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 Perdus dans la jungle

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Mer 8 Fév - 21:38

William s'écroula sur le premier banc accompagné d'une table qui fut à sa disposition. Je m'assis à côté de lui. Kaï s'était déjà relevé, et nous informa qu'il allait chercher de quoi manger, j'allais aller l'aider à transporter la nourriture avant de me dire qu'en fait, c'était le bon moment pour être avec William, rien qu'avec lui. Alors je me rassis sagement, en assignant un hochement de tête à Kaï, qui partit dans son coin chercher ce que nous allions manger. Je pus me rapprocher de William, qui paraissait un peu ailleurs, dans un autre monde, perdu dans ses pensées. Mais c'était mieux ça, qu'il soit un peu ailleurs, plutôt que de le voir allongé dans le lit d'hôpital, branché à une foule de câbles, les derniers fils le reliant au monde. Je posai mon coude sur la table, et y mis mon visage, légèrement de côté, afin de le regarder, sans me dérober. J'observais les marques de fatigue qui cernaient ses yeux, les cicatrices qui parcouraient de-ci de-là son visage et qui racontaient sa vie, une à une. Chaque cicatrice était une histoire, à sa manière, son propre événement, un moment décisif, une marque du passé. J'avais envie de l'embrasser, comme ça, devant tous ceux qui nous regardaient en espérant que nous ne les remarquions pas. Ils étaient naïfs, bien naïfs ! Mais je ne le fis pas, je n'étais pas certaine qu'il réagisse, qu'il soit d'accord, ou que cela occupe ses pensées pour l'instant. Non, il avait plutôt l'air d'en avoir… strictement rien à foutre, que je lui parle ou non, j'étais presque certaine qu'il ne m'écouterait qu'à moitié, vue comme il était obnubilé par cet environnement. C'était en fait la première fois depuis que Victor et Victoria l'avaient sauvé qu'il sortait réellement de sa chambre et s'aventurait un peu plus long dans le monde dans lequel je vivais depuis maintenant presque une semaine. Je m'y habituais, lentement (bien que les premiers jours aient été horribles et angoissant) et puis finalement, lentement, je pris mes habitudes, avec Kaï, qui s'est avéré être un compagnon tout à fait agréable, poli et aimable. Ouais, je l'aimais bien ce petit Kaï, même si il y avait encore de nombreuses choses qui lui échappaient toujours. William énonça quelque chose dans le vide, d'un air distrait. Me parlait-il ou bien était-ce une simple question posée à lui-même ..? Je jetai un vague regard autour de nous, en reconnaissant presque des visages (à force quand même, ce serait malheureux).

- En plein milieu de la jungle, les arrivées extérieures ne doivent pas être très fréquentes, fis-je en haussant les épaules, le sous-entendu répondant à sa question. 

Je finis par grimacer furtivement à sa seconde question. Pourquoi fallait-il qu'il mette le doigt là où il ne fallait pas ? Évidemment il avait immédiatement compris que quelque chose clochait avec Kaï mais bon Dieu ! Je n'avais pas fait exprès, c'était un accident, un accident stupide qui n'aurait jamais dû se produire, mais un accident tout de même. Ça avait fuité parce que j'étais faible, épuisée, désespérée. Jamais en d'autres circonstances cela ne se serait arrivé. Jamais je n'aurais montré à un humain mon don, et jamais j'aurais mis vie entre ses mains. Pourtant, c'était ce qui était arrivé, malencontreusement, et quelque chose avait mis William sur la piste. Quoi ? Aucune idée. Rien n'avait paru bizarre, du moins pas pour moi, j'étais en même temps aussi perplexe que perturbée, mais aussi sur le cul, complètement. Bon, une réponse à lui fournir. Je n'allais pas tout lui raconter, si ..? Ce serait la chose la plus... "normale" à faire. Mais... Je craignais autant sa réaction que celle de Vladimir ou de Victor s'ils étaient mis au courant par un quelconque autre hasard. Quelle malchance. J'avais la poisse, comme toujours. Je pris une grande, mais discrète inspiration, et voulus prendre un ton innocent, comme si ce n'était pas si grave que ça. Même s'il ne risquait pas du tout de le voir du même oeil.

- J'ai dû lui expliquer à cause d'un léger incident.  

D'accord, rien que dire ceci était extrêmement bizarre. ça ne sonnait pas correctement, pas correctement du tout, il aurait mieux fallu que je me taise au final. Je détournai les yeux en fronçant les sourcils pour cacher le mieux possible mes sentiments, en remettant ma main sous la table. Je devais développer ? Je n'en avais pas franchement franchement envie. Raconter une nouvelle connerie de ma part à William, ce n'était pas ce que j'avais imaginé comme retrouvailles. Donc quoi faire hein ?

- Je n'étais pas bien William, pas bien du tout, je n'y peux rien, j'ai pas fait exprès..., dis-je finalement, à voix basse, la culpabilité se reflétant dans mes yeux, avec la mine coupable d'un enfant se faisant gronder par son père.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Mer 8 Fév - 22:36

William arqua un sourcil quand elle évoqua un "léger incident" ? Il devait comprendre quoi, là, qu'il s'était passé quelque chose entre eux ? Si non, alors elle se débrouillait comme un manche pour lui expliquer ce qui c'était passé parce que c'était la première chose à laquelle il pensait quand elle lui disait qu'il y avait eu un "léger incident" qui l'avait conduite à révéler des choses à un jeune militaire jusque alors inconnu au bataillon. Si le but était d'attirer l'attention de William, objectif atteint, il dévisageait Anaïs qui elle, au contraire, fuyait son regard, et la colère montait en William. Si elle se sentait aussi coupable, c'était qu'il avait vu juste. Il était censé être déçu, meurtri ? Alors il n'était pas normal parce qu'il ressentait surtout une rage profonde à l'encontre de Kaï - heureusement d'ailleurs qu'il n'était pas là. Elle n'avait pas voulu le lui dire au début pour le ménager ? Elle pensait vraiment qu'il ne verrait rien ? Calme-toi William, elle n'aurait jamais pu te regarder en face, ni même penser à te faire ça tu la connais mieux que ça, laisse-là parler avant de t'énerver. Oui mais l'imaginer être touché par un autre... ça lui donnait envie de vomir. Il allait lui casser la tête, à ce Kaï. Jusqu'ici il avait hésiter, mais ce n'était plus le cas du tout.
Sa colère s'évanouit comme neige au soleil lorsqu'elle baissa les yeux et remis ses paumes sous la table. D'accord... Il s'était vraiment passé quelque chose de grave, et William en oublia ses propres sentiments. Elle expliqua brièvement qu'elle avait craqué, tout simplement, qu'il y avait eu un moment où elle n'avait pas supporté la situation. Il y avait tant de désarroi dans son regard. C'était tellement humain, il connaissait si bien la sensation d'avoir commis une erreur irréparable parce qu'il avait été maintes fois à sa place que l'idée de lui en vouloir ne lui effleura même pas l'esprit. William avait bien imaginé ce qui c'était passé sans lui, mais ce n'était que maintenant qu'il était au cœur de la vie du camps qu'il se rendait vraiment compte de la pression qu'elle avait dû subir.
William lui sourit et se dit qu'elle avait bien fait de se placer aussi proche de lui. Il lui prit le menton pour l'inviter à le regarder.

"C'est pas grave, t'inquiète pas pour ça. Et puis maintenant, je suis là. Tu n'es plus seule."

Tu peux compter sur moi.
Et pour bien marquer le coup, et aussi signifier à ceux qui la mataient du coin de l’œil qu'elle était prise, il l'embrassa.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Jeu 9 Fév - 22:28

Un peu surprise au début, je le regardais dans les yeux, et sentis alors ses lèvres contre les miennes. Ma main droit s'était posée sur son cou, et je sentis l'étrange impression dans mon ventre qui me coupait la respiration et m'enserrait la gorge. Ne prenant pas garde aux regards des autres militaires, je ne me gênai pas pas approfondir le baiser comme je le désirais, comme je le désirais depuis déjà un bon moment. Je goûtais ses lèvres, je me rassurais à son contact, profitais de sa chaleur, respirais son odeur, le sentais à côté de moi et je me sentais soulagée. Que j'avais attendu ce moment ! Comme je l'avais espéré pendant des heures, dans le noir du dortoir, à essayer vainement de refouler mes fantômes, dans la pesante solitude du camp. Quand la solitude de l'instant me pesait autant que si tout l'océan m'écrasait avec son immense pression. Et plus le temps passait, plus l'écrasement incommensurable s'apaisait, s'éloignait, et me laissait en paix. Je n'avais plus envie de m'arrêter, pas plus que de m'éloigner ou de le lâcher, même si je savais que nous allions manquer d'oxygène. Et pourtant pourtant pourtant ..! Mes doigts caressaient sa peau dans son cou, au début de ses cheveux. Je finis par repasser par quelque chose de plus doux, en effleurant sa bouche, pour nous laisser respirer, même si je ne m'éloignais pas de lui. Ses paroles et lui là… j'avais l'impression que toute cette peur qui m'enfermait le coeur se mit soudainement à fondre, et à me libérer du poids, au point que j'avais l'impression de mourir à petit feu, de me vider de tout ce que j'avais porté durant des jours et des jours. De brûler tout mon mal-être pour renaître de mes cendres. Je nous arrêtai quelques secondes pour murmurer :

- Tout ce que j'aimerais te faire en cet instant William...  

Je me mordis la lèvre, fermai les yeux, et l'embrassai une nouvelle fois. Puis je grimaçai, parce que rien de ce que je voulais faire n'était possible. Sous-entendu : si nous avions une chambre pour nous tous seuls, au calme, coupés du monde, je n'étais pas du tout contre me dénuder devant lui, pour aller dans le lit, et passer une nouvelle nuit haute en couleur. Mais il n'était pas en état, toujours pas, et il n'y avait aucun endroit avec de l'intimité ici. C'était une caserne militaire, pas la forêt de William que nous avions rien que pour nous. Je mis un certain temps avant de pouvoir me remettre correctement, bien que l'envie de l'embrasser (et de lui faire l'amour) ne s'étaient pas estompées d'un poil, et qu'elles ne s'estomperaient pas avant un bon moment. Je pris de profondes inspirations, juste à côté de lui, les dents serrées, mon épaule contre la sienne, ma main s'étant abaissée jusqu'à la sienne pour la prendre.
Et alors je changeai de sujet, pour éviter que nous nous attardions trop longtemps sur ce sujet, et que cela devienne pénible pour moi, de ne pouvoir avoir cette intimité requise. Je serrai sa main.

- J'ai préféré dire que tu étais humain, si un jour quelqu'un est mis au courant, tu es protégé toi au moins, l'informai-je à voix basse, pour que les oreilles indiscrètes ne puissent rien entendre, les yeux fixés sur la table grise devant moi.

C'est le principal, tu es toujours en sécurité, tu es encore blessé et je le vois, tu ne serais pas en mesure de régler un problème de ce genre.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Dim 12 Fév - 0:00

        Elle lui rendit son baiser avec tant de fougue que des sifflets retentirent sous la tente, et une fois qu'ils se furent séparés par manque d'air, remis le couvert juste après. William était heureux. Elle manifestait par cela combien il lui avait manqué, et elle n'avait pas froid aux yeux d'en faire la démonstration devant tout le monde. Quelqu'un lança même un "trouvez-vous une chambre !" qui fit rire les témoins qui finirent par finalement retourner à leurs discussions quand il n'y eut plus rien à voir. Heureusement, parce que s'il était très content de la façon dont les choses avaient tourné (ils avaient bien signifié à tous qu'ils étaient ensemble), William n'aimait pas être le centre de l'attention. Dans le même temps, il garda les yeux fixés sur Anaïs qui avaient les yeux brillants et lui chuchota des mots pleins de promesses qui le firent sourire de plus belle. Elle avait l'air tellement joyeuse, heureuse d'être là avec lui, même s'ils étaient dans un lieu qui n'était pas chez eux, même si elle avait vu des horreurs et supporté sa mort à venir, elle était encore heureuse avec lui. Il en oubliait la faiblesse de son corps, les cauchemars qui ressurgissaient la nuit, le monde qui les entourait et qui était, chacun d'entre eux, un potentiel adversaire. Et il voulait beaucoup d'autres nuits avec elle.

          "J'ai hâte d'y être," sourit-il avec un clin d’œil.

          William fronça les sourcils en entendant ce qu'elle avait dit au militaire. Lui, protégé ? Et elle, alors ?.. Kaï arriva peu après et posa le plateau devant eux en regardant autour d'eux.

          "Hé bah vous tardez pas à vous faire remarquer vous."

         Si seulement il savait, songea William qui regrettait surtout qu'il soit revenu trop tôt. Néanmoins, une ouverture se profila quand il se retourna pour poser le deuxième plateau.

          "Il risque de parler ?" glissa William à l'oreille d'Anaïs en profitant de l'opportunité.

         "Il peut te mettre en danger ?" était la question qui en découlait et Anaïs savait bien ce que William était capable de faire quand il s'agissait de sa sécurité.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Dim 12 Fév - 23:55

Il me fit sourire, avec sa remarque et son petit clin d'œil qui laissaient entrevoir plusieurs chose. Je me passai une main sur le visage pour cacher mon grand sourire amusé puis Kaï revint. Je devais lui dire que, franchement, nous avions déjà fait plus bruit pour se faire remarquer ? Qu'importe où nous passions en même temps, nous étions remarqués, donc bon. Et s'embrasser était de loin la façon la plus discrète que nous ayons faite. William aurait pu s'engueuler avec quelqu'un, et je serais intervenue en catastrophe, il aurait pu se passer un accident entre lui et la proximité. Oh, non, franchement ce n'était vraiment rien du tout. Je secouai légèrement la tête un petit sourire sur les lèvres que William comprendrait très bien, et Kaï... un peu moins. Mais bon, je n'allais pas tout lui dévoiler non plus, là je me ferai lyncher par Vladimir et tout l'Institut. Dooooonc j'allais me taire. Ouais, ce serait mieux pour nous. Le militaire en question déposa le premier plateau et partit chercher le second. William en profita pour me glisser une question à l'oreille, question tout à fait risquée. Je secouai prestement la tête pour signifier que non, normalement Kaï ne dirait rien. Et il valait mieux que je dise cela pour la sécurité du jeune militaire, qui avait déjà eu un avant goût des capacités de William en terme de violence. Kaï était gentil, il s'était occupé de moi, et m'avait aidée en me réconfortant quand William allait mal et que j'étais au plus bas, je ne voulais pas qu'il se mette à me fuir, non, je ne voulais pas non plus qu'il soit blessé pour une quelconque raison, et encore moins que ce soit la faute de William. Je fronçai les sourcils, et tournai les yeux vers ledit jeune homme pour le convaincre (ou plutôt le mettre en garde s'il essayait tout de même de s'occuper de la chose, pour lui dire qu'il aurait une Anaïs en colère sur les bras). Le message devait être passé quand Kaï revint, muni du second plateau de nourriture qu'il déposa face à nous. C'était aussi la première fois que William venait manger dans la tente commune avec moi. La dernière fois que nous avions mangé ensemble c'était... un très mauvais souvenir, ouais, en fait je ne préférais pas y penser. Mon regard s'assombrit, comme souvent en ce moment, et je finis par remercier Kaï d'un maigre sourire, mais au moins sincère. Je pris une de trois assiettes et la mis devant William, puis saisis la mienne en faisant de même.

- C'est mieux que les trucs tout préparés qu'on mangeait non ? demandai-je à l'intention de William.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Mar 21 Fév - 0:47

          Le jeune homme esquissa un sourire à la mention des repas déshydratés auxquels ils avaient eu droit - même si les derniers n'étaient qu'un très vague souvenir.

        "T'as pas tort. Mais ça reste des rations militaires."

       Non pas qu'il s'en plaignait, il s'en fichait un peu, à vrai dire. D'ici à ce qu'il retrouve l'appétit, une éternité semblait avoir le temps de s'installer, alors bon... William remercia Anaïs avant de se mettre à manger - lentement. Si Anaïs croyait pouvoir gérer le problème Kaï, il fallait la laisser faire. ça, c'était ce que disait la conscience de William, parfaitement posée. Maintenant, il allait falloir parlementer avec ses émotions le reste du temps pour qu'il reste tranquille et n'attente pas à la vie du jeune militaire pour un oui ou pour un non. Le fait qu'il soit en rémission allait aider, bien sûr. S'il se mettait à dormir sur son assiette il ne serait pas une grande menace pour Kaï. Bien que le bruit ambiant et la conscience des autres personnes présentes sous cette tente lui donnaient un coup de fouet quand il se sentait trop à la ramasse, ça aidait bien même si ce n'était pas vraiment agréable. Lentement la tente se vidait de ses visiteurs tandis que ceux-ci vaquaient à leurs occupations et ils furent bientôt seuls sous la tente. Quand William repoussa son assiette, Kaï, qui semblait vouloir fuir ce silence un peu pesant, s'empressa de la remettre sur le plateau et d'acheminer le tout pour desservir. Anaïs se leva aussi, et William tenta de faire de même mais s'accrocha à la table sans pouvoir faire grand chose d'utile. Kaï croisa le regard d'Anaïs quand tout fut fini.

          "Vous me rejoignez dehors."

          William le regarda sortir et reporta son attention sur Anaïs après être resté silencieux.

           "Va avec lui, soupira-t-il en admettant la défaite. J'vais retourner dans ma chambre par le moyen le plus rapide."

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Mar 21 Fév - 13:19

Je fronçai les sourcils en regardant William. Il voulait partir ? Déjà ? Mais j'avais l'impression que nous nous étions parlés à peine trente secondes et... j'avais envie d'être avec lui moi, de passer du temps et... En plus il avait fait le déplacement pour moi, alors que je ne m'y attendais pas et qu'il aurait dû rester dans sa chambre au lieu de se fatiguer comme ça. Je regardai là où était sorti Kaï et me mordis la lèvre. Comment je faisais moi, hein ? William paraissait triste, et même si je ne le montrais toujours pas je l'étais aussi. Comme souvent en ce moment. Comment trop souvent en fait. Mais comme toujours je ne le montrais pas. Je l'aurais bien accompagné, pour être avec lui plus longtemps quand même, mais il parlait du "moyen le plus rapide" cela signifiait une téléportation. J'aurais pu, bien sûr, lui demander de m'amener avec lui quand même, ça n'aurait posé aucun problème. Sauf que si je faisais ça, j'allais sortir d'un autre bâtiment, et Kaï allait être perdu. J'aurais droit à des questions, encore, auxquelles je ne pouvais pas répondre. Donc je ne pouvais même pas l'accompagner jusqu'à sa chambre... Je me mordis la lèvre en peu plus fortement et soupirai discrètement. Et je faisais quoi moi, hein ? Je ne pouvais pas laisser William, et pourtant c'était lui qui me disait d'y aller. Il ne pouvait pas rester avec moi ? Ah oui non, je me rappelais encore de ses difficultés à se relever de la table. Il n'arriverait pas à faire plus d'effort. Durant un quart de seconde j'en voulus à Victoria. Franchement elle aurait pu le soigner complètement non ? Même maintenant, là ce matin, elle ne pouvait pas ? Il suffisait de dormir après ce n'était pas bien compliqué !
Déçue, je ne savais pas quoi choisir. Soit je choisissais William, soit je choisissais Kaï, mais le premier jeune homme n'avait pas l'air d'avoir envie de rester plus longtemps avec moi... Il ne savait pas à quel point ce choix, pourtant normalement d'une simplicité enfantine, pouvait me détruire en cet instant. J'avais envie de tout arrêter, de ne plus rien avoir à choisir, de retourner dans mon lit et de ne plus en sortir. Exactement. Bon, un choix un choix. Je pris sa main intacte dans la mienne. S'il voulait retourner dans sa chambre, je n'allais pas le forcer à rester, il s'épuiserait encore plus inutilement, et se ferait mal. Je ne voulais pas que cela arrive, pas à cause de moi.

- Hum... D'accord... Fais attention à toi d'accord ? Je viendrai te voir tout à l'heure, promis-je en l'embrassant sur les lèvres.  

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Mar 21 Fév - 19:19

William entrevit un instant le dilemme qui s'offrait à Anaïs. Il ne lui demandait pas de choisir entre Kaï et lui non plus ! Il était surtout une loque depuis leur retour et il ne voulait pas qu'Anaïs perde son temps à être à son chevet, tout ça pour le voir aussi démuni. Elle en avait déjà assez bavé pour ça. Lorsque la jeune fille lui fit part de sa décision, William hocha la tête, soulagé qu'elle ne lui demande pas de les téléporter tous les deux dans sa chambre parce qu'il ne pensait pas en être capable. Il aurait dû justifier son refus en disant la vérité et ça n'aurait pas plu à Anaïs qu'il tente des déplacements sans savoir s'il en était capable avant de la faire. Dans ce cas précis, c'était juste qu'il sentait ses jambes à deux doigts de céder sous lui alors qu'il était appuyé contre la table - Anaïs l'avait surpris en lui prenant la main, il ne l'avait pas vu venir celle-ci. Il n'allait pas refaire tout le chemin, ce n'était pas possible, donc... Il la regarda sortir de la tente, regrettant déjà son absence, et resta un instant à fixer la porte de toile rabbatue avant que son expression ne se change en une grimace de douleur. Il se rassit. Il devait regagner sa chambre et prendre les médocs qu'il avait sciemment laissés sur la table de chevet parce que sinon il n'aurait pas été capable de sortir de son lit. Comme ça, ol n'aurait plus mal. C'était pas compliqué... Après avoir vérifié que personne n'était en vue, William se téléporta.
Il atterrit un peu près où il l'avait prévu, c'est-à-dire dans sa chambre près de la porte de la salle de bains qu'il avait à sa disposition - privilège des bêtes de foire miraculeusement ressuscitées qui suscitent trop de curiosité. Et heureusement qu'il n'était pas loin parce qu'il fut pris de nausées en arrivant et vomit le peu qu'il venait de manger dans la cuvette. Les hauts-le-cœur mirent un certain temps à se calmer, et le laissèrent épuisé. À faire le con, c'était maintenant qu'il le payait. Assis dans la salle de bains, William tira la chasse d'eau et se mit à rire doucement - rire qui se transforma en gémissement - c'était toujours la même chose quand il déconnait il avait le mal des transports en utilisant son don, si c'était pas ironique, ça !.. C'était comme confier le don de vol à quelqu'un qui avait le vertige, c'était parfaitement stupide. Et risible. Trève de plaisanterie. Il fallait aller jusqu'au lit. William mit plusieurs minutes à rassembler le peu de forces qui lui restait -il avait tout grillé entre la salle de tir et la tente cantine et se leva. Appuyé sur le lavabo, il se rinça rapidement la bouche, sans lever les yeux vers le reflet qu'il renvoyait : celui d'un mec pas du tout dans son assiette. Il se sentait encore nauséeux, sur le point de tomber dans les pommes. Et, justement, il n'avait pas fait trois pas vers le lit que des points noirs dansèrent devant ses yeux. Il perdit connaissance, s'effondra et heurta au passage le coin d'une table où l'on avait déposé son repas il y a peu.
Lorsqu'il émergea, il planait. La morphine qui circulait dans son sang le rendait complètement amorphe, comateux. Il fit tout de même l'ultime effort d'ouvrir les yeux et constata la présence de Birn au-dessus de lui... Ainsi que celle de l'aiguille qu'elle avait dans la main. William fronça les sourcils pour tenter de comprendre ce qu'elle lui dit quand elle vit qu'il était conscient.

"Hé ben, pas trop tôt ! Vous nous avez fait une belle peur, je vous ai trouvé par terre inconscient avec une plaie à la tête, j'ai cru que vous aviez fait un arrêt cardiaque ! Mais c'était avant de voir ça !"

Elle coupa le fil, fit un nœud et plongea la main dans sa poche pour en tirer la boîte de pilules qu'il était censé avoir pris.

"Pourquoi ne les avez-vous pas prises ?" demanda-t-elle d'un air menaçant.

William força ses lèvres à remuer, complètement shooté.

"J'avais envie... D'aller prendre... L'air."

Birn sortit une espèce de petit morceau de scotch pour l'ajouter à son œuvre (que William ne pouvait pas voir parce qu'elle se situait sur sa tête, mais il lui semblait que un centimètre à peine s'étendait sur son front et le reste dans son cuir chevelu, elle ne devait pas être bien profonde) et le jeune homme sentit la tempête arriver à grands pas.

"Vous êtes inconscient ! Vous auriez pu vous casser quelque chose en tombant,
et je vous assure que si vous quittez ce lit avant demain matin, je vous attache !
"

Il la croyait tout à fait capable de mettre sa menace à exécution. De toute façon avec ce qu'elle lui avait administré il était incapable de bouger le petit doigt.

"J'ai fini, dit-elle en posant finalement ses outils. Qu'avez-vous fait dehors ?
- ... Mangé,
" marmonna-t-il, complètement dans le potage.

Heureusement que le tir ne lui était pas venu à l'esprit. Birn leva les yeux au ciel, puis pencha légèrement la tête sur le côté et parut réfléchir une poignée de secondes.

"Tant que la morphine fait effet... C'est quoi, toutes ces cicatrices ? Vous avez été battu ? Torturé ? Vous avez grandi dans une zone de guerre ? Y'en a-t-il d'autres comme vous ?"

Elle se plaça pour être bien dans son champ de vision.

"William... Où avez vous eu ces cicatrices ?"

William lutta quelques secondes encore pour former les bonnes lettres, mais il s'endormait. :

"...Ici... Et... Là..."

Et ce fut le noir.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Mar 21 Fév - 22:28

          Victoria venait de se réveiller, comme d'habitude à l'aube. Même dans la boucle de Miss Tit (en vérité c'était plus celle de Miss Barn Ownl qui s'impliquait de toutes les manières possibles dans les activités de ses protégés) elle était levée aux aurores pour vaquer à ses occupations de la journée. Il s'avérait qu'outre son caractère plutôt entêté (voire insupportable) elle possédait un don en logistique (pas étonnant, elle adorait tout contrôler, ce n'était plus perfectionniste, c'était maniaque) qui lui rendait service dans diverses activités. Elle organisait l'emploi du temps des enfants, étudiait parfois, voyait ce qu'elle pouvait faire en cuisine... Il y avait quantité de choses à faire dans une maison de cette taille. Dans la boucle de Louis aussi, il y avait des choses à faire... ça ne l'a pas empêchée de tomber. Victoria avait baptisé la boucle où le jeune homme avait perdu la vie en son nom, sans trop s'en rendre compte, à force de rejouer la scène encore et encore. Ce qui la perturbait, c'était qu'elle n'avait rien pu faire du tout. Elle était vraiment nulle comme guérisseuse, elle n'avait pas pu sauver Louis. Victoria se secoua. C'était le matin, inutile de se lever du mauvais pied pour la même histoire qu'hier, avant-hier... Il était même inutile d'y penser. La jeune fille se redressa et alluma la lampe à l'instant où la porte s'ouvrit pour laisser passer une militaires plus haut gradées qui hurla comme tous les matins :

           "DEBOUT ! PETIT DÉJEUNER DANS DIX MINUTES !"

          Et toutes les filles sautaient de leurs lits, s'habillaient en vitesse et sortaient, en discutant entre elles. En un rien de temps, Victoria fut seule avec Anaïs, qu'elle entendit se redresser à côté d'elle. Elles étaient vraiment des aliens, particulières parachutées dans l'armée humaine. S'ils savaient... Victoria descendit de son lit et en fit soigneusement les draps, avant de faire un rituel qui durait depuis trois jours - depuis qu'elle s'était évanouie, en fait, à chaque fois qu'elle y pensait. Elle joignit les mains en entremellant ses doigts et ferma les yeux, un peu comme pour énoncer une prière. En réalité, elle se concentrait surtout pour retrpuver une trace de son don, rien qu'une infime preuve que le fluide était toujours là. Quand elle usait trop de son don et qu'elle s'épuisait à l'utiliser trop longtemps, avec trop d'intensité ou de précision, il s'arrêtait tout simplement. C'était comme si elle devenait une humaine, le temps que son pouvoir lui revienne, ou alors comme si elle n'avait jamais découvert sa particularité. La première fois que cela lui était arrivé, elle avait été terrorisée à l'idée que son don ne revienne pas. C'était juste après l'attaque de la boucle, il y a une douzaine de jours. Et à peine était-il revenu que Victor de l'Institut, ami des ombrunes, quelqu'un dont elle n'avait jamais entendu parler, débarquait pour lui demander de sauver des connaissances de la boucle : Anaïs et William. Elle était venue du haut de son peu d'expérience et grâce à Victor qui était apparemment chirurgien elle avait réussi à sauver William. Mais elle n'avait pas eu le temps de finir que son don avait dit stop littéralement. Et ça faisait plusieurs jours que ça durait, elle préférait ne pas les compter - que se passerait-il si sa particularité ne revenait pas ? Certes, elle avait lu et appris que chaque particulier était unique et avec lui sa façon de réagir mais... Victoria voulait qu'elle revienne ! Alors qu'au début elle l'avait en horreur, elle s'était habituée à son fluide, comme elle l'appelait, qui faisait désormais parti intégrante d'elle. Elle était perdue sans cette sensation familière, cette sorte de chaleur au bout de ses doigts qui lui disait que partout où elle irait, il serait avec elle.
        Hors, après moins d'une minute, cette sensation divine se manifesta. Victoria était aux anges. Elle se tourna vers Anaîs, souriante.

       "Mon don est revenu ! Je vais pouvoir finir de soigner William !"

      Et, par pitié, faîtes qu'il ne s'en aille pas de nouveau.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Mar 21 Fév - 22:53

          Je l'aurais parié. Nous étions resté trop longtemps au même endroit, ils nous avaient retrouvé. J'avais certes songé à la possibilité d'une rencontre imprévue dans la jungle lors de la mission, mais je n'aurais jamais deviné qu'ils mettent dans un état pareil le patient numéro trente-trois. Sans compter que Miss Young avait dû le traîner à travers la forêt pour parvenir jusqu'ici... Ils avaient accomplis quelques chose que peu de gens auraient cru possible, moi y compris. Peut-être que je me faisais vieux, à trop juger les émotions humaines, à me fier en permanence aux statistiques. Il fallait dire que la plupart du temps, elles collaient à la situation. Mais cette quête qui s'était transformée en calvaire était une exception à la règle, et ajoutait au sentiment que j'avais bien fait de les choisir tous les deux. Pour une première mission, ils en avaient sacrément bavé... Et la situation allait empirée si nous restions plus longtemps dans ce camps.
          Je montai les escaliers quatre à quatre et fit irruption dans le dortoir des demoiselles. Miss Dyron et Miss Young étaient toutes les deux présentes. Je ne perdis pas de temps :
         "On s'en va maintenant. Il y a un creux dans le camps. On vient de me signaler que la porte arrière a été ouverte "par une force invisible énorme". Il nous cherche, il faut espérer qu'il n'y en a qu'un. Par chance tout le monde mange en ce moment de l'autre côté du bâtiment 2. Il nous reste William à récupérer, et il est fort probable qu'il aille là-bas en premier."
          Parce que l'infirmerie est au rez-de-chaussée pour faciliter le transport du matériel entre l'infirmerie-bâtiment et l'infirmerie-tente qui sert surtout en cas d'urgence extrême ou en cas de pénurie de place, mais inutile de le préciser. j'en avais déjà trop dit. Je sortis dans le couloir et les deux filles me rejoignirent deux minutes plus tard, habillées à la hâte mais habillées. Je ne pris pas le temps de les attendre et me précipitai vers l'escalier.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Mer 22 Fév - 10:34

         Kaï montait tranquillement l'escalier qui menait au dortoir des filles pour aller chercher Anaïs et Victoria, qui se joignait la plupart du temps à eux, n'ayant rien de mieux à faire. Les deux blondes n'avaient pas le même caractère ni la même attitude. Alors que Victoria affichait clairement son charme, portant avec une élégance distinguée n'importe quel vêtement, même les nippes militaires trouvés au fonds d'un placard, Anaïs était tout en naturel, elle ne parlait pas beaucoup mais affrontait les regards curieux avec courage même si en son for intérieur Kaï aurait parier qu'elle n'en menait pas large. Le jeune militaire avait eu un mal fou à trouver assez de fringues pour que les filles puissent s'habiller un peu près normalement chaque jour, c'était pas dans les habitudes de l'armée d'habiller des adolescentes de seize ans.
       Il réfléchissait au programme de la journée quand Victor, Anaïs et Victoria passèrent devant lui en sens inverse, descendant à toute allure au risque de se rompre le cou. Kaï ouvrit la bouche puis leur cria :

         "Hé ! Vous faites quoi ? Vous allez où ?"

        Kaï se trouvait bien bête, il n'avait plus rien à faire ici ! Il resta encore une seconde immobile et puis se lança à leur poursuite.

        "Attendez-moi !"

        Heureusement que le sport était indissociable de sa formation, sinon il ne les aurait jamais rattrapé. Il comprit qu'ils se dirigeaient vers l'infirmerie, et connaissant Anaïs, certainement vers la chambre de William. Il se passait quoi, il était de nouveau mal ? Dans le couloir, il y avait un mec au sol. Le blond chirurgien s'accroupit près de lui.

        "C'est Fred, je l'avais envoyé pour évacuer William. Il respire."

        Il leva les yeux vers Victoria, qui devina apparemment ce qu'il attendait de lui :

        "Ah non non non ! Il se passe pas un jour sans que j'aie à rafistoler quelqu'un !"

       Elle passa néanmoins sa main au-dessus de lui, l'air concentré. Kaï la regarda faire, dubitatif. Euh, elle faisait quoi, du magnétisme ? Victor s'était déjà redressé et rattrapa Anaïs qui elle ne s'était pas arrêté. Un grand fracas parvenait du fond du couloir. Kaï les suivit, et derrière eux ils entendirent la voix de Victoria retentir :

       "Je vous préviens, si vous mourrez, je vous tue !"
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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Mer 22 Fév - 10:36

William avait la bouche pâteuse et l'esprit ailleurs quand Birn le secoua super tôt le lendemain matin. Il comprit en regardant le réveil sur la table de chevet - réveil qu'on lui avait mis là pour qu'il ait un minimum conscience du temps qui s'écoulait puisqu'il ne sortait pas de sa chambre - qu'il avait dormi d'une traite depuis la veille en début d'après-midi, quand Birn lui avait recousu la tête. Au moins, elle avait tenu sa promesse en ce qui concernait son immobilité forcée. Il n'avait pas eu le choix, il n'était allé nulle part, cette fois-ci. William, l'esprit encore embrumé de sommeil, se demanda si Anaïs était passée le voir. Si oui, elle n'avait pas dû rester longtemps à le regarder dormir, c'était ennuyeux à mourir. À propos d'ennuyeux... Birn avait apparemment la ferme intention de le faire chier dès le matin. Après s'être assurée qu'il ne se rendormirait pas, elle sortit en disant :

"Examens de contrôle ! Vous passerez dans la pièce d'à-côté pour une prise de sang à jeun."

William marmonna un semblant de réponse et finit par se motiver pour sortir après avoir bu de l'eau - ça il avait le droit, tout de même, non ? En passant dans le couloir, il entendit un vacarme pas possible et vit au bout du couloir un mec vert de peur courir vers lui, sans personne à ses trousses. Il avait l'air passablement ridicule, mais... William reconnut vaguement en lui un des types qui accompagnait Victor à son arrivée... Firmin, un truc comme ça ? William était soudainement parfaitement alerte. Un particulier poursuivi par une chose invisible, ça lui rappelait étrangement les contes qu'on racontait aux enfants pas sages dans la boucle de Miss Tit.
William se faufila dans la pièce où il devait retrouver Birn, qui était déjà là. Merde, Birn ! Il faisait quoi d'une humaine qui n'avait rien à voir dans leur histoire ? Le docteur, qui préparait l'aiguille pour la prise de sang, arqua un sourcil en voyant son expression.

"Vous allez bien, William ? Ce n'est qu'une piqûre, vous savez, rien de bien méchant."

William déglutit, réfléchissant à toute vitesse. La salle ressemblait étrangement à l'infirmerie de l'Institut : des lits alignés, des tables de chevet rudimentaires... Excepté que cette pièce-ci était beaucoup plus petite et moins bien équipée, et surtout, possédait une dépendance vitrée où l'on rangeait tous les outils ! Il fallait prier pour qu'on puisse la fermer de l'extérieur. William savait qu'il n'avait pas l'air dans son assiette, autant se servir de ça.
Il alla jusqu'au troisième lit (il y en avait quatre alignés perpendiculairement à ce mur) à pas hésitants, surtout à la fin, et s'y assit, en prenant un air confus. Il ne savait pas s'il était bon acteur, surtout dans ces conditions où l'anxiété lui tordait le ventre parce qu'il avait bien conscience que dans son état il  n'avait aucune chance, mais toujours est-il que Birn s'approcha, de l'inquiétude dans la voix.

"William ?..
- C'est rien, je... J'ai l'impression que je vais tomber dans les pommes.
- Allongez-vous et restez calme, c'est peut-être une hypoglycémie vous n'avez pas mangé hier soir... Je vais vous chercher de l'eau sucrée.
"

Et elle s'engouffra dans la dépendance comme le jeune homme l'avait espéré. Aussitôt qu'elle fut dedans William se précipita vers la porte et la referma derrière elle. Par malchance, pas de loquet ! Mais William coinça la porte en cassant la poignée. Les trucs de brute, il connaissait. Il ignora royalement les cris de Birn étouffés pas la vitre, il n'avait plus le temps. Maintenant il fallait qu'il se mette à l'abri, deux minutes c'était suffisant pour casser la gueule d'un particulier et arriver ici !.. William fonça vers la porte mais celle-ci se fracassa brutalement contre le mur, poussée par une force invisible. Le jeune homme pâlit et recula jusqu'à l'autre jour de la pièce. Il n'avait aucune idée de l'emplacement précis de la bête et ça n'en était que plus inquiétant. Il voyait les lits s'écarter sur son passage, il entendait sa respiration et il sentait sa puanteur se diriger vers lui. Il s'efforça de ne pas lui tourner le dos, et heurta le quatrième lit roulant. Il passa derrière dans une maigre tentative de défence, la chose progressait dans sa direction et un lit n'allait pas la faire changer d'avis. William toucha pour finir le mur du fond de la pièce, celui, vitré, qui donnait sur la dépendance et, tremblant, saisit à tâtons la seringue et la trousse qui allait avec que Birn avait laissé. Ça n'avait pas du tout l'aspect de ses couteaux, mais...
William se débarrassa de la bande de tissus qui servait à maintenir son bras plaqué contre son torse. Tant pis pour le bras douloureux, il ne voulait pas mourir. Il saisit la seringue à l'envers et la lança vers l'endroit où il croyait être la chose et fit de même avec tout le reste, pourvu que ce soit long et de préférence pointu. Sauf que la seringue toucha le creux qui de colère mit un coup dans le lit qui le séparait de William. Et pas un petit coup. Le jeune homme, qui faiblissait à vue d'œil, avait commencé à se laisser glisser contre le mur. Le lit le heurta au niveau du buste et William s'effondra.
La suite se déroula avec une rapidité stupéfiante. Au moment où William s'avouait vaincu, Anaïs et Victor firent irruption dans la pièce avec l'autre ahuri de militaire, créant une diversion stupéfiante. Victor cassa la vitre de l'alarme incendie juste à côté de la porte sans faire attention aux bruits de pas du monstre furieux qui se précipitait vers lui. Il allait appuyer dessus lorsque la chose le saisit pas la jambe (William n'avait pas compris ça avant qu'il ne se serve du corps de l'employé de l'Institut comme d'un hochet) et il eut juste le temps de la déclencher en se contorsionnant avant d'être projeté contre le mur. Le cerveau du blond avait obligatoirement explosé sous la puissance de l'impact, il y avait la trace du choc sur le mur et Victor avait la tête plus rouge que blonde, c'était impossible de survivre à ça ! La chose, quand elle se rendit compte que son nouveau jouet était inerte, balança le cadavre à travers la vitre de la dépendance qui explosa.
Il ne restait plus qu'Anaïs en état de se défendre et Kaï et William en potentiel victime. De toute évidence, le creux préférait les petits particuliers faiblards qui se remettaient à saigner au mauvais moment parce que les lits bougèrent de nouveau. William, qui n'avait pas digéré ce qui venait de se passer, mit beaucoup trop de temps à réagir.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Mer 22 Fév - 13:22

Comme tous les matins depuis que j'étais ici, les filles se levaient, et j'étais réveillée en même temps. ç'allait presque devenir une habitude à force. Je n'étais plus totalement seule quand les militaires partaient, maintenant il y avait Victoria, sur une couchette non loin de la mienne. C'était une sorte de souvenir de la boucle ainsi, une petite présence rassurante malgré tout qui me rappelait la maison et... pas que ça. Mais je ne préférais ne pas y penser, pas pour le moment. Je restai un instant allongée, avant de me redresser, dos au mur et de regarder en face de moi, sans but précis.Victoria faisait ce qu'elle faisait tous les matins, moi je l'observais avec attention, puis comme rien ne se produisait, je m'habillais, et ensuite nous sortions pour vaquer à nos occupations.Un petit train train habituel en somme. Mais aujourd'hui, rien ne se passa comme d'habitude. Je fus heureuse, disons un quart de seconde, lorsque Victoria, triomphante, m'informa qu'elle avait retrouvé son don, et donc qu'elle allait pouvoir soigner William. Je crus également un quart de seconde que cette journée allait être bonne. Mais d'un coup, on entendit des bruits de pas, une personne qui courait. La porte s'ouvrit, et c'est Victor qui entra pour nous dire que... qu'il y avait un creux dans le camp. Je fronçai les sourcils. C'était une blague ? Un creux dans le camp ? Un CREUX ?! Je blêmis. Il était tout à fait sérieux. Un creux. Un vrai de vrai. Je n'en avais jamais vu, et je ne risquais pas d'en voir en fait, mais ce que je voulais dire par là c'était que je n'en avais jamais croisé. Et on en croisait rarement plus de deux fois dans sa vie. La plus part du temps on ne survivait pas à la première rencontre. Mon coeur rata un battement lorsqu'il parla de William. Il était en bas. Et si on lui avait remis de la morphine ? Il ne se rendrait pas compte du danger, le sépulcreux l'aurait sans aucune peine. Bordel, il était déjà passé à deux pas de la mort il y a trois jours, je ne laisserais pas ça se reproduire. Si j'avais pu je serais sortie immédiatement, mais le regard que me lança Victor me rappela à l'ordre, et je fus consciente de n'être qu'en très petit short et en débardeur. Ok, bon, tant pis, je n'allais pas faire ma mijaurée, pas en cet instant. Victoria réagit aussi vite que moi. Je saisis mon pantalon en bout de lit que j'enfilai en vitesse, mis mes chaussure, ne fis pas les lacets, je les coinçai plutôt contre la chaussure. ça ferait l'affaire, je n'avais pas le temps de plus, je mettais du temps plus je mettais la vie de William en danger. En quelques minutes, je fus sortie, avec Victoria, et Victor partit à la hâte dans les escaliers. Je le suivis au quart de tour et nous descendîmes pour atteindre le rez-de-chaussée. Mais en cours de route, nous croisâmes un militaire, qui n'était autre que Kaï. Au début, je fis mine de ne pas le voir, en aucun cas je ne voulais qu'il soir proche du creux et donc potentiellement blessé, (dans le pire des cas il serait mangé puis digéré avant que nous ayons eu le temps de nous échapper). Et ça, je ne voulais pas que ça se produise. J'avais déjà un mort sur la conscience, je ne voulais pas que Kaï en fasse en plus parti. Nous continuions notre route, quand justement, Kaï ouvrit la bouche et nous interpella. Non non non ! Je ne montrai pas ma panique croissante ni la colère que j'aurais bien aimé craché sur Kaï, sauf que ce n'était pas sa faute le pauvre, je n'avais pas le droit de lui hurler des choses de la sorte. Alors je me contentai du minimum :

- Va t-en Kaï ! Va t-en !

Qu'il ne dut pas entendre parce que je courais, et que nous dévalions les escaliers d'une manière peu discrète. J'eus prié pourtant qu'il m'entende, et prenne part de mes conseils, ce qu'il ne fit pas, et lorsque je tournai la tête, il courait derrière nous. Bon Dieu, ç'allait être un carnage. Je serrai les dents. Bon, si je n'avais pas réussi à défendre Louis contre des estres... Diable comment j'allais défendre Kaï et William voire Victor et Victoria d'un sépulcreux ? William n'était pas en état, pas du tout, dans mes souvenirs Victor ne m'avait pas parlée d'un don très agressif, Victoria... voilà, et Kaï un humain qui n'avait aucune idée de ce qui se passait en cet instant. Ils avaient des armes ? Moi je ne visais pas assez bien pour m'en servir, mais Kaï si, il pouvait peut-être être utile alors ? Encore faudrait-il que les balles aient un impact sur les sépulcreux. Bordel bordel bordel ! Cette situation était foireuse, du début à la fin, entre la jungle, le pont, William blessé, et maintenant un creux ! Le ciel n'allait nous tomber dessus non plus ?! Quand nous fûmes dehors, je ne pus m'empêcher de vérifier si le ciel était bien là. Et oui, bleu au dessus de nos tête, comme si c'était un jour parfaitement normal. Au moins lui il ne s'inquiétait pas du malheur des autres, égoïste. Nous traversâmes le camp, et atteignîmes le bâtiment de l'infirmerie. La porte était déjà ouverte, nous y entrâmes, et au loin je vis un corps, sur le sol, immobile. Je ne fus pas la seule à le voir, Victor cria son nom et ce pourquoi il est là. La raison était inquiétante d'ailleurs. Si ce Fred était normalement là pour évacuer William et qu'il était en réalité ensanglanté et au sol ça voulait dire que William n'avait été évacué. C'était encore plus inquiétant. Je ne pris pas la peine de m'arrêter et continuai ma route vers la porte défoncée, Victor et Kaï à ma suite. Au premier coup d'oeil il n'y avait rien dans la pièce. Au premier coup d'oeil... Alors qu'au second, les lits bougaient, poussés par une "forme invisible énorme".  C'était exactement ça. Malheureusement. Victor, à côté de moi, brisa la petite vitre de de l'alarme incendie mais n'eut pas le temps d'appuyer que quelque chose l'attrapa (c'était la déduction facile à faire en le voyant soudainement voler dans les airs).

- VICTOR !

La peur me ceintura. Je fis trois pas en arrière, je menais même plus mon corps, il agissait par lui-même, par un drôle instinct de survie. Je reculai et rentrai dans le torse de Kaï toujours derrière moi. Bon Dieu il ne devait vraiment rien comprendre. Et... Il eut un bruit, un choc, accompagné d'un bruit ragoutant de de... C'était Victor qui qui... Oh mon Dieu. Je me retournai brusquement vers Kaï. Sans attendre de réaction de sa part, et utilisant la surprise du moment, je le poussai contre un mur. En peu de temps, des murs de glace se formèrent autour de lui, laissant tout juste assez d'air pour qu'il respire. Ce n'était pas une grande grande protection, surtout devant la puissance d'un creux. Mais peut-être que ça le dissuaderait de s'en prendre à un humain alors qu'il avait des particuliers à portée. Je suis désolée, fis-je au jeune homme. Peut-être ne comprendrait-il pas. Mais dans la violence de l'action, et avec la rapidité qu'avait mis à le creux à mettre K.O Victor... je ne pouvais plus douter. Si je n'avais pas confiance en moi-même pour les protéger, je devais au moins les mettre en sûreté. Et je me retournai pour aller dans la pièce. Le sépulcreux s'avançait de nouveau vers William, il brisa avec ses langues trop grandes pour une si petite pièce un des néons, et la lumière se mit à clignoter étrangement. Je ne savais pas où il était précisément, et viser au hasard serait mettre la vie de William (et de Birn que je venais de voir). Il y avait du verre partout, le petit espace où le matériel était normalement stocké avait volé en éclat. Victor reposait au sol. C'était juste... une horreur. J'étais seule face à un creux. SEULE ! Quelles étaient les chances de parvenir à le tuer ? Pas beaucoup... Et quelles étaient les chances d'en mourir ? Beaucoup beaucoup beaucoup. Je déglutis. En plus j'étais bloquée. Il y avait Victoria et Fred d'un côté, et William et Birn de l'autre. Mon terrain de "combat" (décès ?) était plutôt réduit. Je n'osais pas
jeter de regard dans le couloir. Bon je je... Je, l'éloigner oui, l'éloigner d'eux ! Et pour ça...  Je visai le plafond, et un jet de glace vint s'y encastrer. Pas là. Le temps manquait.

- HE TOI LA ! TU PENSES POUVOIR NOUS BOUFFER COMME CA ?

Je lançai un second jet de froid, qui l'atteint parce qu'il eut une marque blanche volante. Puis un brusque mouvement dans la pièce. Le creux s'était retourné. Vers moi. J'étais surprise, alors qu'au fond c'était le but de manoeuvre. Je n'aimais pas cette situation, mais vraiment vraiment pas. Mais... J'avais une petite idée de où il était. C'était son corps que j'avais touché, pas ses langues, parce que ça ne bougeait pas assez. Je fixai le vide, effrayée, en faisant des pas et des pas en arrière. Il s'était éloigné de William et Birn. Je leur jetai un regard désespéré, et sans chercher plus longtemps décidai d'utiliser les pics de glace comme moyen de défense et d'attaque. Entre eux et le Creux, se créèrent des barreaux, et sur ces barreaux, des pics, pointus et aiguisés. En toute logique et vu le manque de place, une de ses langues se prendraient forcément dedans s'il bougeait trop. Et ainsi ils étaient protégés. Tous protégés, pas comme Louis... que j'avais laissé sans défense. Je fis trois pas, calme, sur le côté, pour éviter de l'énerver plus. Plus qu'il ne l'était déjà ? C'était un maigre mot. Je passai par la droite, en courant, au dessus d'un lit, puis d'un deuxième. Si un bougeait, alors il y avait une langue dans le coin. Sauf que je me pris les pieds dans le drap du second, et me ramassai au sol. Comme prévu, le premier fut poussé, et la deuxième aussi, ce qui n'était pas prévu c'était que moi je tombe. Bordel. Quel enfer. Je concentrai le froid dans mes mains en me reculant, sur le cul, et touchai le mur derrière moi. Je sentais le froid affluer de mes mains jusqu'à mes doigts, et lorsque je sentis quelque chose me frôler je lâchai ce tout de froid avant qu'elle ne m'attrape. La glace se déchargea sur un bout de langue qui apparût blanc, gelé. Le bout se rétracta, s'éloigna, et je pris me jambes à mon cou. Je tentai de lui glisser entre...entre les langues ? par les pics, une zone plutôt risquée pour lui. Enfin, avait-il une conscience du risque ? Peut-être bien que non, et je ne voyais toujours pas sa deuxième langue. La première s'était éloignée et... vu les traces, il essayaient vainement d'enlever la glace avec justement une autre langue. Je ne doutais pas un instant de la sensation de brûlure qu'il devait ressentir. Tant mieux. Je m'éloignais le plus possible des traces blanches flottantes pour opérer de plus loin. Je savais où il était maintenant, la glace n'avait plus qu'à remonter le long de ses membres. L'endroit touché devint de plus en plus blanc et lentement toute la glace remonta elle-aussi, dévoilant peu à peu le corps du creux. Du moins en tous cas, sa longue langue parce que je n'en étais pas encore arrivée au point d'atteindre sa tête. Je fis de même avec la tâche blanche sur son ventre, qui s'étala elle aussi, et l'immobilisa lentement. C'était simple, et compliqué en même temps. Je n'avais découvert cette chose que récemment, lors de l'attaque de la boucle, et... un creux avait-il des organes vitaux ? Des choses qui le tueraient s'ils s'arrêtaient de fonctionner ? Je ne savais pas, et pour le moment ce n'était pas ma priorité, je voulais juste le paralyser. Ainsi nous serions en sécurité. Je grimaçai, concentrée. Il s'agita. Il s'agita hurla, et donna un grand coup dans les airs. Sa langue brisa un pic et s'enfonça dans un autre avec une telle violence que des éclats de glace volèrent dans toutes les directions. Le creux s'énervait, et il savait que j'étais la cause de ses soucis. Oui, mais non. Sa tête était visible, enfin partiellement, on ne la voyait pas vraiment, mais on pouvait la localiser. Et pour le moment, elle était tournée vers moi. Sa première langue était désormais toute blanche, brillante, et immobile. La seconde commençait, mais la troisième, qui avait heurté la glace, n'était pas visible. Pas jusqu'à ce que je la sente me passer sur l'épaule. Et je sus en cet instant, que c'était trop tard.
Brutalement, la langue me passa autour du cou. Ma respiration s'arrêta. Mes pieds quittèrent le sol. Merde merde merde. Je passai mes mains sur la chose rugueuse qui m'enserrait le cou. C'était le creux, le creux qui m'avait attrapée, et demandait très poliment que j'enlève la glace qui l'emprisonnait. Je grimaçai et tentai de me dégager. En vain. Il ne faisait que serrer encore plus. Je ne pouvais plus respirer, l'air me manquait. J'étouffais. Et malgré tout, la glace continuait sa route, plus rapidement. La deuxième langue était bloquée à la moitié, elle essayait de détruire la barrière qui nous séparait de William en Birn. Je suffoquai. Mes forces faiblissaient. La glace craquelait. Et je me mis pleurer silencieusement. Mes mains laissaient des traces blanches sur la langue qui me tenait. La troisième était entamée, et commençait elle aussi à ne plus bouger. Je cherchais de l'air, désespérément, en ouvrant la bouche, mais rien. Les murs qui retenaient Kaî se fissurèrent. La première langue devint un puzzle brillant alors que j'essayais de tout retenir. Mes forces disparaissaient, mon coeur me faisait un mal fou. La troisième langue fut complètement gelée lorsqu'il se mit à frapper contre la protection qui protégeait le particulier et l'humaine de sa dernière langue. Il lui en restait deux : celle-ci, et celle qui me tenait. Elle serrait toujours plus, elle allait me briser la nuque à un moment, c'était évident. Et puis d'un coup, je n'eus plus assez d'air, de force, de conscience. Les points noirs devant mes yeux se firent plus intenses, plus présents, ils englobèrent tout. Mes mains retombèrent. Tout glace créée se fissura brusquement, et la douleur de mon corps cessa pour laisser place aux abysses.  

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Mer 22 Fév - 15:11

          Le blond, il... Il venait de... De mourir comme ça et... Kaï fixait le mur qui portait encore la trace de l'impact de la tête du chirurgien sans rien comprendre. L'alarme incendie raisonnait dans ses oreilles et il n'arrivait pas à réfléchir. Il restait juste là, interdit, à fixer la petite tache rouge sur le mur. Victor était juste mort devant leurs yeux et personne n'avait rien pu faire ! Il avait été agresser par un truc... Une chose... Un machin énorme avec une force surhumaine qu'il ne voyait pas, et qu'apparemment les autres ne voyaient pas non plus. Mais qu'est-ce que c'était que ça ? Cette... Chose était aussi un particulier ? Dont le pouvoir était d'être invisible ? Mais alors pourquoi s'attaquait-il à ses semblables ? Il existait des sortes de guerre entre les particuliers ? ça n'avait pas de sens !.. Kaï tentait de trouver une explication à partir du peu qu'Anaïs lui avait révélé mais... Tout cela semblait trop irréaliste, ce n'était pas possible, une chose énorme et invisible ça n'existait pas. Et soudain, le jeune militaire se retrouva plaqué contre le mur, nez-à-nez avec Anaïs. Une paroi de glace était en train de se former autour de lui, Kaï se retrouva en quelques secondes piégé.

         "Anaïs ! Qu'est-ce que tu fais ? Arrête !"

         Elle lui glissa simplement qu'elle était désolée et s'éloigna de quelques pas. Kaï frappa contre ses parois mais enleva bien vite ses mains : trop froid, et regarda la suite des événements. Anaïs avait érigé des barreaux entre le fond de la pièce (où le corps de Victor avait fracassé la vitre) et eux, il y avait une forme avachie contre le mur. William ? Il était là ? Il était encore vivant apparemment, pas comme le blond. Kaï reporta son attention sur Anaïs. La chose était tout prêt d'elle. Il ne savait pas ce que c'était mais il ne voulait pas qu'elle finisse comme Victor.

         "C'est de la folie !.."

         Sa voix couvrait à peine l'alarme incendie. Il avait beau frapper la cage où elle l'avait enfermé pour le protéger, elle ne cédait pas. Kaï regarda Anaïs opérer. Elle voulait glacer la chose qui se dessina un peu, couverte en certains endroits de gel. Ce n'était pas humain, c'était un monstre. Kaï, muet de peur, ouvrit la bouche quand elle se fit prendre au piège par le monstre. Celui-ci l'étranglait et la souleva de terre. Kaï était sur le point de crier le prénom de la blonde mais fut précédé par William, qui, les mains sur les barreaux piquants qu'elle avait érigé, regardait comme lui la scène, impuissant. Kaï n'était pas près d'oublier ce cri qui le glaça jusqu'aux os. Est-ce qu'il signait la mort d'Anaïs ? Il ne le vit pas tout de suite, mais la paroi de glace de sa prise s'était fissurée au fur et à mesure que Anaïs luttait pour respirer. Il se mit à la frapper dès qu'il s'en aperçut et il se libéra finalement de son emprise. L'alarme lui vrillait les tympans, il devait absolument faire quelque chose pour Anaïs ! Elle venait de cesser de bouger.

           "LACHE-LA TOUT DE SUITE ESPÈCE DE SALE MONSTRE !" hurla-t-il en fonçant vers à l'aveuglette comme un rugbyman, en une action courageuse mais particulièrement stupide.

          Seulement, avant qu'il atteigne quoi que ce soit, quelque chose l'intercepta et l'assomma.
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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Mer 22 Fév - 16:31

William se recroquevilla sur lui-même quand Victor transperça la vitre au-dessus de lui. Il avait mal, son flanc le lançait à chaque battement de cœur et la douleur pulsait. Il y avait fort à parier que les points de suture avaient cassé à cause de ce foutu lit. Reste conscient, William, respire. Il gémit, une main contre son flanc, en essayant de suivre le cours des événements. Il n'arrivait pas à croire que ce monstre avait tué Victor en si peu de temps. Ils étaient tous cuits, et... Et... Anaïs... Il leva les yeux et s'aperçut que des poteaux de glace grandissaient en travers de la pièce. Elle voulait s'isoler seule avec le monstre ! William en oublia la douleur et se précipita vers la barrière glacée mais trop tard, elle était déjà en place. Il la heurta et, horrifié, comprit qu'elle était sur le point d'affronter seule le monstre.

         "Anaïs ! NON !"

          Elle ne pouvait pas faire ça ! Elle n'en ressortirait pas vivante ! William frappa les barreaux de glace, elle s'était assurée qu'il ne puisse pas intervenir pour le protéger. William n'en revenait pas. Elle n'avait pas le droit de mourir comme ça ! Elle n'avait pas le droit de le laisser seule, elle n'avait pas le droit de gaspiller sa vie ici, elle était dingue ou quoi ? Elle lui avait promis de rester près de lui, alors pourquoi s'offrait-elle en sacrifice à ce monstre dévoreur de particulier ? Parce que tu es faible et qu'elle le sait. Parce qu'elle ne veut pas que tu meurs. Non, il ne la laisserait pas faire ! Mais il ne pouvait pas se téléporter sans s'offrir sur un plateau au monstre. Il ne pouvait rien faire, et l'énergie lui manquait déjà. Mais la colère était un moteur suffisant pour le garder debout. Il était furieux contre cet être invisible et désespéré de voir celle qu'il aimait l'affronter seule. Il se mit à prier à toute vitesse à qui veuille l'entendre, n'importe qui tant qu'il épargnait Anaïs. Il frôla la crise cardiaque quand le creux la prit au piège dans une de ses langues.

         "ANAÏS !.."

         Ce hurlement était celui de quelqu'un au bord du gouffre, dévoré par l'anxiété. Il ne pouvait rien faire, il ne pouvait rien faire ! Il allait devenir dingue, coincé de ce côté de la barrière. Il ne pouvait pas supporter de la voir mourir sous ses yeux ! Le sépulcreux l'étranglait, alors que grâce à la glace, elle avait eu le dessus durant quelques instants, assez pour que le monstre se dessine par endroits aux yeux de tous, mais là elle allait mourir, il pouvait lui briser la nuque d'une simple torsion, William devait faire quelque chose !

         "Restez ici, ne vous faites pas tuer bêtement !"

         La voix de Birn résonnait derrière lui. Elle s'était cachée sous une table pour éviter la pluie de verre. Si elle savait comme il se contrefoutait de mourir à cet instant !.. Elle ne comprenait pas. Si Anaïs mourrait, il mourrait aussi.

          "Vous ne pouvez rien faire dans votre état, William !"

         Il ne l'écoutait pas. Elle ne savait pas de quoi étaient capable les particuliers. Elle ne connaissait pas ce qu'avait traversé Anaïs. Elle survivrait à ça, il suffisait qu'elle ne meure pas. William ne pouvait pas détacher les yeux de sa silhouette que le monstre avait fait décoller du sol. Un infime craquement se fit entendre, largement couvert par l'alarme incendie. Mais William l'avait entendu. La glace cédait ! Il fallait qu'il agisse vite et bien. Il fallait qu'Anaïs vive. William shoota dans le poteau le plus près du mur et il céda en un rien de temps. Il continua d'observer la chose tandis que la glace se disloquait dans toute la pièce. Il longea le mur, écartant les lits, la main sur sa blessure qui lui faisait horriblement mal. Il tenait sur ses pieds seulement grâce à l'adrénaline. Obsédé par la survie d'Anaïs, il était à peine à deux mètres d'elle quand le militaire fit un truc qu'il n'avait pas prévu. Il se jeta en avant vers l'emplacement du sépulcreux en hurlant. Il était idiot ou quoi, il voulait faire quoi, le tacler ?! Si Anaïs était suicidaire, lui c'était un cas ! William interrompit son entreprise vouée à l'échec en se mettant en travers de son chemin. Il passa sous le nez du sépulcreux et assomma par derrière Kaï avant qu'il n'atteigne son but. Enfin, il lui avait mis un coup droit avant histoire de l'arrêter. Il était taré lui ! Maintenant... Anaïs.
        Sans plus de considération pour Kaï, William se retourna. A cause de cet imbécile l'attention du machin devait être focalisé sur lui. Si William se faisait toucher par une de ses langues, il était mort. Et Anaïs avec lui. Il n'en avait que trop conscience. Grâce à la jeune fille, du givre recouvrait trois des langues, mais il commençait à se fissurer et Anaïs n'avait plus de temps devant elle. Lui non plus, il n'allait pas tenir éternellement le coup grâce à ses émotions. Ne réfléchis pas. Juste, sauve-la. William se baissa quand une langue le frôla et étira le bras pour toucher le talon d'Anaïs. Il les téléporta une seconde avant qu'une langue à moitié glacée ne l'atteigne.
        Ils apparurent dans le coin de la pièce, tout prêt de la vitre explosée. William sentit aussitôt son estomac remonter dans sa gorge et son cœur se soulever. Il n'avait rien à vomir, alors pourquoi il avait envie de rendre le petit-déjeuner qu'il n'avait pas pris ? Il ploya sous le poids d'Anaïs qu'il soutenait. Elle pesait du mauvais côté de son corps et William sentait ses forces l'abandonner. Il recula et le mur vint lui offrir un soutien bienvenu. Il se laissa glisser au sol, entraînant Anaïs avec lui. Littéralement malade (et l'inquiétude qui lui tordait le vente n'arrangeait rien) William devait vérifier une chose. Est-ce qu'elle respirait ? Bon sang il devait savoir si elle était en vie ! Une fois assis, William la redressa pour qu'elle repose contre son torse d'une façon moins douloureuse. Le faible souffle d'air qu'il sentit alors l'aurait presque fait pleurer. Elle était vivante ! Elle était vivante... William la serra contre lui, sa tête reposant sur son épaule, et il sentit la tension de son corps se relâcher et l'épuisement le gagner. Malheureusement le sépulcreux était toujours bien réveillé, lui. Maintenant que William avait récupéré Anaïs, il n'allait pas la lâcher de sitôt. Même si actuellement il n'était pas vraiment en état de se battre.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Mer 22 Fév - 18:47

            Fred (un diminutif de Frédéric ?) avait un sérieux traumatisme crânien et des cotes cassées. Sa guérison nécessita une dizaine de minutes, même plein pot. Victoria était un peu rouillée, elle venait de retrouver son don et un sépulcreux s'invitait à la fête. La jeune fille n'avait jamais croisé de sépulcreux. Par contre, elle ne connaissait que trop bien les estres, leurs maîtres détestables qui usaient de leur capacité à entrer dans les boucles pour livrer des particuliers aux sépulcreux et ainsi augmenter leur nombre. Un de ces monstres était ici ! S'il dévorait Victor, William ou Anaïs, peut-être se transformerait-il en estre, et ce n'était pas bon du tout. Victoria avait violemment frissonné en entendant une alarme stridente et elle avait vu quelques militaires passer en courant au bout de son couloir obscur. Ils avaient déclenché l'alarme incendie pour évacuer tout le monde ? Ce n'était pas bête, mais ça voulait dire aussi que les choses risquaient de dangereusement dégénérées. Bon sang... Victoria se dépêcha de terminer la guérison, se sentant trembler sous l'effort. Elle allait trop vite mais si elle voulait servir à quelque chose dans cette histoire, il fallait que Fred soit sur pieds, elle n'avait pas le choix.
          Le particulier avait un style étrange : il portait une barbe rousse, un peu à la façon hipster, et de la moustache. Néanmoins, comme la plupart d'entre eux, ses traits respiraient la jeunesse, signe qu'il vivait dans une boucle. Peut-être à l'Institut, d'où venait Victor ?.. Il se redressa, son visage à quelques centimètres de celui de Victoria.

          "Le creux !.. Victor ! Où est-il ?"

         Victoria, surprise, s'éloigna de lui :

          "Du calme ! Il sont partis à la poursuite du creux, là-bas !"

          Fred se leva précipitamment (trop précipitamment au goût de la guérisseuse) et partit à fond de train vers le bout du couloir - où un vacarme retentissait encore.

         "De rien !" ragea Victoria en se lançant à sa poursuite.

         Elle brûlait de savoir ce qui était arrivé aux autres et le bruit de verre qu'elle avait entendu tout à l'heure n'augurait rien de bon. Sans parler de l'alarme qui ne s'arrêtait pas ! Ils débouchèrent dans l'infirmerie sens-dessus-dessous. Les lits étaient disposés n'importe comment, il y avait de la glace partout, la vitre de la pièce du fond avait explosé et le corps de Kaï était étendu de tout son long à l'entrée de l'infirmerie. Dans le coin opposé reposait William et Anaïs, au plafond la lampe avait pris un coup et... Des langues dont la glace se fissuraient dangereusement. Le sépulcreux était au milieu de la pièce et avançait vers William et Anaïs !

         "Victor ! Où est Victor ?" répétait Fred.

          Cet homme commençait à vraiment agacer Victoria, qui elle s'était précipitée au chevet du patient le plus proche, à savoir le jeune militaire. Il respirait, un vilain bleu violacé apparaissait sur son visage mais il n'était qu’assommé.

        "On s'en moque ! Prenez Kaï et tirez-le n'importe où, tant qu'il ne reste pas en plein milieu de la pièce !"

          Victoria devait agir, les langues de la chose tournoyaient dans la pièce et elle s'approchait de William et Anaïs. William avait un teint qui ressemblait à un légume pas frais et Anaïs, blottie contre lui, semblait inconsciente, il fallait que Victoria les aide. Mais elle n'avait pas de don offensif, son don à elle ne servait à rien en cas d'attaque !.. Elle regarda ses mains une seconde et décida que ça n'avait pas d'importance. Elle avait toujours assez de culot pour provoquer un monstre sans aucun moyen de défense. Elle avança au milieu de la pièce ravagée en se fiant à la glace et aux lits roulants qui bougeaient pour situer le creux. Les débris de glace crissaient sous ses pieds.

        "HÉ ! Tu veux une particulière pour le petit déjeuner ? Je suis là ! Attaque-toi au moins à quelqu'un de ta trempe, espèce d'erreur de la nature ! Tu dois vraiment être immonde pour qu'on t'ait créé invisible ! Tu veux ressembler à un humain, c'est pour ça que tu manges des particuliers, hein ? Manque de chance, c'est pas pour aujourd'hui parce que je suis là !"

         Elle continua de parler et recula, en réfléchissant à toute allure pour trouver une solution à son problème. Elle n'avait pas d'armes, donc la meilleure solution pour ne pas mourir restait la fuite. La porte ? Le problème c'était que Fred avec sa lubie de trouver Victor (Victoria ne savait pas où il était mais avait d'autres chats à fouetter) ce n'était pas certain qu'il protège Kaï si elle se dirigeait par là. Victoria ne mordit la lèvre inférieure et se baissa pour récupérer un morceau de glace large comme son bras. Elle avait joué à quoi, Anaïs ? Peu importe, ça allait lui servir d'arme sommaire. Elle l'empoigna et visa. C'était pas compliqué, c'était comme le javelot au lycée, et elle n'était pas trop mauvaise. Sauf que là, elle ne voyait pas la cible. Elle se baissa en sentant l'air siffler à sa gauche, se redressa et tira. Aussitôt, elle plongea par terre derrière le lit à sa droite. La chose avait émis un bruit qui ressemblait à un hurlement de douleur, ça voulait dire qu'elle l'avait touchée. Mais bien loin de la tuer, ça ne l'avait que plus énervé. Victoria, à plat ventre, se dépêcha de se mettre en sureté et rampa sous le lit. Quelque chose (une langue ?) lui frôla la jambe et elle retint un hurlement. Elle se hâta de sortir de sous le premier lit et enjamba en un saut le second, puis le troisième, se retrouvant pas très loin de William.

          "Désolée, fit-elle au jeune homme en se blottissant contre la table de chevet pour éviter de se recevoir un truc sur la tête (le creux balançait tout ce qui se trouvait sur son passage pour la trouver), j'ai fait ce que j'ai pu."

           Celui-ci semblait lutter pour rester éveillé et grimaça, une main sur le flanc, l'autre maintenant Anaïs qui reposait contre lui.

            "T'inquiète, c'était tout à ton honneur," répondit-il en serrant Anaïs un peu plus contre lui.

           La chose approchait à grands pas.

           "Rendez-vous en enfer," marmonna le jeune homme.[

           Et Victoria ne sut pas vraiment à qui il s'adressait.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Mer 22 Fév - 19:42

En arrivant, la première chose qui me vint à l'esprit fut de déclencher l'alarme incendie pour évacuer tous les humains du bâtiment. Manque de chance, le sépulcreux - que je ne voyais pas - m'a pris pour cible dès le début. A croire qu'il savait que j'étais certainement le plus dangereux des trois puisque je ne pouvais pas mourir de sa main. Je n'eus pas le temps de comprendre, le creux m'empoigna par la jambe et j'eus tout juste le temps d'appuyer sur le bouton qui déclenchait l'alarme (en perdant un morceau de doigt à cause du verre au passage) avant de me retrouver dans les airs. Le premier choc, d'une violence inouïe, me fit perdre connaissance.
         Lorsque je me réveillai, j'étais allongé au milieu d'énormes morceaux de verre et je ne savais pas depuis combien de temps j'étais ici. Mon corps se rafistolait tout seul, imprégné de mon don. Les os se remettaient en place, les vaisseaux sanguins se reformaient d'eux-même et les cellules travaillaient à toute allure pour reconnecter les liaisons nerveuses. Cela faisait très longtemps qu'il n'avait pas eu à faire appel à son don. Faire appel, un bien grand mot, son don se déclenchait de lui-même en supprimant toute trace d'attaque extérieure. Je n'avais jamais essayé de me couper la tête, mais il y avait fort à parier qu'elle repousserait aussitôt. Hé oui, certaines particularités pouvaient être assez peu ragoutantes. En l'occurrence, la mienne m'avait permis de rester en vie si longtemps malgré le nombre d'ennemis que j'avais. ça et le secret qui l'accompagnait. Très peu de personnes savaient qui j'étais vraiment. Apparemment, ce soir, ça ferait au moins trois de plus.
          Je me redressai et me retrouvai nez-à-nez avec le docteur Birn. Il semblerait que j'ai parlé trop vite, parce que vu son expression, je n'aurais pas dû être en vie. Je n'avais ni le temps ni l'envie de lui expliquer quoi que ce soit. Autant qu'elle me prenne pour un revenant pour le moment. Je me levai (les os de ma jambe craquèrent en se remettant en place) et constatai que personne ne m'avait coupé de membre. A part un morceau de doigt qui repoussait, l'alarme incendie, ça me revenait. Elle sonnait toujours, d'ailleurs. J'essuyai le sang qui avait coulé devant mes yeux qui allait m'empêcher de mettre cette erreur de la nature hors d'état de nuire. J'avais été touché sérieusement à la tête, apparemment, ce qui expliquait que j'ai mis plusieurs minutes à me relever. J'étais couvert de mon sang. Et j'avais l'épaule en compote, qui se remit d'elle-même en place dans un craquement sonore. Il restait le coude et le poignet maintenant. Dans l'immédiat, j'allais devoir utiliser la main gauche pour tirer. Je sortis mon arme et vérifiai le chargeur. Les yeux de merlan fris commençait à m'agacer, mais je ne fis pas de commentaire. Il fallait en finir. De toute évidence, j'avais traversé une vitre. Je repassai dans la pièce sans faire attention au verre qui me rentrait dans la peau. Elle se refermerait d'elle-même, de toute façon. J'avisai Fred dans un coin de la pièce, près d'un corps inerte que je n'identifiai pas. Je n'avais pas le temps.

           "Fred ! Où ?"

           Il leva la tête et me répondit aussitôt :

           "A trois heures. Plus haut ! Là !"

           Effectivement, il y avait comme une chose qui flottait dans l'air. De la glace ? Je ne réfléchis pas plus longtemps et vidai mon chargeur dans le monstre. Un bruit sonore m'indiqua que j'avais touché ma cible et qu'elle s'était écroulée. Un creux en moins, abattu sans sommation. J'enlevai le chargeur vide et en enclenchait un autre d'un geste souple en regardant autour de moi.

          "Tout le monde est vivant ?"

           Miss Dyron jaillit de derrière une table de chevet comme un diable de sa boîte. Elle avait apparemment conservé tout son caractère.

             "Pas trop tôt ! Vous étiez passé où vous ?
              - Il s'est fait explosé la tête contre le mur,
" fit une voix éteinte à ma droite.

              Je pivotai. Le malade numéro trente-trois, affalé dans le coin de la pièce, avait piteuse allure et tenait Miss Young, inerte, dans ses bras. Il semblait fournir un effort considérable simplement pour parler.

            "De ce fait... Il ne devrait pas être en vie," finit-il laborieusement.

            Je haussai les épaules sans plus d'explications. Il paraissait évident que j'étais effectivement en vie.

             "Docteur Birn, vous pouvez sortir, il n'y a plus de danger," lançai-je avant de tâter le sol pour trouver le cadavre.

            Il était bien là. Dommage, on ne pouvait pas l'étudier, il fallait se hâter de camoufler le tout. Je jeta un coup d’œil du côté de Fred. Celui qui était étendu c'était le jeune militaire... Jenkins.

              "Qu'est-il arrivé à Jenkins et à Miss Young ? demandai-je.
            - J'ai assommé Kaï et... Anaïs s'est fait étrangler," entendis-je répondre en un filet de voix.

            Il fallait vraiment remettre le numéro trente-trois sur pieds. Si Jenkins n'était qu'assommé, le plus urgent restait Miss Young. Je devinai aux messes basses que Miss Dyron était en train de s'en occuper. Bien. Je me redressai. J'avais trouvé quoi faire.

            "Comment avez-vous fait ça ? Je vous ai vu, vous étiez mourant ! Vous ne devriez même pas être là ? Êtes-vous une apparition ?"

           Je me tournai vers le docteur Birn qui avait utilisé sa blouse pour éviter les morceaux de verre.

           "Non, docteur. En attendant, si je ne m'abuse, votre patient a besoin de vous, dis-je en faisant un signe de tête vers le patient numéro trente-trois. Vous devriez l'aider à quitter cette salle.
           - Pourquoi ? Qu'allez-vous faire ? Et comment diable av...
           - Parce que nous allons y mettre le feu.
"

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Mer 22 Fév - 22:56

Lumière. Bruit. Voix. Ah, douleur aussi un peu. Ce fut les trois principales choses qui m'interpellèrent dans tout... ça. Je ne savais plus discerner le quoi du qu'est et mes souvenirs me faisaient défauts. Bordel... Je fronçai les sourcils, et ouvris lentement les yeux. Je les refermai plusieurs fois pour m'habituer à la lumière du milieu. Durant ces fractions de secondes un peu floutée, je vis, en face de moi l'entrée de la tente, et dans le fond il y avait... Victor peut-être, je n'en étais pas certaine. Ensuite il eut Kaï, et de l'autre côté... William de dos, normalement. Il y avait une vague odeur de fumée qui flottait dans l'air, mes oreilles bourdonnaient, et j'avais mal au crâne. La jungle et une tente. Ok, et qu'est-ce que je foutais dans ..? J'eus quelques secondes de perplexité, où la réalité se mélangeait au rêve. Enfin, plutôt au cauchemar. Parce que je m'étais réellement battue contre un creux par vrai ? Je n'aurais cru que ça possible, et je n'aurais jamais cru avoir assez de courage possible... mais et d'ailleurs ..? Victor n'était-il pas mort ? Le sépulcreux ne lui avait-il pas explosé la tête contre un mur ..? Je m'en souvenais. Je n'avais pas eu le temps de m'arrêter sur mes sentiments sur le coup, il fallait éliminer, ou alors paralyser le creux, mais pourtant, j'étais bien sûre que Victor était mort... Je devais être entrain d'halluciner, c'était ça, tout n'était qu'une reproduction, et en réalité j'étais dans le coma après m'être faite... étranglée par le creux. Non non, ce n'était pas ça, sinon je ne me souviendrais pas de tout ça avec autant de détails. Pourtant... Tellement de choses clochaient. Victor était mort, et... Kaï, pourquoi il avait de la glace sur la joue, et pourquoi on devinait aisément un hématome violacé sous la poche de glace, hein ? Aux dernières nouvelles je l'avais bloqué, loin de l'estre pour qu'il ne fasse pas de bêtise et ne se mesure pas à des forces inconnus pour lui. Alors comment diable ..? Et moi en fait ? Le sépulcreux ne m'avait pas lâchée comme ça, dans une poussée de pitié. C'était un animal, anciennement "humain" mais c'était un animal, il avait des instincts -sûrement- et ne se préoccupait aucunement du sort de ses proies, sachant qu'en plus elles devaient lui servir de repas pour qu'il devienne ensuite un estre. Je je... Perdue, je mis un moment avant de replier mes bras et me redresser un peu. Ce mouvement m'arracha une quinte de toux pas du tout discrète, et un peu douloureuse aussi, qui fit retourner la tête de toutes les personnes présentes sous cette tente. Je fis comme si je n'avais rien vu, la tête basse, une main devant la bouche mise bien en retard qui ne servit strictement à rien. La respiration rauque, je fus aussi surprise par le bruit que je faisais en inspirant et expirant l'air. Je calai mon dos contre le mur. D'ici je pouvais voir, et confirmer le plan que j'avais fait de la tente : William à ma gauche, Victor en face de moi, et Kaï à ma droite. Ce qui ne fit que multiplier mes questions. Je pris une respiration pour formuler clairement mes pensées (et parce que j'avais toujours cette désagréable impression d'étouffer. ça devrait passer, juste un peu de temps) et passai une main sur mon visage puis mon cou à la recherche de blessure. Mais rien. Victoria aurait-elle vidé son don une nouvelle fois ..?

- Kaï ..?, je fus surprise de ma voix rauque. Je tentai de me racler la gorge, mais rien ne fit, ce fut juste douloureux pour rien, Qu'est-ce qui s'est passé ? Vous avez fait quoi ..?

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Mer 22 Fév - 23:26

         Kaï regardait dans le vide, un peu ailleurs. Le froid faisait du bien à sa joue qui avait gonflée et le lançait. Il se demandait bien ce qu'il pourrait dire à ses potes à ce propos. Peut-être une déformation de la vérité, qu'il avait dit un truc que William avait mal pris et qu'il lui avait foutu une droite ou un truc comme ça. Il passerait pour une lopette mais c'était bien le cadet de ses soucis : tout plutôt que de dire la vérité, à savoir qu'un creux, un monstre avec pleins de langues (ça Kaï avait eu bien du mal à se le représenter quand Victoria lui avait révélé les bases de la vie des particuliers) les avait attaqués pour manger du particulier et devenir un autre monstre qui ressemblait à un humain. Le jeune homme avait peine à croire que tout cela s'était vraiment déroulé, légèrement dépassé par la situation. Mais les preuves étaient là : le blond était vivant alors qu'il était certain de l'avoir vu mourir, Anaïs avait fait jaillir des parois de glace super-résistantes de ses mains (il en savait quelque chose) et William lui avait collé une droite qui l'avait empêché de suivre la suite des événements mais qui lui avait aussi vraisemblablement sauvé la vie. Pour finir, quand il s'était réveillé une espèce de hippie barbu était penché sur lui, hippie qui faisait parti de la clique de Victor. Ils avaient simulés un feu (enfin, Victor avait vraiment allumé un feu dans la salle et en avait profité pour les évacuer discrètement). En résumé, la journée venait tout juste de commencer et il était déjà éreinté par tout ce qui s'était passé. Birn, elle, n'en démordait pas, son esprit scientifique voulait à tout prix trouver une explication logique là où il n'y en avait pas. La seule façon qu'avait trouvé Victor pour s'en débarrasser était de lui confier William. La connaissant, elle devait actuellement tout tenter pour tirer les vers du nez du garçon. Kaï se demanda si elle allait accepter un jour ce qu'elle avait vu...
        Il tourna la tête en entendant Anaïs tousser. Elle s'était redressée, confuse. C'était compréhensible : comme lui, elle avait loupé toute la fin de la fête. Il reposa la poche de glace sur ses genoux pour la regarder.

         "T'as loupé toute la fin, comme moi. D'après ce que Victoria m'a dit, William m'a foutu une droite, et s'est téléporté avec toi, Victoria a distrait le machin mais on était sur le point de se faire bouffer quand Victor l'a troué avec l'aide de Fred, le hippie à barbe rousse là-bas, que Victoria a soigné. Et oui, Victor est vivant, moi aussi j'avais compris qu'il était mort, mais en fait non. Victoria s'est arrangée pour que tu retrouves ta voix et Birn admet pas du tout ce qui s'est passé. Ah, et pour maquiller la scène de crime, ils ont foutu le feu à la salle comme ça on retrouvera rien, et on a été évacué discrètos."

          C'était une histoire de dingue. Si quelqu'un essayait de la raconter, personne ne le croirait, et c'était certainement mieux comme ça. Kaï jeta un coup d’œil à William, dos à eux, puis son regard revint sur Anaïs.

        "Pour un humain, il se déplace vachement vite," dit-il en arquant un sourcil, malicieux.

          Il ne lui en voulait pas d'avoir menti, elle avait certainement eu ses raisons et sur le coup il n'était pas certain de comment il aurait réagi. Maintenant qu'il savait que Victoria pouvait guérir les gens, le miracle n'en était plus vraiment un, et Birn finirait par le comprendre. C'était juste une question de temps.

          "Et il a une sacrée droite," finit-il en remettant la poche de glace sur sa joue meurtrie.
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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Jeu 23 Fév - 0:52

Alors William l'avait assommé ? Parce qu'ils étaient sortis de... Je me mordis la lèvre inférieure. Ils étaient sortis, donc à un moment tout avait été brisé par mon inconscience. C'était logique, mais tellement dangereux. La glace aurait pu éclater tout naturellement, et les blesser, tous. Mais le pire, c'était que Kaï avait pu sortir et aller directement dans la gueule de la bête. Heureusement que William avait été là, sinon le jeune militaire aurait sûrement été mangé à l'heure qu'il est. Fred, je savais qui c'était. C'était l'infirmier que nous avions trouvé au sol lors de l'arrivée du creux. Tant mieux alors si Victoria avait pu le sauver. A chaque information qu'il me donnait, je faisais le point sur la chose. Cela me permettait de mieux enregistrer et imaginer la chose, que j'étais un peu dans les pommes à ce moment. Alors comme ça Victor était vivant ? Je fronçai les sourcils. Il ne m'avait pas parlé d'un tel don lors de notre rencontre la toute première. Les détails m'échappaient toujours, mais j'étais certaine que ce n'était pas un truc style "avoir neuf vies" ou "régénération". Donc, sur ce point, il y avait réellement quelque chose qui clochait. Je le dévisageai de là où j'étais puis baissai les yeux sur mes mains. J'allais demander des explications, mais loin des autres, même de William. Il ne savait pas lui, à cette époque il venait de sombrer dans la folie... Folie qui nous fit rencontrer l'Institut et nous amena ici, oui. Etait-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Aucune idée, dans tous les cas maintenant nous étions ici, et tous les deux vivants. C'était le principal. En pensant ceci, j'avais tourné mes yeux vers le dos de William. Il ne s'était pas retourné. M'en voulait-il ? Devais-je l'appeler ? Je secouai intérieurement la tête, et retournai ma concentration vers Kaï. Il venait de m'informer que c'était ça, l'odeur diffuse de brûlée : ils avaient mis le feu à toute l'infirmerie. Bah, au moins c'était plus simple pour détruire le corps du sépulcreux et puis ça ne devait pas être le premier feu qui avait pris ici. Je hochai la tête, pour dire que je l'écoutai toujours. Franchement, je n'étais pas si perturbée que cela par cette histoire. J'avais juste failli y passer une nouvelle fois, mais bon, ce n'était que le pire, personne n'était mort, excepté le creux, ce qui nous arrangeait bien.
Je tressaillis lorsque Kaï énonça la rapidité étonnante de William. Oui j'avais menti, volontairement, dans la panique de la situation et du risque que je prenais en lui parlant de tout ça. William devait rester en sécurité, toujours. Mais dans les yeux ne Kaï ne brillaient aucune reproche. Il semblait même sourire au fond de lui. Malheureusement, son visage ne m'arracha qu'un léger sourire triste. Je ne pouvais donner plus que ça dans ma situation. Le pauvre militaire remit sa poche de glace sur la zone bleuie, en parlant de la force de William. Des années d'entraînements derrière lui, beaucoup plus que lui, bien que cela puisse paraître étonnant. Victoria lui avait-elle dit sur nos âges réels ..? Ne désirant pas mettre les deux pieds dans le plat, je pris mes précautions en lui lançant un sourire compatissant et m'abstenant de toutes questions à ce sujet.

- Tu tiens le choc avec toutes ces... découvertes ?, m'inquiétai-je avec ma voix éraillée.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Jeu 23 Fév - 9:14

          Anaïs, un peu penaude, lui sourit tout de même. Est-ce qu'il tenait le choc ? Ma foi, il n'était pas le plus à plaindre dans l'histoire. Il n'avait pas eu grand chose à part ce grand coup dans la tête. Anaïs, elle, avait failli mourir étrangler et c'était d'ailleurs pour ça que Kaï avait tenté une action suicidaire. Mais en même temps, il n'aurait rien pu faire à part ça, et puis il était dans le champs d'action du monstre invisible, alors qui sait ce qui aurait pu se passer... Il suffisait d'une langue qui trainait. Ce qui était certain c'était que tout cela aurait pu bien plus mal tourner. Si Anaïs, Victor et lui n'étaient pas arrivés à ce moment-là, William se serait fait bouffer, si Anaïs n'avait pas occupé le monstre, ç'aurait eu le même résultat, si William n'était pas intervenu pour sauver Anaïs, elle serait morte et Kaï avec elle. Victoria avait gagné encore un peu de temps avant que Victor ne se relève et ne se serve de son flingue. Kaï ne savait même pas qu'il en portait un mais ça ne l'étonnait pas plus que ça. Plus rien ne l'étonnait, dans l'immédiat. Donc oui, il tenait le coup même si c'était pas mal à digérer. Et puis, lui au moins avait eu quelques indices avant ça grâce à Anaïs qui lui avait révélé que l'impossible n'était pas si impossible que ça. Ce n'était pas le cas de tout le monde... songea-t-il en jetant un coup d’œil à Birn.

          "Ouais, fit-il, je m'estime heureux, on a pas tous fini en bouillie. Et c'est pas mort qui me suis fait étranglé. Je pense que je peux croire n'importe quelle histoire, maintenant. Si tu veux m'annoncer que tu es lesbienne, c'est le moment," ajouta-t-il en riant.

          C'était dangereux, ce qu'elle avait fait. Mais il n'allait pas revenir dessus, quand elle s'était isolée avec la chose, elle était alors la seule à pouvoir agir. On ne lui avait pas vraiment laissé le choix.
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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Jeu 23 Fév - 13:51

Non, pas tous, mais Victor normalement si. C'en était toujours aussi perturbant de se dire ça sachant que durant tout le temps de mon "combat" contre le sépulcreux (légèrement impression d'avoir été balancée dans une arène avec un monstre et d'avoir été un spectacle pour le public mis en sûreté en disant ceci), je me pensais seule alors qu'en réalité Victor était toujours là. Je haussai les épaules. Il se serait facilement fait étrangler si je ne l'avais pas bloqué à ma manière, comme tous les autres. Cette manière avait justement été radicale et avait fait ses preuves, jusqu'au moment où il avait su briser... Qu'ils avaient su briser en fait. Mais ça les avait tout de même protégé un certain temps, c'était déjà ça. Et puis bon, ce n'était pas comme si c'était la première fois que je me faisais étrangler (hum hum) ou que j'affrontais des choses que je n'étais pas en mesure d'abattre. Un sépulcreux c'était vraiment la première fois quand même... Etait-ce un creux qui accompagnait l'estre qui avait blessé William ? Et que justement William avait tué ..? Ainsi il se serait retrouvé sans aucun "maître" à proprement dit, et aurait flairé notre trace sur tout le long de la route. Je frissonnai en imaginant ce qui se serait passé s'il nous avait trouvé lorsque nous étions sur la route. William, dans une situation catastrophique à ce moment n'aurait rien pu faire, à peine réussissait-il à se lever, et moi je n'étais pas dans un meilleur état (pas de réelles graves blessures, mais l'énergie me manquait, quoi que, en tomber du ravin je n'étais plus totalement entière non plus). Et si, rien qu'aujourd'hui, en ayant toutes mes capacités je m'étais faite avoir, comment cela se serait-il produit dans la jungle ..? Oula, mieux valait ne pas y penser. On va dire que nous ne serions jamais arrivés ici, c'était certain, et qu'à la place ils auraient trouvé un petit estre fraîchement retransformé. Je me mordis la joue. ç'aurait tout simplement été notre fin.
Subitement, je me mis à dévisager Kaï. Il venait de me sortir une telle bêtise ..! Moi ? Lesbienne ? Le coup que William lui avait donné lui avait retourné les idées dis donc ..! Je me serais presque demandée si sa question était sérieuse, avant qu'il ne se mette à rire. Pff, mais quel cirque celui-là aussi, j'étais vraiment cernée. Non mais oh, j'étais bien avec mon William, et même dans tous les cas, je préférais largement les hommes, alors rien que l'idée d'être lesbienne ne m'avait jamais effleurée l'esprit. Tsss, non mais je vous jure. Je lui fis de gros yeux, avant de sourire en secouant la tête, amusée quand même.

- Pfff, n'importe quoi et tu le sais très bien, fis-je en levant les yeux au ciel, faussement exaspérée.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Jeu 23 Fév - 17:11

          Kaï afficha un grand sourire. Il était content de lui, sa remarque innocente avait eu l'effet escompté, Anaïs avait levé les yeux au ciel sans pouvoir cacher son amusement. Il était heureux de l'avoir fait sourire, après tout tout le monde étaient vivants et (presque) bien portants. Elle avait encore la voix enrouée, à mi-chemin entre la petite grand-mère et la trop grosse fumeuse. En même temps, elle revenait de loin... Il la voyait encore, suspendue dans le vide, se débattant pour respirer tandis que William hurlait son prénom à l'autre bout de la pièce. Oui, il n'oublierait pas ce matin de fou de sitôt. Il commençait à comprendre comment William avait fait pour se mettre dans un état pareil, s'ils tombaient sur ces monstres à chaque coin de rue leur vie ne devait pas être de tout repos. Il n'avait pas trop compris le principe de boucles à part qu'elle leur servait de refuges loin de ces calamités. Lorsque Victoria avait évoqué le sujet, il avait imaginé ça comme une sorte de bunker, mais il devait être complètement à côté de la plaque. C'était pas grave, ça lui suffisait de savoir qu'ils étaient cachés quelque part en sécurité. Sinon ce ne serait pas vivable.
        Il entendit Birn pester parce que William ne tenait pas en place, non loin d'eux, et leur jeta un coup d’œil.

         "Tu peux te lever ? Je crois que quelqu'un veut te voir, mais Birn va pas le lâcher."
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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Jeu 23 Fév - 17:31

Je ne pouvais voir que le dos de William. Par contre, l'infirmière qui n'acceptait pas de le lâcher, je le voyais de face elle, et je fis une moue boudeuse en voyant qu'elle ne voulait pas libérer mon William. Birn Birn Birn... Elle était gentille, elle avait pris soin du jeune homme même quand elle avait annoncé que son cas était désespéré. Je m'en souviens encore, et je m'en souviendrai toujours. D'après ce que m'avait dit Kaï à son sujet, c'était une personne très têtue qu'il ne valait mieux pas contre-dire. Comment avait-elle appris la nouvelle de... de nous ? De notre existence ? Pas très bien sûrement, comme le jeune militaire, qui m'avait d'abord prise pour un monstre. A leur place j'aurais fait pareil, et puis je m'y connaissais : après tout mes parents m'avaient bien abandonnée pour cette raison. Ce n'était pas surprenant du tout alors. Il fallait juste que Birn n'ouvre pas la bouche ce qui venait de se passer. Ils allaient désormais vivre avec ce secret sur les épaules, et s'ils en parlaient un jour à quelqu'un cette personne les prendrait pour des fous. C'était toujours comme ça. Toujours. Je fixai le dos de William, et Kaï eut la même idée que moi en entendant l'infirmière en question râler contre William qui ne cessait de bouger. J'imaginais tout à fait son visage dans cette situation : exaspéré, mais en même temps fatigué. Je tournai la tête vers Kaï. Non je ne savais pas si j'allais savoir me lever, je n'avais pas essayé et en toute logique ce n'était pas mes jambes qui avaient été blessées. Mais en même temps, ça ne m'étonnerait même pas que mon corps décide de flancher à cause du manque d'oxygène. Je sortis mes jambes du lit, ce qui voulait dire "y a qu'à essayer, et on verra bien" puis me mis dessus, en me tenant au lit. Je sentis le picotement et les fourmis qui me traversaient et témoignaient de mon immobilité présente, puis je voulus faire un pas en avant. Je devais avoir l'air très mal partie parce que Kaï se leva et me retint. En fait... Oui, j'allais avoir besoin de son aide. Et ainsi, je vis de plus près le coup que lui avait asséné William (ouais, c'était pas très beau) et s'approchâmes de William, assit sur le lit. Je fis glisser ma main sur mon épaule, en souriant.

- Arrête de gigoter comme un enfant enfin, laisse le docteur finir son travail ..!, plaisantai-je en passant devant lui à l'aide de Kaï.

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MessageSujet: Re: Perdus dans la jungle   Jeu 23 Fév - 19:45

William avait plus ou moins suivi la suite des événements à travers un brouillard confus. Il avait entendu Victor dire qu'ils allaient foutre le feu à la baraque, ce qui n'était pas stupide pour camoufler l'attaque d'un être surnaturel. Victoria avait négocié avec lui pour qu'il la laisse emmener Anaïs, toujours inconsciente, ce qu'il avait consenti à faire avec la promesse qu'elle allait la soigner. Et puis on l'avait ramassé pour ne pas qu'il crame avec le reste de l'infirmerie saccagée. Ce dont il était plutôt reconnaissant. Il ne savait pas trop comment ils avaient fait pour qu'il reste sur ses jambes, toujours était-il qu'il avait fini par échouer sur cette table métallique, avec le docteur Birn qui lui collait aux basques. Du coin de l'oeil, il avait repéré les cheveux blonds d'Anaïs, qui avait été étendue sur un lit. Une fois assis, il avait laborieusement repris son souffle après de longues minutes sans écouter ce qu'elle lui racontait, avec la vague conscience qu'elle lui posait bon nombre de questions. Au bout d'un moment elle avait arrêté en voyant qu'elle n'obtiendrait rien du tout et que son patient faisait plus d'effort pour rester lucide que pour l'écouter. Elle lui avait alors mis une lumière dans le yeux, certainement pour évaluer le point où il fallait s'inquiéter. William plissa les paupières, aveuglé par son truc, et revint un peu à la réalité, reconnectant les neurones.

             "... William ? William, vous m'entendez ?
            - Ouais ouais..."

            Il avait toujours mal au cœur et la tête grosse comme une citrouille. Apparemment ça se voyait parce que Birn baissa d'un ton sans pour autant le laisser tranquille.

            "Vous avez mal où ?"

            A l'ouest, William prit le temps de répondre ce qui lui pesait le plus.

              "... Nausée," marmonna-t-il.

            Il ne comprit pas comment elle fit, mais un instant plus tard elle lui tendait un verre d'eau et un cachet.

            "C'est de l'eau sucrée et quelque chose pour éviter de vomir. Prenez votre temps pour boire."

           William obéit, et, curieusement, le sucre lui fit du bien. ça faisait trop longtemps qu'il n'avait pas mangé, c'était pour ça qu'il était aussi patraque. Enfin, en partie pour ça. Avant qu'il ait eu le temps de dire merci, Birn était déjà occupée à mettre des gants en plastique et à sortir ciseaux, aiguille sous vide et compresses. Elle lui prit son gobelet en plastique des mains et étira son bras valide pour trouver une veine. Elle fit sa fameuse prise de sang.

          "Vous allez enlever votre tee-shirt. Nous devions changer votre pansement ce matin avant que vous fassiez vos tours de prestidigitateur."

           Elle leva les yeux de son échantillon de sang, incisive.

          "Parce que c'est bien de cela qu'il s'agissait, n'est-ce pas ?"

           William fronça les sourcils. Elle racontait n'importe quoi.

          "Non. C'était un creux, une cré...
          - Je vous laisse enlever votre tee-shirt," le coupa-t-elle précipitamment avant d'en entendre plus.

           Ok. Elle était complètement dans le déni. C'était dingue ce que l'esprit humain était capable d'inventer pour justifier l'inconnu. Il n'y avait pas toujours d'explication rationnelle ! Elle l'avait vu, que diable ! Mais elle refusait toujours de le reconnaître.
           Sans plus de tergiversations sur l'état d'esprit de Birn, il s'attela à enlever son haut, ce qu'il réussit à faire après un certain temps. Il avait si mal qu'il était obligé de faire des pauses pour éviter de tomber dans les pommes. Victoria avait réparé son bras sans lui demander son avis avant qu'ils ne l'apportent là, mais elle n'avait pas eu le temps d’œuvrer pour le reste. Le "reste" en question n'était pas beau à voir. Une large tache rouge colorait le pansement qui suintait presque. En voyant ça, Birn, qui n'était jamais loin, revint aussitôt à la charge.

          "Bon sang, vos points de suture ont dû sauter ! Je vais vous faire une injection pour soulager la douleur avant de recoudre. Allongez-vous."

           William secoua la tête. Il connaissait très bien les injections, avec la dose de cheval qu'ils lui administraient à chaque fois, il ne serait pas conscient pour voir Anaïs à son réveil.

          "Pas d'injection."

          Birn, qui était déjà en train de préparer le produit, marqua un temps d'arrêt.

           "Je ne peux pas vous recoudre si vous n'êtes pas anesthésié, dit-elle.
            - Je veux pas dormir.
            - Vous vous fichez de moi ! Vous êtes à deux doigts du malaise vagal, vous allez finir par vous tuer, avec votre entêtement !"

          William se tut. Il n'en démordrait pas. Ils s'affrontèrent du regard pendant quelques secondes, puis Birn céda en voyant le pansement souillé de sang.

           "Très bien ! siffla-t-elle tout bas pour ne pas alerter un peu plus leurs voisins dans la tente, ce sera une anesthésie locale !"

           Elle fila chercher les bons produits et le dossier du jeune homme pour doser correctement. Elle lui demanda de maintenir la pression sur la blessure qui faisait un mal de chien. En l'attendant, William lui obéit et avisa Victor, en train de parler à un type du camps militaire. Alors comme ça son don c'était la régénération... Comme le frère du jeune homme, qu'il avait vu se blesser une fois. La plaie s'était refermée devant ses yeux et puis son frère l'avait engueulé en lui faisant jurer de ne jamais rien dire. Et puis après... Il avait disparu. Et William ne l'avait jamais revu.
           Perdu dans ses pensées, William n'entendit pas Birn revenir. Sa voix la fit sursauter (et grimacer).

           "Écartez votre bras que je puisse y voir quelque chose."

         Dès que l'anesthésiant fit effet, William se détendit - la douleur n'était plus qu'une mince gêne diffuse - et il somnola pendant que Birn ôtait les fils et en replaçait. Ce n'est qu'en entendant une toux derrière lui qu'il comprit qu'Anaïs s'était réveillée. Cela le fit sortir de sa torpeur et il commença à bouger, pressé de la voir. Évidemment, il lui tournait le dos et impossible de se retourner tant que Birn n'avait pas fini. Au bout d'un moment, Birn, excédée, le rabroua sèchement et il lui lança un regard noir. Il suffisait qu'elle se dépêche, bon sang ! Il gémit quand elle eut la main un peu lourde sur le fil - il était anesthésié mais pas insensible - et se tint tranquille pendant quelques minutes. Il entendait Anaïs parler avec Kaï, même s'il ne percevait pas leurs paroles, et lui était coincé ici à ronger son frein en attendant que Birn finisse son travail. Il était de mauvais poil et ça ne s'arrangea pas quand on s'adressa à lui comme à un gamin.

            "Oh, ça va, je t'ai pas causé, grogna-t-il avant de lever les yeux vers la personne qui se tenait non pas derrière lui, mais devant lui. Anaïs !.. Tu vas bien ? Est-ce que Victoria l'a vu ? enchaîna-t-il en s'adressant à Kaï. Est-ce qu'elle a soigné sa gorge ? Elle va bien ?"

             Birn se fâcha.

            "Non mais c'est pas possible ! Vous, dit-elle à Anaïs, dites-lui de rester tranquille où je l'assomme de calmants sans lui demander son avis !"

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« Elle est mon plus grand péché, et j'irai avec joie en enfer pour elle. »



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