un énième soupir, et m'adossai au tronc de l'arbre, les jambes croisées devant moi. Maintenant, je devais tenir jusqu'à ce que le soleil se lève soit : un nombre d'heure indéfini. Je n'avais pas le courage de sortir les bras de ma couverture de fortune pour sortir ma montre, alors bon, j'allais faire avec, et… essayer de ne pas m'endormir, oui, ce serait une bonne chose. Les heures passèrent, longues, lentes, pesantes, durant lesquelles je fis tous les efforts du monde pour éloigner les images de mon cauchemar de mon esprit, et penser à autre chose. Même si c'était assez difficile. Penser à ? Peut-être à notre retour à l'Institut, ou à la boucle de Miss Tit, à Louis ..? Ce n'était pas simple, ce n'était pas agréable non plus. C'est pourquoi au bout d'un long moment, je finis par fixer le vide, ne prêtant garde uniquement aux sons des alentours.
L'aube pointa enfin, et on y vit plus clair dans cette forêt qui perdit en quelques heures toute son allure effrayante. La moustiquaire et la bâche étaient déjà repliées, et posées contre la tente, n'attendant plus qu'à être rangées dans le sac. J'attendis un peu plus longtemps en dehors - sans toute fois dépasser les horaires initiales - pour laisser William se reposer un peu plus, puis lorsque je ne pus plus lui laisser de marge, j'ouvrai la tente, et allai y entrer, quand finalement, il sortit par lui-même, avec la tête d'une personne ayant soit mal dormi, soit ayant dormi trop profondément. Je m'attendais presque à voir une trace d'oreiller sur sa joue, même si je savais que très bien qu'avec lui, c'était que le sommeil avait été mouvementé. Je ne fis pas de commentaire à ce sujet, mais pourtant, je me mis tout de même à sourire en voyant sa touffe de cheveux qui n'acceptait pas de se plier aux même lois que les autres. Je le trouvais drôle, coiffé ainsi.

- Belle matinée, pas vrai ?, demandai-je en plaisantant, bien évidemment.

Je le laissai sortir de la tente, puis y entrai, histoire de ranger les affaires. Il était temps que le voyage se termine, je commençais à en avoir sérieusement marre de ranger, replier fourrer dans les sacs pour déballer, remonter le soir. Et puis la fatigue, elle aussi se commençait à se faire sentir, y'avait pas à dire, vivement que Vladimir vienne nous chercher (mais bon, je savais pertinemment qu'à la moindre autre mission de ce genre, j'accepterai sans hésiter pour fuir la boucle de Miss Tit. J'étais impatiente de rentrer chez moi, et en même temps je redoutais). En quelques minutes l'affaire fut réglée, je n'avais presque rien sorti hier soir, et à part le sac de couchage de William qu'il avait déjà à moitié rangé, et mon bol d'hier même pas entamé, qui finit balancé dehors, il n'y avait que la tente, et zou, pliée, remballée, envoyée pesée. Donc, je finis bien vite avec mon sac sur le dos, n'ayant rien dit depuis le "belle matinée pas vrai ?", me tournai simplement vers William, lui demandant du regard s'il était prêt.  

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Jeu 22 Déc - 23:26

William sourit, sourire qui se transforma en grimace à cause des élancements qui persistaient, douloureux, et qui transperçaient tout le côté gauche de son corps. Il sortit avant que la jeune fille ne le remarque, peu enclin à la conversation de si bon matin. S'il lui en parlait, il avait peur de ne pas avoir la volonté de repartir. Énoncer les choses à voix haute les rendaient tellement réelles, et il fallait qu'il continue à faire comme si tout allait bien devant elle pour ne pas abandonner et garder l'espoir qu'ils pouvaient arriver au bout de ce périple. Mais il avait mal, il avait mal bordel, et si jusqu'à présent il avait puisé dans ses ressources pour faire abstraction de cette souffrance, il sentait ses forces décliner et perdre peu à peu la partie. Si seulement ils avaient de la morfine... Et puis tant qu'on y était, le particulier guérisseur et tout l'hôpital qui allait avec ! On pouvait toujours rêver, non ?
William s'éloigna un peu, cahin-caha, et souleva son tee-shirt en se mordant la lèvre pour ne pas gémir et se trahir auprès d'Anaïs, encore à portée de voix. Il le replaça aussitôt. C'était moche, même pour lui. Gonflement, couleur plus mauve que beige, pas beau à voir du tout. William trouva un bout de tronc couché pour s'asseoir, et se serait pris la tête dans les mains si le geste ne lui aurait pas causé trop de douleur. Ok William, maintenant ça va se jouer au mental. Si tu cèdes,vous êtes morts tous les deux. Bordel... La situation était désespérante, mais il fallait qu'il y arrive. Il n'avait pas le choix. Tiens, ça lui faisait penser que si Anaïs avait veillé une partie de la nuit, elle n'allait certainement pas penser à se nourrir.
Lorsqu'il revint au camps, Anaïs finissait tout juste de tout ranger et se tourna vers lui, harnachée, prête à partir. William s'inclinait devant tant d'efficacité, mais il y avait un détail qui ne lui avait pas échapper. Il tendit à Anaïs son petit déjeuner.

"Tant d'efforts méritent récompense," se justifia-t-il devant son air peu amène.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Ven 23 Déc - 0:11

Je n'attendais plus que lui, et il avait intérêt à se grouiller, parce que à ce rythme là, si on ne bougeait pas immédiatement j'allais piquer du nez contre un arbre, or, il ne fallait surtout pas. La fatigue d'hier toujours entre les pattes et la courte nuit passée, cela ne m'avait pas revigoré, et j'aurais dû m'en douter, mais voilà, les choses s'étaient faites d'elles-mêmes, et maintenant nous devions avancer. Je devais l'aider à avancer, et pour ça, plus nous avancerions durant la journée, plus nous serions proche du point final, et alors nous pourrions nous reposer plus vite. C'était ma logique de cerveau un peu secoué, et un peu fatigué aussi, quant-à savoir si c'était logique ou sensé eh bien, j'ai envie de vous dire que l'on verrait sur la route. A ce moment, William revint, munit de notre "petit déjeuner". Je grimaçai, et il le vit, c'était certain parce que je n'avais pas réellement cherché à le cacher. Je n'avais vraiment, mais vraiment pas envie de manger. Si c'était pour me sentir nauséeuse ensuite ce n'était pas la peine.

- Mais je n'ai pas faim…, murmurai-je comme pour moi-même, bien que cela lui soit également adressé.

Dans ce cas là j'aurais dû manger le bol d'hier, ça aurait été froid mais c'était tout de même de la nourriture comestible, qui tenait au ventre, et cela nous aurait évité ce gâchis, sachant que la nourriture nous aurait servi pour plus tard. Je me mordis la lèvre dans un mélange de tristesse et de désespoir. Les yeux de William reflétaient ses pensées : il n'en démordrait pas, tant que je ne mangerais pas, ou du moins avalerais cette tambouille. J'étais coincée, et j'avais horreur de ça. Et puis, ce n'est pas que je n'avais "pas faim" non, j'avais faim, je le sentais, même mon haleine avait l'odeur du vide. Mais malgré la faim, mon appétit était coupé (on se demande bien pourquoi tiens !) et je doutais fortement que lui sortir "oui mais j'ai l'estomac noué tu comprends ?" aiderait à passer la chose, et donc, m'aiderait à me passer du petit déjeuner. Oh, j'avais l'habitude de sauter des repas, dans mes débuts dans la boucle, j'étais certaine de pouvoir le refaire, ce n'est pas comme si j'avais vieilli entre-temps. Mais la différence entre avant et aujourd'hui était que désormais, j'avais un William qui me tannait pour que je me nourrisse. Malheureusement.
Je marmonnai, comme quoi de toute façon je pouvais me débrouiller, et que je savais très bien quand j'avais besoin de manger ou non. Et même s'il ne pouvait pas l'entendre (cette fois je fis bien en sorte de parler trop bas), je le fixais pour bien lui montrer que ce "petit déjeuner" ne m'enchantait guère. Je soupirai finalement, déjà fatiguée par cette journée, et saisis le bol en question. Je n'avais pas le choix, et je n'avais pas non plus le courage de protester. Le contenu fut donc avalé. Pas mangé, juste avalé, à la hâte, juste parce qu'il le voulait, et donc par obligation. Surtout que je savais son regard posé sur moi, sûrement pour vérifier que je ne gruge pas, que je mange réellement. Je ne relevai pas non plus ce détail, les yeux rivés sur le reste du petit déjeuner. Une fois cela fini, je lui lançai un regard qui disait : "ça va, j'ai mangé, t'es content ?" qui ne cachait aucunement mon agacement. Les "couverts" furent rangés dans la dernière pochette de mon sac, et je finis par attendre que lui aussi ait terminé. Bientôt nous fûmes deux à avoir réglé cette histoire de nourriture.

- Maintenant on y va, conclus-je froidement.  

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Ven 23 Déc - 11:57

        Anaïs était loin d'apprécier son intervention mais William n'en avait pas grand chose à faire. ça lui disait surtout que s'il ne faisait pas attention à ce qu'elle mangeait, elle s'affamerait parce qu'elle "n'aurait pas faim". William non plus n'avait pas faim, mais il s'efforçait de manger quand même  Comment pourrait-elle continuer sans énergie ? C'était une épreuve physique et psychique, comment est-ce qu'elle comptait tenir ? Avec ses bons sentiments ?.. Le jeune homme la regarda avaler tout sans en démordre, mais sans faire aucun commentaire. Il comprenait que son moral soit au plus bas, et elle avait l'air fatiguée. Stressée. Pas dans son assiette, quoi. Mais c'était pas une raison pour se laisser dépérir !.. L'attitude d'Anaïs l'agaçait et l'amusait en même temps : elle avait la tête d'une petite fille à qui on avait piqué sa poupée, mécontente et pas loin de bouder. William détourna les yeux, masquant un sourire quand Anaïs se leva et témoigna sa mauvaise humeur. Il se leva, la douleur le rappela à l'ordre et son sourire s'effaça. Un peu.

      "Ouais," fit-il en se levant à son tour, chargeant son sac.

       Il lui emboîta le pas, et ils se mirent en route.
       Les heures passèrent, lourdes et pesantes. William se sentait fatiguer très vite, et s'essouffler pour un rien. Lorsqu'ils s'arrêtèrent à la mi-journée, le jeune homme n'en pouvait plus, suffoquant à cause de la chaleur et de la douleur. L'esprit embrumé, il s'assit. Bon, ils mangeaient, et ils repartaient, ce n'était pas compliqué... Bordel.
Tout son corps lui faisait mal, il avait le cœur au bord des lèvres

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Ven 23 Déc - 12:33

Il fallait ralentir. Il fallait ralentir ou William n'allait pas tenir. Pourtant nous avions déjà bien perdu par rapport au début du trajet, et si nous ralentissions encore de un, nos poursuivants risquaient de nous mettre la main dessus, et de deux, nous aurions à marcher beaucoup plus longtemps. Je n'informai pas William de ceci, il devait s'en douter, et conservai mes craintes au fond de moi. Enfoiré d'estre, le premier qui recroiserait un jour ma route ne ferait pas long feu. Il n'aurait pas le temps de s'approcher, pas comme avec Robbin… Depuis ce temps, je m'étais bien entraînée à geler des êtres de l'intérieur, plus grand chose ne pouvait me résister, et mon don avait de moins en moins de secret pour moi. Quoi qu'il en soit, tuer un estre n'aiderait pas William à se sentir mieux. Je jetais régulièrement des coups d'oeil derrière moi, et constatais -sans réelle surprise - que son état de dégradait plus qu'il ne voulait le montrer. Nous fîmes la pause du midi, et il s'assit en vitesse, sous mon regard inquiet. Je pris sa température en mains, sans lui demander quoi que ce soit. Rien que ça lui faciliterait la tâche, ne plus se sentir écrasé par la chaleur de cette jungle serait un avantage et, je l'espérais, lui permettrait de tenir plus longtemps. Moi pas, c'était certain, parce que bon, tenir deux températures, n'en n'ayant jamais eu besoin, je n'avais jamais cherché à le faire. Boarf, au pire si je commençais à trop m'épuiser mon don me le ferait savoir, et j'aurais froid automatiquement. Dans un sens c'était une bonne chose, dans l'autre absolument pas, m'enfin. De toute façon je serai sûrement morte de fatigue avant la fin du voyage alors autant se faciliter un minimum la tâche avant.
Je lui ramenai son manger, et m'assis face à lui, scrutant ses yeux pour essayer de le cerner. Ses blessures lui faisaient mal, mais il ne m'en parlait absolument pas. Comment voulez-vous que je sache si la douleur provenait de la balle, de son bras ou d'autre part ? Je n'étais ni une vraie infirmière, mon don n'avait aucun rapport avec la médecine ou la douleur, et si même lui ne me disait pas ce qui posait problème, je ne pouvais pas changer mon pouvoir comme ça et devenir voyante. Je pinçai mes lèvres, et lui tendis le déjeuner, qui resta en suspens, comme si j'attendais des réponses à mes questions avant de le lui donner.

- Ta plaie ne s'est pas infectée ? Et ton bras ? Je l'ai mal positionné ? Dis-moi William, dis-moi où tu as mal, que je puisse t'aider, dis-le moi pour que je puisse te faciliter les choses au mieux, s'il te plait...

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Ven 23 Déc - 13:41

         J'ai chaud, j'ai super chaud, et j'en peux plus. Assommé par la fatigue, William eu envie de répondre : partout, mais ça ne l'aurait pas aider. Pas précis pour un sou, et définitivement désespérant. William repris péniblement son souffle, rassemblant ses pensées pour formuler une réponse correcte et intelligible, percevant l'inquiétude d'Anaïs. Si ça pouvait la rassurer, il ne pensait pas être suivi, le seul qui les avait retrouvé avait été l'estre, et il avait mal fini. Il lui semblait que leur itinéraire de fuite des premiers jours avait porté ses fruits, la bande qu'ils avaient pillé avaient perdu leur trace, ou du moins, avaient grandement pris de retard parce qu'il n'y avait aucune trace d'eux depuis un certain temps. Un problème dont il ne fallait pas s'inquiéter tout de suite, c'était déjà ça. Non, ce dont ils avaient à s'inquiéter, c'était comment ils tiendraient le coup, comment ils allaient réussir à finir le chemin dans ces conditions. Comment il allait réussir, en l'occurrence. Et Anaïs semblait ronger son frein, est-ce qu'elle lui en voulait de les ralentir de la sorte ? L'idée germa dans l'esprit de William qu'elle pouvait toujours continuer seule, elle n'était pas blessée et avancerait bien plus vite. Il la rangea dans un coin de sa tête pour la ressortir le moment venu. Il savait qu'Anaïs refuserait cette option à peine l'aura-t-il énoncé et il lui faudrait trouver un moyen pour la convaincre si les choses tournaient mal. Elle ne pouvait pas mourir dans cette jungle à cause de lui.
        William secoua la tête. La douleur lui obscurcissait l'esprit, il pensait comme s'il était déjà mort, ce qui n'était pas le cas. Il désigna de sa main valide son flanc gauche.

        "Là... Je... Je crois pas que ce soit infecté."

        Elle allait voir. Et si elle voyait, elle allait prendre peur. C'était ce que n'importe qui ferait, y compris lui. Pour le peu qu'il avait pu voir (c'était son corps, il aurait eu trop mal en se contorsionnant pour évaluer l'étendue des dégâts, mais il les percevait bien assez fort pour ne pas les oublier) c'était pas beau du tout. Et si elle y touchait, il allait être à deux doigts de tomber dans les pommes ou de vomir. Charmant programme. Raison de plus pour qu'elle ne...

        "Non, ne..."

        Pas le temps de protester, de toute façon c'était Anaïs, elle n'allait pas lâcher l'affaire, comme lui pour qu'elle finisse son repas. Elle avait déjà soulever son tee-shirt et William ne put s'empêcher de scruter son visage, parce que lui ne pouvait pas voir ce qu'elle voyait.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Ven 23 Déc - 15:54

- Bon, je suppose que te dire que ça va encore, ça serait te mentir, fis-une d'une voix assez basse, qui n'annonçait rien de bon.

J'avais relevé son t-shirt avec douceur, sans toucher sa peau, et avais écarquillé les yeux en voyant l'hématome (énorme, il était carrément énorme en fait, mais je ne pouvais pas lui dire ça, rien que mes yeux écarquillés avaient dû lui donner une réponse). Et quelques secondes après, un voile les recouvrit. Son flanc passait par tous les dégradés, en ayant du violet au milieu, plus du bleu tout autour, avant de repasser au beige dans une zone bien plus éloignée qui s'appelait ventre et dos, et l'on pouvait voir de petits vaisseaux de sang dans ces couleurs. Cela s'étalait énormément… L'estre n'y était pas allé de main morte, et lui s'était fait avoir. Mais bien avoir. Je fronçai les sourcils, en me disant que si j'y touchais, que mes mains soient froides ou non, il le supporterait très mal. Pourtant je devais bien faire quelque chose, même si ce "quelque chose" n'aboutissait à rien, ça valait le coup d'essayer quand même, non ? Je m'éloignai sans rien dire, et partis prendre un t-shirt à moi dans mon sac. Une fois déplié, je déposai des morceaux de glace à l'intérieur, puis ramenai les bords ensemble pour faire comme un paquet. En quelques secondes le tissu devint complètement froid, et les morceaux de glace ne risquaient pas de fondre avant longtemps. Le seul avantage avec mes capacités. Je m'assis de nouveau à côté de lui, et relevai avec délicatesse son t-shirt, soucieuse. A la dernière minute, je relevai les yeux vers lui,

- Tu as le choix, soit tu poses toi même la glace, soit je m'en occupe, mais faut que tu le gardes assez longtemps, et ça risque d'être compliqué avec ton bras...

C'était l'argument qu'il ne pouvait contrer, et peu de temps après, j'avais son accord, alors je déposai la glace sur l'hématome, en essayant vainement de ne pas me sentir coupable.

- Reste avec moi, hein William ? La glace devrait apaiser, je veux que tu me dises si tu as trop chaud, je peux arranger ça, tu sais, murmurai-je.

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Dernière édition par Anaïs Young le Ven 23 Déc - 22:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Ven 23 Déc - 18:05

Le pire, c'était que ce qu'elle voyait, c'était la conséquence de son bras qui avait heurté ses cotes avec tant de violence qu'il s'était brisé. Ce n'était même pas l'arme de l'estre directement. William émit un gémissement étouffé quand elle appliqua le linge rempli de glace contre son flanc, et des points noirs dansèrent devant ses yeux. Heureusement, il était assis et ne risquait pas de tomber. La sensation d'évanouissement imminent passa après quelques inspirations profondes. Le froid commença à se diffuser, anesthésiant un peu la plaie, contrant l'étouffante moiteur dans laquelle ils étaient plongés toute la journée. William accueillit avec soulagement cette bouffée de fraicheur et ses idées s'éclaircirent un peu. Il réagit avec un temps de retard aux paroles d'Anaïs, ou plutôt celles-ci mirent du temps à se frayer un chemin jusqu'au bon neurone. Après un temp indéterminé, il secoua la tête à propos de sa proposition d'aide quant à la chaleur.

"Non. Garde tes forces, j'ai pas besoin de ton don."

Il connaissait très bien la fatigue que lui causait son don quand elle l'utilisait en excès et il savait qu'elle était tout à fair capable de s'épuiser pour lui permettre de se sentir mieux. Il était hors de question que ça arrive. Et William n'en démordrait pas, là-dessus il était intransigeant. Et s'il connaissait aussi son sentiment d'impuissance, il ne pouvait pas y faire grand chose. Sa simple présence était déjà un plus, une réelle motivation qui attisait son envie de s'en sortir. Pas question de la laisser toute seule. William eut un peu de mal à l'atteindre avec sa main valide, grimaçant au passage, mais réussit tout de même à prendre son menton pour qu'elle le regarde. Il l'embrassa plus qu'il ne parla au début, juste comme ça, parce qu'il en avait envie, et que ça lui manquait. Et puis il causa quand ils se séparèrent.

"Tu en fais déjà énormément. Merci."

Par je ne sais quel miracle elle avait réussi à maintenir le pac de glace contre sa peau tuméfiée, lui permettant encore de bénéficier de sa fraîcheur.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Ven 23 Déc - 23:33

Bien sûr que tu as besoin de mon don, tu as vu dans quel état tu es ? Tu transpires comme pas possible, et la glace n'a pas l'air de te déplaire, loin de là. Tu as besoin de fraîcheur, tu ne supportes plus la chaleur à cause de tes blessures, et si tu commences à être trop fatigué tes plaies vont s'infecter. Et cela contribuerait à nous amener dans un nouveau scénario catastrophique. Il ne fallait surtout pas que cela arrive... Je le foudroyai du regard à ce sujet, et sachant que cela ne nous avancerait à rien, baissai les yeux pour me reconcentrer sur la blessure. Y'avait pas à dire, c'était moche à voir, et ça ne devait pas non être agréable. Et dire qu'il devait marcher avec ça et que je ne pouvais rien faire pour l'aider. Et il n'y avait aucun autre moyen de se déplacer autrement qu'à pieds : il n'avait pas vu le lieu de rendez-vous, il ne pouvait donc pas nous téléporter, les moyens plus techniques n'étaient même envisageables dans une telle forêt, ça serait trop repérable… Nan nan, il n'y avait pas d'autre solution.
Je dus faire attention à ne pas lâcher mon t-shirt lorsqu'il me prit le visage entre ses mains, assez surprise par cette intéressante interruption. Comme je me retrouvais un peu décalée par rapport à la position de mon corps, je pris la glace à deux mains pour éviter de devoir me séparer de lui, ou d'appuyer trop et risquer de lui faire mal. À ce moment, je remarquai ma curieuse habitude de passer à un état sérieux, réfléchi, presque froid face à une situation et d'arriver à un état où je ne demandais qu'à me lover dans ses bras, que les autres fassent le travail à ma place parce que je me décourageais complètement. C'était exactement ce qui se passa lorsqu'il m'embrassa : comme hier j'aurais voulu qu'il me prenne dans ses bras et que nous sortions d'ici, tout de suite. Mais on ne pouvait pas, j'étais bloquée, et si une pointe de panique intensifia mon regard en me remémorant mon cauchemar et l'état de William, je la chassais bien vite pour éviter les questions indiscrètes. Bon aller, un sourire et fais comme si tout allait bien. Ouais, la situation n'était pas du tout inquiétante.

- Je fais ce que je dois faire, je n'aime pas te voir souffrir comme ça, je n'aime pas te voir souffrir tout court.

Je le regardai avec tendresse et replaçai correctement la glace sur la plaie.

- Et puis faut bien que je m'occupe de toi, tu ne le fais pas, ajoutai-je, un léger sourire au bout des lèvres.


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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Sam 24 Déc - 9:49

        Il savait bien qu'être réduit à l'impuissance face à l'état de quelqu'un qu'on aime n'était pas simple, surtout quand on devait supporter ce sentiment pendant des jours et des jours en côtoyant la personne en question vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Ils n'avaient pas le choix, c'était pour cela qu'Anaïs supportait - plus ou moins bien - la situation. William aussi en pâtissait, il voyait lui-même l'état de son corps s'aggraver sans rien pouvoir faire. Le jeune homme fixait le visage encore à quelques centimètres du sien, et détecta une gêne, une réelle peur dont il ne parvint pas à identifier la cause. Elle ne s'inquiétait pas seulement pour lui, il y avait autre chose qu'elle n'avait pas l'air de vouloir partager avec lui. Il ne pouvait pas s'empêcher de chercher ce que ça pouvait être. S'inquiétait-elle pour leurs poursuivants ? Il ne voyait pas ce qui pouvait être perçu comme une menace immédiate, à part eux.

        "Je sais... Mais je peux rien faire de plus que ce que je fais déjà, fit-il en cherchant ce qui pourrait bien améliorer la situation. Et toi non plus tu ne t'occupes pas de toi, alors que tu pourrais. Il faut que tu manges, Anaïs, et que tu dormes. On a au moins deux jours d'avance sur les pillards, et encore faut-il qu'ils aient retrouver nos traces. On a pas à s'inquiéter d'eux dans l'immédiat, alors penses à toi et reposes-toi."

       Il chercha une réponse dans ses yeux, inquiet. S'il n'était plus sur son dos, est-ce qu'elle se laisserait aller et ne se nourrirait plus ?

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Sam 24 Déc - 10:54

- Mais oui que je vais me nourrir, c'est juste que ce matin je...

Je ne pouvais pas ? J'avais le sentiment que mon estomac me ferait regretter ces aliments ? Que les digérer serait mission impossible ? Que ma gorge était serrée d'avance à l'idée de devoir avaler quelque chose ? Et comment lui expliquer ceci sans dériver vers mes craintes de la nuit, hein ? Ce n'était pas possible, puisqu'une question engendrerait une autre, puis encore une autre, et encore une autre etc... donc oui, oui il avait raison, j'allais me nourrir, forcément, mais ce n'était pas en sautant un repas (bon deux d'accord) que j'allais soudainement m'écrouler. Au pire j'aurais mangé quand j'aurais eu faim, au lieu de me forcer. Quant-au sommeil, il faut bien que quelqu'un fasse le guet, et si William n'est pas en état de le faire je dois en prendre obligatoirement la charge alors... si je devais m'en passer, je m'en passerais. Je ne pouvais rien lui promettre à ce sujet. Nous nous étions fait avoir à dormir ensemble (et en voilà le résultat) je ne referai plus la même erreur.
Si je vis bien l'inquiétude briller dans ses prunelles, je ne pus que lui répondre par un regard triste. Comment voulez-vous que je pense à moi, alors que j'étais encore entrain de lui tenir son bloc de glace parce qu'il n'en avait plus les capacités ? Comment diable pourrais-je penser à moi alors que je devais mesurer le moindre de mes gestes pour l'aider ? Ce n'était pas les pillards qui m'inspiraient le plus de craintes, s'ils arrivaient, ceux là, je serais en mesure de les accueillir dignement avec un peu de gèle. C'était plutôt l'état de fatigue de William et mon propre état de fatigue si j'en arrivais à me battre contre tout un groupe. Évidemment que c'était faisable... si on ne regardait pas les conséquences derrière.
Désireuse de changer de sujet, je pris son bol que j'avais laissé en face de lui et tendis.

- Je mangerai sur la route moi, je ne peux pas tenir la glace en même temps, et avant même de voir son regard, je soupirai : et je te promets que je le ferai d'accord ?

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Sam 24 Déc - 11:55

          William ne fut pas dupe : si elle ne parlait pas de sommeil, c'était qu'elle n'était pas décidée à prendre du repos. De quoi avait-elle donc rêver pour que ça lui fasse peur à ce point ? Le jeune homme ne fut pas indiscret au point de demander, il savait qu'il se heurterait à un mur de silence douloureux. Inutile de la mettre mal à l'aise, elle semblait déjà assez angoissée comme ça. Sachant que la discussion serait stérile et qu'elle ne reviendrait pas sur ses décisions quelles qu'elles soient, William abandonna la partie et acquiesça brièvement avant de s'atteler à avaler son repas. Qui eut du mal à passer, si Anaïs n'avait pas faim, la simple odeur de nourriture retournait l'estomac de William. Il se força quand même et finit par vider son bol, après un certain temps à se battre avec soi-même pour tout avaler. Anaïs ne dit rien mais il sentait son regard bleu sur lui. Ils finirent par reprendre leur marche, retrouvant l'étouffante chaleur que William commençait à véritablement détester. Comme promis, Anaïs mangea sur le chemin, et ils arrivèrent, après quatre bonnes heures de marche à proximité d'un précipice. La forêt se coupait brutalement pour laisser passer une rivière à cinq ou six mètres en contrebas. Ils ne s'étaient pas trompés de chemin : un pont de cordes leur permettrait de passer, mais en voyant la tête d'Anaïs, William, qui s'était assis à l'ombre d'un arbre énorme, se dit que ce ne serait pas aussi simple. Il se passa la main sur le visage, crevé, et reprit son souffle :

       "Si... Tu veux... On fait le tour... 'Doit bien y avoir... Un autre passage."

       Il ne voulait pas l'obliger à quoi que ce soit, il savait combien Anaïs avait peur du vide. Pff il avait l'impression que l'air fuyait de ses poumons c'était dingue. William posa sa tête contre le tronc, les yeux mi-clos, en attendant que les cachets anti-douleur qu'il avait pris juste avant de s'asseoir fassent effet.

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Dernière édition par William O'Leary le Sam 24 Déc - 14:38, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Sam 24 Déc - 13:37

Nous arrivâmes finalement au bord d'un précipice, relié par un pont à l'autre bout. Plus nous nous approchâmes, plus je me mis à blêmir. C'était une blague, pas vrai ? Nous allions tourner, nous n'avions pas besoin de passer au dessus de ça hein, la route allait s'arrêter et… Je me voilai la face jusqu'au dernier moment. William finit par s'asseoir contre un arbre, et m'informa que nous pouvions prendre un autre chemin, alors que nous n'étions même pas sûrs qu'il y en ait un. Cela nous ferait perdre du temps, et plus nous marcherions plus William se fatiguerait. Alors la situation la plus simple était de passer sur ce pont, quoi que j'en pense, quoi que mon cerveau me disait.

- Non non… Nous perdrions du temps… ça… ça va aller, fis-je maladroitement, en regardant le vide qui s'étendant en dessous du pont.

Je m'y avançai, lentement, en déposant mes mains sur les lianes qui servaient à se tenir, et posai un premier pied. Quand tout mon corps fut au dessus du vide,  je dus fermer les yeux, de longues secondes, pour reprendre le contrôle de moi-même et ne pas faire demi-tour. Ce fut dur, très dur. Je marmonnais des "ne regarde pas en bas, ne regarde pas en bas, ne regarde pas en bas" mais tout mon cerveau me disait le contraire, pour voir où j'en étais, pour connaître mon avancée, pour voir combien de mètres m'éloignaient du sol. La respiration rapide, j'avançai, lentement mais sûrement, pour calmer mon esprit qui me hurlait de tous les côtés que j'étais tarée et que je n'aurais jamais dû faire ce que j'étais entrain de faire. Pourtant mes pieds avançaient. Mais heureusement que William ne pouvait pas regarder :  je n'en menais pas large, aussi blanche d'un linge, les mains tremblantes (étaient-ce juste mes mains ? Ou tout mon corps ?) j'avais peur de me retrouver soudainement bloquée, incapable de faire un pas de plus. J'en arrivai tant bien que mal au bout. J'allais y arriver, je devais juste continuer ainsi.
Il ne va pas casser, il ne va pas casser, il ne va pas… J'entendis un craquement. Enfin, ce n'était pas réellement un craquement, plutôt quelque chose qui sonnait comme un coup de fouet, ça n'annonçait rien de bon. J'eus tout juste le temps de tourner la tête derrière moi pour demander à William ce que c'était, que mes yeux s'écarquillèrent en sentant,  ou plutôt en ne sentant plus ce qui servait de passerelle sous mes pieds. Le pont avait cassé. LE PONT AVAIT CASSE. Je hurlai, je hurlai en me raccrochant aux lianes, je hurlai en tirant sur mes bras pour atteindre quelque chose, mais à peine eus-je le temps de m'y tenir que je heurtai les rochers de la parois. Tellement de choses se passaient dans ma tête en même temps : je répétais le prénom de William encore et encore, en criant en y ajoutant foule d'injure, je voulais me retourner mais je n'y arrivais pas, ma prise glissait et je maudissais Dieu de m'avoir fait monter sur ce pont, je maudissais aussi Vladimir et toute la troupe de l'Institut, tout ça pour des documents. Tout ça pour des foutus documents. Je pensais vaguement à mon cauchemar, et l'idée de mourir ici était devenue imminente. Et William ..? S'il, s'il ..?  Les yeux fermés, crispée au possible, ma prise (quelle prise ? Il s'était passé trois secondes entre le moment où j'avais heurté la pierre et le moment où je finis par tomber lamentablement parce que le reste du pont se dissolvait lui aussi, et de toute façon je n'aurais jamais eu assez de force pour tenir plus longtemps que ce soit avec ce sac ou non sur mon dos). Je hurlais toujours, de toute la force de mes poumons, je pleurais de peur, en fait ce n'était plus de la peur, c'était de la terreur, de la pure terreur qui m'enserrait et m'empêchait de respirer tandis que je finissais les quatre membres en l'air en une tentative de me retenir à quelque chose. Mais il n'y avait rien. Il n'y avait que de vide. Il n'y avait qu'un grand vide, et mes cauchemars. Qu'un grand vide et mes plus grandes peurs. Je tombais dedans, et m'y enfonçai.
Le choc avec l'eau fut brutal. J'étais attirée vers le fond à cause de mes vêtements, et du sac qui pesait bien trop lourd pour moi. Je mis quelques secondes avant de réagir, et de me dire que je devais nager. Bouger mes bras et tout mon corps si je voulais avoir de nouveau de l'air. Cette fois William n'allait pas venir me secourir, non, c'était à moi de le trouver, je devais le trouver, il n'allait pas savoir nager et ..! Je fus à la surface de longues secondes après, et je pris une grande inspiration (ça commençait quand même à faire un long moment que je n'avais pas respiré) et avais retiré le sac de mes épaules qui se faisait emporter par le courant en ce moment même. Tout comme moi. Le courant était fort, trop fort, il y avait des branches d'arbre, l'eau était trouble, je ne voyais même pas à travers, des feuilles et des choses… non identifiées flottaient elles-aussi. Je tournais, tournais sur moi-même à la recherche de la rive, de William, qui avait disparu de ma vie depuis bien longtemps. Je hurlai de nouveau.

- WILLIAM ! WILLIAM TU ES…

Je bus la tasse dans les remous de la rivière et ne pus finir ma phrase, occupée à cracher mes poumons comme je le pouvais. Tout ça en essayant de ne pas me noyer. Mais l'eau me passait au dessus de la tête, elle m'éclaboussait par devant, derrière, je ne pouvais respirer que de l'eau me venait dans le nez ou dans la bouche. J'étais aveuglée par toute cette eau, et le soleil qui se reflétait dedans, la priorité était de garder la tête au dessus de l'eau, et non pas de… d'éviter les rochers. Je fus brusquement propulsée contre l'un qui traînait là, ma tête et mon épaule claquèrent simultanément contre la roche, et malgré la douleur, je réussis je ne sais comment, à m'y accrocher du bout des ongles. Ça me retenait du courant, mais pas pour longtemps, je sentais déjà mes doigts rapper contre la pierre, et se couper à son contact. Néanmoins, par la force du désespoir, je réussis à me hisser légèrement sur la pierre (c'était à dire à avoir la poitrine dessus, et mes jambes toujours dans l'eau, je sentais le courant qui me tirait toujours comme une main qui désirait m'amener au fond de l'enfer) pour trouver la rive. Sonnée, à moitié noyée, et désespérément désespérée, je mis de très longues minutes à la trouver. Je n'étais par contre pas capable de dire si c'était le côté à rejoindre, ou celui dont nous venions, mais je n'étais pas capable de faire la différence, et tant que je sortais de cela, tout me conviendrait. Je me tenais toujours, et consciente que pour avancer je devais me laisser un minimum porter par le courant, je dus la lâcher à regret, et me laissais aller, pour atteindre un autre rocher, que je heurtais de manière tout aussi violente. Et ce fut ainsi, jusqu'à ce que les rochers me permettent d'atteindre le bord, ou au moins une zone où j'avais pieds. Je me traînai hors de l'eau et m'effondrai, les mains en sang, le corps en compote, du sang mélangé à de la terre, de la vase, des feuilles, ou je n'étais plus capable de définir ce que c'était, coulant le long de ma joue. Je crachai de l'eau, et encore et encore, jusqu'à ce que ma gorge devienne douloureuse que je finisse par me retourner sur le dos les larmes aux yeux.

- William, je t'en supplie, ne meurs pas, s'il te plait, s'il te plait... Où es-tu ..? , murmurai-je, faible, et brisée.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Sam 24 Déc - 13:45

         Anaïs s'était finalement décidée. Ils passaient par là. William mesura le courage qu'il lui fallait pour mettre de sa propre volonté un pied là-dessus de son plein gré, surtout que le pont était bancal et ne paraissait pas de première jeunesse. Mais il était long, et William ne voyait pas grand chose de l'autre côté à part un monceau de végétation exactement comme celui dans lequel ils étaient encore. S'il ne voyait pas le sol stable, il risquait de faire des bêtises avec sa téléportation, et la dernière chose dont ils avaient besoin, c'était de fusionner avec une fougère de la jungle pendant une téléportation ratée. Désolé, Anaïs, tu vas pas pouvoir faire autrement. Il la regarda avancer, priant pour qu'elle ne panique pas, et lorsqu'elle fut assez loin à son goût, posa à son tour le pied sur les morceau de bois branlant reliée par des lianes qui était censé leur permettre de franchir ce truc. Il fallait dire qu'il n'était pas vraiment rassuré non plus, le pont bougeait et il était facile de perdre l'équilibre là-dessus. Il fixa la silhouette blonde qui continuait à progresser et se dit qu'il fallait qu'il commence un peu à penser à sa propre situation au lieu de crever de trouille à l'idée qu'Anaïs tombe. Elle avait l'air de s'en sortir. Pas de gaité de cœur, loin de là, mais elle avait déjà dépassé la moitié et progressait encore. Aller, Anaïs, t'y es presque... Et lui, s'il arrivait à maintenir son équilibre rendu précaire par son bras en écharpe, ça devrait le faire, non ?..
         Alors qu'il était au milieu, un craquement sonore le détrompa. Il avait marché sur la mauvaise planche, et le bois pourri céda sous son poids. William s'accrocha par réflexe à la première liane à sa portée... De la mauvaise main. Malchance d'être gaucher. Un éclair de douleur pure le traversa et il perdit conscience.
         Il n'eut pas le temps de comprendre grand chose. La seconde d'après, il était dans l'eau. Elle était partout, lui rentrait dans la bouche, dans le nez, dans les oreilles, il ne savait plus où il était, où était la surface, ses vêtements et son sac l'entraînaient vers le fond, il était balloté de droite à gauche, emporté par le courant. Des mains invisibles le tiraient vers le bas, il se débattait pour qu'elles le laissent tranquille et heurta un rocher. La douleur l'aurait fait chialer s'il était à l'air libre, et une pensée lui traversa l'esprit : ce serait si simple d'abandonner. Mais non. Il s'accrochait trop à la vie pour ça. Ce serait trop con de mourir comme ça, dans une rivière au milieu de nulle part. Ses poumons le brûlaient, il tenta d'inspirer mais ne rencontra que de l'eau. Quand il se cogna à nouveau à un rocher, il réussit à l'attraper de sa main valide on ne sait comment, et se traîna à l'air libre, sur la berge près de l'eau grouillante qui n'attendait qu'une faiblesse de sa part pour l'emporter de nouveau, cette fois définitivement. Il vomit toute l'eau qu'il avait avalé, et crut qu'il allait vomir ses poumons avec, tant il avait mal. Il souhaita crever sur place quelques secondes, quand il se souvint qu'il n'était pas seul. Cette pensée fut une distraction bienvenue.
        Et Anaïs ? Anaïs ?.. Où était-elle ? Avait-elle réussi à passer le pont ou ?.. Gémissant de douleur, William, son bras blessé plaqué contre son torse, voulut amorcer un mouvement pour se relever mais perdit connaissance en court de route et tomba inanimé face contre terre. Son corps glissa de quelques centimètres vers la rivière, menaçant d'être emporté.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Sam 24 Déc - 15:08

Je n'en pouvais plus. Je n'en pouvais plus de tout ça, de perdre tous les êtres qui m'étaient chers, de les voir disparaître, de les voir en danger, ou de ne plus les voir du tout. Quelles étaient les chances que William ait survécu ? Avec son bras, quels étaient les espoirs de le retrouver un jour ? Il aurait pu couler tout simplement, couler au fond de la rivière assommé par les pierres, et jamais je ne le reverrais… Une grimace déforma mon visage sale, et je dus retenir mes larmes. Comment pouvais-je faire ? Me lever, et si je ne le trouvais pas ? Le mieux ne serait-il pas de mourir ici plutôt que de découvrir que lui est mort noyé ? Supporterais-je de voir son corps plein d'eau, inanimé ? J'avais envie de pleurer, de vider toutes les larmes de mon corps, ou bien de hurler, encore et encore. Mais je n'avais plus de voix, à force d'avoir tellement crié depuis tout à l'heure, ma gorge commençait à sérieusement me faire mal. J'étais fatiguée, fatiguée de tout, des cauchemars, de la chaleur, de cette vie si compliquée, de ce monde aux dangers multiples. Et si William n'était plus là... Je me sentais fatiguée de vivre, tellement fatiguée de vivre… Il serait mort à cause de moi, c'était moi qui avais accepté de venir ici. Nous aurions dû prendre un autre chemin. Et dire qu'il était encore avec moi il y a dix minutes, qui aurait pu le prévoir ..? Qui ..? Je relevai ma tête, en silence, et réussis à me mettre sur mes jambes, qui mirent un long moment avant de ne plus tanguer dangereusement. J'avais une douleur diffuse dans le crâne, et une vague envie de rendre mon déjeuner mangé à la va vite sur la route. Je crus d'ailleurs dégobiller en penchant fortement d'un côté, avant de me reprendre pour éviter de tomber, et de passer ma main sur une de mes épaules qui me brûlait. Je m'accrochais à l'idée que je ne pouvais pas mourir si je n'étais pas certaine que lui avait quitté cette vie. Alors j'avançais. En me répétant qu'il avait peut-être survécu, qu'avec un peu de chance le bon Dieu accepterait de me le laisser. Serait-il généreux ? Ou alors il pourrait vouloir se faire pardonner après Louis. Mes pas s'enfonçaient dans la vase, mais mes chaussures étaient déjà mortes, alors bon. Je scrutais l'eau, sa surface, et m'enfonçais parfois jusqu'aux genoux pour ne passer à côté de rien. C'est comme ça que je pus retrouver, beaucoup plus loin, mon sac, trempé, dégoulinant, lourd d'eau . Je le mis sur mes épaules, et grimaçai grandement. A croire que moi aussi je me retrouvais avec des hématomes sur le dos quelle surprise ! Les rochers n'avaient pas voulu m'aider. Il m'arrivait d'avoir quelques difficultés à mettre un pas devant l'autre à cause de l'eau : mes pieds se retrouvaient enfoncés jusqu'aux chevilles, et les sortir n'était pas une mince affaire. Après de longues minutes, j'eus envie d'abandonner, de balancer mon sac dans l'eau et d'aller m'y noyer moi aussi, quand je vis enfin ce qui ressemblait plus ou moins à une forme humaine. J'écarquillai les yeux, et n'ayant plus de voix pour crier, me précipitai vers la forme en question, en trébuchant, et en grimaçant à de nombreuses reprises. Je tombai à genoux à côté de lui. C'était William, c'était… Le retourner ne fut pas non plus quelque chose de facile, et j'avais l'impression de laisser du sang sur lui à chaque fois que je le touchais. Effectivement, mes paumes étaient éraflées un peu partout, et de longues plaies les barraient de droite à gauche, mes ongles s'étaient brisés et… Je fronçai les sourcils, cessai de les observer pour me reconcentrer sur William, que j'avais un petit peu réussi à tirer de l'eau, et je pus me pencher vers son torse, plaquer mon oreille dessus, et avoir envie de pleurer de soulagement en sentant son coeur battre encore. Il n'était pas mort, il n'était pas mort ! J'y croyais à peine, c'était juste trop beau pour être vrai.
Après réflexion, je me décidai, et le tirai un peu plus, pour ensuite lui relever ses épaules et le caler contre moi avec mes bras, sa tête entre mon épaule et mon cou. J'avais au moins besoin de ça, pour me rassurer, pour me rentrer une bonne fois pour toute dans la tête qu'il était toujours avec moi. Qu'il ne s'était pas noyé, et sentir son coeur battre contre ma peau ressemblait à un miracle. Je ne sus pas dire si je pleurais ou non, et si oui je pleurais si c'était comme passage après ma terreur, soulagement de le savoir vivant, ou alors de douleur comme il reposait sur mes bleus. En tout cas je finis par le serrer entre mes bras, ma joue contre son front.

- William, hé, William, réveille-toi, c'est moi, je suis là, on est pas mort William, on est pas mort..., murmurai-je de ma voix devenue rauque.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Sam 24 Déc - 15:33

       William demeurait dans un brouillard diffus. Il était là, ou plutôt il avait vaguement conscience qu'il était là, sur une berge boueuse, à demi-mort après un plongeon forcé, mais ses yeux étaient fermés et il n'entendait plus le clapotis de l'eau, ni les bruits habituels de la jungle. Il ne sentait pas non plus la douleur de sa gorge en feu et de ses blessures, ou alors simplement une pointe de rappel de temps à autre qui lui rappelait juste qu'il n'était pas mort. Pas encore. Il avait juste envie de sombrer complètement. De toute façon, il ne voyait rien, n'entendait rien, il voulait juste dormir et ne pas se réveiller avant un long, très long moment. Seulement lorsqu'il serait guéri, et il voudrait à ce moment-là se retrouver directement dans la boucle de Miss Tit, avec une Anaïs rayonnante à ses côtés. Il pensa ceci mais c'est une petite maison inconnue qui s'imposa à lui, en bord de mer, balayée par les vents. Qu'est-ce qu'il inventait là ?.. Elle se noya dans le flou de sa conscience. Quelque chose se passait, là-bas, dans la réalité. William résista, il ne voulait pas y retourner, pas tout de suite, il avait trop mal là-bas, la fatigue pesait sur ses épaules alors qu'ici il ne sentait rien. Il fut projeter dans le monde matériel et cligna des paupières, ébloui par le soleil. Quelqu'un l'avait retourné, il ne savait plus trop ce qui se passait... Et puis il y avait un poids, quelqu'un qui pleurait contre lui, il ne sentait pas les larmes parce qu'il était déjà trempé mais le bruit des sanglots ne trompait pas. Tout son corps se remettait en route peu à peu, il sentait déjà la souffrance revenir à grand pas. Non... Pas tout de suite, par pitié non... Il voulait rester encore un peu là, contre cette personne qui réchauffait son corps frigorifié qu'il était incapable de bouger d'un centimètre. Ou alors il voulait repartir dans le monde des rêves qu'on l'avait obligé à quitter, mais pas... Pas ça. Sa vision s'affina, il distingua la rive, de l'autre côté. Il était tourné vers la rivière, et il crut voir, l'espace d'une seconde, là-bas, quelqu'un. Quelqu'un qui lui fit un signe de main et qui lui tourna le dos puis disparut. Il aurait jurer que c'était son frère. Son frère qu'il n'avait, accessoirement, pas vu depuis quinze ans. Bon Dieu William, tu perds complètement la tête mon pauvre, se tança-t-il, avant de porter attention à la personne qui pleurait et qui le tenait maladroitement dans ses bras, comme un pantin désarticulé. Des cheveux blonds, sales, mouillés... C'était Anaïs. Anaïs avait survécu ! Le cœur de William se gonfla de joie, et il s'entendit gémir en même temps. La douleur irradiait sur tout son côté gauche, plus présente que jamais.

      "Hum... Tu me fais mal, Ana."

       Sa gorge le piquait, il avait envie de tousser, mais il n'allait pas le faire alors qu'elle le serrait comme ça dans ses bras.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Sam 24 Déc - 16:53

William parla ! Donc il était réveillé et et… Ah oui, je lui faisais mal, aussi, pourtant je n'avais pas envie de le lâcher, pas du tout. Comme si j'avais peur qu'il ne m'échappe et s'évanouisse dans la nature, que je le perde de nouveau de vue. Il était dans un si mauvais état : trempé, je m'attendais presque à le sentir trembler malgré la chaleur de cette forêt. Et sa plaie à l'épaule, ne risquait-elle pas de s'infecter avec cette rivière ? Il fallait changer le bandage, remettre de la glace sur son flanc, et son bras aussi, refaire sûrement une attelle, comme le bandage qui tenait le tout… Le bandage. J'écarquillai les yeux. Le bandage devait être trempé maintenant. A moins que la trousse de soins soit imperméable. Cela vaudrait mieux, pour nous deux. Sinon je ne savais plus quoi faire. Je mis un moment avant de réagir. L'information que William avait mal avait atteint mon cerveau, mais celle que c'était à moi de le lâcher, non pas encore. C'est pourquoi je me sentis immédiatement coupable lorsque ce fut le cas.

- Oui, je, euh, désolée, soufflai-je, épuisée.

Avec douceur, je desserrai mon étreinte, et le reposai au sol à contre-coeur. J'accompagnai ses épaules pour qu'il s'y allonge lentement, sans brutalité, et éviter de lui faire une nouvelle fois mal. Sans soin, par contre, j'essuyai ma main contre mon pantalon, comme le sang qui coulait commençait à me gêner, et grimaçai légèrement en sentant la peau s'ouvrir à cause du frottement contre le tissu. Et puis je restai là, pantelante, à le regarder, parce que je ne savais plus ce que je devais faire. Nous arrêtions nous pour aujourd'hui ? Aucun de nous deux n'avait plus la force d'avancer très loin. Avait-il perdu son sac ? J'avais trouvé le mien par chance, et je me doutais que ce serait à moi d'aller voir dans les environs s'il ne s'était pas accroché quelque part, son sac. Si nous nous arrêtions : devais-je monter la tente ? William était-il capable de se lever ? Si oui, devais-je lui demander ? Pour aller où ? Nous étions de quel côté de la rive ? La carte et la boussole, avaient-elles pris l'eau ? Nos vêtements, et la nourriture ? Bordel, il y avait trop de chose à faire, trop de chose sur lesquelles je doutais, et juste… je n'y arrivais pas. Mes mains tremblaient, et si j'avais fixé William, je ne regardais plus que le vide, un point invisible juste à côté de sa tête. Trop trop trop et… Je tanguai silencieusement, et comme si j'avais eu un éclair de conscience, je fronçai les sourcils. Bouge aller. Je n'étais pas télékinésiste, je ne pouvais rien faire par sa simple pensée, je devais utiliser mes jambes et mes mains. Mains en mauvaise état, mais on s'en contenterait. Pourtant, j'avais beau me dire ça, mon esprit ne se calait pas sur un objectif précis, et je dus faire un gros effort pour ne pas retomber dans mon état "je suis déconnectée, veillez repasser plus tard".

- On… On fait quoi ..?, demandai-je d'une voix blanche.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Sam 24 Déc - 19:00

William lui fut énormément reconnaissant de la manière dont elle le reposa au sol. Il était vidé. Littéralement. Il ne se sentait pas capable de bouger le moinde muscle, et encore, il aurait voulu pouvoir arrêter de respirer parce que chaque souffle était douloureux. Il n'avait pas trop mal en respirant avant de tomber, c'était supportable... La chute avait empiré ses blessures ? Il ne savait pas, il ne savait rien, il n'arrivait plus à penser clairement, il avait juste mal et cela supplantait tout le reste. Il n'était pas loin de retomber dans les griffes de l'inconscience, il la sentait planer tout près de lui. Bon sang... Il fallait qu'il lui échappe, par n'importe quel moyen. Il avait peur de ne pas se réveiller, et si elle le livrait à son amie la mort ? Ce serait juste la fin, et il s'y refusait. Il ne voulait pas mourir. Dans le cas où elle l'obligerait juste à prendre du repos parce que son corps, cassé, était incapable d'en supporter davantage, il ne voulait pas de son repos non plus, pas tout de suite, il fallait qu'il aide Anaïs. En somme, il fallait qu'il fasse fonctionner ce corps en miettes.
William força son cerveau à fonctionner, cherchant frénétiquement ce qui pouvait le sortir de cette torpeur, de cette douleur qui lui donnait presque les larmes aux yeux.

"Tu... Les médocs... Poche droite... Est-ce que tu peux m'en donner ?"

S'ils sont toujours là. S'ils sont plus là, je fais comment ? se demanda-t-il, en commençant à paniquer. Calme, William, calme bordel, tu penses n'importe quoi.
Captant le regard d'Anaïs, William, oscillant entre le désespoir et la colère, argumenta, perdant peu à peu patience :

"Anaïs, je suis pas capable de réfléchir si j'ai mal comme ça, et je veux pas tomber dans les pommes à cause de la douleur alors que t'as besoin de moi."

Son ton était sec, mais ses yeux la suppliaient d'agir.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Sam 24 Déc - 19:29

William s'était mis à chercher quelque chose dans sa poche, et je compris bien assez vite que c'était les antidouleurs. Comment ferait-il lorsqu'il les aurait finis ? Il fallait prier pour que nos réserves tiennent le coup, et si le reste était dans son sac, j'avais intérêt à le retrouver, et vite. Et il s'en gavait depuis hier, beaucoup plus qu'avant, ce qui ne me plaisait pas réellement. Ce n'était pas sain de dépendre ainsi de ces choses, d'en manger autant ne l'était pas non plus. Il en avait gobé avant d'aller sur le pont, cela faisait à peine une heure, et voilà qu'il en reprennait. Je n'allais pas l'inciter à en prendre outre mesure, bien que je sache qu'il en avait tout de même besoin. Mais qu'est-ce qui nous disait que ceux avalés tout à l'heure n'allaient pas faire encore un peu effet ? C'était du gâchis, ce n'était pas bon pour lui et.. Ses yeux interceptèrent les miens, et je fus prise d'un coup au coeur en voyant ses yeux. Je devais l'aider parce que je n'avais pas le choix, il était en mille morceaux, et je ne pouvais supporter de le voir souffrir ainsi plus longtemps. Cela ne me plaisait pas qu'il en prenne autant, certes, mais quand le coeur prend le pas sur la raison, on ne peut y faire grand chose. Je me passai une main sur mon visage pour enlever de la terre qui me collait à la joue, et me rendis compte seulement après que ce n'était pas une bonne idée, en sentant le sang de ma main s'étaler sur ma peau D'accord, ne jamais refaire ça. Et trouver une source d'eau claire, pas comme celle dans laquelle nous venions de tomber, histoire de se rincer de… ça. Déjà de son côté droit, je glissai une main dans sa poche, et en ressortis le tube contenant les médicaments recherchés, je les lui tendis, sans rien dire de plus. Puis, voyant qu'il essayait de se redresser avec difficulté, je l'aidai en lui relevant les épaules, et me calai derrière lui comme un dossier de fauteuil pour qu'il s'y appuie. Les fonctions d'un Anaïs étaient très diverses.

- Que tu les prennes ou que tu les prennes pas, tu n'es pas en état de m'aider, William, lâchai-je sans réfléchir aux réactions possibles de la part du jeune homme.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Sam 24 Déc - 23:57

William serra les dents en se redressant et toussa, avant qu'Anaïs ne vienne lui fournir une aide inespérée. Il n'eut momentanément plus à porter le poids de son corps et accueillit avec soulagement ce répit - voilà ce à quoi il était réduit, si c'était pas malheureux tout ça -. La bouche sèche, il eut du mal à avaler les comprimés et respirait par à-coups en attendant que ça agisse. Anaïs lui dit qu'il ne fournirait pas d'aide dans l'immédiat, et William était un peu près d'accord, du moins physiquement, mais mentalement, c'était une autre histoire, qu'il allait s'empresser d'exposer à Anaïs une fois qu'il aurait chasser le goût de sang qu'il avait dans la bouche. Le brouillard de douleur se dissipa un peu, et il sut que les antidouleurs commençaient à faire effet. Très bien. Maintenant, il ne restait plus qu'à faire le vide dans sa tête et faire abstraction de sa faiblesse criante.

"Si, je peux toujours t'aider à décider de ce qu'il faut faire."

Si je perdais connaissance, ça te ferait chier, non ? Bon, alors on va faire ça. Il regarda Anaïs pour jauger sa réaction mais remarqua surtout qu'elle était sale et avait du sang partout, ou plutôt que du sang lui coulait de la tête et qu'elle en avait mis partout. Il fallait arranger ça. Mais là il ne pouvait pas agir. William rassembla ses forces et amorça un mouvement pour se lever.

"Je veux juste... M'asseoir là-bas," expliqua-t-il à Anaïs qui le regarda faire.

Il avait l'impression d'avoir froid et chaud en même temps et soudain, le monde se mit à tourner. Il fit deux pas hésitants (tant qu'à se casser la gueule, autant y aller franchement) vers ce putain d'arbre et sentit ses forces le quitter, sa tête tournait, il toussa, toussa encore et... Anaïs le retint avant qu'il ne tombe et lui permit de rester une minute de plus debout, le temps d'atteindre l'arbre et de se laisser glisser jusqu'à être assis au pied.

"Dis, marmonna-t-il, étouffant dans cette chaleur, t'aurais pas un linge de propre, n'importe quoi ?"

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Dim 25 Déc - 0:51

Mouais, j'avais au moins besoin de ça. Pour savoir où j'allais, ce que je devais faire et tout le tintouin, oui, il pouvait être utile. Sur ce point je n'allais pas le contredire. J'ouvris ma bouche, inquiète, prête à lui dire de se rasseoir quand il tenta de se relever. Et le comble du comble fut qu'il y arriva. Bon Dieu il était suicidaire, voilà qu'il voulait marcher alors qu'il avait des difficultés à passer de la position allongée à assise ? Et comment je gérais ça moi ? Je clignai plusieurs fois des yeux pour les garder ouverts, et me portai à son secours en le retenant in extremis de tomber. Et il toussait, il toussait… Je détournai les yeux pour éviter à moi-même ce spectacle de William à peine capable de porter son propre corps. Si j'avais réussi à en voir et en supporter beaucoup depuis le début du voyage, je commençais à faire une surdose, et à ne plus rien supporter. Je pus l'amener à l'arbre (comment ? Aucune idée, mes jambes voulaient peut-être marcher plus que mes épaules, qui elles se fouturent bien de ma gueule quand William s'y appuya pour tenir.  Là je sentis bien le choc entre mes frêles os et la rigidité de la roche. Mes frêles os n'en menaient pas large oh que non. La seule nature qui m'appréciait un minimum c'était la neige, le feu ne m'aimait pas, les cailloux non plus, je devrais essayer de parler aux fleurs et au vent et à l'eau, histoire d'être fixée sur la chose). Une fois assis, William me demanda un linge propre. Un linge propre... je devais lui rappeler que nous venions de tomber dans une rivière dégueulasse et que... bon, aller. Je soupirai et accédai à sa requête en approchant de mon sac. À peine surprise de voir toute l'eau qui en sortit, je retirai le t-shirt désormais un peu déformé que j'avais utilisé tout à l'heure comme bac de glace, revins vers lui et lui tendis. Valait mieux pas que je me baisse trop. Si j'avais su marcher en soutenant William tout à l'heure, je ne devais pas trop prendre la confiance et risquer de tomber à la renverse. Puiser dans ses dernières forces n'étaient jamais bon, je le faisais pour mon corps tout entier, pour qu'il me supporte encore un peu et... avant de valser, je choisis de bouger. Mais avant ça, j'en informai William :

- Je vais voir si je peux retrouver ton sac, même si vu la chance qu'on a en ce moment je n'y crois pas trop.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Dim 25 Déc - 9:58

Anaïs annonça qu'elle partait à la recherche du sac à dos de William, perdu on ne sait où dans la forêt. Vu sa tête, elle puisait dans ses dernière ressources et tenait à peine sur ses jambes. William allait ouvrir la bouche mais la referma, ne sachant trop quoi dire - parce que quoi faire, il ne pourrait pas de toute façon - pour la faire rester. Anaïs avait raison, il était hors jeu, et bien incapable de l'empêcher de faire quoi que ce soit pour le moment. Dans le "on fait quoi ?" elle avait certainement demander s'ils repartaient aussitôt, et le moins qu'on puisse dire, c'était que ce n'était pas faisable pour le moment.
Anaïs partie, William se retrouva seul, affalé contre son arbre. Il tremblait de tous ses membres et ne savait pas trop si c'était à cause de la fatigue ou de ses vêtements mouillés qui lui collaient à la peau. L'humidité ambiante n'arrangeait rien, il ne risquait pas de sécher avant un long moment dans ces conditions, et toutes les affaires étaient trempées. Le jeune homme tenta de trouver un moyen de les sécher, en tentant lui-même de se réchauffer (chercher à se réchauffer dans une jungle, plutôt ironique). Il abandonna au bout de quelques minutes, et se sentait sombrer peu à peu : l'épuisement accumulé gagnait du terrain et il ne tiendrait pas longtemps face à lui. Est-ce qu'ils avaient encore de l'eau, une gourde ?.. Il avait soif, et n'en pouvait plus de ces toux sèches qui le traversaient. En mettant la main devant sa bouche, il s'aperçut qu'il toussait du sang. Charmant, songea-t-il en laissant retomber sa main. Il était à demi-mort et tremblait comme une feuille au milieu d'une jungle avec une Anaïs partie on-ne-sait-où. Que du bonheur. C'est sur ces pensées réconfortantes qu'il s'endormit.

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