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 Perdus dans la jungle

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Mar 11 Avr - 23:17

          Le camion bringuebalait dans tous les sens à cause de la route cahoteuse. En temps normal, ça n'aurait pas posé de problèmes, il s'en serait même amusé et aurait normalement fait la conversation à Anaïs, mais là... Il avait juste mal au cœur malgré les cachets fournis par Birn qu'il avait aussitôt avalé. Si ça pouvait lui éviter de vomir en route, il était prêt à tout accepter. Après s'être cogné deux fois en l'espace de trois minutes il abandonna la partie et se pencha en avant. Les coudes sur les genoux et la tête dans les mains, il tentait de se retrouver dans ce bordel sans nom. Ils venaient de quitter le camps. Kaï, les militaires, la chaleur, cette putain de souffrance... Tout ça n'allait bientôt être qu'un souvenir, du moins l'espérait-il. Il avait l'impression d'avoir perdu dix kilos et toute son énergie, vidé par le fait d'avoir porté son corps à demi détruit pendant des jours. Et Anaïs... Était-elle triste ? Heureuse de quitter ce lieu ? Il avait passé les deux tiers de son temps dans un lit, mais elle avait vadrouillé avec Kaï et Victoria... Et avait plus ou moins appris le tir au pistolet. Un de ces jours quand il y pensera - et serait moins mal physiquement - William allait devoir lui exposer son point de vue sur la question. Tout de suite il n'avait pas l'énergie pour amorcer une discussion houleuse. L'énergie en question passait dans les priorités suivantes : un, ne pas penser au fait qu'il avait mal au cœur et deux, lutter contre la fatigue pour ne pas s'avachir et finir en PLS sur le sol du camion. Une question lui vint en tête : où allaient-ils, au juste ? A l'Institut ? William se sentit encore plus mal rien qu'à l'idée de revoir les murs blancs et désinfectés de sa cellule. Ne plus pouvoir sortir... Bon sang non, il ne tiendrait jamais le coup. Il ferma les yeux quelques secondes pour reprendre le dessus sur son opinion désespérée de l'avenir et entendit Anaïs lui suggérer de s'allonger. Oui mais... Même s'il avait l'impression de pouvoir dormir cent ans il ne voulait ni l'embarrasser ni risquer de lui vomir dessus, et puis ils avaient passé si peu de temps ensemble ces derniers jours. Non pas que l'arrière du camion soit propice aux confidences - il était assez large pour transporter pas mal de marchandises, donc entre les sacs ils avaient de la place, mais question bruit du moteur et amortissement c'était à revoir - mais c'était l'occasion de parler un peu. Par contre, pas question de se plaindre. William garda ses impressions personnelles pour lui, et passa outre le fait qu'il avait l'impression mentale d'être coincé dans une machine à laver pour poser la question qu'il avait en tête depuis quelques minutes.

          "... On va aller où ?"

          Pas à l'Institut pitié, pas à l'Institut, songea-t-il en son for intérieur avant de faire taire ses idées noires exacerbées par la fatigue. Il se rendit compte qu'il avait ignoré la proposition sincère d'Anaïs et secoua la tête négativement beaucoup trop tard. Il changea de couleur quand ils amorcèrent un virage et se mordit la lèvre pour ne pas gémir. Bordel, ce voyage allait être long.

          "ça te fait quoi de quitter le camps ?" demanda-t-il dans un filet de voix quand son estomac se fut suffisamment calmé pour qu'il se sente en mesure de parler.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Mer 12 Avr - 18:30

William avait posé une question avant même de m'avoir répondu. Cela signifiait-il un refus ? Mais il devait dormir, ses yeux étaient entourés de poches sombres qui témoignaient parfaitement de ses conditions actuelles. Néanmoins, il y répondît après sa question, en secouant la tête. Plutôt je devinais qu'il y répondait par ce geste sinon je n'avais aucune idée d'à qui pouvait être adressé, et pourquoi, ce hochement de tête. Ce qui me donnait la confirmation de son refus et me ramenais aux mêmes réflexions que tout à l'heure. Mais bon, peut-être que si je répondais à sa question il accepterait. Du donnant donnant ? Étrangement je n'y croyais absolument pas. Alors j'allais devoir insister. La route allait être longue, je doutais de la proximité entre le camp et le plus proche "village" ou au moins lieu relié à la vraie civilisation. Alors autant en profiter pout se requinquer. Moi aussi je comptais me reposer. Ma situation était largement tenable, mais j'avais rapidement remarqué que les voyages en transport - surtout sans fenêtre comme ici - m'ennuyaient profondément et dormir était un bon moyen pour faire passer le temps plus rapidement.
Le teint de William tourna au vert pâle, plus pâle que vert dans un virage assez brusque, et je compris plus ou moins la situation. Il avait le mal des transports ? Mh... Et la route n'allait pas être de tout repos, on était dans la jungle quand même. Bon, nous ne risquions pas de trop trop tourner, ce n'était pas comme s'il y avait un réel code de la route ici, avec des stop et des cédez-le-passage, voire des rond-points etc... Donc avec un peu de chance il allait tenir le choc, ce qui ne semblait pas être une mince affaire pour le moment.
J'eus un hoquet de surprise léger quand il posa sa seconde question avant que je n'ai l'opportunité d'y répondre, hoquet que je contrôlai pour le rendre discret, et l'atténuai pour qu'il devienne presque indétectable. Je devais prier pour que dans son état il n'ait pas fait attention et donc ne s'en soit pas rendu compte. Parce que pour tout avouer : je ne voulais pas m'étaler sur le sujet. C'était comme remuer le couteau dans la plaie, remuer la plaie béante de tout ce qui encombrait encore ma tête de cette aventure pour le moins assez cauchemardesque. Je n'avais pas encore pu faire tout le vide, me débarrasser du moins lourd, et constater avec désespoir que le pire resterait gravé à tout jamais. Enfin, bon, c'était mieux que rien, j'imaginais.

- Ils nous ramènent chez nous je pense, chez Miss Tit, répondis-je en premier.

Puis je me mis à regarder le mur d'en face, en pleine réflexion. Ce n'était pas une réflexion dû à sa question, du moins si, mais pas pour lui fournir une réponse. Je réfléchissais plutôt à si oui ou non j'y répondais. J'avais réussi à maintenant mes émotions sous la surface pour l'instant, ce n'était pas le moment de laisser le ras de marée prendre de l'envergure. Alors je me tus et posai mon regard sur lui.

- William, repose-toi, on discutera plus tard, ce n'est pas le moment, contrai-je pour ainsi éviter à avoir à répondre. Tu dois dormir.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Mer 12 Avr - 22:39

          Les yeux de William se fermaient tous seuls, de nouveau. A vrai dire, heureusement que la fatigue prenait le dessus sur la nausée, c'était tout de même plus supportable s'il finissait par s'endormir. Mais lui résistait encore. Il avait été dans les vapes pendant la moitié de la journée, et c'était parti pour durer encore longtemps. Il observa ses mains un instant. Encore combien de temps avant de retrouver la forme ? Sa force, sa rapidité, son indépendance, tout lui manquait. Et ce n'était pas demain qu'il allait récupérer ce qu'il avait perdu. Ne sois pas si pressé, se tança-t-il. La point positif était qu'il ne faisait aucun cauchemar quand il était dans cet état-là. Mais il savait d'expérience que ceux-ci allaient s'inviter à la fête dès qu'il aurait repris un peu du poil de la bête. Il fallait qu'il arrête de penser à ça, y'avait pas que lui dans la vie. Peut-être qu'elle avait raison, la boucle de Miss Tit était tout de même mieux que l'Institut, même s'il y avait beaucoup de particuliers dans les parages. William verrait en temps voulu, comme il le faisait tous les jours.
         Le jeune homme luttait contre le sommeil, et Anaïs ne l'aidait pas beaucoup. Il n'était pas stupide, il avait remarqué qu'elle s'était refermée comme une huître dès qu'il avait parlé de leur départ du camps. Peut-être s'était-elle attachée à cet environnement, finalement. Il analyserait ça plus tard. Pour le moment... Il étouffa un grognement quand le camion fit une embardée vers la droite et, après près de cinquante minutes de lutte acharnée, finit par céder et s'endormir.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Jeu 13 Avr - 20:26

Y'avait pas à dire, la route était longue. Victor Fred et Victoria étaient en face, je n'osais pas lever les yeux vers eux. Je n'osais pas non plus lever les yeux vers William, me diriez-vous. Je les gardais baissés, sur le sol du camion, en attendant que le temps passe. Et il fut horriblement long. William s'endormit au bout d'un long moment, je l'entendis à sa respiration, plus profonde et plus bruyante aussi. Sa tête avait fini par tomber sur sa poitrine, et je me dis qu'il aurait dû m'écouter et s'allonger comme je l'avais conseillé. N'est pas encore arrivé le jour où il m'écouterait quant-à son bien être et son sommeil. Ne pouvant rien faire de plus dans cette situation je me calai un peu plus contre son épaule et repris mon inintéressante observation du camion. Et puis finalement, je fermai à mon tour les yeux et, dans diverses positions aussi inconfortables les une que les autres, tombai dans un sommeil peu réparateur, entrecoupé de réveils plus ou moins brusques. Le dernier fut déterminant car le camion s'arrêta, le moteur se coupa. Victor était déjà debout - toujours prêt celui-là - les portes s'ouvrirent et il nous expliqua en quelques mots que nous devions aller chercher Emily dans ce village, et elle nous permettrait de rentrer. Il allait la chercher mais nous devions rester derrière lui : les européens n'étaient pas très très bien vus dans ces villages. Je ne bronchai pas, mais compris à son regard insistant que nous devions nous lever et sortir du camion. J'avais mal au cou, des fourmis dans les jambes et j'avais sûrement la marque de ma main sur ma joue de l'avoir utilisée comme appui pour ma tête. Torticolis, encore.

- William ? William on est arrivé.

Après quelques minutes à le pousser à se réveiller, j'eus enfin des résultats. Je me levai et lui tendis la main pour l'aider.

- Aller viens, l'encourageai-je

Nous sortîmes du camion, du mieux que nous le pûmes. Le moteur redémarra immédiatement et je pus dire adieu définitivement à cette aventure dans la jungle. Quand il disparut, cela marqua la véritable fin du voyage. Je détournai les yeux, Victor avait déjà commencé à avancer et je suivis le mouvement, en fin de ligne, derrière tout le monde. Victor nous fit traverser une bonne partie du village. La vie bruyante qui y régnait avant nôtre arrivée fondit comme neige au soleil en nous voyant débarquer. Les seuls regards posés sur nous étaient débordant de méfiance et je n'eus pas le courage d'essayer de leur adresser un sourire qui se voulait rassurant. Il aurait été de toute façon dénué d'utilité. Allons bon, tant pis. La petite Emily avait dû nous voir arriver car elle sortie d'une vieille maison d'un plutôt pressé. Elle, elle eut le courage de sourire, et bizarrement voir un enfant nous sourire ainsi me fit chaud au cœur. Elle se jeta dans les bras de Victor. Cette vision était touchante, et j'eus une moue mi triste mi amusée. Ils s'adressèrent quelques mots, puis ils nous amenèrent dans la maison d'Emily. Il se passa sûrement d'autres choses qui échappèrent à mon attention, et je n'avais pas zieuté Victor Fred et Emily durant tout ce temps.
Le plus important à retenir est qu'ils nous firent entrer dans la maison, nous nous mîmes en file, j'étais raccrochée à Victoria et à William, et Emily nous téléporta.
Go back home...

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Sam 15 Avr - 0:32

          J'échangeai quelques mots avec Fred puis je passai le reste du voyage en silence, les yeux fixés sur la route qui défilait à l'arrière du camion. Je réfléchissais à quantité de choses en même temps, il me fallait faire du tri dans mes pensées avant onze heures. C'était à cette heure que nous arriverions dans le village où j'avais laissé Emily, chez l'un de mes contacts ici. Je me surpris à manifester une certaine hâte à la revoir. Elle était en sécurité, mais plus vite nous serions là-bas, mieux les choses se dérouleront par la suite. Il fallait éviter de se faire remarquer au possible malgré le fait que nous n'avons pas le physique des autochtones. Quand enfin, après de longues heures de route, nous commençâmes à croiser des paysans sur le bord de la piste, je sus qu'on n'était plus très loin de notre destination. Le militaire nous déposa au milieu du patelin, à l'ombre d'un étal. C'était à deux pas du petit commerce où avait été logé Emily. Remonter la petite rue encombrée ne fut pas une mince affaire : pour ce qui était de passer inaperçus, c'était raté. Ce n'était pas bon pour notre contact. Heureusement, il y avait peu de chance que je revienne dans la région à cette époque. Le type, en nous voyant, se hâta de nous faire rentrer et alla chercher Emily. Il y eu des bruits de pas précipités dans le minuscule escalier bancal au fond de la boutique et la petite fille se précipita dans mes bras et je lui souris avec tendresse, gardant en mémoire que nous avions des spectateurs. Je me mis à sa hauteur et lui demandai à voix basse si tout s'était bien passé et si elle ne s'était pas trop ennuyée ici. Elle répondit par l'affirmative avec des signes comme d'habitude, et je dus la délaisser pour payer son hôte et le remercier. Nous échangeâmes quelques mots et je lui demandai de nous laisser seuls. Il s'exécuta sans poser de questions. Lorsque je revins vers mon équipe de bras cassés de particuliers, ils étaient déjà tous en file et se tenaient par la main. Emily leva les yeux en me tendant la main et je lui souris en la prenant.

          "A l'Institut, s'il te plaît."

          Un instant plus tard, nous étions dans la salle de transition. Grande, vide, excepté quelques chaises le long des murs. Une salle d'attente qui servait à arriver ici. Je lâchai la main d'Emily, à l'instant où la chaîne se défaisait.

          "Frédéric... Pourrais-tu conduire Mr O'Leary dans sa chambre ? Nous allons raccompagner Miss Dyron dans la boucle de Miss Tit. Quant à vous, Miss Young, vous avez le choix de votre destination.
          - Y'a un problème... Je reste pas ici."

          Le patient numéro trente-trois venait de s'exprimer d'une voix complètement éteinte. Il tenait à peine sur ses jambes. Mais nul doute qu'une fois décidé il serait très difficile de le faire changer d'avis. Devais-je prendre en compte son avis ? J'interrogeai du regard Miss Young qui comme à son habitude restait stoïque, mais répondit tout de même :

          "Je suis William."

          Elle ne remettait pas en question son jugement. Il me fallait donc trouver une alternative rapidement. La boucle de Miss Tit ? Je décidai en quelques secondes que ce n'était pas la meilleure solution. Officiellement, le patient numéro trente-trois ne s'y remettrait pas de manière optimale, officieusement, j'aimerais les avoir à portée de mains et faire en sorte qu'ils collaborent avec moi par la suite. J'avais appris avec le temps que satisfaire certains besoins ou désirs ouvraient pas mal de portes. Tout dépendait de l'interlocuteur. Ici, avec Miss Young et le patient numéro trente-trois, pour qui il était très difficile de vivre enfermé et entouré. Cela restreignait grandement les possibilités.

          "Bien. Je vais raccompagner Miss Dyron, nous en discuterons dans quelques minutes. Asseyez-vous pour patienter."

           Le patient numéro trente-trois n'avait pas attendu ma suggestion pour s'asseoir. Je me détournai, glissai quelques mots à Emily et tendis la main à Miss Dyron.
          Un instant plus tard, j'étais de retour. Et j'avais pris ma décision. Frédéric avait déserté la pièce, il avait à faire dans le reste de l'Institut. J'avais eu une idée.

           "Emily, la Salle des passages s'il te plaît."

          La petite fille leva les yeux vers moi.

            "Nous allons dans un lieu que tu ne connais pas encore, expliquai-je. Nous verrons bien si ça conviendra."

          J'avais fait un détour dans mon bureau pour m'informer des boucles actuelles où nous pouvions nous rendre. Celle à laquelle je pensais faisait bien parti de la liste. Emily nous téléporta dans une pièce immense. Celle-ci ne ressemblait à aucune autre, ni à l'Institut ni partout ailleurs. Elle était unique. Ronde, blanche, elle rassemblait de nombreuses portes, sans aucun signe distinctif, parfaitement identiques entre elles. Je me dirigeai vers le quartier droit et choisis la quatrième porte à partir de midi. La main sur la poignée, l'autre toujours dans le poing d'Emily qui ne voulait pas la lâcher, je l'ouvris.
          A nos yeux, le passage ressemblait à une surface translucide parcourue d'une onde aléatoire, comme la surface d'un plan d'eau qu'un souffle ferait frémir. On ne voyait pas à travers, mais on distinguait des formes et des couleurs sans être sûr de rien.

            "Ceci... Est une porte qui relie une boucle à une autre. Comme vous le voyez, nous en avons beaucoup à disposition, certaines ne doivent pas être ouvertes. Mais je pense que celle-ci pourrait être la solution à notre problème... Refermez après vous," finis-je juste avant de traverser la paroi translucide.

          La porte débouchait dans une petite pièce d'un lieu pour l'instant inconnu par mes hôtes, mais pas pour longtemps. Une fois le Mis Young et le patient numéro trente-trois arrivés, j'ouvris la porte et nous débouchâmes dans un salon vitré. A droite, la salle à manger et cuisine, petite mais bien équipée, et à gauche, la superbe vue sur la montagne à travers une énorme baie vitrée fit ouvrir à Emily de grands yeux ravis. Ils ne pouvaient pas encore le voir, mais une mezzanine se cachait juste au-dessus, la pièce où donnait la salle des passages débouchait sous l'escalier qui y menait. A cela s'ajoutait un piano droit sur le côté, quelques étagères avec des livres, un canapé, et une télévision écran plat qui me fit penser que mes invités ne connaissait peut-être pas cette technologie. En tout cas, Emily m'avait déjà lâché la main pour aller coller son nez sur la vitre. Je suivis le mouvement en m'en rapprochant également, suivis des deux jeunes gens. Cette boucle - car c'en était une - avait été une de mes résidences à un moment, mais je ne l'avais jamais considéré comme chez moi malgré le confort qui y régnait. Peut-être que ça allait être différent pour eux.

          "J'appelle cet endroit le Chalet. Je peux vous laisser ici pour le moment. Avez-vous besoin d'autre chose ?"

          Je me retournai vers eux pour guetter leur réponse et remarquai l'état du patient numéro trente-trois qui vacillait dangereusement en se tenant la tête d'une main.

              "'Faut que je... M'assoie."

            Le canapé (heureusement non loin) lui fournit une aide miraculeuse et il s'effondra dessus. En position assise, les yeux mi-clos, il avait vraiment piteuse allure. Son épuisement était alarmant, je me demandai pendant un instant si j'avais pris la bonne décision. Allaient-ils savoir se débrouiller ? Il faudrait que je pense à envoyer quelqu'un dans quelques jours, au moins pour s'assurer que le patient numéro trente-trois allait mieux. Nous verrons bien.
          J'expliquai rapidement à Miss Young quelques formalités de rigueur, où se trouvaient le groupe électrogène, les plaques de cuisson, le micro-ondes, les provisions et la douche. J'ajoutai quelques explications supplémentaires quand ce fut nécessaire, débarquer dans un chalet modernisé quand on vient de 1940 n'est pas forcément chose aisée. Lorsque nous revînmes dans le salon, le patient numéro trente-trois n'avait pas bougé d'un poil, et Emily s'amusait avec le tapis.

          "Je vais vous laisser... Ah, encore une chose, Emily ? Peut-on venir, s'il te plaît ? Je voudrais que tu ramènes Miss Young dans la boucle de Miss Tit pour qu'elle puisse prendre quelques affaires, et après que tu la ramènes ici. Tu peux le faire ?.. Moi ? Non, j'ai du travail à l'Institut, je vais me faire rouspéter si je reste absent plus longtemps. Viens me voir dès ton retour, je t'attendrai."

         Je me redressai pour m'adresser à Miss Young.

          "Bien, bon courage pour la suite. Nous nous reverrons dans quelques semaines tout au plus. Au revoir, Miss Young."

         J'attendis qu'elle parte avec Emily vers la boucle de Miss Tit avant de m'éclipser par la Salle des Passages pour rejoindre l'Institut. Cette histoire était enfin terminée, et... J'avais mis la main sur les documents qu'il me fallait maintenant étudier.

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