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 Perdus dans la jungle

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Dim 25 Déc - 13:02

Je regardai William, le regard plutôt dépourvu de tout sentiment. C'est pourtant la tristesse qui me serra une nouvelle fois le cœur et brilla au coin de mes prunelles lorsque je me retournai. Comme dit précédemment, je devais me centrer sur un objectif. Un objectif bien défini pour ne pas finir allongée dans l'herbe à attendre que la mort vienne me chercher. Et cet objectif était de retrouver son sac. Déjà que notre situation était critique, si nous perdions en prime la moitié de nos réserves... ce serait sans espoir. Je laissai William là, ne pouvant faire grand chose de plus pour lui pour le moment. Bon, toute à l'heure j'avais descendu la rivière à sa recherche, aucune trace d'un quelconque sac, il avait dû continuer sa route là où William s'était arrêté. Bien, il ne me restait plus qu'à chercher. Longeant les rives, observant le paysage à la recherche de ce foutu sac, le désespoir pointa de nouveau le bout de son museau, et je dus me forcer à continuer. Oui je devenais pessimiste, n'avais-je pas le droit dans ma situation ? Trempée, sale, recouverte de je ne sais quoi, dans une jungle, perdue d'ailleurs dans cet jungle, mais mon petit ami au bord de gouffre. Donc oui, j'estimais avoir le droit d'être pessimiste. Je marchais dans la boue, dans la vase, et mes pieds s'enlisaient dedans et mes chaussures se crottaient de plus en plus. Puis, miracle, je vis au loin, retenu par la anse, ce putain de sac que je cherchais depuis vingt minutes. Évidemment accroché à une souche d'arbre à moitié coulée. J'allais pouvoir jouer l'équilibriste encore une fois, youpi. Je m'avançai, et observai jusque où j'avais pieds. Mes petits bras n'allaient pas m'aider à l'attraper. Bordel. Ce n'était pas rassurant du tout de voir les flots violents juste en dessous et encore moins le sac bouger dangereusement lorsque je me risquai dessus. Les mains accrochées à l'écorce, je devais plus ou moins ressembler à une grenouille de loin, accroupie comme je l'étais. Très lentement, et avec le plus de minutie possible, je finis pas avancer. Mes godasses pleines d'eau et de saletés me faisaient glisser. À la moitié du tronc je dérapai mais parvins à me rattraper (bon Dieu comment ?) mais cela fit trembler le reste d'arbre qui s'ébranla et je voyais déjà le sac partir dans ma tête. Nan nan nan ! Je me jetai face contre la souche et attrapai le sac avant que la branche sur laquelle il était attaché de se brise. Mais ouais, ça aurait été trop simple, et je finis par glisser jusqu'aux hanches dans l'eau. « Merde merde merde, j'ai... pas fait tout ça... » je tirais mes bras, mes écorchures aux mains entrant en contact avec les échardes du bois, et je gémis lorsque j'entendis le bois craquer. Il supportait le poids du sac, mais pas le mien, évidemment. Immobile, le souffle court, je tentai finalement d'amorcer un mouvement pour retourner vers la rive. Un nouveau craquement me glaça le sang. Le sac était lourd d'eau, je peinais à le garder dans ma main, il coulait même, et à une main qui glissait à cause du sang et de la douleur, je ne tiendrais pas longtemps dans cette position. Je me mordis la lèvre violemment et retins mes larmes de douleur. Une solution, aller, ton don ! Utilise ton don ! Je tournai la tête pour voir ce qu'il y avait derrière moi (de l'eau certes) et après quelques secondes j'en vins à la conclusion que je devais lâcher l'arbre avant qu'il ne se brise totalement. Ce que je fis, au dernier moment. Je fus emportée par le courant, ma tête sous l'eau à cause du sac trop lourd et j'eus énormément de chance de ne pas me cogner contre ma colonne de glace. Je m'y accrochai, grâce à une poignet (hé oui, le nombre de fois où j'aurais pu mourir si je n'avais pas mon don) et plusieurs autres colonnes faisaient face au courant. Elles allaient se briser, je n'avais pas le force de les tenir très longtemps. Je me jetais, me rattrapais au sorte de "poignets" tour après tour, jusqu'à enfin avoir pieds. De nouveau je m'écroulai au sol, épuisée, eus un hoquet, et finis par rendre mon déjeuner et de l'eau dans la vase. Les colonnes s'écroulèrent très peu de temps après. Trempée, essoufflée, et hum... sale, j'avais l'impression de peser six fois mon poids normal, huit en portant le sac. Je l'ouvris, attendis que l'eau sorte un peu, puis le refermai et le mis sur mes épaules, en gémissant. Titubante et sans trop savoir où j'allais, je finis par retrouver William, endormi contre l'arbre. Je déposai son sac contre le mien, et m'écroulai au sol en toussant encore. Je devais... surveiller... au cas où... En fixant le ciel, j'essayai de rester éveillée, mais il ne fallut pas longtemps pour que je tombe de fatigue en me recroquevillant sur moi-même. J'avais atteint les limites du possible.

Crépuscule. Le soir tombait peu à peu. J'étais engourdie de partout, la joue dans la terre et la roche des ravins, je n'avais pourtant pas la force de me relever. Je voulais juste rester là et ne plus bouger. J'avais encore mes yeux qui me piquaient et réclamaient du sommeil, je sentais de la caillasse me rentrer dans les flancs mais si je bougeais ce serait mes épaules qui prendraient, et j'en avais pas réellement envie. Immobile, encore, je restais allongée sur le côté, dos à William, les yeux rivés, comme hypnotisés comme les remous et l'eau qui venait s'échouer avec force contre les rochers. Mes mains tremblaient, et je savais que si je n'avais pas eu mon don pour me protéger du froid, je serais entrain de trembler de fatigue et de faiblesse. Mes vêtements mouillés me collaient à la peau, mes chaussures aussi étaient lourdes d'eau, même si toute la terre était partie dans le courant. J'avais encore le goût de la rivière dans la bouche, ou alors de lorsque j'avais rendu tout à l'heure. Sympathique, effectivement. Je tentai de me mettre face à William - que je savais réveillé aussi sauf que aucun de nouveau deux n'avait décoché un mot depuis tout à l'heure - mais je n'y parvins pas, et décidai finalement de rester dans ma position, comme si cette simple tentative m'avait déjà vidée de mes forces.

- On devrait bouger, arrivai-je à sortir d'une voix enrouée, qui me fit grimacer.

Rien qu'à dire ça, j'avais envie de creuser un trou et de m'y enterrer. En parlant, je sentis la poussière et la terre qui s'étaient installées sur mes lèvres, et je fus obligée de me redresser un minimum (juste mon cou, fallait pas exagérer non plus) et cracher.
Je reposai ma tête sur le sol, et malgré la douleur, restai silencieuse.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Dim 25 Déc - 15:16

William rêvait, ou plutôt cauchemardait. Encore le même. Toujours le même. Il avait beau connaître par cœur son déroulement, le nombre de détails intimement lié à ses propres souvenirs le plongeait au plein cœur de son passé, et à chaque fois, il avait la conviction que c'était réel. Que cette maison, où il avait laissé une partie de lui, le déchirait encore et encore à coup d'images sordides de personnes qu'il aimait. Des cadavres sans vie détruisaient les souvenirs heureux qu'il avait d'eux, et à terme, il ne se rappelerait certainement que de leur grimace figée dans la mort et de la sauvagerie des assaillants. Cette fois cependant, outre la terreur habituelle et l'envie irrépressible de tourner la poignée de la porte tout en sachant déjà ce qu'il allait trouver, des détails étranges s'ajoutaient au rêve. Ici, des photos qu'il n'avait jamais vu, de personnes qu'il avait du mal à reconnaître dans un tel contexte : son père et sa mère, devant la cheminée, son frère et lui, et même... Anaïs - c'était troublant de constater combien tout se mélangeait dans sa tête, et le décor le rendait de plus en plus confus de minute en minute -. Là, alors que les mains des estres commençaient à frapper de toutes leurs forces sur les portes pour les faire céder, une fulgurante impression de déjà-vu, dans une autre époque, un autre lieu. Il n'y comprenait plus rien, sa tête allait exploser, des portes qu'il ne connaissait pas s'ajoutaient aux autres, il appuya sur une poignée au hasard et... Vince. Du sang. Partout.
William se réveilla en sursaut, terrorisé. Il toussa, gémit en sentant la douleur pulser dans son flanc gauche et s'obligea à ne pas bouger, sinon il allait se faire mal. Il laissa reposer sa tête sur le tronc, reprenant pied dans la réalité en regardant la cime, à des mètres au-dessus de lui. Il fronça les sourcils, il y avaut moins de lumière que tout à l'heure, combien de temps avait-il dormi ? Il était toujours dans la boue, toujours trempé mais pourtant plongé dans une chaleur étouffante, et... Anaïs reposait à à peine un mètre de lui, un peu près dans le même état. Était-elle réveillée ? Ils n'allaient pas rester ici, il fallait... Il fallait bouger. Là, tout de suite, William ne s'en sentait pas capable. Juste... Plus tard. Il ne comprenait pas pourquoi il tremblait par cette chaleur.
Au bout d'un certain temps il devina qu'Anaïs était réveillée. Ils ne disaient rien, mesurant la panade dans laquelle ils étaient. C'est alors qu'Anaïs parla, et William toussa encore avant de lui répondre :

"Ouais," croassa-t-il.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Dim 25 Déc - 15:58

Tergiverser avec soi-même, il fallait le faire. J'en arrivais à m'exposer à moi-même des arguments pour ou contre se lever. Qu'est-ce que j'aurais aimé rester là, et pourtant… je sais que si moi je ne bougeais pas, William ne le ferait pas non plus, et nous n'avancerions jamais. Alors je devais… Me lever. Si l'idée avait atteint mes neurones, le temps que mit mon corps pour répondre aux atteintes de cette idée fut bien plus long. Je fermai les yeux un quart de seconde, et me relevai grâce à la pensée que nous étions toujours à deux, et que si c'était le cas, nous nous en sortirions. Même si c'était mal parti. C'est pour ça que je devais bouger. En prenant appuie sur mes poignets pour éviter de me faire mal une nouvelle fois, je finis par me caler sur mes deux jambes, et si j'avais au moins récupéré un minimum d'énergie en dormant, cela n'avait pas arrangé la douleur que je ressentais un peu partout. Mais je n'allais pas m'en plaindre, non, je devais aider William… Je fronçai subitement les sourcils. Il ne tenait pas debout, il y arriverait encore moins avec son sac et… Bon, je suppose que ça allait être à moi de le porter.
Je me tournai vers là d'où nous venions. L'endroit où il y avait normalement le pont était loin, même très loin, avec le courant que nous avait tous les deux emportés, et moi qui avais dû marcher pour retrouver William, cela faisait déjà une petite trotte, sachant que nous allions beaucoup plus lentement à pied qu'en tant que poisson… Il devait nous téléporter, nous téléporter où nous étions, et ensuite je me débrouillerai pour nous faire traverser, nous ne pouvions pas rester ici ce soir, le terrain était beaucoup trop boueux, beaucoup trop humide pour y rester, et puis… Nous devions trouver un moyen de faire sécher nos affaires, le strict minimum au moins, mais étant donné qu'il allait bientôt faire nuit…sécher nos vêtements et nos affaires ne seraient pas pour tout de suite. Je n'avais pas encore faire l'inventaire de ce qu'il nous restait… Je le ferai lorsque je garderai le campement, tout à l'heure. Pour le moment : m'occuper de lui. Je ramenai les deux sacs, et constatai que William avait perdu son sac de couchage. Putain, il devait être dans l'eau, à des kilomètres dans le courant, c'était foutu pour le retrouver et… Je me passai une main sur le visage (ce qui n'était toujours pas une meilleure idée de tout à  l'heure) et finis pas étaler un mélange de terre et de sang. Bon, foutu pour foutu, je m'essuyai avec la manche de ma veste. Tant pis. Je ratachai mes cheveux en une queue de cheval, ce qui m'éviterait d'avoir de tout dans la figure encore une fois, et fixai l'intérieur de nos sacs, à la recherche de quelque chose, mais je ne savais pas quoi.

- Ton sac de couchage n'est plus là, annonçai-je comme si tout m'était égal désormais, je vais te donner le mien.

Je venais de dormir dans la terre, alors bon, je n'étais plus à ça près.

- Faut que tu nous téléportes, là où on était, avant de passer le pont, je vais nous faire passer. Après ça, je me débrouillerai pour étendre la tente et les affaires, tu te reposeras.

Je mis mon sac sur mes épaules et fis tous les efforts du monde pour ne pas grimacer, et par-dessus, plaçai celui de William. Je titubai un instant, pris une longue respiration pour supporter la douleur et m'avançai vers lui.

- Tu n'as même pas encore besoin de te lever, juste nous téléporter, d'accord ?

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Dim 25 Déc - 16:55

William percuta qu'Anaïs était debout seulement au moment où elle se dirigea vers lui. Enfin, se diriger, un bien grand mot, elle n'était pas au meilleur de sa forme et ça se voyait. Elle avait récupérer son sac à un moment, était revenue et... S'était affalée dans la terre ? William masqua un sourire face à sa tête de débraillée, ses cheveux emmêlés mêlaient terre, feuilles, vase et sang séché, en un festival de couleurs. Ses traits tirés, eux, n'invitaient pas trop à sourire mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Si elle avait pu se mettre debout, y'avait pas de raison qu'il ne puisse pas, lui. William rassembla ses forces et se mit lui-aussi sur ses pieds, tendant la main pour qu'elle lui passe son sac, ce qu'elle ne semblait pas vouloir faire. Oh, aller, Anaïs, tu vas pas tout porter à toi toute seule, c'est déjà un miracle que tu ais réussi à trouver mon sac et à le ramener en restant en un seul morceau. Et au point où j'en suis, ça me fera pas plus de mal. Elle était réticente. C'était pas elle qui voyait sa tête.

"Tu vas pas tout porter à toi toute seule," fit-il en arquant un sourcil.

Et elle avait raison, il fallait qu'ils remontent et qu'ils passent d'une façon ou d'une autre. Il leva les yeux vers le haut de la falaise, si bien qu'il faillit tomber à la renverse quand elle accepta finalement. Il grimaça en rétablissant son équilibre et tendit la main à Anaïs, qui la saisit. Un instant plus tard, ils étaient en haut de la falaise. William attendit le haut-le-cœur consécutif à la téléportation, qui ne vint pas, à son grand soulagement. Par contre, il tremblait toujours comme une feuille, il allait falloir régler le problème froid/chaud parce que là c'était plus possible. Une fois arrivé en haut, une tache inhabituelle attira l'œil de William quand il s'approcha du précipice où il y avait il y a encore quelques heures un pont. Coincé dans les branches d'un arbre, son sac de couchage bleu s'était ouvert dans sa chute et était resté coincé dans les branches qui bordaient le gouffre. William avisa le terrain et laissa tomber son sac. Il étaut assez lucide pour tenter le coup. Sans laisser le temps à Anaïs de protester, il se téléporta en bas, sur les branches qu'il avait du heurter en tombant. Il ne leur laissa pas le temps de casser sous son poids, saisit le sac de couchage et revint. En quelques secondes, il était de retour auprès d'Anaïs avec son couchage qu'il empêchait maladroitement de traîner par terre.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Dim 25 Déc - 18:28

Je pourrais le porter le temps qu'il fallait, s'il voulait une réponse. De toute façon ce serait pour à peine deux heures, d'après mes calculs, faits à vu de nez, en fonction de nos forces du moment. Je ne nous voyais pas faire plus. À la rigueur chercher un coin d'eau pour se laver un peu, et après on s'arrêtait là. Mais William tendit sa main, et le réclama. Je fronçai les sourcils. Oui ? Non ? Peut-être ? Je ne pouvais me défiler cela se voyait à son visage alors, fatiguée de me battre, je laissai tomber son sac et lui laissai. Je pris sa main et évitai de la serrer contre la mienne, en attendant d'arriver dans le nouveau décor. Puis m'éloignai un petit peu une fois arrivée, en ayant vérifié au préalable qu'il n'allait pas tomber. Je m'étais donc avancée vers le ravin et, en évitant se m'y pencher, avais commencé à créer une grande surface glacée, qui s'arrêta au milieu lorsque je remarquai que William venait de se téléporter. J'écarquillai les yeux et tournai et retournai à sa recherche. Il était parti ? Pourquoi s'était téléporté ?! En panique, et ayant la gorge trop douloureuse pour hurler encore une seule fois son nom, je crus faire un arrêt cardiaque en le voyant réapparaitre avec dans ses mains un sac de couchage sec. Son sac de couchage. Comment ..? Comment l'avait-il retrouvé ? Comment son sac n'était-il pas tombé dans l'eau ? Et et et... Je fermai les yeux de longues secondes, avant de m'approcher et de prendre le sac de couchage. Sans mot dire, je le repliai, et le raccrochai à son sac à lui avant qu'il ne le reprenne sur ses épaules. D'un regard entendu, je retournai vers le ravin, et finis ce qui allait nous servir de pont de glace, décoré par des balustrades (u.u) (non pas qu'elle était d'une finesse inégalée, mais qu'elles allaient nous être fortes utiles pour ne pas tomber, et précaution de plus, cela ressembla plus à un tunnel avec une rampe plutôt qu'un véritable pont, grâce à ses murs sur le côté. Non, je ne voulais plus prendre aucun risque, et l'énergie retrouvée durant ma courte sieste serait largement suffisante pour faire tenir le passage et supporter notre poids. Et puis je ne voyais pas l'eau en dessous, enfin si, la glace était transparente, mais c'était mieux que rien. J'attendis qu'il vienne vers moi, et lui laissai le passage.

- Passe en premier.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Dim 25 Déc - 18:51

Le moins qu'on puisse dire, c'est que la traversée du pont de glace ne fut pas une partie de plaisir, en tout cas pour William. Il commençait à en avoir ras-le-bol de ces histoires d'équilibre alors que ça crevait les yeux qu'il n'était pas au meilleur de sa forme. Comment on est censé s'équilibrer quand on a un bras en écharpe ? Déjà qu'il avait beaucoup de mal en temps normal à ne pas tomber sur ce genre de surface super lisse et super glissante, alors là c'était le pompon. En plus, il ne pouvait pas vraiment se permettre de tomber, parce qi'il avait déjà assez mal comme ça. Bon, c'est mieux que de retourner en bas, s'encouragea-t-il mentalement avant de poser un pied sur la glace. Reste calme, ça ira. Évite de flancher physiquement, ça aiderait aussi. Il choisit de s'accrocher au côté droit, logique parce que s'il se ramassait, autant qu'il se raccroche sans aggraver son état... Et eut une idée juste avant de démarrer. Il se débarrassa de son sac, le posa sur la glace et s'accroupit pour le lancer. Le sac glissa et heurta l'autre côté. Bon, ça de moins à porter.
William commença, lentement, péniblement à progresser. Il perdit l'équilibre une première fois et se rattrapa mal sur la ballustrade. Il gémit et mit du temps avant de trouver la force de repartir. La deuxième fois, il était rendu à plus de la moitié, et sa tête bourdonnait, il avait trop chaud puis trop froid, l'air était étouffant et la ballustrade glaciale, son corps ne comprenait plus rien, il ne faisait plus attention et il glissa en avant, la tête la première.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Dim 25 Déc - 20:47

Je n'étais pas non plus rassurée de devoir m'aventurer une nouvelle fois au dessus du vide, et moi non plus je n'avais pas le super pouvoir de ne pas glisser sur de la glace. Alors bon, je voyais bien que William n'aimait pas ça, pas plus que moi, sauf que je faisais de mon mieux, et cette option nous permettrait de moins marcher et d'aller directement à notre but. Je gardais les yeux rivés sur ses épaules, devant moi, et allais à son rythme pour éviter tout accident. Je le vis flancher une première fois, il ne tomba pas totalement et s'aida de la rampe pour se relever. Après cette première chute, je me retrouvai avec les dents serrées, crispée au possible, stressée à l'idée qu'il chute une nouvelle fois. Il mit du temps, beaucoup de temps avant de remettre un pied devant l'autre.

- ça va aller, faut continuer, je te promets que je ne te montrerai plus jamais de patinoire de ta vie, l'encouragai-je.

Nous reprîmes le chemin, encore plus lentement, bien moins rassurés. Mais la fin approchait, il avait déjà fait la moitié du chemin, il n'en restait plus grand chose et nous aurons atteint le bon côté. Plus grand chose, aller William, aller. Puis ses épaules commencèrent partirent en avant, et tout son corps avant. Il ne se retint pas. Il allait se fracasser contre la glace… Mon coeur fit un bond dans ma poitrine (il allait me tuer un de ces jours, vraiment) et mon don partit au quart de tour, créant un monticule de neige à l'endroit où il était destiné à tomber. Evidemment, cela ne stoppait pas complètement la chute, mais il avait été rattrapé plus doucement, son corps n'avait pas cogné la glace, normalement, ses blessures ne devaient pas s'empirer. Aussi vite que je pus (hum hum, bon, ça n'allait vraiment pas vite quoi) je me rapprochai de lui, et, comme je n'étais pas grosse, parvins à passer et à m'abaisser. Il tremblait, il tremblait violemment dans le tas de neige. Je l'aidai à se retourner, valait mieux qu'il ne finisse pas étouffé dans le monticule, je ne serais pas avancée.

- Viens William, on a presque fini.

Avec ces paroles, je lui pris la droite et son avant bras, et le tirai pour qu'il puisse se remettre debout plus facilement. Mouais, que je l'aide ou pas, il eut grandement du mal à se remettre sur pieds. Je me raccrochai à la balustrade et passai son bras droit au dessus de mes épaules pour qu'il puisse s'y retenir. Nous étions plus proche que jamais, même tout à l'heure nous étions beaucoup plus loin. Plus que quelques mètres William, aller. Je le sentais trembler violemment contre moi. Je me mordis la lèvre parce que je réfléchissais à ce que je pouvais faire pour ses tremblements, et parce que William n'était pas du tout un peu lourd quand même et il n'appuyait pas du tout non plus là où je m'étais plus le rocher, non. Nous finîmes enfin la route, malgré quelques glissades de temps à autre que j'arrivais à corriger, et je fus heureuse de sentir le sol sous mes pieds, ainsi que de ne plus voir le vide s'étendre sous moi. Nous avions passé le pont, nous étions de l'autre côté du ravin et… Pas le temps de profiter, nous étions debout, et nous marchions, il fallait continuer. Je sentais que si nous nous arrêtions ici nous y resterions. Or, on avait besoin d'eau claire, de se rincer, et d'être bien plus couvert par les arbres. Puis putain, je voulais m'éloigner le plus possible de ce ravin de malheur. Le pont s'effondra avec fracas sans même que je me retourne, et tout ce que je trouvai à dire fut :

- On est lancé, on continue jusqu'à trouver un endroit où dormir ok ?

Et je n'attendis pas sa réponse pour me remettre à marcher. Nous nous enfonçâmes de nouveau dans forêt, plus proche que jamais de la fin du voyage.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Dim 25 Déc - 22:26

       Sans le tas de neige providentiel - enfin, pas si providentiel que ça, grâce au tas de neige qu'Anaïs qui le gardait donc bien à l’œil réussit à ériger avant qu'il ne s'écrase par terre - pas sûr que William se serait relever. La neige épousait la forme de son corps et évita le choc. Par contre, William galéra à repartir - il galérait à tout faire en ce moment -, Anaïs vint l'aider et ils réussirent plus ou moins à progresser sur la glace, accrochés à la fois l'un à l'autre et à la balustrade. Le bord se rapprocha peu à peu et quand enfin, ils l'atteignirent, William, hors d'haleine, réprima de peu l'envie de s'effondrer par terre, et, plié en deux, réussit à dire :

        "Plus... Jamais... Ça. Plus. Jamais."

       Anaïs était déjà prête à partir, pensait déjà à la suite, alors que William étouffait de chaleur, pantelant après cette traversée impossible. Il était con bordel, il aurait pu se téléporter - les téléporter - dès qu'il avait eu une vision nette de l'autre côté ! Il n'y avait pas pensé et passa quelques secondes à ajouter quelques jurons contre lui-même à sa flopée de pensées haineuses à l'égard de la glace, du froid en général et de toute surface glissante quelle qu'elle soit - non pas qu'Anaïs devait le prendre personnellement, au contraire, il avait juste besoin de se défouler mentalement. Aller, il fallait bouger, continuer. William rassembla ses esprits et le peu d'énergie qu'il lui restait, fit abstraction de ses idées mélangées et de sa température qui partait complètement en couilles, et commanda à ses membres de bouger. Il alla jusqu'à son sac, le ramassa et le mit sur son dos.

         "Ouais, on attend quoi ? Je pète la forme !"

          T'en fais trop, William. Ouais, mais ça peut pas faire de mal. ça avait le mérite de le motiver un minimum.
        Et sans un mot de plus, ils reprirent la marche. Au début, Anaïs avançait d'un bon pas, déterminée à leur trouver un havre de paix idyllique, et William suivit le rythme, mais se rendit rapidement compte que passer rapidement du froid au chaud n'était pas vraiment un avantage. Enfin, au bout d'un moment, son thermomètre interne parut se stabiliser plus de quelques minutes sur le chaud, et ses tremblements devinrent minimes. Par contre, la chaleur ambiante, étouffante, augmentait son mal et il divaguait presque en marchant, si bien qu'il passa pratiquement tout son temps, en particulier à la fin de la balade, à se convaincre que ce qu'il percevait n'existait pas et que malgré la sensation de brûlure cuisante partout, et en particulier sur son côté gauche, il fallait continuer. De temps à autre, il toussait pour se remettre d'aplombs, et se rappelait vaguement qu'il fallait qu'il boive.
       Il ne remarqua pas non plus quand ils arrivèrent près d'un point d'eau, surélevé par rapport à l'endroit d'où ils venaient. Les arbres se faisaient un peu plus espacés et une espèce de ruisseau coulait sur la pente douce, formant des petits bassins. A cet endroit, on avait l'impression que la jungle fournissait gentiment un petit peu d'eau aux égarés. Rien à voir avec la rivière furieuse et saumâtre dans laquelle ils avaient plongé.
        Mais William, complètement paumé et se parlant dans sa tête, fut stopper en pleine conversation avec lui-même quand il rentra dans Anaïs qui s'était arrêtée devant lui.

         "Pourquoi on s'arrête ?" demanda-t-il sans réfléchir.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Dim 25 Déc - 23:13

J'arquai un sourcil face à… l'engouement de William, qui insinuait "péter la forme". Oui, évidemment, il avait l'air en grande forme. Je levai les yeux au ciel, ne répondis pas, et m'armai moins aussi de mon sac à dos en retenant ma respiration lorsqu'il me toucha le dos. Et nous reprîmes notre marche, je tentai et espérai trouver un endroit bien mieux que ce ravin et la rivière de toute à l'heure. Et si l'on pouvait : assez rapidement. Il commençait à faire sérieusement sombre et d'ici moins d'une heure nous serions obligés de nous arrêter et de dormir dans notre état du moment.
Nous débouchâmes sur une sorte de petite espace, où un ruisseau coulait depuis un point beaucoup plus que que là où nous étions, et il se séparait en plusieurs branches, qui formaient à leur tour de petits bassins. Je m'arrêtai brusquement, en écarquillant les yeux. C'était juste ce qu'il nous fallait et … Aïe ! Je tournai la tête pour voir William qui venait de me rentrer dedans. Il avait l'air perdu. Si avant nous ne parlions pas lorsque nous marchions, là non plus, mais ce n'était plus pour la même raison. Il était silencieux, trop silencieux et son air presque hagard ne lui donnait pas meilleure mine. En quelques secondes, je fis le choix de quel bassin allait nous servir pour nous rincer, il était le plus profond, puis je déposai mon sac non loin. Je pris avec douceur son sac à lui, le lui retirai de ses épaules, et avant qu'il ne s'écroule, je lui pris la main. Les pièces du puzzle commençaient à s'emboîter, entre les tremblements, le voile qui prenait place dans ses pupilles, il n'y avait plus grande chose à dire à ce sujet.

- Toi, tu viens avec moi, souris-je faiblement, en l'entraînant vers le bassin en question.

Je passai en première, et frissonnai en sentant l'eau passer entre mes vêtements. La boue s'en alla d'elle-même et le reste partirait aussi aisément en frottant.

- Attention, ça descend un peu.

En peu de temps, il fut lui aussi dans l'eau, jusqu'au milieu du torse. Les mains mouillées, je le débarrassai de toutes les saletés qui recouvraient son visage, puis petit à petit, descendis vers son torse, en enlevant la crasse de son t-shirt, jusqu'à son pantalon, même s'il trempait dans l'eau. Ce qui mit au moins dix bonnes minutes, sachant que je ne me gênais pas pour le caresser ou l'embrasser en cours de route, oh non… Quand il me parut enfin assez propre à mon goût (soit que je fus certaine ne n'avoir rien laissé), je tentai de retirer son t-shirt, lentement, et avec difficulté à cause de son bras et de son épaule. Mais nous y arrivâmes. Je le rinçai une dernière fois (le t-shirt hein, pas le William enfin), et l'étendis sur le bord du bassin, même s'il n'allait pas sécher cette nuit. J'embrassai William, lentement, avant de m'éloigner un peu, et de retirer ma veste et mon t-shirt. Je lui tournais le dos, et entrepris d'enlever à mon tour la vase de mes habits, qui finirent au bout du compte déposés aux côtés de son t-shirt. Je détachai mes cheveux, et plongeai ma tête sous l'eau pour enlever ce qui me collait à la peau. Je vis des feuilles voler dans l'eau, qui venaient de ma tête, et ne fus que peu surprise de toutes les saletés qu'il en resortit. Je grimaçai en me redressant, et portai une main à mon dos avant de froncer les sourcils et de me rendre compte de l'imbécillité de la chose. D'accord, maintenant William savait que j'avais le dos en compote. Hum, faire comme si je n'y avais pas pensé, ni remarqué qu'il pouvait tout voir, voilà, exactement, comme si je n'avais pas mal. Je me frottai un peu plus le visage dans les moindres recoins (surtout ne pas oublier derrière les oreilles !) et grimaçai une nouvelle fois en frottant un peu trop fort ma joue qui était encore recouverte de sang il y a quelques minutes. J'avais mal, et je savais que c'était de là que je saignais tout à l'heure, mais je ne savais pas de quoi ça avait l'air. Bon, je le verrai à la tête de William… Je me retournai vers lui, et approchai, et approchai…

ça va mieux maintenant qu'on est enfin presque propre ?

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Dim 25 Déc - 23:59

Ils auraient du découper ce tee-shirt. William se fichait bien qu'il finisse à la poubelle mais l'enlever fut un véritable calvaire. L'eau le rafraichit un peu, et les baisers d'Anaïs contribuèrent à le maintenir totalement réveillé pendant toute l'opération de lavage. Ensuite, elle se sépara de lui pour avancer à quelques mètres et se laver à son tour, avec les moyens du bord... Et le spectacle n'en fut que plus intéressant, hormis les méchants bleus dans son dos (nous admettrons ici que pour William, ce n'était plus un bleu mais un noir-violet catastrophique), qui venaient un peu obscurcir le tableau. Mais même comme ça, qu'est-ce qu'elle était belle... Quand elle se retourna, William se demanda s'il était censé décrypter un quelconque sous-entendu, parce que si oui, son pauvre cerveau embrumé avait beau tourner et retourner la question, il ne voyait pas ce que ça pouvait être.

"Tu es belle," fit-il en la contemplant de ses yeux trop brillants.

Ah putain, mais qu'est-ce qui lui prenait de dire comme ça, directement sans aucun préambule ce qu'il pensait ? D'habitude, il avait un minimum de retenue, tout de même ! Confus et légèrement gêné, William passa sa main valide dans ses cheveux à présent un peu près propres, avant de se souvenir de la question qu'elle lui avait posé.

"Maintenant que tu le dis, je me sens beaucoup mieux depuis que t'as enlevé tes vêtements, tu devrais faire ça plus souvent."

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Lun 26 Déc - 13:03

Surprise, et... aussi surprise que lui vu la tête qu'il tira juste après avoir sorti ces mots, je mis un moment avant de sourire faiblement, mais sincèrement. Il était trop mignon quand il faisait cette tête, et diablement sexy quand il se passait une main dans les cheveux de la sorte. J'allais l'embrasser lorsqu'il rouvrit la bouche pour... ouais se moquer un peu de moi quand même. Amusée, je posais mes mains sur mes hanches, l'air de dire « non mais oh, tu veux pas non plus que je te fasse un spectacle tous les jours ? » avant de secouer la tête, désespérée par cet enfant tout à fait sincère et de l'embrasser définitivement. En même temps, mes deux doigts caressèrent son cou, et vinrent se glisser sur sa poitrine, tandis que ma seconde s'était glissée derrière sa tête, et jouait avec quelques mèches de cheveux. 

- Au moins tu n'as pas perdu ton sens de l'humour dans le ravin, fis-je en me décrochant de lui, beaucoup plus tard. Je n'ai enlevé que mon t-shirt tu sais.  

Je m'assis, les fesses dans l'eau, sur un rocher englouti, à côté de William, et commençai à dénouer mes chaussures. Après quelques minutes à me débattre parce qu'elles refusaient de s'enlever, je les déposai derrière nous, dans l'herbe, dégoulinantes d'eau. Les chaussettes prirent le même chemin, et c'est en les voyant couler que je me dis que je n'arriverai jamais à les faire sécher. Ni même ce que nous avions dans nos sacs, et mon don n'était d'aucune utilité dans cette situation. Je le fixai, les sourcils froncés, puis m'adossai au rocher dans mon don, en fixant la surface de l'eau. Dans ce cas là nous marcherions dans des affaires trempées toute la journée de demain, et avec le retard que nous avions pris cette après-midi, il nous restait encore beaucoup à marcher. Alors à moins d'espérer sécher sur la route ce n'était pas gagné, et cela n'aiderait pas William à aller mieux, qui d'ailleurs…  J'en avais presque oublié William. La fatigue me retombant soudainement dessus, je levai les yeux vers lui :

- Tu veux que je t'aide à retirer tes chaussures et ton pantalon ?

Puis, remarquant que ma question pouvait être prise bizarrement, j'eus un froncement de sourcil, rougis légèrement.

- Enfin, euh, pour qu'il sèche avec le reste quoi, essayai-je de me rattraper, un peu gênée quand même.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Lun 26 Déc - 15:00

        William observa Anaïs. Les mains sur les hanches, en soutien-gorge, elle n'avait aucune pudeur à se montrer et... Il voulait encore qu'elle l'embrasse encore, qu'elle lui fasse oublier tout ça. Le jeune homme, qui ne tenait plus sur ses jambes, trouva un rocher immergé et s'y assis. Le dos contre la paroi du mini-bassin, le coude sur le rebord et la main contre la joue, il tentait de rester éveillé en regardant la jeune fille. William eut un sourire lubrique, qui traduisait bien ses pensées : T'as enlevé que le tee-shirt ? Pas de problème, j'ai tout mon temps pour regarder la suite. Hum... Bon il fallait calmer le jeu il serait incapable de faire quoi que ce soit pour le moment, cassé comme il était. Ça ne l'empêchait pas de rêver, et avec la fatigue son imagination dérivait d'autant plus facilement vers des images salaces d'Anaïs dépourvue de tout vêtements. Elle se déshabillait bien, mais sous l'eau, et réveilla en partie William en causant de pantalon. Ah, oui, le pantalon... 'Fallait l'enlever. ça va, quand c'était pas le torse il était un peu près en état de marche, il pouvait s'en sortir s'il se secouait un peu... Mais ses paroles pouvaient être comprises autrement. William ouvrit les yeux, secoué d'un frisson, et immergea sa main valide. S'il ne s'appuyait pas dessus, il devrait rester éveillé pour ne pas glisser.

        "Si tu veux me voir presque nu, autant le dire tout de suite," rit-il doucement - quand il riait trop fort, ça faisait mal.

        L'eau était chaude, enfin lui paraissait chaude. Elle aurait pratiquement dû bouillir autour de lui, vu comment il irradiait de chaleur. Il fut de nouveau parcouru d'un frisson, et se demanda s'il devait sortir de l'eau ou pas. Il décida que oui et ordonna à son corps de bouger. Aaaaah bordel ce qu'il avait mal ! Il se laissa tomber sur de la mousse, et défit ses lacets d'une main en bazardant ses chaussures, et enleva son pantalon - avec quelques difficultés, mais il y arriva en procédant intelligemment.
        William n'avait pas remarqué à quel point il faisait sombre, on y voyait pas grand chose en fait. Il toussa, cracha du sang et amena sa main à sa tempe. Il avait la tête qui tournait. Il avait l'impression d'halluciner depuis plusieurs heures - et ce n'était pas qu'une impression - et d'être dans un sauna en plus d'être passé sous un camion. Que des réjouissances. Qu'est-ce qu'ils allaient faire maintenant, ils n'avaient pas d'affaires sèches et... Quelque chose bougea dans les taillis. De nouveau, William vit apparaître son frère, exactement comme dans ses souvenirs, avec l'apparence d'un garçon à peine plus âgé que lui. Eh merde, il débloquait complètement. William détourna les yeux, mais savait que l'apparition était encore là. Et qu'elle n'était pas réelle. Il secoua la tête tout seul, ferma les yeux, les rouvrit. Avec un peu d'appréhension, il fixa l'endroit où il l'avait vu un instant plus tôt, et constata avec soulagement qu'il était parti. Pour le moment. Bon Dieu. William se détourna pour tousser, et essuya sa main sur le sol. Il n'était pas sorti de l'auberge. Sa tête bourdonnait. Il avait chaud, chaud... Il resta là, à fixer l'endroit où était apparu son frère.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Lun 26 Déc - 16:35

Mais nooon, je ne parlais pas de ça  et ..! Roh, crotte… Toujours un peu gênée, je finis par lever les yeux au ciel et sourire. Bon, d'accord d'accord, il avait remarqué la même chose que moi, et j'étais sûre qu'il faisait ça pour m'embêter, comme c'était son genre. Pfff, aucune gaffe n'était permise ici. N'empêche, ouais nan, n'empêche si j'avais su qu'il finirait dans cet état à la cascade en début de semaine, notre comportement aurait été différent, et… Mon sourire ne s'éternisa pas, et je fixai l'eau, tout en constatant que William était malheureusement sorti de l'eau. Il était au moins resté assez longtemps pour que je le nettoie un minimum, c'était déjà ça. Ma main à la surface, je la regardais flotter, et la refermai en la sentant me piquer si je l'ouvrais trop. Je fermai les yeux, quelques secondes, en essayant d'imaginer notre arrivée à camp militaire dont nous avait paré Vladimir. C'était notre point de rendez-vous, nous aurions dû y être ce soir. Et pourtant, il restait des kilomètres et des kilomètres, et William que j'entendais tousser dans mon dos… Je devais trouver une solution, il y en avait forcément une ! Un moyen de le déplacer, sans qu'il n'ait à bouger pour le reste de la route, j'allais y réfléchir, la nuit porte conseil, ouais, c'est ce que ma mère me disait, la nuit porte toujours conseil.
Je sortis à mon tour de l'eau en voyant William, toujours assis au sol, secouer la tête tel un chien qui s'ébroue. Il regardait ensuite un point à notre droite, et je fronçai les sourcils en cherchant ce qui pouvait…  Ou alors c'était dans sa tête, et dans ce cas là j'avais vraiment des raisons de m'inquiéter. Dans tous les cas, mon aide serait la bienvenue. Je ramassai nos vêtements, et vins prendre son pantalon et ses chaussures pour les rapprocher de nos sacs. Je pris son sac de couchage (le dernier sec wahou), et le déroulai entre deux arbres, non loin des bassins d'eau. Il y avait mieux, mais c'était tout ce que je pouvais faire pour le moment. Je repartis vers lui, et lui pris les mains, en me plaçant dans son champ de vision.

- Je t'ai mis ton couchage, vas-y t'y allonger au moins.

Il mit quelques secondes avant de réagir, mais se leva tout de même, et me demanda :

- Et toi ?

Je lui souris comme une mère qui se voulait rassurante, et l'emmenai vers le couchage avant de lui répondre :

- J'ai encore quelques petites choses à régler, mais j'arrive.

Je l'obligeai donc à s'arrêter là où j'avais mis son sac de couchage, et le laissai s'allonger. Puis je partis vers nos sacs. Je repris les dossiers (heureusement protégés par les pochettes anti-humidités de Vladimir, qui avaient donc empêché l'eau de s'y infiltrer) et les mis dans mon sac, que j'avais vidé au préalable. La boussole pleine d'eau n'indiquait plus vraiment le nord, et la carte risquait de se déchirer au moindre mouvement brusque. Quant-aux vêtements, eux aussi étaient trempés, mais je tentai tout de même de les accrocher à côté de nous, aux branches des deux arbres, ne craignant pas vraiment le vent dans cette jungle. Je dépliai aussi la moustiquaire, et la déposais sur lui tout de même, parce je n'avais pas le choix pour ça, si déjà il était à moitié nu, les moustiques se feraient un plaisir de le bouffer pendant la nuit. J'alignai les chaussures à côté des sacs, comptai la nourriture pour vérifier si nous n'avions rien perdu, remplis les gourdes aux bassins, puis quand j'eus estimé que tout était en "ordre" je me rapprochai de lui.

- Tu as faim, soif, tu veux tes médicaments, quelque chose ?, demandai-je au bout du compte, et m'asseyant juste à côté de lui.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Lun 26 Déc - 18:25

William ne s'allongea pas tout de suite. Il voulait d'abord s'assurer qu'Anaïs accepte de dormir. La dernière fois qu'il lui en avait parlé, elle n'était pas vraiment d'accord et même s'il avait mal et qu'il était complètement à l'ouest, il s'en souvenait encore. Il eut un peu de mal à faire fonctionner ses neurones, mais quand ce fut fait, il se dit que le plus simple revenait à ce qu'ils dorment ensemble dans le sac de couchage survivant. Ils l'avaient déjà fait une fois, ils pouvaient le refaire. Ils avaient été plutôt à l'étroit (en même temps, William n'était pas petit), mais à force de trainer tous les deux dans la chambre d'Anaïs, ils avaient appris à tenir dans un lit une place. Sans compter toutes les fois où ce n'était pas prévu et où il avait fini par s'endormir avec elle, il y avait tout de même des épisodes où ils avaient su se caser volontairement à deux sur le lit. Eh bien, il n'y avait qu'à refaire exactement la même chose, mais pas question qu'Anaïs dorme dehors toute seule.
William s'aperçut qu'il piquait du nez quand il faillit tomber, et finit par se mettre dans le sac de couchage, en fixant son bras gonflé. Curieusement, ce n'était pas ça qui lui faisait le plus mal, mais son flanc. Une chance que la chaleur de son corps masquait en partie la douleur. Chaleur qui n'était plus parce qu'à présent il tremblait, et qu'il avait l'impression d'être plongé dans un bain d'eau glacée. Décidément, sa température faisait des montagnes russes. Il toussa, et sa toux déclencha une onde de souffrance dans son corps.
C'est à ce moment-là qu'il reçut une moustiquaire sur la tête et qu'Anaïs lui parla. Ouais quoi attends... Elle disait quoi ?

"Médocs. Et de l'eau, s'il te plaît."

Il s'assit, prit les antidouleurs et but à longues gorgées. Ça faisait du bien !.. Il s'interrompit et toussa, toussa, toussa... Ça n'en finissait plus et le goût du sang lui donnait envie de vomir. Quand enfin ça se termina, il attendit que la nausée passe et invita d'un signe de tête Anaïs à le rejoindre.

"Viens."

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Lun 26 Déc - 18:56

Il répondit par l'affirmative et je lui tendis une gourde ainsi que les antidouleurs qu'il avala et... je crus qu'il allait s'étouffer à force de tousser, ça ne se calmait pas, et j'allais lui demander s'il n'allait pas mourir dans mes bras maintenant quand il cessa enfin. Inquiète, je me frottai le visage et soupirai. Puis la fatigue prit le dessus, et même si mes peurs ne furent que plus présentes comme je ne m'occupais pas, je ne pouvais pas dire que l'idée de venir dans son sac de couchage n'était pas tentante. Accroupie, mon regard passa de l'arbre contre lequel je pourrais faire le guet, un arbre ma Foix fort inconfortable qui me garderait sûrement éveillée, et le sac de couchage de William, qui m'appelait, et me disait de venir. Je clignai plusieurs fois des yeux pour voir plus clair et me passai la paume de la main sur mon œil droit. J'aurais pu bailler c'était pareil. Je ne demandais plus qu'une chose c'était dormir et pourtant ma conscience me disait que ce n'était pas une bonne solution. Heureusement que mon corps était là pour me dire que la tentation n'avait pas que des défauts, et que la raison pouvait aller se faire foutre lorsque j'allais amorcer un mouvement vers l'arbre mais que je faillis perdre l'équilibre. Bien. Au moins c'était clair, direction le sac de couchage, mais avant... j'enlevai mon pantalon toujours mouillé, et le mis avec le reste des vêtements. Puis, trop fatiguée pour me rendre compte du regard de William, passai sous la moustiquaire, puis dans son sac de couchage. Je me retrouvai contre son côté de torse intacte, posais ma tête dessus, et pris sa main gauche avec douceur, sans bouger son bras. À part nos sous-vêtements mouillés et la pierre que je sentais sous le sac de couchage, c'était confortable. Je soupirai une nouvelle fois, pour moi-même et me lovai un peu plus contre lui.

- Je vais trouver une solution pour demain, pour que tu n'aies pas à marcher, je vais trouver.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Lun 26 Déc - 20:39

          William se fit le plus petit possible pour laisser à Anaïs la place de s'installer contre lui. Elle eut la délicatesse de ne pas choisir la mauvaise place, et son bras contre lui ne sembla pas la gêner outre mesure. Elle semblait presque petite, blottie contre lui. En tout cas, elle avait fait le bon choix : il fallait définitivement qu'elle dorme après son plongeon dans la rivière et la fatigue accumulée, et c'était le moment ou jamais. Sa présence apportait de la chaleur à William qui, à présent, en avait cruellement besoin. Il tremblait encore, sans savoir si c'était de fatigue ou de maladie. Est-ce qu'il avait choppé un truc tropicale, lui qui n'était jamais malade en temps normal, ou était-ce une conséquence directe de ses blessures ? Il espérait ne pas trop tousser ou bouger pendant la nuit, ce serait difficile de ne pas réveiller Anaïs dans ces conditions. Mais ils n'avaient pas le choix, et de toute façon il ne voulait pas qu'elle s'en aille. William, les idées embrumées, chercha bien ce qu'elle voulait dire par là : la jungle était impraticable autrement qu'à pied, elle voulait faire quoi, un miracle ?.. Le jeune homme ne pouvait pas s'autoriser à penser qu'ils en avaient fini, parce que ce n'était pas vrai. La douleur était toujours là, à le ronger jusqu'à l'os, et ne s'en irait pas de sitôt. Sa respiration était passée de naturelle à sifflante en quelques jours. Il fallait juste... Qu'ils arrivent au bout. Qu'elle arrive au bout, au moins. Mais elle n'accepterait pas de le laisser, et là, tout de suite, il n'était pas en état d'argumenter.

        "T'as eu raison de venir. Sans le pont, de toute façon, ils peuvent pas passer."

        Par "ils", William désignait leurs éventuels poursuivants qui ne les rattraperaient pas. De toute façon, si Anaïs répondit, le jeune homme ne l'entendit pas : malgré le froid, il s'était endormi.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Lun 26 Déc - 21:56

William s'était endormi. Sa respiration s'était ralentie, comme son coeur que je sentais battre contre mon corps. Ce qui ne s'était pas calmé, par contre, étaient ses tremblements. Je n'ajoutai rien. Il n'y avait rien à dire qui valait la peine. Enfin si, il y avait un million de choses à dire, mais je n'arrivais pas à rassembler suffisamment mes pensées pour constituer une phrase, alors imaginez, un million… Il n'y avait que mon cauchemar qui persistait. L'image de l'estre, l'abattant d'une balle dans la tête qui tournait et retournait dans ma tête. J'avais peur. J'avais terriblement peur pour lui, pour moi, pour nous. Je dus faire en gros effort pour éviter d'éclater en sanglot une nouvelle fois. Ses tremblements ne faisaient que me rappeler qu'il était mal, que je ne pouvais rien faire. J'imaginais de quoi demain serait fait, et ce qui me venait à l'esprit n'était pas joyeux, pas avec l'influence de mon cauchemar, pas avec l'image de Louis, une balle dans le torse, pas… Je finis par pleurer silencieusement, pour ne pas réveiller William, en séchant mes larmes de ma main gauche. Bordel, trop de choses s'accumulaient, si seulement William allait bien, si seulement ce pont n'avait pas cassé, si seulement cet estre n'était pas venu ..! Je maudis une nouvelle fois le monde entier, en serrant les dents, et en retenant mes sanglots pour ne pas l'alerter. Ce n'était qu'un cauchemar, qu'un putain de cauchemar qui me foutait les boules certes, mais juste un cauchemar. Pourtant j'avais une petite voix qui me susurrait à l'oreille que ce cauchemar pouvait tout à fait devenir réel et que William était un homme comme un autre qui mourrait un jour ou l'autre comme tout homme. Mais pas maintenant, par pitié, pas maintenant, juste pas maintenant, laissez-le moi, c'est tout ce que j'aime, c'est le dernier que j'aime, pitié, c'est le seul qui compte… Je finis par m'endormir en suppliant ciel et terre pour que son état ne se détériore pas encore.

Je fus réveillée avant lui, je dus ranger les affaires, tout fut replié rapidement, et je gardais en tête que si nous avancions vite, nous pourrions y être dans la nuit. Il fallait y arriver dans la nuit, il fallait, il fallait putain. Mon coeur se serra, et je me retins de pleurer de nouveau. Aller, je devais être forte, et pas me mettre à pleurer à chaque seconde. Être forte, c'est ce qu'il fallait, ouais. Être forte pour deux si William ne pouvait plus. Je le réveillai, rangeai le sac de couchage sur son sac, et nous reprîmes notre route. La chaleur revenait au galop, je passai mon don à William, et le rafraîchis comme je pouvais, en essayant de stabiliser sa température un minimum. Le midi, j'essayai, sans vraiment le forcer, de le faire manger, il avait besoin de nourriture, mais de toute façon, avalée pour être vomie après, autant ne pas l'affaiblir encore plus en le faisait dégobiller.
Il faisait toujours chaud, je fronçais les sourcils de temps à autre, et me retournais pour vérifier que tout allait bien. Jusqu'au moment où je dus me retourner parce qu'il venait de tomber, et que ça n'avait pas été discret. Le soleil commençait à se coucher, nous étions presque arrivés pourtant… Je m'approchai en courant, terrorisée à l'idée qu'il soit tombé inconscient. Je ne sais pas si c'était une bonne chose par contre de se sentir soulagée de le voir conscient. Etait-ce égoïste de penser que s'il était tombé dans les pommes je n'aurai jamais su le ramener au camp ? Je ne sais pas, je ne sais plus, trop de choses se bousculaient dans ma tête et je ne parvins pas à les chasser.

- William ! William, lève-toi, on y est presque, s'il te plait, viens avec moi, je vais te soutenir, je vais t'aider à marcher, y a pas de problème, aller lève-toi !

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Lun 26 Déc - 22:34

          William était mal. C'était pas rien de le dire. Il tremblait encore et toujours, mais curieusement, le poids de la chaleur avait disparu de ses épaules. Mais ce n'était qu'une faible gêne disparue. Il sentait son corps qui s'effritait, et là, il menaçait de tomber. De tomber dans un ravin sans fond. Il ne tenait plus. La douleur était à présent là, permanente, elle lui mangeait le flanc comme elle le ferait bientôt avec tout son corps, elle croquait dans sa chair à pleine dent et, à chaque pas, William mourrait un peu plus. Il respirait de moins en moins bien, son souffle était obscurcit par du sang qui provenait de ses poumons cassés, percés, déchiquetés. Ce n'était certainement pas vraiment ça, parce qu'il était encore vivant, mais c'était ce qu'il ressentait. Il prenait sur lui à chaque pas, ou plutôt à chaque respiration, pour ne pas lâcher. Son estomac était vide et il n'avait rien avalé depuis la veille au midi. Tant mieux, il n'aurait rien à vomir. Rien que le goût persistant du sang qui rendait sa gorge un peu plus douloureuse, qui lui rappelait qu'il n'avait pas des jours devant lui. Non, rien que des heures. Il se sentait trop faible pour penser à quoi que ce soit d'autre, l'idée revenait au pas de course à chaque fois qu'il la chassait, plus vive, plus mordante, à l'image de la souffrance qu'il éprouvait : il allait crever. C'était pas possible d'éprouver une telle douleur et de s'en sortir. Ils avaient encore tant de chemin à faire... Il était écartelé, l'intensité de la souffrance avait dépassé le seuil de tolérance, même avec les analgésiques. C'était insupportable à la longue. A chaque minute qui passait, il se demandait si c'était ici qu'il allait abandonner, que son corps allait totalement se disloquer. Il ne savait même plus pourquoi il marchait, pourquoi ils marchaient, mais ça lui sembla durer une éternité. Et il continuait, malgré les vertiges, malgré son corps qui lui hurlait qu'il n'en pouvait plus.
       Et puis ses jambes le lâchèrent. Comme ça, au milieu du chemin. William explosa en mille morceaux par terre. Il vit Anaïs se profiler dans le flou de sa rétine et se concentra très fort pour formuler des mots entre les quintes de toux sanglantes qui le secouaient, faisant s'effondrer un peu plus ses barrières mentales. La douleur ne refluait jamais.

       "Laisse-moi, Anaïs, coassa-t-il. J'vais crever, juste... Va-t-en."

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Lun 26 Déc - 23:54




Ses paroles me glacèrent le sang. Ce n'était pas possible, il n'avait pas le droit, IL N'AVAIT PAS LE DROIT ! Non non non, il ne pouvait pas mourir, c'était William, il avait survécu à une attaque d'estre, il avait survécu alors qu'il avait tout perdu, il m'avait sauvé du pyromane, de la falaise, il était là pour moi quand Louis est mort, il avait réussi à sortir de l'Institut, il il il… Il était le plus fort de tous ! Il était invincible mon William ! Il ne pouvait pas mourir là, pas comme ça, il ne pouvait pas me laisser seule. Il ne pouvait pas mourir comme Louis, il n'avait pas le droit. Je pleurais de rage, de désespoir, je pleurais et tombai à genoux à côté de lui, en essayant vainement de ne pas m'étouffer dans mes sanglots. Pourquoi me quittaient-ils tous ..? Pourquoi voulaient-ils tous que je vive ? Ils ne comprenaient pas que sans eux, ma vie n'avait juste aucun sens ? D'abord Louis, maintenant William, non non non, ça ne pouvait pas se passer ainsi, il devait vivre putain, il devait vivre, ou je ne survivrais pas. Je n'avais pas les moyens, je n'avais plus les moyens de vivre seule, de vivre en ayant tout perdu. Je ne pouvais pas vivre sans eux, mon coeur avait besoin d'eux pour battre, je n'étais rien sans eux, juste… une petite fille égarée, une gamine qui pleure un peu trop pour rien mais qui arrive à se mettre dans des situations catastrophiques. Une petite gamine un peu orpheline, un peu brisée dans son coeur, une petite gamine qui n'a pas vraiment confiance en elle même si elle le cache plutôt bien. Une toute petite gamine, pas mature dans sa tête, qui aime être prise dans les bras de son grand protecteur, une gamine qui ne demandait qu'à être heureuse, mais à qui on a répondu que non, elle n'entrait pas dans les critères, alors elle serait heureuse, puis malheureuse, parce que c'était plus drôle de la voir pleurer, c'était plus drôle de la voir perdre un à un tous ceux qu'elle aimait. Alors oui, je suis juste devenue une petite gamine un peu provocatrice qui pense pouvoir se dresser face la Mort et pouvoir lui cracher au visage en reprenant jalousement son William. Une petite gamine qui espérait garder son dernier trésor, mais malheureusement non, la vie en avait décidé autrement. Elle gagnait, la Mort, elle me le reprenait, et la petite gamine apprenait que la mort est une pute, qu'elle en a rien à foutre que ce soit la dernière personne vivante, elle en a strictement rien à foutre que nous soyons triste ou non, elle fait son travail, elle récolte les humains, et dévoile leurs faiblesses. Leurs nombreuses faiblesses. Mais bordel, non, non, non. Le cauchemar, le cauchemar, comme dans mon cauchemar. Je ne pouvais pas vivre dans mes cauchemars, ils ne pouvaient pas devenir réels, il était dans ma tête, DANS MA TÊTE ! Comment osaient-ils s'immiscer comme ça dans ma réalité, dans ma vie ? Comment la personne qui me regardait au dessus, dans le ciel, acceptait-elle de l'entendre dire des choses pareilles ? Comment William pouvait-il dire des choses pareilles ? Me croyait-il assez forte pour accepter ce qu'il disait ? HE BAH NON JUSTE NON ! J'avais envie de hurler, de cracher mes tripes, de vomir encore et encore toutes les larmes de corps, de crever, j'avais envie de crever. Définitivement. Si cette envie m'avait quittée il y a bien longtemps, elle revenait au galop, elle était assourdissante, elle était écœurante...  Ces jours d'acharnements, pour ça ? Elle était où la justice ? Elle était où ma dernière chance ? Mon souhait, un dernier souhait ! S'il vous plait, je ne peux pas, ne je peux pas, je... Les larmes dégoulinaient de mes joues, elles glissaient rapidement, et à peine étaient-elles tombées que d'autres venaient les remplacer. J'avais du mal à respirer dans mes sanglots, et il toussait, il toussait du sang, il toussait la Mort, cette vision m'horrifiait autant qu'elle me révoltait. Il y avait tellement de détresse dans mon coeur, tellement de haine, de désespoir, de douleur, d'appréhension, d'amour et de regret, des sentiments contradictoires, qui me donnaient l'impression que mon coeur allait exploser, que ma poitrine allait s'ouvrir, se scinder en deux et déverser tout ce flot douloureux. Ma gorge s'asséchait, nouée, elle ne savait plus comment crier mes sentiments, elle était comme ma raison, allait abandonnait tout combat contre ce cataclysme, contre cet ouragan, contre l'anéantissement de tout mon être, contre cette tempête incontrôlable que déchaînait mon coeur.

- Je peux pas, je peux pas William, je t'en supplie, ne meurs pas, je ne peux pas… je ne peux pas vivre, pas sans toi, s'il te plait, j'ai besoin de toi, lève-toi, lève-toi je ne peux pas te laisser là, lève-toi, aller William… Qu'est-ce que je ferais sans mon William un peu casse-cou mais adorable ? Qui me consolerait quand je vais mal hein ?, je caressais son visage, des larmes tombèrent dessus, je lui pris la main, qui me reste-t-il à part toi ? Où irais-je si je n'avais pas tes bras ? Qui pourrais-je embêter, hein ? Qui m'obligerait à me nourrir et me reposer ? Qui me servirait de coussin ? Qui accepterait de jouer avec moi dans un froid polaire, en me faisant confiance ? Qui... Qui...

Je baissai les yeux et gémis de douleur, je gémis, faible cri par rapport à toute la haine que je me retenais de déverser. Et les larmes coulaient, et je pleurais, et je pleurais. C'était trop, trop trop, je ne pouvais pas, je n'étais pas assez forte, je ne pouvais pas survivre pas à sa mort, ce n'était pas possible et malgré mon refus ça ne changeait rien, il était trop faible, trop blessé, trop mal en point, il allait mourir, et je ne pouvais rien faire, rien faire du tout. Il allait mourir devant mes yeux, comme ça, comme si notre vie entière s'était déroulée ici. Mais je refusais, bordel je refusais de le laisser, jamais, jamais je ne partirai sans lui. Autant rester dans cette jungle à jamais, autant crever avec lui plutôt que le laisser seul. Nous avions été seuls tellement longtemps, comment imaginer une seule seconde que je l'abandonnerai ?

- Tu sais, William..., je dus reprendre ma respiration pour que mes mots soient intelligibles parmi mes larmes, mon cauchemar, y a deux jours, c'était toi, c'était toi, et un estre te tuait, c'était horrible, j'ai eu peur. J'ai toujours eu peur que tu meurs, dans la boucle de Miss Stork, quand je t'ai fait mal avec ma glace, quand nous sommes tombés dans la falaise, et que je t'ai vu pendre dans le vide, le nombre incalculable de fois où tu as été blessé. J'ai peur, j'ai peur, j'ai peur, j'ai tout le temps peur, que tu m'abandonnes, que quelque chose d'horrible n'arrive, que je ne puisse pas rester avec toi, que quelque chose nous sépare... Et la voilà cette dernière chose ..? Non, je ne veux pas que ce soit nos dernières heures, je ne veux pas que tu meurs, William, je t'en supplie, je ne suis rien sans toi… Je t'en supplie, on continue, et là-bas quelqu'un te soignera, et ça ira, ne m'abandonne pas bordel, je ne peux pas vivre sans toi William, la vie n'a aucun sens si tu n'es pas là, je t'aime putain William, s'il te plait, s'il te plait...

Tu ne peux pas m'abandonner, tu n'as pas le droit...

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Mar 27 Déc - 21:52

        Mais j'ai trop mal !.. Bordel, Anaïs, pourquoi tu comprends pas ça ? Elle pleurait, elle ne voulait pas le laisser, il... Il lui avait promis, il... Il n'arrivait plus à penser, il divaguait, il... Il ne comprenait pas la moitié de ce qu'elle disait, elle parlait trop vite et ses propos étaient hachés par les sanglots qui la secouaient. Le cerveau de moins en moins réactif de William n'arrivait pas à suivre. Néanmoins, il avait compris l'essentiel qui se résumait en quelques mots : elle ne voulait pas qu'il meurt. C'était compréhensible, lui non plus ne voulait pas mourir, à la base. Maintenant, il voulait juste que ça s'arrête. Par n'importe quel moyen. Et tant pis si c'était parce que son amie la Mort, qui avait joué avec lui tant de fois sans jamais l'emporter avec elle, lui donnait finalement le coup de grâce. Ce serait un geste apprécié. Sa conscience se dissoudrait en un instant, et avec elle, sa souffrance. Brutalement, il n'existerait plus. On ne savait pas ce qu'il y avait après, mais ça ne pouvait pas être pire qu'ici.
      Et il y avait Anaïs. Anaïs qui risquait de cramer toutes ses chances de survie en le regardant agoniser. Est-ce que ceux qui devaient les accueillir et les ramener y étaient encore ? William s'emmêlait les pinceaux et ne savait plus quel jour ils étaient, mais ils avaient du retard, beaucoup de retard sur l'arrivée initialement prévue. Qui sait s'ils étaient encore là ? Qui sait si ces inconnus envoyés par un Vladimir invisible étaient capable de l'aider ? Qui sait si quelqu'un était capable de l'aider ? Il n'y croyait pas, il n'y croyait plus, il avait trop mal. Ses défenses tombaient et il se retrouvait tout petit, tout seul face à ce monstre de torture qu'était la douleur et qui l'assaillait depuis trop longtemps.

          "J'peux plus me lever," marmonna-t-il d'une voix qui lui sembla pâteuse, lointaine.

          C'était un fait. Son corps le lâchait peu à peu, à court de carburant, et déglingué de partout. Il n'avait rien à dire de plus. Si elle voulait qu'il reparte avec elle, si elle ne voulait pas l'abandonner, il allait falloir qu'elle l'aide. Encore. Parce qu'il ne pouvait plus, là. Et il allait falloir qu'il puise en lui jusqu'au bout, dans ses derniers retranchements, dans ses dernières réserves. Elles étaient déjà bien entamées. Il n'avait jamais été aussi proche d'y passer, aussi conscient de sa propre décadence. Il était en train de creuser sa propre tombe, et il allait continuer. Jusqu'à ce qu'il y tombe et qu'il ne se relève plus.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Mer 28 Déc - 0:40

Se ressaisir, se reprendre, relever la tête notre couronne allait tomber, elle ne devait absolument pas chanceler à nouveau, elle ne devait pas glisser et chavirer, elle ne devait pas venir se briser au sol. Non, non, cela serait synonyme de notre chute, notre mort. La couronne ne pouvait pas tomber, elle était plus forte que tout, elle traversait le chaos, les maelstroms, les cyclones et toutes les horreurs du monde. Nous étions les rois, à dompter le Monde, à contrer le temps et la vieillesse, à nous battre contre les ennemis, à protéger ceux en danger, nous étions ceux qui méritaient le plus de vivre, nous étions les survivants de notre propre destruction, nous ne deviendrions pas de simple cadavre, dont personne ne se souviendrait jamais. Nous étions à deux, et rien que cela devrait nous permettre de vivre. Sauf que lorsqu'une roue du chariot devient défaillante, la charrette se met à bringuebaler, et la seconde doit maintenir son rôle pour assurer la survie de tous. J'étais la deuxième roue du chariot, et même si j'étais bien moins abîmée que lui, s'il y avait encore un choc, j'allais me briser à mon tour. Il ne fallait pas que cela arrive. William devait vivre, juste parce... La mort n'était pas une solution, parce qu'il ne pouvait pas mourir point ! Je n'avais pas à argumenter, William n'allait pas mourir, parce que j'allais l'amener au camp militaire, qu'ils allaient le soigner et qu'il allait vivre bordel ! Parce que je ne pouvais pas m'imaginer un avenir sans lui, et que nous nous étions fait la promesse... Il marmonna quelque chose. Je passai mes manches sur mes yeux, et tentai de retrouver une respiration moins hachée. Ne plus pleurer comme une gamine, reprendre les choses en main, voilà, exactement, c'était mon but. Une fois cette idée encrée profondément dans ma tête, je réagis enfin à ce qu'il dit. Il ne pouvait plus se lever ? Pas de soucis, j'allais l'aider, j'allais le porter s'il fallait, utiliser toute mon énergie avec mon don, je n'en avais plus grand chose à faire excepté qu'il vive. Il allait vivre bordel ou je ne survivrai pas non plus. Je me penchai vers lui, pour le prendre par les épaules et l'aider au maximum à se lever.

- Je… Je vais t'aider, tiens… Tiens-toi à moi, et tu ne me lâches pas, jamais, je serai toujours là tant que tu me tiens…

Bras dessus, bras dessous, je finis par nous relever tous les deux. Il n'était pas à l'aise sur ses jambes, ça se sentait, et je le soutenais plus que lui ne se soutenait, mais je m'en fichais. Je m'en fichais de sentir mes bleus me hurler leur mécontentement, je m'en fichais de crever de chaud sous lui, de fatigue, de sentir mes jambes faiblir petit à petit, elles avaient intérêt à marcher, maintenant plus que jamais, parce que sa vie en dépendait, et que je ne pouvais pas me le permettre. Il était bien trop précieux, il était la prunelle de mes yeux, et si je devais forcer sur mes capacités, c'était bien maintenant. La mâchoire serrée, je fronçai les sourcils et mis quelques secondes avant de rétablir la connexion avec mon cerveau, et que je sache où nous devions aller. ça allait le faire, ça allait le faire.

- Je t'en demande beaucoup hein ?, fis-je en reniflant pour éviter que mon nez ne coule encore, mais on peut pas abandonner, je peux pas t'abandonner tu... Tu vas voir, on va y arriver juste... Tiens-moi, et je suis là, accroche-toi à ça, je t'en supplie, accroche-toi.  

Il n'avait pas à répondre, je n'attendais aucune réponse, uniquement la vie, uniquement lui à l'arrivée. Et si la dernière ligne droite fut la plus difficile, pour lui, comme pour moi, nous y parvînmes tout de même. Il faisait noir, je commençais à avoir du mal à me localiser pour retrouver la bonne route, et puis cela devenait dangereux, avec les animaux sauvages qui vivaient essentiellement la nuit, nous devenions des proies faibles. En parlant de faiblesse... La respiration sifflante de William, entrecoupée par ses toussotements rauques et le sang qu'il en dégageait me serrait le coeur à chaque fois, et me rappelait que si je ne me dépêchais pas, il n'y aurait plus aucun espoir. Et c'était dur, de le voir ainsi, dans un tel état, de sentir la vie le quitter petit à petit et de se dire que j'aurai sa mort sur la conscience pour toujours. Que je l'aurai perdu à jamais. A ce moment, je fermais les yeux, très fort, pour essayer de chasser ces pensées, mais rien n'y faisait, elles s'imposaient lentement, comme un long poison, et l'impuissante me rongeait. Plusieurs fois, nous faillîmes tomber. Soit à cause de moi, dont les forces faiblissaient, soit parce qu'il titubait tombait qu'il m'entraînait avec lui. Mais comme sur le pont, j'arrivais toujours à rectifier le tire, faire en sorte qu'aucun de nous deux ne se fracasse au sol. Nous tenions debout, nous tenions. Puis tout à coup, il eut des lumières. De grandes lumières blanches, qui perçaient dans les  broussailles, premier signe de civilisation depuis plus d'une semaine. J'en restai bouchée-bée. C'était là. C'était là bordel on y était on y était ! Et William n'était pas mort ! Il eut de nouveau cette voix au fond de moi, qui ne put s'empêcher d'ajouter un "pas encore, pas encore..." que je m'empressai de faire taire.

- William, William on y est ! , son état s'était encore détérioré, je n'en pouvais plus de le voir souffrir de la sorte, tiens bon mon William, c'est presque la fin, presque...

Les arbres se clairsemaient un peu avant la large porte de fer, entourée de deux sentinelles. La porte était forcément fermée. Mais il devait avoir des militaires qui la gardaient, forcément, forcément ! Nous sortîmes de l'ombre, mes jambes tremblaient sous l'effort, j'avais l'impression que j'allais m'écrouler, mais je me répétais sans cesse "non, non, non, non" dans ma tête, et je levais les yeux vers le ciel en le suppliant de m'aider. Lentement, d'un pas peu assuré, je finis par arriver devant la porte, en tenait plus William que lui ne se portait, et je ne lui en voulais absolument pas, j'étais juste morte, morte de fatigue, d'épuisement, et puis j'avais mal, mal de partout. Une voix m'interpella, et je vis un des hommes qui se tenait dans la sentinelle, éclairé par la lumière qu'il me braquait dessus. Essoufflée, je le fixai comme s'il venait d'un autre monde. C'était un peu le cas, après tout ce que nous avions enduré, l'idée de retrouver une lit avec des draps et une douche paraissait presque irréelle.

- Je... Le... Les, les, les... Vladimir, ceux de Vladimir, les... Vladimir...

Je m'effondrai à genoux, et eus tout juste la conscience de ne pas lâcher William. Bordel, tiens Anaïs, tiens, quelques secondes, quelques secondes ! J'entendis des voix, de l'autre côté de la porte, il faisait sombre, mais je vis bien qu'elle s'ouvrit, elle s'ouvrit enfin, et arrivèrent plusieurs hommes, armés qui nous tenaient en joue. Je fronçai les sourcils pour essayer d'y voir plus clair. Ils étaient plusieurs, derrière on en voyait d'autres, ils courraient un peu dans tous les sens. Pour les prévenir, ouais pour les prévenir. De qui pourquoi ? Je... Ah oui, Vladimir, et les dossiers contre moi, et... William. William ! Je vérifiai s'il était toujours vivant. Oui, oui oui, il l'était. Mais il tombait. Il glissait, m'échappait, et je gémis et fis tous les efforts du monde pour ne pas les lâcher. J'entendis vaguement un "c'est bien eux" et si j'avais été plus en forme j'aurais sûrement répondu quelque chose comme : "ç'allait pas être les voisins qui sonnent pour récupérer des bonbons d'Halloween non plus, bien sûr que c'est nous " et grimaçai, et ravalai ma mauvaise humeur. William, il devait l'aider, il fallait qu'il l'aide ! J'essayai de me remettre debout, mais il pesait de plus en plus lourd contre moi, je doutais qu'il soit encore conscient, et n'y parvins pas. Les larmes me montèrent aux yeux. Je te jure, tu abandonnes maintenant, je viens moi-même t'engueuler au paradis, et tu peux être certain que je viendrai.
Voyant que je n'avançais pas, les hommes qui m'étaient inconnus le firent à ma place.

- Il est blessé, gravement blessé, dîtes moi que vous pouvez l'aider, s'il vous plait, s'il vous plait...

Ils hurlèrent des nouveaux des ordres qui me donnèrent mal au crâne, et quelques secondes après ils en arrivèrent d'autres, munis d'un brancard. Ils me détachèrent de William, que je ne pus quitter des yeux lorsqu'ils l'éloignèrent. Je retins sa main jusqu'au dernier moment, et restai à genoux, la tête qui me tournait, mon corps qui me lançait... Plus vraiment consciente de rien, je finis par me relever, et dès que je fus sur mes deux jambes, je le sentis, douloureuses, et tombai en arrière. Un des hommes me rattrapa de justesse. J'avais les yeux grand ouverts, à observer ce qu'était ce camp dans l'obscurité. Pas accueillant, pas accueillant du tout. Mais ils finirent pas m'aider à rentrer, et je persistai, à rester éveillée. Tenir, encore tenir, rien qu'un peu. Il le fallait.   

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Mer 28 Déc - 21:45

        William, déchiré de l'intérieur, avait presque perdu connaissance quand ils arrivèrent enfin. Une voix d'homme retentit, forte, impérieuse.

        "Emmenez-le à l'infirmerie. Et trouvez-moi Birn !"

        Il y avait de l'agitation. William avait à peine conscience qu'ils étaient arrivés, et qu'ils étaient le centre de l'attention, lui et Anaïs.

        "Elle est là, mon colonel - une voix, plus précipitée -
        - Vous avez un blessé. Utilisez tout les moyens possibles pour le sauver. Exécution !
        - Bien mon colonel.
"

          Froissement de tissu. On le portait, William perdit conscience, fut ramener à lui par la douleur qui ne voulait pas se calmer. Elle était là, mouvante, tapie en lui et le dévorait.
          Froissement de tissu, de nouveau. Une toile de tente au-dessus de lui. On lui mit une lumière dans les yeux, lui découvrait le torse et une voix féminine annonça:

          "Faible réaction des pupilles. Henson, qui y'a-t-il ? Je vous ai demandé d'enlever tout ce tissu inutile, que je puisse y voir clair.
          - Je... Bon Dieu, il n'a pas pu marcher comme ça, c'est pas possible.
"

          Il y eut un silence de stupéfaction devant l'étendue des dégâts. Puis le claquement caractéristique des gants en latex que l'on met avec habitude. La voix féminine reprit :

          "Désinfectez tout. Nous allons opérer.
           - C'est un cas désespéré, même pour vous. Dans l'état où il est, l'achever lui éviterait de souffrir inutilement, et...
           - Scalpel.
           - Mais vous l'avez regardé ? Vous l'av...
           - Henson, voulez-vous que je vous colle aux arrêts pour insubordination ? Scalpel !
"

        Une lame rentra dans la peau de William, et il perdit connaissance. Cette fois pour de bon.

*****************************************


        Le colonel en question, un homme grand et charismatique, à la mâchoire aussi carrée que ses façons de faire et aux traits taillés à la serpe, dévisagea Anaïs, toujours à moitié soutenu par l'un des soldats.

        "Vous, suivez-moi."

         Ils entrèrent dans une tente spacieuse, le bureau où l'on parlait stratégie, d'après les plans et la paperasse. Anaïs fut assise dans l'une des chaises qui demeurait là, à proximité de la porte, et le colonel congédia son subordonné aussitôt que la jeune fille fut assise :

        "Dehors, Jenkins."

          Une fois qu'il fut dehors, le colonel referma la tente et se tourna vers Anaïs. Un visiteur apparut : c'était Vladimir, habillé en civil de façon discrète, ce qui lui changeait de la blouse blanche, dans laquelle il se faisait appeler Victor.

       "Vous vous connaissez je crois, dit le colonel en les regardant tour à tour. Je vous laisse. Je vous verrais en privé juste après."

        Victor - puisque c'était son personnage - joua bien son rôle : il laissa planer un peu de silence, durant lequel il la détailla, comme pour se dire "mais que vous est-il arrivé ?" alors qu'en réalité, il réfléchissait déjà à la suite des opérations. Il n'avait que faire du comment et du pourquoi, tout ce qui comptait était le résultat. Mais avant, il fallait récupérer l'objet de la mission. C'était essentiel. Il était là pour ça. Ils y étaient allés pour ça, autant que tout ne soit pas vain. Victor demanda donc, sans ton impératif ni précipitation. Juste des mots qui se détachaient dans le silence éloquent.

        "Avez-vous les documents de Vladimir ?"

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Mer 28 Déc - 22:49

Si mon cerveau était encore relié au reste de mon corps, alors la sensation de ne pas me porter totalement était réelle. Très drôle, et qui pouvait bien me porter hein ? En pleine jungle comme ça, il n'y avait que William, et il n'était pas en état de le faire et. Je fronçai les sourcils. Attendez, nan, nous étions dans le camp militaire. Ouais, donc c'était possible qu'il y ait quelqu'un qui me retenait. Je voulus tourner pour voir le visage (voir s'il y en avait un déjà) et en eus la confirmation bien avant d'avoir fini mouvement, lorsque l'on m'aida à marcher. Pourquoi ? On allait où ? Et Vladimir, il était là ? On ne s'était pas trompé d'endroit quand même, c'était pas comme s'il y avait foule de camp militaire dans cette jungle. Le dernier camp tout court que j'avais vu c'était celui des pillards que nous n'avions pas recroisé depuis que j'en étais sortie. Et… Je suivis maladroitement les pas de celui qui hurlait des ordres depuis tout à l'heure, ce devait être l'adjudant, ou le commandant ? Sergent, capitaine ..? Les termes se mélangeaient dans ma tête, ou alors il l'avait dit et je n'avais pas entendu ? C'était possible, vu comment mes oreilles bourdonnaient et comment ma vue devenait de plus en plus floue, je n'en étais pas surprise. Je tremblais sur mes jambes, et bénis celui qui me tenait, bien que je ne sache absolument pas qui il était. Ils m'emmenèrent dans une tente, et je sentis le regret m'envahir. Rien ne se passait comme prévu, dans le camp des pillards j'avais de nombreuses fois imaginé William et moi, entrer dans le camp militaire, victorieux de la jungle, les documents en main. Il m'aurait aidé à parler, c'était lui qui s'y connaissait au niveau militaire, c'était lui qui… Je fus assise sur une chaise, et papillonnai des yeux à la recherche de quelque chose sur quoi fixer mon attention. Bon Dieu, ma tête me tournait, même en étant assise j'avais l'impression que j'allais tomber. Et j'étais fatiguée, qu'est-ce que j'étais fatiguée. Ils ne pouvaient pas me mettre dans un lit, juste que je dorme ? Des jours, des semaines, des mois, c'était pareil, juste… Dormir. Mais ils en voulaient encore, évidemment, ce n'était pas eux qui avaient traversé toute la jungle, avaient dû supporter un William presque mort, ce n'était pas eux qui traînaient là-bas dehors. Naan, ils étaient tranquillement assis ici, à s'impatienter que les deux asticots n'arrivent pas, qu'ils soient en retard alors qu'il était juste ici à à ..! Je perdis le cours de mes pensées, et eus la vague idée d'essayer de voir celui qui m'avait soutenue, mais son visage m'échappa de nouveau, et il sortit sous l'ordre du… bref, sous les ordres ordonnés. Et je sursautai presque en voyant Victor sortir de l'ombre. Non, non je ne m'y attendais pas, et bordel il m'avait foutue une de ces frousses ! La main portée à la poitrine à cause de mon sursaut, je l'abaissai lentement pour la reposer sur le siège. Je finis par hocher vaguement la tête bien que je n'aie pas écouté ce qu'il avait dit (pas Victor, l'autre qui, bah qui était sorti il y a une seconde en fait) et je tournai mon regard vers l'homme de l'Institut. Comment pouvait-il se préoccuper en premier de ses foutus documents alors que William était entrain de mourir ?! Bien sûr que je les avais, sinon nous ne serions pas ici, je me serais sûrement faite tuer en essayant de les dérober, mais qu'il mette un peu ces bouts de papier de côté, c'était une vie ! C'était une vie qui allait partir s'il n'allait pas chercher son particulier guérisseur pour soigner ses blessures ! Pourquoi ne faisait-il rien ?! Ayant soudainement repris du poil de la bête, mon regard flamboya, et mes ongles entrèrent dans l'accoudoir de la chaise.

- Avec-vous un guérisseur dans ce camp militaire ? , demandai-je alors, insolente.  

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Ven 30 Déc - 19:36

        Voilà un jour et demi qu'ils auraient dû arriver. Je ne pouvais attendre une heure de plus, on avait besoin de moi ailleurs. Les affaires ne se font pas toute seule, et une erreur de jugement est vite arrivée. Je ne pouvais pas quitter éternellement l'Institut et j'avais d'importants rendez-vous dans les prochains jours. J'avais l'habitude de ces incessants voyages aux quatre coins du monde et aux quatre coins du temps, parfois. Je ne remontais pas si loin, il ne fallait surtout pas éveiller la méfiance des humains et causer la panique dans l'Histoire humaine était le meilleur moyen pour que mes ennemis me retrouvent. Il me fallait agir avec prudence et doigté, parfois en déléguant mais toujours dans un cadre bien fixé. On a toujours besoin d'allié dans ce genre d'affaire, et de personnes de confiance. Avec le temps j'ai appris à cerner les gens, ceux qui vous trahissent peuvent le faire pour différentes raisons : par lâcheté pour sauver leur vie, par appât du gain, par maladresse car ils se sont mal entourés... Le tout était de trouver avant eux ce qu'ils pouvaient faire, et de choisir entre tous certains profils que peu de choses pouvaient atteindre. Le couple du sujet numéro trente-trois et de Miss Young en faisait parti. Chacun n'avait que l'autre à perdre, en plus de sa propre vie. C'est pourquoi ensemble, beaucoup de choses leur serait possible. Et pourtant, ils ne revenaient pas. M'étais-je tromper sur leur compte ? Ce serait la première fois depuis longtemps. Je ne les voyais pas abandonner après s'être engagé, d'après moi ils avaient rencontré des ennuis en chemin. Étaient-ils morts ? Peut-être, je n'en savais rien. Si j'en ai la confirmation, alors cette entreprise aura été une grosse erreur pour les avoir ainsi amené à l’abattoir. J'aurais pu leur confier d'autres missions.
         J'étais en train de mettre ma veste lorsqu'une clameur s'éleva dans le camps. Serait-ce eux ? Enfin.
         Richard, mon allié de l'instant, entra rapidement pour me faire un résumé de la situation :

         "Ce sont eux, le garçon est à moitié mort. Je te les amène."

         Je hochai la tête et un instant plus tard, il était dehors. Je l'entendis donner des ordres, pour ma part je me remémorai où j'avais laissé Isaak, mon guérisseur. Il était en Europe, il me semble. Et Emily n'était pas ici pour me permettre de me déplacer rapidement, il allait falloir le faire avec des moyens humains. Je regrettai aussitôt de n'avoir pas pris la petite fille avec moi.
        Richard entra un instant plus tard avec un de ses soldats, qui avait passé le bras de Miss Young autour de ses épaules pour l'aider à marcher. Elle était dans un état déplorable, mais j'en avais vu d'autres.
        L'échange ne commençait pas bien. Elle était fatiguée, presque désespérée par l'état de son compagnon. Elle allait demander des comptes, et je n'étais pas en mesure de lui en fournir.

         "Non, il n'est pas ici," répondis-je avec un calme olympien, ennuyé par ce fait.

          Miss Young accusa le coup, et durant un instant, l'intense détresse qu'elle ressentait apparut sur son visage, avant qu'elle n'enchaîne, pleine d'espoir :

         "Vous allez ramener quelqu'un de l'Institut, pas vrai ?"

           Je ne bronchai pas, et répondis sans détour :

          "L'Institut est loin, et je crains que votre ami n'ait pas ce temps devant lui."

           Sa réaction fut violente, elle se leva brutalement et se mit à hurler :

            « ON EST PAS ALLER CHERCHER CES DOCUMENTS POUR QUE VOUS LE LAISSIEZ CREVER NON ?! VOUS NOUS, VOUS ME DEVEZ AU MOINS CA ! SANS MOI VOUS NE LES AURIEZ JAMAIS EN VOTRE POSSESSION !"

           Je la fixai sans sourciller. Voilà qui était surestimer son rôle dans l'affaire. Tout le monde est irremplaçable, sauf ceux qui maniait les pions, les premiers à dégringoler lorsque les choses se déroulaient mal. J'en savais quelque chose. En attendant, c'était elle, pour remercier l'Institut de l'aide fournie au patient numéro trente-trois qu'elle avait accepté cette mission.

         "Vous n'êtes pas indispensable, nous aurions trouver quelqu'un d'autre pour mener à bien votre mission. Comment croyez-vous que nous œuvrions avant votre arrivée ?"

               Sa réponse fusa aussitôt :

               "Je sais pas, je m'en contrefiche, tout ce que je sais c'est que NOUS avons été dans cette foutue jungle ! J'AI été dans ce camp de pillard pendant trois jours ! Et NOUS avons fait le retour ensemble malgré ses blessures, alors même si je ne suis pas indispensable, vous devriez nous être un minimum redevable !
               - Vous avez pris ce risque en tout connaissance de cause. Nous ne vous devons rien.
"

               Miss Young parut capituler, le visage défait. Elle sortit les documents de son tee-shirt et les dépose sur le bureau avant de se laisser tomber plus que de s'asseoir sur sa chaise. Je les empoignai, enlevai l'enveloppe étanche que je leur avais confié et qui avait apparemment été d'un grand secours, puis les rangeai dans ma veste.

                "Au revoir, Miss Young. Reposez-vous," dis-je avant de quitter la pièce.

Direction l'Europe.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Ven 30 Déc - 22:45

        "Jenkins ! Venez ici !"

        Et voilà, c'est encore pour ma pomme, pensa le jeune homme en levant les yeux au ciel avant de tourner les talons pour obéir aux ordres. Heureusement, la pénombre aurait caché son visage si le colonel l'avait regardé. 'Manquerait plus qu'il se fasse épingler pour insubordination, il aurait l'air bien. Il sentit le regard de ses amis sur lui et se demanda ce qu'il avait fait pour être encore rappeler. Il n'aimait pas être siffler comme un chien et quand le colonel avait quelqu'un en ligne de mire, c'était quelque chose. Il l'avait convoqué dès le premier jour pour lui dire qu'il n'aurait droit à aucune faveur, malgré le fait que le père de Kaï soit un ancien marine. Pour ce qu'il en avait à faire !.. Il aurait préféré que le paternel soit marchand de choux-fleurs, ça lui aurait évité tout ce cirque. Depuis le colonel s'appliquait à lui faire bien ressentir qu'il ne serait pas épargner. Lever à 4h30 ce matin pour un comptage de matériel, il ne savait pas quelle heure il était mais la nuit était tombée, il brûlait de retrouver un lit.

       "Mon colonel, le salua-t-il en règle.
        - Venez avec moi."

       Le colonel entra dans la tante du saint patron - c'est-à-dire la sienne - et Kaï le suivit. Sur une chaise dans un coin, la fille qui s'était effondrée tout à l'heure, et qu'il avait soutenu jusqu'à cette même chaise. Le moins qu'on puisse dire c'était qu'elle n'avait pas l'air d'avoir vraiment bougé. Kaï ne pouvait s'empêcher de se demander ce qu'elle fichait là en pleine jungle, avec un mec qui, s'il n'était pas mort, n'allait pas tarder à l'être. Blonde, elle était belle même avec toute la crasse et la fatigue mélangée. Elle était aussi jeune, très jeune. Qu'est-ce qui prenait le colonel d'embaucher des mômes et de les envoyer au milieu de nulle part ? Elle n'était certainement pas majeure, elle avait peut-être des parents...
        Et lui ne savait toujours pas ce qu'il était venu faire dans cette tente. La réponse lui fut vite fournie :

        "Vous vous occuperez de Miss Young durant son séjour ici. Elle logera dans le quartier des filles, assurez-vous qu'elle ne manque de rien. Si elle ne respecte pas les règles du camp, c'est vous qui passez à la casserole. C'est clair ?
         - Oui, mon colonel.
"

         Bon sang, encore une tâche ingrate qui allait demander du temps. Il ne savait pas si la fille était mal lunée, mais il espéra qu'elle n'avait pas trop mauvais caractère, sinon il était mal.

         "Durant ce temps vous serez d'entraînement le matin avec les lieutenants. Vous avez intérêt à vous bougez les fesses. Quant à vous, dit-il à la fille, ne faites rien, disons, d'exceptionnel, qui pourrait nuire à l'ordre général du camp. C'est dans votre intérêt que personne ne sache que vous êtes ici."

           Alors là, le jeune homme ne suivait plus. C'était quoi son délire de choses exceptionnelles ?.. Il n'eut pas le temps d'y réfléchir. Le colonel farfouilla dans ses papiers et regarda les deux jeunes gens :

           "Vous êtes encore là ? Dégagez-moi le passage !"

           Kaï s'approcha de la fille et ouvrit la bouche pour proposer son aide mais avant qu'il ait pu dire quoi que ce soit elle se leva d'elle-même et se dirigea vers la sortie. Il la suivit.

            "Les douches sont par là, indiqua-t-il d'un signe de menton. Je vais essayer de te trouver des vêtements."

           Il allait demander à Martha, la femme de quarante balais qui était là depuis Dieu sait quand. Elle râlait toujours mais savait où étaient les choses.

            "A moins que tu ais autre chose à faire ?.." demanda-t-il sans trop savoir à quoi s'attendre.
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