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 Perdus dans la jungle

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Sam 7 Jan - 23:19

William n'avait pleuré qu'une fois devant moi, et ses larmes s'étaient taries aussi vite qu'elles étaient venues. Cette fois, je vis ses yeux s'humidifier, et les larmes coulèrent sur ses joues. Bordel. Bordel ! Mon coeur se serra, et j'eus envie de vomir, de nouveau. Parce que j'avais mal, mal pour lui et pour moi, que cette vision ne m'était pas supportable, que la vie n'avait pas le droit de nous faire ça. J'eus envie de vomir de colère, dégoûtée par ce monde sans pitié et par moi-même aussi. Si je n'avais pas accepté d'aller chercher ses documents, William serait toujours en bonne santé, dans la boucle de Miss Tit. Alors que là, tout était de ma faute, tout… Ses blessures, sa mort, il serait mort à cause de moi, moi. Je grimaçai, le regard sombre. Nous partions tous les deux de l'idée qu'il n'allait pas survivre, parce que les docteurs le disaient, mais il pouvait renverser la balance, j'en étais certaine, il pouvait changer les choses, il pouvait vivre, il pouvait… Bon Dieu, pourquoi je ne croyais même plus à mes propres pensées ? Je me mordis la lèvre, désespérée. Je n'avais pas arrêté de pleurer. Nous étions maintenant deux. Je me mis à côté de lui, allongée sur le peu de place qu'il restait, une jambe dans le vide pour ne pas tomber du lit. A la hauteur de William, je posai ma tête à côté de la sienne, repris sa main, et déposai un baiser sur sa tempe. Mon visage était strié de larmes, je ne comprenais pas d'où venaient toutes ces réserves d'eau, alors que je n'avais pas mangé ni bu depuis hier midi. Mon estomac redoutait pourtant la nourriture que j'envisagerai d'ingérer en sortant d'ici. De ma seconde main, je m'éclaircis la vue, et je frottai le visage. Un truc à dire, un truc à dire. Je devais dire quelque chose, pour lui, pour ses larmes si rares, mais brûlantes de désespoir. Je finis collée à lui, de son côté presque intacte, pour profiter de sa chaleur, de son corps, de mon William, peut-être une dernière fois. Peut-être l'ultime fois. Ma gorge se serra. L'envie de cracher mes tripes surpassaient tout le reste, j'avais envie de mourir, toujours. Juste de crever comme un chien, sans que personne ne le voit, sans que personne ne s'en fasse. Pour avoir la paix, pour être seule.

- Je suis là. Je serai toujours là et..., je déglutis à cause de ma gorge qui m'était douloureuse, me dis qu'il valait peut-être mieux se taire, mais continuai, tu peux vivre, on trouve toujours des miraculés, tu es fort William, tu es la personne la plus forte que j'ai pu rencontrer, tu as survécu à tant de choses déjà. Si tu n'avais pas été là, je serais morte sûrement tellement de fois... Tu n'es pas n'importe qui, et je suis certaine que la mort le sait. Tu es... tu es mon William.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Dim 8 Jan - 21:07

          William était en train de se noyer dans ses propres larmes. Il avait peine à interprêter tout ce qu'il ressentait, tout se bousculait dans sa tête. Il se débattit avec lui-même pour contenir le flot de ses larmes, qui ne se muèrent pas en hoquets (de toute façon, il n'avait pas la force de hoqueter) mais continuèrent malgré tout à couler sur ses joues en silence. Il se détestait de pleurer. Il entendait encore son père vociférer : "Les larmes, c'est pour les fillettes ! Les hommes ne pleurent pas ! Tu as compris ?" lors d'une soirée particulièrement sensible. La gifle qui avait précédé, il s'en souvenait très bien, si le visage de ses parents s'effaçait peu à peu, ce qui marquait demeurait toutefois, enfoui. Et c'est dans des moments comme celui-ci que les souvenirs remontaient et se déversaient à flot dans sa mémoire. Ainsi que d'autres choses, des angoisses toujours plus fortes depuis cette fameuse nuit, des cauchemars vivaces et récurrents qui avaient pris le contrôle de sa vie et qu'il n'avait jamais vraiment vaincu, autant de choses qui lui avaient pourri l'existence, existence qu'Anaïs avait pourtant entrepris de rendre plus belle. Elle... Elle était là, c'était l'essentiel. William était épuisé. Il était épuisé depuis qu'il avait ouvert les yeux, depuis une éternité lui semblait-il. Il était complètement en rade, son corps lui faisait mal à chaque respiration. C'était pire que tout à l'heure ?.. Il ne voulait plus avoir mal. Par pitié, que tout ça se finisse. Il ne voulait pas mourir, c'est vrai, mais la fatigue et la douleur mélangée, ça faisait pas bon ménage. Ses pleurs s'étaient calmés sans qu'il sache vraiment comment. William n'allait pas tarder à céder au sommeil, mais il y avait une chose... Une chose qu'il fallait qu'il dise, juste avant, parce qu'il ne savait pas s'il se réveillerait, parce que c'était le moment où jamais, parce que... Il le fallait, mais c'était quoi déjà ?..

           "Je t'aime," dit-il dans un souffle laborieux, les paupières déjà closes.

           Il la sentait contre lui, il sentait sa chaleur, et puis il ne sentit plus rien du tout : le sommeil l'avait emporté.
          Birn passa dans la pièce une demi-heure plus tard.

          "Je savais bien que ça n'allait pas durer très longtemps. Il est très faible."

          Elle saisit le stéthoscope autour de son cou, vérifia rapidement le pouls de William, puis avisa Anaïs.

           "Vous restez ici ? Très bien. Surveillez sa respiration. Et prévenez-moi s'il y a un problème."

         Elle passa de l'autre côté du lit, remit en marche les sédatifs, puis leva les yeux vers Anaïs, s'arrêtant un instant.

            "Vous êtes courageuse, vous savez."

         Un instant plus tard, elle était sortie. Kaï entra pour proposer à Anaïs quelque chose à manger et laissa le plateau dans un coin de la pièce, et puis, au bout d'un moment, la respiration de William s'arrêta. Comme ça. Sans le moindre signe extérieur. Il avait juste l'air de dormir. Mais cette discrétion n'était pas accepta pour la machine, qui se mit à faire un biiiiiiiiiiip strident quelques minutes plus tard.

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« Elle est mon plus grand péché, et j'irai avec joie en enfer pour elle. »



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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Dim 8 Jan - 22:05

Mon coeur rata un battement. Pourquoi j'avais l'impression que son « je t'aime » sonnait comme un adieu aussi ? Étais-je la seule à le remarquer ? A le sentir ? J'étais la seule dans la pièce en même temps mais... j'aurais préféré qu'il ne dise rien, en réalité. Ce n'était pas ses paroles en elles-mêmes qui me blessaient, parce bon « je t'aime » ce n'est normalement pas blessant, pas douloureux. C'était en réalité mes propres pensées, me dire que c'était peut-être la dernière fois que je l'attendais me dire cela... peut-être la dernière fois tout court que je l'entendais. Il s'était endormi, et je décidai de ne pas m'éloigner, je m'adossai juste à la tête de lit, afin de pouvoir tenir plus longtemps. Ainsi, je ne m'étais pas éloignée d'un millimètre. À la rigueur, c'était plus supportable ainsi, en étant à côté de lui, que toute seule dans ma chambre. Même s'il était inconscient, je l'avais contre moi, proche, et... je ne sais pas, c'est comme si mes pensées s'arrêtaient, comme s'il dormait tout simplement, et que je n'avais pas à m'en inquiéter. Un long moment plus tard, Birn passa dans la tente. J'arquai un sourcil. Je n'étais pas courageuse. Si ça ne tenait qu'à moi, je serais déjà partie en courant, j'aurais changé de monde, d'univers, je serais sortie de cette tente de malheur. Si j'étais courageuse j'aurais soutenu William, je l'aurais rassuré. Au lieu de ça je m'étais mise à pleurer lamentablement comme je le faisais depuis trois jours. À croire que je ne savais plus faire que ça. Alors non, je n'étais ni forte, ni courageuse. Seulement pitoyable et rien d'autre. Je ne répondis rien, sachant cette discussion vaine, et baissai la tête sur William, ma jouant doucement avec ses cheveux. Le temps passa de nouveau, lentement, bien que je ne sache pas l'heure qu'il était. Cela n'avait pas d'importance. Kaï entra dans la tente, me proposa à manger, et je n'eus le coeur de lui répondre. De nouveau la nourriture me rebutait, comme dans la jungle. Il déposa tout de même un plateau et je ne pus que le remercier une nouvelle fois pour ce qu'il faisait. Je n'y touchai pas. Pas que cela n'avait pas l'air bon, au contraire, l'odeur me donnait presque envie... mais le problème était le « presque » et finalement les couverts finirent sur le plateau, sans que je n'aie entamé quoi que ce soit.
Les yeux dans le vague, je demeurai parfaitement immobile. Jusqu'au moment où je me crispai. Le bip bip régulier s'était changé. Si je m'y étais presque habituée comme une berceuse, cette alarme sinistre se chargea de me réveiller parfaitement. Mon sang se glaça, je devins blême. Je regardai la machine avec horreur, et abaissai mon regard jusque William.

- William ? WILLIAM ! WILLIAM ! NON CE N'EST PAS POSSIBLE WILLIAM RÉVEILLE TOI WILLIAM !

Je sautai presque du lit, en prenant son visage dans mes mains. Il ne respirait plus... IL NE RESPIRAIT PLUS ! Je criais son prénom. Mais il n'allait pas réagir. Il n'allait plus jamais réagir, plus jamais. La panique obscurcit mes pensées, je ne savais pas quoi faire, j'avais envie de de... Je finis par hurler, un cri strident, désespéré, qui dû s'entendre à l'autre bout du camp tandis que je tombai à genoux à côté du lit. C'était un cauchemar, un cauchemar... rien qu'un cauchemar, et cette machine avec son bruit... une illusion... un simple mensonge rien que qu'un qu'un... rien qu'un mensonge...
Puis il eut du mouvement, des personnes entrèrent dans la tente, mais j'étais incapable... incapable de bouger, de réagir. J'avais les mains dans mes cheveux et je faisais tous les efforts du monde pour ne pas les arracher. On me prit par les épaules. Je me dégageai une première fois, le regard dans le vide, la respiration saccadée, à répéter encore « non non non, il ne peut pas mourir... il ne peut pas... ». La voix de Kaï sortit de l'épais brouillard qui me recouvrait et je crois que l'on finit par me sortir de la tente, mais je n'étais plus sûre de rien.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Dim 8 Jan - 23:00

         Kaï n'avait pas poireauté tout ce temps devant la porte. Enfin, au début si, après il avait rempli sa journée avec le mécanicien qui l'aidait d'habitude. Les moteurs, tout ça. ça pouvait toujours servir, comme connaissance, et puis à la base Kaï avait quand même étudier la mécanique et était en partie là pour ça, alors on l'avait assigné là, et puis il faisait ce qu'on lui disait. Entre autres. Ce n'est qu'à treize heures qu'il avait passé de nouveau la tête dans la tente, pour lui apporter à manger parce que ça devait faire un baille qu'elle n'avait rien avaler, et il avait trouver Anaïs sur le lit. Il avait juste poser le plateau et les avait laisser tranquille. Ce n'était pas ses affaires, après tout. Il patienta ensuite en discutant avec les uns et avec les autres, et lorsqu'il commençait à trouver le temps vraiment long... Les choses s'accélérèrent brusquement.
        Déjà, Anaïs hurla. Ce qui provoqua la réaction de pas mal de gens autour, qui se retournèrent pour la plupart. Kaï, lui, se précipita dans la tente. Le moniteur électrique faisait un bruit horrible, Anaïs était à genoux à côté du lit, et il ne fallut pas longtemps à Kaï pour comprendre ce qui se passait. Birn, elle, fut plus active : elle avait déjà du matériel en main et marmonnait dans sa barbe :

        "Je le savais, je savais que ça allait arrivé... Jenkins, faîtes-la sortir ! Henson, venez m'aider ! Chargement à 200... Attention..."

        Kaï n'entendit pas la suite, il aida juste Anaïs à sortir, et la fit s'asseoir sur une chaise. La pauvre avait l'air complètement défaite.

        "Anaïs ? Oh oh, Anaïs, tu m'entends ?"

        Cinq minutes plus tard, Birn sortit, et s'assit à côté d'Anaïs avec un soupir de soulagement. Kaï la dévisagea, en quête de réponses.

         "Il est vivant. On le transfère dans le bâtiment A, il y sera plus tranquille."

        Elle étendit ses jambes devant elle, puis avisa Kaï.

        "Qu'est-ce que tu attends ? Apporte-lui de l'eau sucrée, tu vois bien qu'elle est sur le point de tomber dans les pommes !"

        Surpris, Kaï alla chercher rapidement ce qu'elle lui demandait. Heureusement, la tente cantine n'était pas loin et certains n'avaient pas fini de manger en raison d'horaires particuliers. Il ne fut pas long. Quand il revint, Birn lui prit le verre des mains et le tendit à Anaïs, en s'adressant à elle avec bien plus de douceur.

        "Tenez, buvez, ça va vous faire du bien. Depuis combien de temps n'avez-vous pas manger ?"
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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Lun 9 Jan - 19:52

Il y avait quelqu'un. Normalement. Il m'avait sortie de la tente. Je crois. Si j'en croyais ce que je voyais, mais je n'avais plus confiance en mes sens. Je ne voulais, ce n'était pas possible, voir William ainsi immobile, entendre le long biiiiiip, non non, ce n'était pas réel. Rien n'était réel, Kaï n'était qu'une création de mon imagination, tout, l'Institut était créée de toute pièce et... mais si l'Institut était créée par mon esprit alors William aussi et ça... ce n'était pas possible. Tout était vrai bon Dieu, tout était réel et William était mort, devant mes yeux comme ça. Il avait juste cessé de respirer, comme s'il n'avait jamais existé, comme si nous n'avions jamais rien vécu... Comme si cela avait été une fin normale pour lui. Je n'avais conscience de rien, excepté un mal de ventre. J'avais mal au ventre, des aigreurs de faim, d'intense faim, mais en même temps je me pliais en deux avec une horrible envie de vomir, les mains sur l'estomac. Mais je n'avais rien à vomir, et je tremblais, je tremblais toute seule, le visage pâle, les yeux dans le vide, avec la sensation d'avoir des sueurs dans le dos. Et pourtant... mon esprit restait focalisé sur William, sur ma réaction sûrement trop lente. Kaï me parlait ? Ouais, peut-être bien. Peut-être bien ou peut-être pas je... je.. je réagis à peine au « il est vivant » si ce n'était d'un clignement d'yeux, sans réellement écouter ce que la voix disait. Enfin, ce que la voix parvenait à sortir du brouillard épais qui m'englobait. Il n'y avait plus rien autour de moi, le monde était sombre... si sombre... Je sentis du froid contre mes paumes, et je saisis ce que l'on me tendait. De l'eau. De l'eau et bordel voilà qu'ils s'occupaient encore une fois de moi. Mes larmes s'étaient taries, il n'y avait plus de douleur, seulement un immense vide, et l'envie de me laisser crever de faim là sur cette... J'étais assise sur quoi déjà ? Ah, oui, une chaise, effectivement, et l'infirmière elle aussi à côté de moi. Elle m'avait posée une question que je n'avais pas écoutée. Ils voulaient peut-être que je boive. Mouais, peut-être. Je portai l'eau à mes lèvres sèches et fus surprise de sentir un léger goût sucré, doux sur mes papilles. Je secouai la tête sans vraiment le faire, c'était plus un ballonnement étrange. Et n'ayant pas plus de réponse que tout à l'heure à cette question que je n'avais pas entendue, je ne pus que sortir un « Mmh mmh » sans relever le nez de mon verre d'eau sucrée.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Mar 10 Jan - 20:21

        Il était vivant, non, son mec ? Mais est-ce que c'était mieux ? Il n'allait pas tenir très longtemps d'après le peu que Kaï avait pu voir, alors lui infliger ça, le réanimer encore, c'était-ce pas le plus douloureux pour lui et pour Anaïs ? Ils ne pourraient pas le faire éternellement, il lui restait quoi, un jour ? Une nuit ? Trois jours, au maximum, à agoniser dans un lit, plongé dans un coma artificiel ? Ne serait-ce pas moins cruel de simplement le laisser mourir ?.. Mais cette décision ne leur appartenait pas. Qui doit vivre, qui doit mourir, personne ne doit choisir. Il mourrait quand son temps sera venu - même s'il venait à grand pas. Kaï, les mains dans les poches, passait d'un pied sur l'autre pour se donner contenance. Il ne savait pas trop quoi faire, ça devenait une habitude chez lui. Heureusement, le médecin était là. Elle semblait prendre sa pause, et ne s'offusqua pas le moins du monde du peu de réponse d'Anaïs. Birn fut appelée de la tente. Kaï la regarda se lever en soupirant :

         "Le devoir n'attend pas, dit-elle sans s'adresser à quelqu'un en particulier. J'y vais."

          Et le docteur s'éclipsa de nouveau, disparaissant dans la tente. Kaï se tourna vers Anaïs.

          "Bon, viens, on va dans la tente cuisine, je vais te trouver de quoi manger."

        Ce sera toujours mieux que de rester là sans rien faire.
        Aussitôt dit, aussitôt fait, la jeune fille se retrouva avec un plateau complet devant elle. Kaî s'assit face à elle, les coudes sur la table.

         "Alors, tu viens d'où, t'as une famille ? J'ai jamais entendu ton accent."
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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Mer 11 Jan - 22:16

Kaï m'entraîna derrière lui. Il aurait presque dû me prendre par la main, j'aurais au moins réagi plus rapidement, parce que le temps qu'il se lève, qu'il parte, puis qu'une alarme sonne mon cerveau comme « oh, il est parti, debout, suis-le bon Dieu, bouge toi un peu » il s'était passé de longues secondes. Je me mis sur mes deux jambes, assez lentement, sans trop savoir comment, les mains tirant sur mon pantalon au niveau des cuisses, ne sachant quoi faire de mes deux mains et étant assez perdue dans tout le mouvement de ces dernières minutes. Finalement, je rejouai avec ma gourmette, les yeux rivés sur le sol, en vérifiant seulement de temps à autre si Kaï ne s'était pas soudainement téléporté et... ouais nan, il n'allait pas se téléporter, plus personne n'allait se téléporter à ce rythme. Je pris une grande inspiration, et ouvris les bras lorsqu'il me tendit un plateau vide. Oh, mais il ne resta pas vide bien longtemps, le jeune homme me servit assez de nourriture pour manger ce midi et ce soir, et je sentis enfin mon ventre grogner. Je fermai les yeux quelques secondes, prise d'un léger vertige devant tant d'odeur, et tant... tant de choses qui me passaient sous le nez, et m'assis à la table. Le militaire se mit en face de moi, et je baissai les yeux sur mon assiette en prenant les couverts. Je grimaçai un instant et portai tout de même les aliments à ma bouche. Sa question fut étrange et elle résonna dans ma tête comme un long échos. De la famille ? Oh oui, mais à cette époque du temps Ils devaient être morts. Mais en toute logique, pour lui, je devais avoir un père une mère et d'autres choses comme une... famille. Ouais, ouais ouais une famille. La seule famille qui me restait était entrain d'agoniser en silence dans un lit perdu dans la jungle. Alors ouais et... non. Je n'avais plus de famille. Un voile sombre passa dans mon regard, je déposai ma fourchette, puis avalai ma bouchée en jouant du bout du couteau avec la nourriture dans mon assiette. L'appétit avait pris place sur le dégoût, mais les choses pouvaient très vite s'inverser une nouvelle fois, j'en étais certaine.

- Je n'ai pas réellement de famille.

Je n'allais pas non plus pouvoir lui expliquer toute ma vie. Pourquoi mes parents m'avaient abandonnée ? Comme avais-je survécu ? Qu'avais-je fait de ma vie ? Autant tout inventer, en gardant une idée principale, simple à retenir, plausible, et qui expliquait en même temps ma situation du moment. En oubliant malencontreusement le don, et les boucles et les ombrunes et Vladimir et... tout le "surnaturel" de notre histoire. De toute façon cela ne lui serait pas utile.

- Je viens plus au moins du Pays de Galles où une gouvernante s'occupait de moi et de quelques autres enfants abandonnés eux aussi à la naissance. Je me suis faite adopter par un capitaine et sa femme comme ils ne pouvaient pas avoir d'enfant. J'avais sept ans.  

Capitaine ? C'était crédible ? Je faisais toute ça au feeling, vraiment tout, mais j'espérais malgré tout que toutes mes paroles prenaient un sens sous mon regard sombre.

- Il est mort, lâchai-je d'un air grave, en espérant ainsi éviter toute question quant-à cet homme qui n'existait absolument pas. Donc pour lui, j'en suis arrivée à une unité spéciale, du genre qui m'emmène dans la jungle pour recueillir des documents.

Je haussai les épaules pour marquer la fin de mon récit, comme si c'était une chose finalement banale, le seul chemin possible que j'avais pu emprunter. Je repris ma fourchette et attrapai la première chose qui tomba en dessous, l'amenai à ma bouche.

- Ce ne serait pas la première fois que je passe à un fil de la mort, et puis au fond, je crois que je n'ai même plus peur de ma propre échéance. C'est plutôt celle des autres qui... qui... expériences mal vécues, finis-je par résumer, en fixant un point invisible derrière lui.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Jeu 12 Jan - 22:24

          Kaï l'observa sans manifester d'émotions notables. Il se demandait si elle disait la vérité ou pas. Non pas qu'il la traitait de menteuse, c'était juste que c'était gros à avaler, une histoire pareille de gamins envoyés dans la jungle par un capitaine mort. Ce n'était pas réglementaire du tout, et à vrai dire, c'était aussi valable pour ce qui se passait à partir du moment où ils avaient mis un pied dans le camps, tout les deux. Un mec à moitié mort à peine plus vieux que sa copine qui débarquent tout seul pour une raison inconnue, ou à peine croyable. Du n'importe quoi. DU pas réglementaire, et le pas réglementaire ça n'existait pas avec le colonel. Pourquoi faisait-il une telle exception, alors qu'il ne paraissait pas connaître Anaïs et l'autre ?.. Beaucoup trop de questions, et Kaï n'était pas complètement stupide. C'était comme si... L'improbable les suivait, et le jeune homme venait juste de l'entre-apercevoir, de le toucher du doigt. Il avait du mal à se défaire de cette impression étrange qui le mettait mal à l'aise, qui lui donnait la chair de poule. Il éprouva un sentiment de dégoût soudain, cet inconnu le rebutait au point que sa curiosité en prit un coup. Il n'avait pas envie de savoir, finalement. Pas envie du tout.
          Ce qui était sûr, c'était qu'Anaïs n'avait pas l'allure d'un militaire. Kaï ne parlait pas du physique, certains petits gabarits arrivaient tout de même à s'en sortir, mais elle, elle n'avait jamais été formé de sa vie, ça se voyait à des kilomètres. Comment pouvait-on être élevé par un colonel et rentrer dans l'armée grâce à lui sans avoir les rudiments ? Cela rendait toute cette histoire bancale, mais elle avait dit la vérité sur une chose : elle avait déjà vu des gens mourir. Ou bien elle avait souffert, d'une manière ou d'une autre. Kaï avait déjà vu des gens qui revenaient de la guerre, et ils avaient la même retenue, comme s'ils pouvaient à tout instant replonger dans leurs souvenirs. Mais ils avaient souvent le double voire le triple de son âge !
          Dubitatif, Kaï choisit d'avoir de la patience, il verrait bien pour la suite.

        "Mais pour qui tu devais rapporté ces documents ? Y'avait quoi dedans de si important ?"
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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Ven 13 Jan - 23:51

Mon regard s'était détaché du point inexistant pour se reposer sur mon assiette, dont je n'avais pris que cinq ou six bouchées depuis le début. De la vraie nourriture, presque vraiment cuisinée (je n'osais même pas imaginer le nombre de boites de conserves cachées derrière ces murs qui devaient faire office de déjeuner et de dîner). Mais c'était mieux que rien, de toute façon, n'ayant pas mangé depuis plus de vingt-quatre heures j'étais capable d'ingérer n'importe quoi, quoi ce soit bon ou non, même s'il valait mieux que je n'en prenne pas trop quand même, mon estomac n'allait pas le supporter. Mon arrivée ici n'avait pas pour but de repeindre les toilettes. Je devais simplement manger le minimum, qui me permettrait de tenir le coup encore quelques heures. Ce n'était pas gagné, loin de là. Je pris mon verre d'eau, et le bus lentement, en regardant en même temps Kaï, qui n'avait rien dit depuis que j'avais terminé de parler. Pourtant, je sentais tout de même son regard posé sur moi. Le même regard que je faisais à William lorsque je sentais qu'il ne me disait pas tout. Je finis par baisser une nouvelle fois les yeux, gênée. Le silence devenait pesant, franchement désagréable, et s'il continuait ainsi, il risquait de me couper définitivement l'appétit.
Je déglutis avec difficulté à ses questions. Bien, pas du tout délicat comme question, merci Kaï. Je le fixai dans les yeux quelques secondes, et me dérobai, les lèvres pincées. La réponse ne devait ni comporter trop d'élément, ni pas assez, sinon il se demanderait réellement ce que je faisais ici. Le colonel d'ici ne lui avait sûrement pas expliqué ce qu'étaient ces documents, qui était Victor, et donc par extension : Vladimir. ç'aurait paru louche tout ça (ça l'était déjà énormément). Mais bon, le militaire avait bien vu Victor sortir de la tente non ? Même s'il faisait noir, il l'avait peut-être vu avant. Quelque part, aux toilettes, avec le colonel, ou la femme médecin, quelqu'un ! Il n'était pas invisible non plus cet homme ! Je fis le tour de mon assiette avec ma fourchette, et m'appuyai contre le dossier de ma chaise en soupirant, peu incline à répondre à ses question.

- À l'homme qui est sorti de la tente hier, avant que vous n'entriez, blond, pas aussi grand que vous, puis pas très costaud, on ne va pas se le cacher. Quant-au contenu et pour qui il travaille... je ne peux rien dire, désolée.

Cela m'éloignait avec tact des questions sur les documents pouvant mettre en cause ou en relation des particuliers. Il y en avait peut-être eu dans le camp où j'étais dans la jungle, mais n'ayant jamais montré le mien, ils m'avaient prise pour une humaine normale et... c'était très bien ainsi. Je pris une petite bouchée, attendant la suite de "l'interrogatoire".

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Sam 14 Jan - 23:22

            Kaï hocha la tête en gardant le silence. Il n'avait pas vu le petit homme dont parlait Anaïs, et il ne se rappelait pas en avoir déjà entendu parler. ça ne voulait pas dire qu'il n'existait pas, mais ça n'apportait pas non plus de preuves à l'histoire d'Anaïs déjà bien alambiquée. Son quotidien semblait... Compliqué ? Kaï ne savait pas trop comment formuler les choses, mais il lui était impossible d'entrevoir la vérité dans ses paroles. Et par sa position Anaïs indiquait clairement que les questions suivantes ne seraient pas les bienvenues. Il n'en saurait pas plus aujourd'hui, ou en tout cas dans l'immédiat. Elle n'aimait pas ou n'avait pas l'habitude de parler d'elle, ça se voyait. Pourtant, dans le camps, avec les potes quand ils n'avaient rien à faire ou quand le moral était au plus bas, on se racontait des souvenirs du pays. Chacun y allait de sa petite anecdote personnelle et ça donnait de la joie de vivre à ceux qui n'avaient pas grand monde. Alors, c'était ce que Kaï fit. Il raconta les plaines du Texas, la ferme de son grand-père où il se rendait pendant les vacances, sa vie de famille, comment son père était un sujet de conversation partout autour de lui, comment sa grand-mère un peu fêlée mais tellement attachante s'en moquait bien.
          Il ne débala pas toute sa vie mais presque, et lorsqu'il eût terminé, Anaïs avait fini son plateau depuis un petit moment (preuve qu'il avait parlé longtemps). Il ne posa pas d'autres questions, tenta de lui changer les idées et alla voir si la salle de tir était libre incognito - donner des leçons de tir à un civil n'était pas vraiment réglo. Mais elle ne l'était pas, pourtant il lui promit de le faire plus tard. L'après-midi se déroula ainsi, mais ce fut le soir que le peu d'équilibre qu'il avait réussi à instaurer vola en éclats.
          Ils mangeaient avec tous les autres, Kaï avait invité Anaïs à la table de ses amis mais ne prenait pas vraiment part à la conversation, mais les autres ne l'embêtaient pas et manifestaient seulement de temps à autres un peu de curiosité.

          "Hé bah m'est avis qu'on aura un autre macchabée sur le dos avant la nuit. Le type qui est arrivé hier, m'étonnerait qu'il passe la nuit. Vous l'auriez vu... Il est déchiré de partout ce gars-là !.."

          Ses paroles portaient et certains se penchaient déjà pour avoir des détails. Kaï se retourna et ouvrit la bouche pour dire à Henson de se la fermer, mais c'était trop tard, Anaïs avait tout entendu.
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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Sam 14 Jan - 23:57

Kaï se mit à parler de sa vie. Une vie normale, avec un père haut gradé et des petites maisons avec des familles parfaitement logées à l'intérieur : heureuses et ensembles. Ce que je n'avais pas connu depuis des années, ce que j'osais n'imaginer qu'en rêve et encore. Peut-être un jour William et moi formerions une famille, avec des enfants et des petits enfants et même ..! Ah oui non, non non effectivement non. Nous n'allions pas former de famille, pas avoir d'enfant, pas non plus avoir une petite vie rien qu'à nous. Parce qu'il allait peut-être me quitter d'ici peu. Et que je me trouverais seule. Je ne fis pas de commentaire à ce sujet, ne répondant à son histoire que par de légers sourires, des hochements de tête pour lui montrer que je l'écoutais toujours, et parfois même en ajoutant des petites questions en plus pour éclaircir un point de sa vie. Au fond, cela fut bénéfique et me permit de me changer les idées. Ce jeune homme était assez bon dans ce domaine. J'avais fini de manger lorsqu'il s'arrêta, et m'emmena voir si la salle de tir n'était pas occupée. Manque de bol elle l'était. Je n'étais pas contre apprendre à tirer, et manier des armes, en cas de situation délicate où je ne pouvais pas me servir de mon don, bien au contraire, je fus presque déçue de sa réponse, mais sa promesse me mit du baume au cœur, et l'après midi se continua lentement, sur une sorte de calme où je me sentais vide, plus vide que jamais. Mais au moins, les larmes ne coulèrent plus, et je parvins même à sourire faiblement, de temps à autre. Le soir revint au galop, et avec lui la peur de dormir qui je ne montrai pas. Kaï me laissa une place à la table de ses amis. Je fus touchée par cette attention et dus le remercier une énième fois, en m'asseyant à ma place. Il y avait du monde, énormément de monde, et je gardais la tête baisse, pour toujours fuir leur regard, pour éviter les questions, pour les éviter tout court. Je gardai le silence, et les amis de Kaï n'essayèrent pas non plus de me parler. Dieu merci, je n'avais pas le cœur à entamer une discussion avec eux. J'avais à peine mangé mon assiette que soudainement, une vois passa par dessus les autres. Une voix qui parlait de William.

Si l'on m'avait giflée, j'aurai réagi de la même façon. Comment ça "il ne tiendra pas la nuit" ? Comment osait-il dire ça ? Comment osait-il alors que William se battait contre la mort depuis plus de vingt-quatre heures ?! Il ne savait rien lui ! Il ne connaissait pas sa force, son pouvoir, il ne savait pas à quel point il était résistant ! Folle de rage (ou de désespoir ?), je lâchai mon couteau et ma fourchette dans mon assiette, et le soudain bruit du fer cognant contre la céramique fit brusquement taire toute la salle, même ceux qui ne s'intéressaient pas à la conversation à l'origine. Si j'avais pu les geler tous, un à un, si… si j'avais pu tous... Je serrai les dents, en posant un regard hurlant ma colère sur celui qui devait être un des docteurs et qui venait de dire ça. Mes yeux froids le démontèrent et il pâlit (en se rendant compte de sa connerie ou autre chose ?) si c'était autre chose je devais me calmer, ne pas le transformer en bâton glacé. Je reculai mon assiette, et sortis de table, tout en retenant mon envie de cracher mes tripes à cause de la peur. Ce n'était pas vrai, William allait vivre, il respirait tout à l'heure, il n'y avait aucune raison pour qu'il abandonne maintenant ! Je fis tous les efforts du monde pour retenir ma colère. Ne pas hurler. Ne pas non plus utiliser mon don, non non, surtout pas… surtout pas… Je sortis d'un pas sec, sans jeter un quelconque regard derrière moi, mes yeux se dirigèrent plutôt vers la tente où dormait William. Je ne pus que détourner la tête, le visage crispé, et prendre une grande respiration. Aller. Ailleurs. Je ne pouvais pas sortir, mais je finis pas trouver un coin, reculé, derrière un bâtiment de béton, tout proche de la grande barrière qui séparait la jungle du camp. Je serrais de plus en plus les dents, et dès que ma main se posa sur le mur, une épaisse couche de givre se forma à cet endroit. Ok, respire. Respire et calme-toi. Manquerait plus que je perdre le contrôle et qu'ils se retrouvent en Alaska. Je m'assis à même le sol, adossée au mur, les genoux à moitié relevés, à fixer la barrière en face. William. N'allait. Pas. MOURIR ! Une nouvelle couche de glace se forma, cette fois sur la surface qui me faisait face, et elle se craqua soudainement à cette pensée, se fissura à partir du centre et l'éclat se prolongea jusqu'en haut. Je ne lançai qu'un vague regard en constatant ceci, et repris une grande inspiration. Bien. Juste. Chut. L'herbe face à moi se mit à geler, doucement, parce que je voulais, et les minuscules flocons qui s'accrochèrent au brins d'herbe, comme une constellation de neige à même le sol, à portée des mortels comme nous. C'était bien beau tout ça, mais finalement une grosse larme coula le long de ma joue et devint cristal lorsqu'elle se détacha de mon menton pour heurter le sol. Je secouai la tête et, désormais lessivée, posai ma tête contre le mur, en fermant les yeux.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Dim 15 Jan - 0:13

         Kaï ne savait pas trop à quoi s'attendre, mais pas à ça en tout cas. Elle pouvait faire peur quand elle le voulait. Ce n'était pas une question de taille, ni d'âge, apparemment. Elle partit comme ça avec un regard si noir qu'il en était dangereux. Il ne fallait pas qu'elle fasse une bêtise, Kaï aurait l'air de quoi, après ? Et puis, il commençait à bien l'aimer, elle n'était pas idiote et plutôt sympathique compte tenu des circonstances. Le jeune homme se leva et sans plus s'occuper des autres, laissa son plateau en plan pour retrouver Anaïs. La nuit allait tomber dans peu de temps, une fois sorti de la tente Kaï balaya les lieux du regard, cherchant où elle avait bien pu trouver refuge. Aller voir le type qui allait mourir ? A l'humble avis de Kaï ce serait au-dessus de ses forces après ce qui venait de se passer. Non, elle avait dû trouver un coin tranquille et... Kaï la repéra enfin, elle tourna derrière un coin de bâtiment, disparaissant de sa vue. Il se dirigea vers là, et lorsqu'il la rejoignit, il... Il n'en crut pas ses yeux. Il y avait de la glace, de la neige en pleine jungle, il ne... Il n'y avait qu'Anaïs à côté, c'était incroyable.

         "Qu'est-ce que... C'est... C'est quoi ça ?"
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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Dim 15 Jan - 11:12

Les Hommes ont toujours eu peur de ce qui leur était étranger. En voyant une chose nouvelle, qu'ils ne peuvent maîtriser, les vices peuvent prendre le dessus pour essayer de s'accaparer cette chose, ce que les estres avaient voulu faire avec les pouvoirs des ombrunes, soit ils prendront peur, et se mettront à les chasser. Ce que les Hommes normaux avaient fait en voyant les particuliers. On raconte souvent qu'il fut un temps, où il y avait des villages des particuliers, où chacun vivait comme il le désirait, avec les humains, sans peur des sépulcreux, car ils n'existaient pas encore. Les particuliers étaient connus, respectés, et bien qu'ils restent dans leur coin, personne ne venait les déranger. Puis petit à petit, les Hommes se sont mis à les chasser, à les tuer pour leur différence. Le monde se disloqua en deux. Les particuliers, se sont enfuis, et une ombrune trouva le moyen de les cacher dans les boucles. La plupart s'y réfugièrent, et peu à peu, les syndragasti disparurent de la pensée des hommes. On ne parla plus deux, plus de miracle, plus de magie, plus de choses hors normes. Plus de particuliers. Exceptés ceux nés des générations plus tard. Ce qui est toujours le cas, j'en étais une preuve vivante. Et j'étais aussi une preuve vivante que les humains ne réagissent toujours pas bien aux pouvoirs. Le colonel me l'avait dit : "pas de choses exceptionnelles". Pourtant, c'était arrivé. Et Kaï était devant moi, trop surpris pour former une phrase correcte, les yeux rivés sur toute cette glace... tout tout... tout ce malheur. La surface glacée sur le mur se fissura en un millier de petits cristaux. Je le fixai, les yeux écarquillés, la tête à peine relevée de mes genoux. Bon Dieu, mais qu'est-ce que j'avais fait encore ? Non, non non, ils allaient me mettre à la porte, c'était certain, me foutrent dans jungle et laisser William mourir. Ils ne pouvaient pas ! Je fermai les yeux quelques secondes, et m'aidai du mur pour le relever, sans approcher de Kaï, qui pourrait tout à fait s'enfuir en courant prévenir les autres. Kaï dans le rôle de ma soeur, moi dans mon rôle, mes parents : tout le camp. Et cela risquait de refaire le même scénario, sauf que cette moi, je signais la mort de William en même temps. Je rouvris mes yeux clairs. J'allais lui expliquer. Lui montrer ce que ce monde leur cachait, j'allais lui montrer la seconde face de notre vie. Peut-être allait-il me croire, peut-être pas, mais jusque ici, il m'avait supportée, alors je devais tout de même essayer.

- Kaï, Kaï, je peux t'expliquer, d'accord ? Mais... Ne pars pas en courant, s'il te plait... Tu dois me croire, tout ce que je peux te raconter sera la vérité, mais si tu pars... tu risques de nous tuer, moi et mon ami, alors s'il te plait...

Mes yeux étaient secs de larmes, je n'avais même plus le courage de pleurer mon désespoir.
S'il te plait, Kaï, écoute moi...

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Dim 15 Jan - 22:56

Kaï avait la bouche ouverte et ne trouvait pas les mots. Ses yeux allaient de la surface glacée à la jeune fille, et il essayait fiévreusement de trouver une explication logique à ce qu'il venait de voir. Il y en avait forcément une, il devait y en avoir une, il y en avait toujours. Le monde était régi par des lois et personne ne pouvait y échapper, ça allait à la rencontre de tout ce en quoi il croyait, tout ce qu'on lui avait appris. Il n'était même pas sûr de ce qu'il avait vu, c'était certainement une erreur, un effet d'optique, une sorte de mirage, quelque chose dans ce goût-là, après tout c'était facile à mettre en place, non ? Mais non. Tout lui disait qu'il avait bien vu, que Anaïs, ou plutôt l'inconnue qui se faisait appeler Anaïs avait bel et bien fait jaillir de ses doigts de la neige. C'était impossible. Il ne pouvait pas y croire une seule seconde. Alors... Alors pourquoi elle le fixait avec ce regard implorant, un regard qui ne démentait en rien ce qu'il venait de voir, bien au contraire ? Kaï avait peur. Il avait envie de prendre ses jambes à son cou, et le fait qu'elle voit si clair en lui alluma une lueur de méfiance dans le cerveau du jeune homme. Une ampoule qui lui criait danger, une alarme qui n'était que la manifestation de sa peur, et tellement plus à la fois. Un instinct humain, quelque chose qu'il n'avait jamais éprouvé jusque alors. Il avait bien senti qu'il y avait quelque chose de bizarre avec elle, mais il avait refusé de le croire, et elle, elle...
Kaï déglutit, s'efforçant de contrôler sa voix.

"Bah vas-y, parle, je t'écoute," dit-il avec plus d'aplombs qu'il en ressentait véritablement.

Qu'est-ce qu'elle pouvait bien trouver pour justifier un truc pareil ? Pour le convaincre qu'elle n'était pas une erreur de la nature bonne à interner en plus d'une menteuse ? Et qui disait qu'elle allait raconter la vérité par la suite ? Il allait falloir qu'elle soit convaincante. Très convaincante.
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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Dim 15 Jan - 22:56

- Kaï je... , en voyant son regard, je sentis la même peur que chez mes parents, la même méfiance, comme si trente secondes avaient suffi pour me transformer en monstre ignoble, comme si en trente secondes j'étais passée de « Anaïs Young » à une personne complètement inconnue. Pourtant... en réalité, l'inconnue était la première qu'ils voyaient. Ce que Kaï voyait depuis le début n'était qu'une figure, une image incomplète, un puzzle dont-il manquait la dernière pièce. Mais voulait-il voir ce que j'étais réellement ? Voulait-il le savoir ? Ou allait-il être aussi dégoûté que mes parents et me fuir ? Il était le seul que je connaissais, le seul qui avait été gentil et avait voulu m'aider et m'avait soutenue avec William. Il était le seul à qui j'avais parlé et s'il me laissait seule ? Encore plus seule que maintenant. Je n'aurais plus qu'à aller me prendre aux douches des filles, et puis personne n'entendrait plus jamais parler d'Anaïs, le monstre de glace. J'avais l'épaule collée au mur, les yeux dans le vague tandis que je revoyais l'horreur et la surprise dans les yeux de mes parents. Ce n'était pas ça que j'avais voulu voir dans les yeux de Kaï, je n'avais pas voulu lui faire peur, il n'aurait jamais dû tomber, ni voir ça il... Je tirai sur le bas de mon t-shirt, mal à l'aise, avec de la peur brillant dans mes prunelles. Pour le moment il était presque calme, mais j'étais certaine qu'un rien le ferait soit crier, soit déguerpir. C'était une évidence, une réaction normale. Même si je devais à tout prix l'éviter. Aloes je devais lui expliquer, comme il venait de le demander. Je pris quelques secondes pour rassembler vaguement mes idées et ouvris la bouche :

- Il y a deux branches de l'espèce humaine, vous, et moi. Avant, on vivait ensemble, et puis, tu connais l'homme, il s'est mis à nous chasser, et des particuliers que l'on nomme maintenant « ombrune » nous ont offert un asile dans des... boucles. Les boucles, se sont des zones peu étendues, elles protègent du temps et un homme ne peut y entrer, pas même nos ennemis. Mais eux, c'est une histoire plus... compliquée. Les particuliers ont des dons, il existe des milliers de dons différents, certains sont plus rares que d'autres, et... , je m'arrêtai soudainement, me rendant compte de l'improbabilité de ce sue je disais, Bordel, mais comment tu veux croire un truc pareil ? Comment être crédible en racontant ça ..?

Je me passai une main sur le visage en soupirant. Pour William, pour qu'ils ne nous jettent pas, pour que Kaï se taise et que le secret reste intacte. Pour que le colonel pense que je n'ai fait aucune bêtise...

- Regarde mon don, regarde la neige, c'est réel pas vrai ? C'est froid, c'est mouillé, elle existe, c'est... c'est la preuve que tout ce que je raconte est vrai et... Si ! Tu crois que le colonel parlait de quoi quand il me disait de ne rien faire d'exceptionnelle ?

Je le fixai, en espérant l'avoir un minimum convaincu, et pour confirmer mes dires, je fis naître une fiche couche de neige à mes pieds.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Lun 16 Jan - 19:25

Elle le refaisait. Juste devant lui. Tout se couvrait de givre à son contact. Mais comment c'était possible ? Kaï n'écouta rien de ce qu'elle disait, ou plutôt ne comprit pas grand chose à cette histoire de... De boucle ou je ne sais quoi. Ils n'étaient pas humains ? Alors ils étaient quoi ? Des gens venus du futur qui avaient bénéficier d'une sorte de... Traitement technologique, comme à l'invention du chemin de fer qui était à l'époque une véritable révolution pour tout le monde ? Ou... Ou alors des "salopards d'extraterrestres", comme disait sa grand-mère un peu fêlée quand elle sortait sa carabine. C'était impossible, et pourtant... Anaïs le faisait tout naturellement. Ça ne semblait pas faire mal, ni nécessiter un quelconque effort. Elle le faisait juste... Comme ça.
Kaï se pinça pour se convaincre qu'il ne rêvait pas. Simple précaution. Quand il s'avéra que non, il tomba des nues. Il était bien obligé d'admettre que ce qu'il voyait était réel.

"Vous êtes pas humains, tu... Tu fais de la glace, mais t'es quoi au juste ? Et... Et... Le type qui est arrivé avec toi, il fait quoi, il crache du feu ?"

Kaï se passa la main sur le visage.

"Excuse-moi, c'est juste que... C'est gros à avaler. Ça devrait pas être possible, tu vois ?"

Il n'attendait pas particulièrement de réponse. Il resta silencieux quelques instants, et finit par demander :

"Alors ton... Ton colonel, là, il réunit des enfants... Anormaux ?"

Il la fixa, subitement sur ses gardes.

"Vous n'allez pas envahir la Terre au moins ?"

Parce que pour le faire, infiltrer l'armée était déjà un début. Et s'ils étaient cannibales ?
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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Lun 16 Jan - 22:15

"Vous n'êtes pas humains". Non, effectivement, je n'étais peut-être plus humaine depuis longtemps. Peut-être que j'avais perdue cette humanité dès que j'ai découvert mon don, il y a des années. Peut-être qu'entre temps, je n'avais fait que chercher ce que j'étais, que chercher ce que j'avais perdu, sans jamais la retrouver. Etait-ce humain de vivre autant de choses ? De vivre aussi longtemps sans vieillir ? Etait-ce humain de perdre tous ses proches un à un, sans pouvoir faire autre chose que les regarder mourir à petit feu ? William était presque mort, juste à côté de moi tout à l'heure, Louis était mort dans mes bras, j'étais abandonnée de tous et… Etais-je simplement toujours vivante ? J'aurais pu mourir, sans m'en rendre compte sur la retour de la jungle, et William avec. Mon esprit ne ferait que recréer un monde similaire dans la mort. Ouais, pourquoi pas. Je secouai la tête. Le plus simple serait de dire que William était normal non ? Ainsi, aucun risque qu'ils ne le mettent à la porte, aucun risque non plus qu'ils le poussent à mourir comme il n'était plus "humain". Et en même temps… J'avais dit à Kaï que je ne lui cacherai rien. Mais c'était un cas à part, et puis je n'étais pas encore sûre de pouvoir avoir pleinement confiance en lui. Il pourrait tout répéter à ses amis du camp, et je doutais fortement qu'ils soient encore enclins à sauver William en apprenant qu'il n'était pas "normal". Le plus sage serait de ne rien dire, mais de dissiper tous les doutes possibles. Si sa vie ne tenait déjà plus qu'à un fil, le pire serait à craindre en manque de soin… Je ne pouvais pas risquer la vie de William. Et un mensonge de plus ne me tuerait pas. Kaï ne m'en voudrait pas, il ne serait même pas au courant, dans le meilleur des cas.

- Non il ne…, je déglutis, il n'a pas de don, il est normal, lui.

Mon colonel et… Quoi ? Envahir la Terre ? Mais… Hein ..? Il me prenait pour une fille venue d'une autre planète ou c'était quoi le problème ..? J'étais humaine, enfin je l'avais été, une femme banale comme toutes les autres sur ce globe, une petite fille blonde avec des parents et une sœur. Comment pourrais-je envahir un monde qui m'appartenait ? Je n'étais qu'une autre branche de l'espèce humaine, avec un petit gêne dans mon organisme qui avait tout fait bousculer. Je ne voulais pas envahir la Terre ou quoi que ce soit d'autres, j'étais juste comme eux... Et puis non, Victor n'était pas mon colonel, il n'était rien du tout. Juste un particulier parmi tant d'autres, un olibrius en qui j'avais eu confiance et apparemment je n'aurais pas du car j'en arrivais à cette situation. Je ne pouvais pas faire confiance à une autre personne que William. Alors je n'allais rien dire à Kaï, parce qu'il pourrait me planter tout aussi facilement un couteau dans le dos.
En relevant les yeux, mon regard croisa le sien, et je remarquai à sa mâchoire crispée qu'il était encore plus méfiant. Je soupirai.

- Je suis toujours la même, Kaï, mon caractère et ma façon d'agir sera toujours la même aussi, je ne vous veux aucun mal, sinon je ne mettrai pas entres vos mains la vie de William...

Je me frottai le visage, désespérée.

- Ce n'est pas mon colonel, et non il ne réunit pas les enfants anormaux, il cherchait juste les documents que je lui ai fournis, rien de plus.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Lun 16 Jan - 23:41

           Reste calme, reste calme. C'était hallucinant comment on pouvait s'y perdre quand on venait d'apprendre que des choses non humaines mais possédant la même apparence foulaient le même sol que vous et que ces choses, soit dit en passant, ne se différenciaient pas du tout d'un humain normal. Il était en ce moment face à l'une de ces créatures (comment était-il censé les appeler ? Anaïs n'avait rien dit à ce sujet, ou alors il n'avait pas retenu, en même temps c'est pas tous les jours qu'on en apprend une pareille) qui lui parlait et qui lui disait qu'elle "était toujours la même". Ok, ok, ne pas paniquer. Ne pas hurler. Chercher à en savoir plus pour pouvoir trouver les points faibles de l'ennemi ? Non, pas ça non plus. Bon, il fallait qu'il éclaircisse un point avant de décider si oui ou non il raconterait un truc pareil à qui que ce soit (Qui le croirait, de toute façon ? Au mieux, on se moquerait gentiment de lui, au pire on l'enverrait chez Birn se faire examiner, dans tous les cas personne ne goberait une histoire pareille. Sauf lui, parce qu'il avait la preuve vivante de sa véracité devant les yeux) : il fallait qu'il sache qui elle était, puisqu'elle n'était pas "humaine". C'est vrai, quoi, on lance pas ça à la cantonade avant de dériver sur autre chose, c'était pas du jeu. Son colonel, tout ce bordel, on s'éloignait du sujet principal.

           "Attends attends attends... Mais tu es quoi, si t'es pas humaine ?"

          Tout à l'heure elle le lui avait dit, mais maintenant il était disposé à l'entendre.
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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Mar 17 Jan - 14:01

Repartir sur une argumentation de « mais je suis humaine » me semblait bien trop compliqué. Il m'avait classée dans une case « extraterrestre » ou du moins, je n'étais la même que tout à l'heure. Fatiguée et à bout mentalement, je me rassis, en faisant progressivement fondre toute la neige et toute la glace. Ouais j'étais quoi ? Bonne question. Une fille perdue, et puis seule. Tellement seule. Je n'avais aucune idée de ce que j'étais, je n'étais en mesure de le dire qu'avec William, lorsqu'il était là. À ce moment alors les rouages du temps se mettaient à tourner pour donner un sens à tout ceci. Mais maintenant, l'huile manquait dans les engrenages, la couleur disparaissait, le monde se disloquait, le monde perdait son sens et son utilité. Ce que j'étais ? Rien, une poussière, un rejet du monde, une petite peau un peu désagréable. Un truc qui n'avait plus rien à faire là depuis des années. Ah oui, il ne connaissait pas mon véritable âge. Il me prenait toujours pour une gamine de seize ans et... je n'étais pas pressée de lui expliquer tout ça. Si son esprit butait sur le « don » qu'en serait-il à la phase « en fait j'ai cinquante ans tu vois grâce aux boucles ». Je soupirai (encore), et quand il termina ses mots plus aucune neige ne recouvrait l'herbe. Si Kaï l'avait vu, je ne pouvais pas laisser quelqu'un d'autre s'apercevoir que je n'étais pas une simple humaine. S'il était venu ici pour me chercher (c'était la principale hypothèse) quelqu'un d'autre pourrait venir pour le chercher lui et... mouais, bon, changeons-nous les idées. Je jouai avec les lacets de ma chaussure, sans le regarder.

- Je suis une Particulière.

Puis après un instant, les yeux toujours rivés sur mes bouts de pieds :

- Tu crois que c'est pourquoi que je me suis faite abandonner ..?

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Mar 17 Jan - 19:41

          Elle était une... Particulière. Une particulière, c'était le mot pour décrire des gens aux pouvoirs paranormaux, ou bien ils lançaient tous de la glace avec leurs mains ? Et ils vivaient où, au juste ? Et... Comment pouvait-elle avoir été abandonné ? Ses parents n'étaient pas comme elle ? Ils étaient humains ? Des particuliers pouvaient avoir des parents humains ? Et le colonel, il l'avait accepté comme elle était ou il n'avait jamais su qui elle était ? Ou bien il était comme elle, un... Particulier ? Kaï n'y comprenait rien, tout ce qu'elle lui avait révélé avant et après cet épisode formaient des pièces qui n'allaient pas ensemble, ou alors il lui manquait trop de données pour reconstituer le puzzle, ou alors il était trop bête ou trop sous le choc pour le faire de lui-même. Le jeune homme préférait penser qu'il lui manquait des explications et d'ailleurs, il avait su dès le début que tout ne collait pas : elle ne venait pas d'un camps militaire ni rien de ce genre. Bien. Il allait falloir demander, et s'assurer qu'elle ne lui mente pas. (Comment il était censé faire confiance à quelqu'un qui lui mentait et qui en plus avait des pouvoirs ? Il était vraiment malchanceux pour que ce soit à lui qu'on ait confié cette fichue mission). Kaï se remémora ce qu'elle avait dit précédemment dans la journée.

          "Bon. Je veux savoir d'où tu viens, combien vous êtes et... Et comment c'est possible que tes parents t'aient abandonné alors que ce sont tes parents. Ils ne sont pas comme toi ?"

          Dis la vérité, par pitié, disait ses yeux en attendant la réponse.
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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Mer 18 Jan - 22:33

Plus il posait de question, plus je m'enfonçais dans les abysses de mes souvenirs. Ce n'était peut-être pas la meilleure des solutions. J'endurais tellement déjà inconsciemment. Tellement de choses qui me pesaient dessus, sur mes frêles épaules. Il en remettait encore plus, à me faire penser à ma mère, à mon père, à toutes ces choses enfuies qui ne ressortaient que rarement. Je voulais pas lui dire, pas mon histoire, pas ma vie de cette manière. Il me prenait déjà pour une tarée, une tarée dangereuse, extraterrestre, une fille complètement hors normes. Alors me mettre à lui raconter le pyromane ? Et Louis ? Et tout le reste ..? Non... ce n'était pas dans mes cordes, et encore moins dans mon caractère. Si je devais me plaindre de quoi que ce soit, ce serait de l'abandon de Vladimir, de son manque de réaction et d'aide, également, pas du reste. Pas du tout le reste. Le pauvre Kaï avait déjà trop subi par ma faute, et ses yeux exorbités, sa mine un peu perdue ou effrayée ne faisaient qu'accentuer cette impression. Pauvre petit Kaï, plongé dans un monde tout nouveau, trop irréel pour lui, beaucoup trop magique. J'enlevai un peu de terre du bout du pouce de ma chaussure. Arrête de me fixer Kaï, s'il te plait. Oublie moi, et tout ce que tu as vu avec moi. Oublie moi, oublie nous. Tu n'aurais pas dû, tu n'aurais jamais dû et moi j'aurais dû faire attention, beaucoup plus attention. J'eus la soudaine envie de prendre mes sacs et de partir. De partir loin d'ici, peut-être pour aller me noyer dans au ravin d'avant hier, de retomber une nouvelle fois. Mais rien que pour le plaisir de sentir mes os se briser, craquer un à un sous une onde de choc, de sentir une horrible douleur, pour enfin être libéré de tout. Ce serait simple, tellement plus simple, tellement tentant. Ne plus avoir à me soucier de rien, avoir l'esprit tranquille. L'idée de mourir ne me paraissait plus si horrible, je l'attendais presque. J'attendais presque le moment où plus rien n'existerait. Où plus rien n'aurait aucune importante.

- Non, ils étaient humains. Les dons peuvent traverser des générations avant de réapparaître dans une famille. Je viens bien du Pays de Galles, d'une petite île, Cainrholm. Et je ne peux pas te dire combien on est, pour la simple et bonne raison que je n'en ai aucune idée, fis-je d'une voix lasse, sans même lui jeter un regard.  Et on est tous différents, si tu veux savoir, les dons sont multiples, le mien n'en est qu'un exemple parmi tant d'autres.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Mer 18 Jan - 23:05

          Kaï hocha la tête (tout seul). Il y avait... D'autres personnes comme elles qui étaient humains avec une chose (un don, un pouvoir ?) en plus, qui descendaient d'humains. Donc elle était humaine, simplement... Elle avait cette particularité en plus. Le nom de particulier était bien trouvé, en somme. Tout s'éclaircissait - il avait vraiment flippé quand elle avait dit ne pas être humaine, il était bien plus facile de la voir comme un humain avec quelque chose en plus que de l'appréhender comme quelqu'un venant d'un monde différent - et il s'aperçut qu'il ne voulait pas en savoir plus. Certes, il avait quelques questions, du genre "quels autres pouvoirs ils ont, chez toi ?" mais il n'était pas certain d'être prêt à entendre la réponse dans l'immédiat. Et puis, elle vivait bien avec un humain. Est-ce qu'il était au courant ? Ce n'était quand même pas elle qui l'avait mis dans cet état, aucune chance vu sa tête à chaque fois qu'on parlait de lui. Et le docteur Birn l'aurait vu. Non, c'était autre chose... Peut-être qu'ils étaient tombés, elle avait parlé d'une chute, ça devait être ça.
          Kaï mit quelques minutes à digérer ces nouvelles informations, prenant soin de les enregistrer comme il se doit, et leva les yeux vers Anaïs.

          "Je te crois."

          Il jeta un coup d’œil aux alentours et constata avec un certain soulagement qu'il n'y avait personne.

          "Bon. J'imagine qu'on retourne pas manger," pensa-t-il tout haut.
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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Ven 20 Jan - 13:21

Il n'y avait rien à répondre à tout ceci. Et je n'avais rien à dire de plus non plus. Je regardai Kaï un instant, lorsqu'il prononça son "je te crois". Bah oui, heureusement qu'il me croyait, sinon cela voulait dire qu'il se prenait, soit, lui-même pour un fou, soit moi pour une sorcière. Nous n'étions pas cette époque où les humains aux pouvoirs anormaux étaient brûlés vifs, mais, même au fil du temps, la peur de l'homme ne l'avait pas rendu moins dangereux. Je ne pouvais pas avoir confiance en eux. J'avais déjà bien appris que le terme de "confiance" était un bien grand mot. Et dans cette situation, cette confiance, je ne pouvais l'accorder à personne, même plus à Kaï. Les risques étaient grands, tellement grands, dangereux… Si Victor venait me chercher et qu'il apprenait ma bêtise, je ne donnais pas cher de ma peau. Quoi qu'il en soit, pour le moment il n'était pas là, et s'il revenait enfin, il aurait de mes nouvelles ! Il apprendrait ce que c'est de tenir tête à une Anaïs.
Je pris une grande inspiration, et remis mes cheveux correctement derrière ma tête, en un geste las, fatigué. Dans ces moments, j'aurais pu me mettre à pleurer, pour rien, pour tout. Parce que j'étais épuisée, que Kaï était là où il n'aurait pas dû être, que William... William... je me mordis la lèvre. J'aurais pu me mettre à pleurer parce que mon lacet était mouillé, qu'une mèche de cheveux refusait de se remettre correctement, qu'il y avait une tâche sur mon t-shirt. Un tout petit rien, un détail minuscule et futile. Mais j'avais épuisé mon quota de patience, de force, d'énergie, et de sang froid pour la journée. Il n'y avait plus que de la fatigue, et une immense lassitude. Juste un coin de mon cerveau qui me répétait : « va te coucher Anaïs, tu sers plus à rien là, va dormir. Va oublier tout ça. Tu verras demain matin, au réveil, tout sera encore plus douloureux ». Demain, les chances de survies de William s'amoindriront encore, il y aura un nouvel accident, et peut-être le dernier. Et alors il n'y aura plus rien. Comme il n'y a plus rien eu après la mort de Louis. Un désert, glacé, inhospitalier, brulé par le froid, sans aucune âme qui vive. Plus rien. Je le relevai, et remis mon t-shirt en place, les yeux dans le vide. Puis j'annonçai. :

- Je pense que je vais… retourner aux dortoirs… Bonne nuit Kaï.

Il n'y avait plus aucune trace de neige ou de froid, plus rien ne pouvant signaler la présence d'un particulier. Je pris une grande inspiration, passai à côté de lui, mais m'arrêtai une ultime fois.

Ah, oui, aussi, ne dis rien à personne, s'il te plait, le priai-je, avant de continuer mon chemin jusqu'à la « chambre ».

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Ven 20 Jan - 20:15

           Kaï sortit du bâtiment, les mains dans les poches. Que lui restait-il à faire maintenant ? Combien de temps tout cela allait-il durer ? Le temps d'une agonie ? Son copain William, un humain, meurt malgré les soins de Birn - qui le prendra très certainement comme un échec personnel, la connaissant - et après quoi ? Anaïs retournera avec ses semblables quelque part sur la planète, et vivra heureuse avec eux ? C'était encore possible, ça ? Vu sa tête, il y avait peu de chance. Elle était si jeune... Comment peut-on se remettre d'un truc pareil à cet âge ? (A n'importe quel âge, mais là, c'était vraiment dramatique). Une belle catastrophe, en somme. N'ayant plus rien à faire de sa journée mais peu enclin à se coucher tout de suite à cause de ce qu'il avait découvert aujourd'hui (à savoir que parmi les personnes qui paraissaient normales autour de lui n'importe qui pouvait détenir de pouvoirs surnaturels et qu'on appelait ces gens-là des particuliers), le jeune homme trainassait près des bâtiments en se disant que si on le voyait à ne rien faire il risquait de se faire taper sur les doigts. Il pouvait toujours aller voir... Aller voir qui au juste ? Georges ? Les autres ? Il n'avait pas la tête à ça. Tant pis, c'était mieux que rien, et puis, ça lui changerait les idées.
Ce n'est que très tard le soir après une partie de cartes qui n'en finissait pas que Kaï prit le chemin de sa chambre. Sauf que... Il y avait de la lumière en bas du bâtiment où ils avaient mis le copain d'Anaïs. Est-ce que ça voulait dire qu'il était ?.. Et comment je vais le dire à Anaïs, moi ?..

          "Montez,  je vous rejoins," fit-il aux autres en quittant le groupe.

          Une fois qu'ils eurent disparus dans l'autre bâtiment, Kaï se dirigea vers la source de ses inquiétudes et entra dans la chambre... Mais n'y trouva pas du tout Birn qui évacuait le mort, comme il s'y attendait. Rien à voir. Deux silhouettes lui tournaient le dos, penchées sur le type relié à un respirateur, inconscient. Elles étaient équipés de gants, masques, et tout le tintouin, plus d'une protection transparente autour du lit pour des mesures d'hygiène.

          "Qui que vous soyez, sortez," ordonna une voix d'homme - un timbre relativement jeune - de la plus grande des silhouettes qui n'avait même pas pris le temps de relever les yeux de ce qu'il faisait.

           Kaï cligna des yeux. Mais c'était qui, eux ? Qu'est-ce qu'ils foutaient là ?

        "Qu'est-ce que vous fichez là ?"

           Aucune réponse. Kaï se sentit écouté. L'homme chuchota un truc à la personne à côté de lui. Il la guidait, apparemment. Kaï s'approcha, oscillant entre stupéfactio et curiosité. Il ne franchit pas la barrière, se contentant de regarder. Beurk, le type était ouvert et il évita de regarder ça, se contentant de jeter un coup d'oeil au mec qui opérait. Même avec son masque, sa protection sur la tête et ses drôles de lunettes de chirurgien qui font loupes, il avait l'air très jeune, et... Il leva soudainement les yeux vers Kaï, et celui-ci eut brutalement l'impression d'être scanné au laser. Le temps qu'il se remette de cette impression très désagréable, le type retourna à son ouvrage.

         "Je vous ai dit de sortir, répéta-t-il d'une voix claire avant de baisser le ton et de chuchoter à son assistant. Réparez ici, et tenez le coup, on a bientôt fini."

          Kaï n'entendit pas ce qu'il répondit parce qu'il s'était éloigné de quelques mètres, reprenant sa place d'origine. De toute évidence, ils savaient ce qu'ils faisaient mais... Ils voulaient le tuer plus vite ou quoi ? Si c'était le cas, c'était de toute façon trop tard pour intervenir.

         "J'ai fini, tu peux y aller," fit l'homme à l'assistant.

          Celui-ci se retourna, sortit de la protection transparente et enleva son chapeau... Une cascade de cheveux blonds tomba sur ses épaules et Kaï vit apparaître sous le masque une fille... Magnifique. Et encore beaucoup plus jeune que lui (pourquoi toutes les filles qu'il trouvait magnifiques étaient trop jeunes ?). Celle-ci paraissait en avoir ras-la-casquette.

            "J'en ai marre ! La prochaine fois que vous venez me trouver, je vous envoies balader, et vous pourrez bien vous asseoir sur vos projets !"

           L'homme ne répondit pas et la laissa déblatérer des injures polies (c'était étrange dit comme ça, mais de toute façon vu le ton qu'elle utilisait, elles avaient autant d'impact).
           Le chirurgien en question posa ses instruments environ un quart d'heure après et sortit lui-aussi de sous la protection après avoir appliqué un pansement. Kaï regarda avec de grands yeux un type plus jeune que lui, blond aux yeux bleus apparaître sous toutes les protections.
          Il en resta pantois.

            "Vous venez de sauvez une vie, félicitations, Victoria !
          - Oui, hé bien, la prochaine fois, vous en sauverez une tout seul !..
"

           La dénommée Victoria cessa brusquement de parler et se mordit la lèvre. Le jeune type s'adressa à Kaï :

          "C'est jamais bon signe quand elle arrête de parler. Je seriez vous je lui apporterai une chaise."

          Kaï, toujours sous le choc (voir deux olibrius avec si ça se trouve même pas la vingtaine opérer un mec en pleine nuit), obéit et lui apporta. Il eût un instant de lucidité au beau milieu de la chose. Mais pourquoi il obéissait à ce mec, au juste ? Kaï Kaï Kaï ça va plus ton cerveau suit plus là réveille-toi un peu. Le blond lui jeta un coup d’œil curieux - en même temps Kaï s'était arrêté à deux mètres avec une chaise dans les mains - et le jeune militaire reprit contenance et posa la chaise. Victoria s'y assit presque aussitôt et après un instant, recommença à parler :

        "Non mais franchement ! Vladimir par-ci, Vladimir par-là, pourquoi tout le monde lui obéit à lui ? C'est qui ce type, on a jamais vu sa trombine ! Un gros particulier vieux moche avec une bouche derrière la tête ? Je vous préviens, je..."

          Et elle continua à parler. Le blond sourit.

          "Ne fais pas attention à elle. Je suis Victor, enchanté, se présenta-t-il en lui tendant la main.
           -Kaï, fit celui-ci en la serrant, mais qu'est-ce que vous...
           - Tss tss tss, plus tard, les questions ! Enchanté Kaï, ravi de faire votre connaissance, maintenant si vous vouliez bien nous laisser, j'ai à faire médicalement...
"

          Tout en parlant, il l'avait reconduit jusqu'à la porte.

          "Au revoir, c'était un plaisir !"

          Et la porte claqua au nez de Kaï, qui se retrouva seul dans le couloir. Le jeune homme alla se coucher, persuadé qu'on l'avait drogué, ou qu'il avait bu, ou qu'il avait tout simplement rêver et qu'il attendait de se réveiller.
**********************************************************


Le lendemain, le jeune homme alla trouver Anaïs à huit heures tapantes. Il se sentait mieux, les événements d'hier étaient oubliés. Un mec et une nana en train d'opérer en pleine nuit et puis quoi encore ! Les révélations d'Anaïs avaient rendus ses rêves délirants. C'était pas grave, il était d'excellente humeur ce matin. Il toqua à la porte puis entra.

          "Salut Anaïs, tu sais quoi, embraya-t-il en entrant, J'ai fais un rêve trop bizarre avec toutes ces histoires, un type blond et une fille pas beaucoup plus vieille que toi était dans la chambre de - il s'appelle William - William cette nuit et..."
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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Ven 20 Jan - 23:12

De nouveau les femmes militaires s'étaient levées tôt, de nouveau j'avais été réveillée, mais, en même temps, de nouveau j'avais assez mal dormi. La pression, la peur, la colère, l'appréhension n'avaient pas disparu. Ils se terraient toujours là, dans mon coeur, à attendre le moment opportun pour jaillir et me glacer le sang, pour venir m'alourdir le coeur et les poumons, pour m'envahir de pensées aussi désagréables qu'un millier de piqûres de moustique. Elles étaient noires, les pensées des nuits blanches. Et je ne pouvais rien y faire. Je ne pouvais rien oublier, je ne pouvais rien changer, je ne pouvais que subir encore et encore, ce que la vie m'infligeait. Jusqu'au moment où je dirai que c'est trop, c'est assez, que je n'ai pas à tout supporter. Jusqu'au moment où je me rebellerai contre ces forces inatteignables parce que je n'aurai plus aucune raison de les laisser me maîtriser, parce que je n'aurai plus rien à perdre.
Elles n'étaient pas très discrètes non plus, franchement, je les avais entendues entrer, et je les entendais tout à fait se lever, bien que je garde les yeux clos, pour ne pas avoir à revoir ce monde immédiatement. Tant que mes yeux restaient fermés, j'étais protégée, en quelque sorte. Pas de mauvaises nouvelles qui me donnaient envie d'aller mourir tout de suite, mais non plus la conscience du temps, du soleil, et du monde dans lequel je vivais en ce moment. Tout ce monde, oui, tellement de personnes, lors des repas, en activité toute la journée, tout le temps, partout. Et... Ah oui, Kaï, hier, qui m'avait misée dans une belle galère encore. Bon Dieu, ce n'était pas un rêve ça, j'avais tout vécu, et si ça se trouve, quand je me lèverais, tout le camp sera au courant pour mon don, et je devrais partir… Alors je gardais les yeux clos, ma dernière barrière contre la cruelle réalité.
Je fus contrainte et forcée de les ouvrir en entendant la porte s'ouvrir une nouvelle fois et que la voix du jeune homme en sortit. Kaï vint me chercher, ouiii… J'avais envie de me lever, c'était certain, de croquer la vie à pleine dent, et d'aller m'amuser, effectivement. Je fis mine de me réveiller à l'instant, et n'écoutai que d'une oreille distraite ce qu'il dit. Mais même en n'y faisant pas réellement attention, je tiquai : un type blond ? Un type blond ?! Autant la fille je n'avais aucune idée de qui cela pouvait être, mais le type blond ..! Victor ! Mais si Victor était venu, en plus dans la chambre de William… Mes yeux brillèrent, et je sortis du lit en vitesse, en envoyant les draps contre le mur. Bordel bordel bordel ! Les chaussures à moitié mises, je pris ma veste, vérifiai rapidement si j'étais totalement habillée, oui se rendre compte en bas que j'étais en soutien-gorge ce serait ballot, je bousculai Kaï pour sortir de la pièce, et ne dis pas en mot de plus occupée à dévaler les escaliers quatre à quatre. Je ne pris pas non plus le temps de regarder s'il me suivait, que je continuai jusqu'au bâtiment qu'il m'avait montré. Je pus facilement trouver la salle en question, celle où des voix s'échappaient. Et en réalité, si mon cerveau n'avait pas encore fait tous les liens possibles, ils les firent immédiatement en ouvrant la porte et en tombant nez à nez avec… Victor et Victoria. Bordel… Victor, d'accord, la surprise était moindre, mais Victoria… Victoria de la boucle de Miss Tit, Victoria de l'attaque de la boucle, Victoria… J'eus une tête de poisson hors de l'eau, la main toujours sur la poignet de la porte, et seulement à ces moments, j'aperçus celle qui faisait office de médecin, Kaï m'avait appris qu'elle s'appelait Birn, et William, juste à côté. William qui respirait, William toujours vivant. Le "bip bip bip" ne s'était pas arrêté, pas encore, pas encore. Estomaquée, j'en oubliai ma colère et ma rancoeur à l'encontre de Victor, pour ne réussir à sortir d'un faible  :

- Qu'est-ce qui se passe ici ..?

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