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 Passerelle - marathon ft. Robbin Keller

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MessageSujet: Passerelle - marathon ft. Robbin Keller   Jeu 29 Juin - 23:39

Encore une longue journée, toujours la même, régulée par la morne routine qui s’est installée dans cette prison temporelle. Chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde… impossible d’en sortir, c’est une prison à vie, c’est une prison qui me maintient en vie. Je ne peux y échapper, sous peine de mourir ; c’est sûrement pour cela que je cherche la fuite dans l'alcool. L’alcool, je m’y oublie, je m’y abandonne, je m’y noie, la boisson est devenue une addiction, encore une autre forme de prison. Délivré du cachot de Cairnholm par Miss Tit pour entrer dans une cellule temporelle et finir enchaîné par une addiction, j’ai fini par oublier l’espoir de connaître un jour là liberté.
Je l’ai oublié, mais pourtant, quelqu’un me l’a rappelé, quelqu’un a allumé en moi la petite flamme du désir d’être enfin libre, libre dans mes mouvements, dans mes déplacements, dans mes pensées, libre de mes turpitudes, de ma tristesse, de mon passé. Et cela, contre son gré. Elle, une jeune fille, enfant hier, presque femme aujourd'hui, elle, Robbin.
Saoûl, je l’ai frôlé, et instantanément mon esprit s'est ouvert à elle. Robbin a su, elle a vu en moi, un jeune innocent heureux dans sa famille, avant guerre, un jeune adolescent amoureux d’une fille, avant l’heure. Puis la mort de cette dernière​ qui m’a brisé, le désespoir qui a suivi et qui jamais plus ne s’est tu.
J’ai été terrifié mais en même temps tellement soulagé, et probablement terrifié d’être soulagé. Étonnamment, le fait que Robbin ait eu accès à un passé que je tentais de refouler m’a permis d’y faire face, et je me suis rendu compte que mes démons sont peut être vains, que les morts sont bien morts. J’ai enfin compris qu’il faut savoir sécher ses larmes et tourner la page, aller de l’avant, voir l’horizon.
Voir l’horizon, j’en ai besoin, là, maintenant. J’ai besoin de m'aérer, de quitter les murs de cette maison et de marcher en toute légèreté. Me changer les idées, être heureux à nouveau. Se promener, et rire, partager des moments joyeux avec quelqu'un, se délester des soucis qui obscurcissent mon univers. Non pas quelqu'un, il n’y a qu’une personne avec qui je veux sortir respirer le grand air, c'est elle, Robbin.
Quelques secondes de contact m’ont permis d’allumer la flamme de l'espoir, une soirée​ ensemble pourrait peut-être la transformer en incendie.
Je ne peux m'empêcher un léger sourire, suis-je vraiment honnête avec moi même ?
Robbin a vécu des malheurs incommensurables, à peine imaginables, et elle tente de les surmonter. Son combat me rend admiratif, et je veux l'aider. J’ai fait trop d'erreurs, j'espère pouvoir l’empêcher de commettre les mêmes. La plus importante pour moi été de m'enfermer dans les horreurs passées et de ne point en sortir, peut être que nos discussions l'aideront à s’exprimer, à ne pas refouler.
La nuit approche maintenant, je descends les escaliers et me dirige vers la salle à manger. Elle est là, un crayon à la main, une feuille sur la table, un dessin en cours. Je m’approche d’elle, pas franchement assuré.

- Salut Robbin. Ça te dit de marcher un peu ? Tu vas voir, ça permet d'évacuer toutes les pensées qui nous perturbent, de vivre l’instant présent tel qu’il est, en toute simplicité. Je me sens bien mieux chaque fois que je sors… tu dis oui ?

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MessageSujet: Re: Passerelle - marathon ft. Robbin Keller   Ven 30 Juin - 0:17

Un mois.

Un mois qui est passé.

Un mois pendant lequel tu n’as cessé de t’interroger.

Sur lui.
Sur elle.
Sur eux.

Eux et leur bonheur, eux et leur époque de guerre et de sang, de joie et d’amour, de danger et d’insouciance mêlés. Leur jours à deux, qui leur paraissaient si beau, leur sembleraient trop courts une fois la maladie à leur porte. Tu fermes les yeux un instant et appuies tes paumes sur tes paupières, en pressant très fort, jusqu’à t’en faire mal. Ce particulier, il te hante. Tu l’évites encore, passes tes repas dans ta chambre au risque de te remémorer toutes ces heures d’horreur à l’orphelinat, et éloigne autant que possible le contact des autres.
Tout ça pour quoi ?
Tout ça pour lui ? Cet homme peut être dangereux. Tu le sais, tu en as l’intime conviction. Seulement, tu as vu bien plus clair en lui que tu ne l’aurais dû. Ce n’est pas le premier à te livrer son passé, et ce ne sera pas le dernier. Ce qu’il a vécu est terrible bien entendu, et pourtant tu pourrais le supporter en temps normal. Tu le supportes d'ailleurs. Ce n’est pas ça le problème.
Le problème, c’est qu’il t’a prise au beau milieu de la nuit pendant les pires jours – ceux qui ont suivi l’attaque. Il ne t’a pas demandé ton accord, il t’a surprise, et sa rencontre n’a été que peur liquide dans tes veines. Par la suite vous vous êtes revus, et la terreur s’est transformée en grande méfiance.
Mêlée de doute et d’insécurité.

Mêlée de gêne, aussi.

Surtout.



Tu secoues la tête, et reprends le crayon dans tes doigts tremblants. Une pression augmentée suffit à raffermir ta prise, et la pointe se repose sur la feuille au grain fin.
Dessus, une rangée de lits.
Des ressors défoncés par le temps et l’usure.
De lourds rideaux aux fenêtres, et la lumière qui s’en échappe difficilement. Personne aux alentours, tu es seule. Sur le dessin et dans le salon de Cairnholm. Dans le dortoir de l’orphelinat et dans la boucle temporelle.
L’orphelinat.

Tout un pan de ta vie que tu aurais préféré effacer, sans y parvenir.
Te rappeler est ta particularité, pas oublier.

La scène n’est pas encore terminée, tu dois peaufiner les détails des murs et du sol. Pourtant, tu fixes les lits alignés. Tu n’oses même plus les toucher du bout de tes doigts gantés, de peur de raviver les souvenirs. Ce dessin, quand il sera fini, tu le brûleras comme on se débarrasse de la preuve d’un meurtre.
Pour le cacher, à jamais.

À jamais.

Des mots qui retentissent dans ta tête.

Et là, des mots qui retentissent dans le salon.
Tu lèves brusquement la tête pour voir Edward arriver de son pas lourd d’homme. Tu déglutis, en posant une main protectrice sur ta feuille de papier. Elle n’est pas finie, il ne peut pas y poser les yeux dessus. Tu la tires en-dessous de la table, en te traitant tout de même de débile. Si tu es restée là tout l’après-midi, c’était bel et bien pour lui signifier que tu voulais bien lui parler, et qu’il pouvait venir pour le faire. Il est temps de mettre les choses à plat. Alors pourquoi entreprendre de coucher sur papier des choses que tu veux lui cacher ?

Il parle, et tu es sur le point de refuser ça. Pourtant, le mouvement de tête négatif ne vient pas. À la place, tu lui demandes quelque chose sur un ton méfiant. Débordant de doutes.

« C’est pour aller où ? »

Tu te lèves quand vient la réponse.
Le village.
Il ne peut rien y arriver là-bas de toute manière ; et puis, qu’as-tu à perdre ? Tu hoches la tête et déposes ton crayon sur la table. Le dessin, tu le plies de tes mains gantées et le glisses dans la poche de ton gilet qui détonne avec les habits d’époque.

Vous sortez.

L’air frais du soir te prend.
Tu prends une goulée d’air frais.

Vous marchez, tout droit vers la forêt qui vous sépare du village.
Entre vous, le silence. Tu le romps brusquement, de cette voix qui a vieilli d’un coup et qui continue de t’étonner.

« Est-ce que tu comptes boire aujourd’hui ? Est-ce que tu es déjà saoul ? »

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MessageSujet: Re: Passerelle - marathon ft. Robbin Keller   Ven 30 Juin - 1:14

- C’est pour aller où ?

Évidente mais pourtant tellement surprenante cette question. Surprenante parce qu'elle ne contient aucun refus, surprenante parce qu'on n’y entend pas de rancoeur, surprenante de par son contenu. Aller où ? Mais nulle part, bien sûr ! Se perdre pacifiquement dans les palais de la pensée, déambuler dans les détours de l'île ! L'important n’est pas la destination, mais le chemin qui y amène, la marche est un but en soi, elle qui permet de se retrouver, de s’introspecter, elle qui permet d’effacer les nuages qui obscurcissent la pensée pour se concentrer sur ceux qui embellissent le ciel. Mais comment exprimer cette idée alors que la personne en face de soi peut à tout moment se rétracter ? Pour convaincre, il fait du solide, l’abstrait s’envole et n’intéresse pas. Une destination.

- Au village, déambuler dans les rues.

Et Robbin d'accepter. Peut être qu’elle aussi ne veut pas de cette distance, peut être qu'elle aussi tente de briser la glace… peut être. Mais ce n'est qu’une supposition, et le danger de l’espoir est bien trop grand, la chute est inévitable et bien trop douloureuse quand on s’est envolé dans ses rêves. Non, je ne suis pas encore prêt à rêver, mon monde est encore un cauchemar, je crains encore trop l'espoir bien que maintenant je l’attende.
Alors nous y allons, nous descendons les quelques marches de l'entrée, nous dirigeons à travers la forêt, entre les grands arbres, respirons cet air frais qui détend chacun de nos muscles. Nous sommes encore trop distants l’un de l’autre, Robbin et moi, pour diminuer la distance qui nous sépare. Nous avançons de front, mais pourtant tellement loin l’un de l’autre. Alors je contemple, le chemin de terre creusé d'ornières qui s’enfonce dans les sous bois, les buissons s'abritant aux pieds des feuillus qui exhibent fièrement leurs vertes couronnes dans les hauteurs, les insectes qui dansent au dessus du sol dans les dernières lueurs du jour, les cheveux de Robbin qui couvrent ses épaules. Et sa voix.

- Est-ce que tu comptes boire aujourd’hui ? Est-ce que tu es déjà saoul ?

La magie est brisée. Le rappel de mes erreurs.

- Robbin… tu as vu à quel point l’alcool me porte préjudice, non, je ne veux pas une soirée d'excès, non je ne suis pas saoûl, et non, je ne me saoulerais pas, pas devant toi.

Et nous continuons à suivre la piste, à direction du village de Cairnholm. Bientôt les bois font place à une étendue aérée aux senteurs iodées de l'océan. Le chemin se faufile entre les prairies, l'harmonie semble régner. Je m'approche un peu de la jeune particulière. Son corps ne doit pas sembler tellement plus jeune que le mien pourtant une éternité nous sépare. Les malheurs viennent de bouleverser sa vie, ils n’ont pas encore eu le temps de fermenter et de la détruire définitivement ; quand à moi, j’ai déjà un genoux à terre. Ça ne doit pas lui arriver. Je la vois aller de l'avant, le regard droit devant elle, effectuant chaque pas dans la plus parfaite maîtrise.
Robbin a le droit à un futur.

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MessageSujet: Re: Passerelle - marathon ft. Robbin Keller   Ven 30 Juin - 2:05

Coup d’œil à ta gauche.

Coup d’œil à ce particulier, pas encore un homme, plus qu’un enfant.

Un adulte dans la peau d’un adolescent. Un adolescent, au regard d’adulte. Et ces souvenirs qui flottent entre vous, comme un mur de briques noires mais qui, en même temps, est la seule chose qui vous relie.
Ce rempart n’est pas infranchissable.
Qui sait.

Peut-être un jour glissera dessus une échelle. Pourras-tu un jour la grimper et passer au-dessus ?
C'est une belle espérance, en tout cas, que ta timidité et ta méfiance n'osent exprimer.


« Robbin… tu as vu à quel point l’alcool me porte préjudice, non, je ne veux pas une soirée d'excès, non je ne suis pas saoûl, et non, je ne me saoulerais pas, pas devant toi. »


Le rouge te monte aux joues.
Rouge de confusion.
Rouge de gêne.

Tu baisses les yeux vers le sol, incertain sous le noir de la nuit qui peu à peu descend sur l’île.
L’île, auréolée d’éther brumeux et de silence bruissant.
Le silence est une illusion, celui d’une paix absolue.

Mais elle n’existe pas, ni dans cette nature somnolente, ni dans ton esprit.

Tu soupires discrètement et passes une main dans ton cou, sous tes cheveux. Tes yeux sont rivés devant toi, attentifs à ne trébucher sur aucune branche traîtresse.


« Pas devant moi… C’est dans tes plans alors ? »


Question rhétorique.
Question qui n’en n’est pas une.

Bien sûr que c’est dans ses plans.

La forêt a fini d’étaler son humus et sa terre fertile sous vos pas, remplacée par les pierres inégales de ce village inconnu. Village inconnu, visages étrangers. Combien de temps cela te prendra-t-il de se faire à ce décors ? Quelques semaines de plus ? Un mois ? Un an ? Une éternité ? Les Sépulcreux, seront-ils toujours là pour te tenir compagnie et te souffler leur haleine de mort à la face ? Pour te rappeler que leurs crocs ont déchiré tes amis ?

Tu secoues la tête.
Fermes les yeux, un instant.
Avant de les relever droit devant toi et d’enfermer tes pensées au plus profond de ton esprit.

Ne plus y réfléchir. Se concentrer sur Edward, sur sa fiancée décédée.


Vous arrivez aux portes du village, tu n’as pas remarqué que le particulier s’est rapproché de toi.
Tu ne veux pas le regarder, même si les années de son passé se bousculent dans ton crâne.

La place publique se dessine devant vos silhouettes frêles, si frêles en comparaison à ces bâtiments solides et inébranlables. Ni le froid ni le vent ne les ont terrassés, ni même la guerre. Ni même le temps, arrêté en ces lieux.

Tic, tac, tic, tac, tic, tac, tic, tac.
Silence.

L’horloge s’est arrêtée, et l’aiguille s’en est retournée.
Le jour a recommencé.

Tu t’arrêtes devant les devantures ternes, sans y voir aucun établissement accueillant. Pas un chat dans les rues, et à peine une ménagère qui se hâte à vingt mètres de vous.


« Quand j’étais encore en Angleterre, quand je n’ignorais encore l’existence des boucles, je n’allais pas souvent au village. »


Un souffle de voix.
Une tentative de socialisation.
Pourquoi ?


« C’était rarement animé. Les gens n’aimaient pas traîner dehors même si nous n’étions pas en guerre. »


Tu pointes du menton la femme qui disparaît rapidement de votre vue, maintenant. Elle est l’exemple même de tes propos.


« Ils ne se faisaient pas confiance… Pas vraiment. Et là où j’ai grandi, la confiance n’est pas quelque chose qui s’accorde facilement. Pas si on veut survivre une année à Edelsen Bridge. »


Edelsen Bridge, le nom de ton orphelinat. Il n’a pas à le savoir ça.

Tu le regardes, enfin. À travers l’air nocturne, tes yeux trouvent les siens. Tu n’as pas à en dire plus. La confiance se mérite, et tu n’as encore aucune raison de la lui donner. Au moins, les choses sont claires.


Tu n’as jamais été douée pour te sociabiliser de toute manière.

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MessageSujet: Re: Passerelle - marathon ft. Robbin Keller   Ven 30 Juin - 2:57

Durant un moment, plus aucune parole n’est échangé. Le grillon des criquets empli l’espace. Et puis Robbin ajoute quelques mots :

- Pas devant moi… C’est dans tes plans alors ?

De nouveau, le silence des mots s'installe. Elle sait, rien ne sert de lui mentir. Elle a senti les effluves de l’alcool, a ressenti le brûlure de la boisson, et a vu, a vu toutes ces nuits de désespoir, a vu ce que personne d’autres ne soupçonne. Une dépense, une nécessité, un besoin qui déchire mon être, je ne sais plus comment réagir, je bois. Alors est-ce dans mes plans ? Non, je ne prévois pas de m'abandonner à tel ou tel tord-boyaux, mais leur emprise est bien trop forte pour que je puisse affirmer que je n’y toucherai pas. C'est ce que je suis, encore une fois, Robbin m’a permis d’y voir plus clair.

- Tu vois mon passé, je ne vois pas mon futur. Je ne sais pas ce que je ferai, plus tard, cette nuit, demain matin, mais je sais que maintenant nous… je ne t'infligerais pas ça, je ne veux pas que le souvenir que tu auras de ce moment ai l’odeur du whisky.

Les mots n’ont pas été violents, ils se sont écoulés paisiblement, doucement, honnêtement, sans rancune aucune.

Le voilà qu’il s'enfuit, une fois encore, le verbe. Ces instants de mutismes mutent peu à peu en moments de partage. Une confiance commence à s’installer dans cette absence de mots, une confiance légère, mais il y a bien quelque chose. Cela commence par le fait que l’on puisse prolonger le silence en étant à l'écoute, et en espérant que l’autre le soit aussi.

Les sirènes sonnent, la population s'affole, chacun regagne son logement, affolé. Et nous d'avancer confiants, l’explosion n’aura pas lieu entre nous.

Et voilà l’instant où la boucle se renferme et nous renferme.

Les maisons se dressent à présent de part et d’autres de ce qui devient la grande rue. Elle sont miteuses pour la plupart, bien tristes.

- Quand j’étais encore en Angleterre, quand j’ignorais encore l’existence des boucles, je n’allais pas souvent au village.

Une phrase. Une seule phrase, une passerelle qui se créer. Ce n’est pas un viaduc, ni même un pont, mais c’est un début de relation, fragile, incomplet, mais naissant.

- C’était rarement animé. Les gens n’aimaient pas traîner dehors même si nous n’étions pas en guerre.

Robbin, qu’as tu vécu ? Ainsi tu n’as jamais connu le bonheur ?

- Ils ne se faisaient pas confiance… Pas vraiment. Et là où j’ai grandi, la confiance n’est pas quelque chose qui s’accorde facilement. Pas si on veut survivre une année à Edelsen Bridge.

Ses mains se cachent délicatement dans des gants simples mais jolis, un gilet gris couvre pudiquement une robe verte sans extravagance aucune, qui ondule sur ses genoux.

Je sens son regard peser sur moi, une flamme de glace y brille. La passerelle tangue au-dessus du vide.

- Robbin, qu’as tu vu ? Je me suis trompé, totalement trompé, j’ai cru que… que cette attaque avait brisé une vie joyeuse, mais n’as tu jamais connu le bonheur ? N’as tu jamais eu une épaule où pleurer ? Robbin, tu sais… je ne veux pas ton malheur, il y en a assez dans le monde pour que j’en rajoute, alors…

Je ne peux finir ma phrase, les mots restent coincés dans ma gorge. Alors, ai confiance.

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MessageSujet: Re: Passerelle - marathon ft. Robbin Keller   Ven 30 Juin - 3:24

« Tu vois mon passé, je ne vois pas mon futur. Je ne sais pas ce que je ferai, plus tard, cette nuit, demain matin, mais je sais que maintenant nous… je ne t'infligerais pas ça, je ne veux pas que le souvenir que tu es de ce moment ai l’odeur du whisky. »

Tu pousses un petit soupir.
L’odeur du whisky. Omniprésente, dans les souvenirs plus récents d’Edward.
Le whisky. Âpre et ambré. Fluide à l’intérieur de son armure de cristal. Brûlant au fond du gosier.

« Quel souvenir suis-je sensée avoir de ce jour ? »

C’est un murmure pour toi-même, que l’espace vide entre vous ne peut porter.


Vous êtes au village, et les habitants affolés par les sirènes se sont réfugiés chez eux. Ce n’est pas nécessaire, les bombes n’atterriront pas sur vous aimerais-tu leur dire. Tu suis la course de la femme en robe jusqu’à une porte close, qu’elle ouvre rapidement et referme sur un intérieur noir. Ton regard se lève au ciel, encore imberbe de tout avion de fer blanc. Cette île est encore pour quelques heures préservées de ces morceaux de mort qui tomberont là-bas, par-delà la forêt. Mais il n’exploseront pas, évidemment. L’Ombrune les en empêchera.
Tu débutes la conversation, et tes mots sonnent brutaux dans le calme relatif de ce village désert.

« Robbin, qu’as tu vu ? Je me suis trompé, totalement trompé, j’ai cru que… que cette attaque avait brisé une vie joyeuse, mais n’as tu jamais connu le bonheur ? N’as tu jamais eu une épaule où pleurer ? Robbin, tu sais… je ne veux pas ton malheur, il y en a assez dans le monde pour que j’en rajoute, alors… »

Tu le regardes en fronçant les sourcils, et un rire jaune se forme en toi, comme une bulle d’acide prête à exploser. Mais qui, au final, s'éteint en silence dans ton ventre, sans faire de vague. Tes lèvres restent closes. Dans ton regard, une accusation silencieuse et injuste.

Une vie joyeuse ?

Quel rêve, oh pauvre fou.

Tu secoues la tête. Doucement.

« Le bonheur, je l’ai connu. Brièvement. »

Quatre ans. Quatre ans et quelques mois, réduits à néant en moins d’une heure.

« Mais comme tu dis, il y a trop de malheur dans ce monde pour en rajouter davantage. »

Tes yeux se lèvent vers lui et tu le regardes longuement, sans rajouter quoi que ce soit. Sa vie, son passé… Tout ça tu connais. Tout ça, il te l’a livré brut et violent. Il n’est plus le seul à devoir vivre avec, tu supposes.

Tu poses alors une question qui te taraude depuis bien des jours, en changeant de sujet comme s’il n’avait rien été.

«  Comment as-tu su que je pouvais voir ton passé ? Avant même que je ne puisse te l’avouer ? Tu ne me l’as jamais dit. »

Et je ne te l’ai jamais demandé.
Beaucoup de choses ont été dites, ou avouées, ou tirées à la lumière de force.

Mais pas ça.

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MessageSujet: Re: Passerelle - marathon ft. Robbin Keller   Ven 30 Juin - 4:18

- Le bonheur, je l’ai connu. Brièvement. Mais comme tu dis, il y a trop de malheur dans ce monde pour en rajouter davantage.

Et ce regard, froid, accusateur, perçant. La seule chose que je ressens en ce moment c'est un pincement au cœur. Elle a tout vu, elle ne m’a pas épargné, alors pourquoi ne me laisse t-elle pas partager son fardeau ?

- Comment as-tu su que je pouvais voir ton passé ? Avant même que je ne puisse te l’avouer ? Tu ne me l’as jamais dit.

Le pincement est devenu un nœud dans ma gorge, pourquoi change t-elle de sujet ? Je murmure :

- Je ne sais pas, je croyais que c'était l’effet que ça faisait à tout le monde. Ou peut-être que c’est l’alcool qui pour une fois m’a donné plus de lucidité.

Ce nœud qui m'opprimait est maintenant un poids douloureux, pourquoi ?
Je m'arrête de marcher, me tourne vers elle. Mes yeux la scrute, ne peuvent bientôt plus quitter les siens, elle est belle, n’est-ce pas ? Des yeux d’un bleu magnétique, des cheveux qui encadre un joli visage, un visage qui est hermétique.
Je n’arrive pas à comprendre ce qu’elle ressent, à imaginer ce à quoi elle pense. Et ce n’est pas la fatigue, bien​ que je sois épuisé. La cause est beaucoup simple, elle me repousse, de la même façon que l’on chasse un animal malade.
Nous voilà proches malgré tout, et la peine est lourde ; si seulement Robbin m’accordait sa confiance, tout serait tellement plus simple. Mes doigts saisissent doucement l'extrémité des ses gants, sans brutalité, sans la violence que j’ai eu la dernière fois que je l’ai touché.

- Robbin, tu ne m’as jamais rien dit, rien sur le fait que tu m’en veuille tant, rien sur la haine que tu me voues peut être, et rien, rien, sur ce que tu as traversé. Tu as lu en moi comme dans un livre ouvert, mais je ne sais rien de toi. Je me suis moi même enfermé dans le silence après la mort de Clementine, et tu as vu ce que ça a donné, un type rongé par l’alcool. Tout cela tu le sais, alors ne te renferme pas, ne deviens pas ce que je suis, s’il te plaît.

Hors Rp : désolé pour la taille du rp, je dors.
05:18:34

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Dernière édition par Edward Brokenshield le Sam 1 Juil - 21:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Passerelle - marathon ft. Robbin Keller   Ven 30 Juin - 21:51

« Je ne sais pas, je croyais que c'était l’effet que ça faisait à tout le monde. Ou peut-être que c’est l’alcool qui pour une fois m’a donné plus de lucidité. »


Tu secoues la tête, doucement. Comme l’oisillon engourdi dans son nid.


« Personne… ne l’a jamais su. »

Ou du moins, avant que ta soi-disant folie ne les alarme. Avant que tes cris ne leur fassent peur.
Ta propre terreur au contact de leur passé, extériorisée, hurlée.

Tes jambes s’arrêtent d’elles-mêmes, à quelques pas d’un bar aux dehors accueillants – ou du moins autant que ne le permet la situation du jour. Les bombes à moins de trois heures de l’île, et les lumières dansantes d’une fête qui traversent les fenêtres. Ton regard brille un instant du faste inattendu du Priest Hole puis dévie sur le particulier. Ce dernier, il constate ton absence à ses côtés, il s’arrête, il se retourne. Il s’avance vers toi, et tu ne recules pas comme ton instinct te le dicte. Au lieu de quoi ta tête se penche sur le côté, et tu le regardes en légère contre-plongée pour observer son visage. Ses traits, illuminés par les lueurs de l’établissement. Ses yeux, aux eaux tourmentées, qui te fixent.

Qui te troublent.
Et pourtant, tu ne laisses rien paraître sinon une froideur voulue. Loin d’être naturelle.

Confiance.

Confiance.

Pas encore.

Un mouvement se déclare et tu baisses la tête.

Ses mains. Blanches.
Tes mains. Gantées.
Leur étreinte, douce.

Tes doigts se crispent un instant dans ceux de l’Anglais, mais ne se rétractent pas tout de suite. Tu n’oses pas affronter ses expressions, et te contentes de fixer la paume dénudée d’Edward. La froideur de sa peau, tu peux la sentir à travers le mince tissu. Glacial, comme l’air. Glacial, comme toi.

« Robbin, tu ne m’as jamais rien dit, rien sur le fait que tu m’en veuille tant, rien sur la haine que tu me voues peut être, et rien, rien, sur ce que tu as traversé. Tu as lu en moi comme dans un livre ouvert, mais je ne sais rien de toi. Je me suis moi même enfermé dans le silence après la mort de Clementine, et tu as vu ce que ça a donné, un type rongé par l’alcool. Tout cela tu le sais, alors ne te renferme pas, ne deviens pas ce que je suis, s’il te plaît. »

Ta main, elle se crispe dans la sienne. Soubresaut involontaire qui trahit ton inconfort.
Ta main, elle glisse brusquement de la sienne.

Pourquoi lui en vouloir tant ?
Pourquoi ?
Pourquoi lui cacher tout ce que tu as vécu, juste comme tu t’es renfermée à l’orphelinat ? Pourquoi faire de ton passé mêlé à ceux de tes semblables un enfer sur Terre ? Pourquoi vouloir oublier cette soirée, votre rencontre ? Pourquoi ne pas vouloir l’aider comme le souffle ton instinct ? Pourquoi rompre tout contact alors même qu’il n’a été qu’amorcé ?

Beaucoup de questions à l’unique réponse.

Confiance.
Celle que tu n’es pas prête à redonner de sitôt.

Tu aimerais, mais le chemin à accomplir est si long…


« On devrait… On devrait rentrer là-dedans. Il commence à faire froid. »

La fuite, encore une fois, comme quand tu as abandonné tes compagnons aux gueules des Creux cette soirée-là.
Une soirée sombre et de destruction. Comme celle-ci.

Tu dépasses en vitesse le particulier sans le regarder. Seulement, au moment de pousser la porte du bar tu te retournes vers lui en plantant tes yeux dans les siens. Un murmure décidé s’échappe de ta bouche, comme une promesse.

« Et je ne finirai pas comme toi. Ne t'inquiète pas. »

Ta main à plat contre le bois pousse le battant de la porte et tu t’avances dans la lumière.

Relents d’alcool. Effluves de transpiration. Peur omniprésente.
Tu recules brusquement, te heurtes au torse d’Edward.
La fête, elle est loin, et les quelques piliers de comptoirs ont leurs doigts crispés sur leurs verres à demi-pleins. Tes yeux balaient la salle et n’y trouve que des visages inamicaux. Certains rougeaux, déjà bien entamés par la boisson, leurs paupières tombantes. Eux sont insensibles au danger à venir.

Tu déglutis et t’avances précautionneusement. Tu jettes un coup d’œil à ton compagnon et pour la première fois de la soirée, tu lui accordes un semblant de foi.


« Tu en reconnais certains ? »

_________________

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MessageSujet: Chiasme.   Lun 3 Juil - 13:34

Un temps, le temps s’arrête. La douceur de la soie, le contact de sa main, la beauté de sa chevelure ; l'un près de l'autre, nous nous tenons debout. Innocement.

Ne traverserait-t-elle pas la passerelle ?

Volontairement. Nous nous tenons distants, l’un face à l’autre. Ses cheveux qui ondulent en s’éloignant, l’absence de sa main, la caresse du tissu qui glisse. Le temps d’un instant.

Elle presse le pas, elle ne s'arrête, vers la taverne.

Tel la mer qui se retire doucement à marée basse, la soie de ses gants caressa mes doigts, avant de s'échapper. Je n’ai rien tenté pour l’en empêcher. Et la voilà déjà à la porte de cet horrible établissement. Que fait-elle ?

Elle me regarde, ses yeux me fixent. Plus rien au monde n’existe, si ce n'est ce brin de fille aux cheveux lachés, à quelques pas de moi ; rien qu’elle, son visage et l’ouragan, ses cheveux et le mistral, son corps et la tempête qui l'enveloppe de ses bras de brouillard noir. Je suis en train de la perdre, alors qu’aucun lien n’a jamais été tissé.


“ … pas comme toi, ne t’inquiète pas. “

Je me sens engourdit, comme au sortir d’un rêve, reprends conscience de la réalité.
Je n’ai pas vu, je ne fais pas d’hallucinations, mais je suis au bord de l'épuisement et la dépression n’ai jamais loin. Je n’ai pas réalisé un instant ce qu’il se passait, et je ne l'ai pas retenu. Elle pousse la porte du pub sans un instant d’hésitation, mais diantre, qu’est-ce qui la pousse, elle ?

Trois foulées et me voilà derrière elle, sur le seuil de ce lieu abominable. Trois foulées où ses mots résonnent dans mon crâne​ : “ pas comme toi “, pas comme moi, un alcoolique, pas comme moi, un désespéré, pas comme moi, une nuisance dont on s'écarte.

Elle a un mouvement de recule, son corps heurte le mien, mais avant méme que je puisse exquisser le moindre mouvement pour l’aider, elle a retrouvé son assurance ; Robbin n’a pas besoin de moi pour retrouver l'équilibre dans la vie. “ Ne t’inquiète pas.” Ne t'inquiète pas, j'avançais toujours la tête haute, ne t'inquiète pas, de la même façon que je ne m'inquiète pas pour toi.

L'amertume me noue la gorge, intérieurement, je suis convaincu qu’elle n’a jamais voulu dire cela, qu'elle répond simplement à ma supplication, qu’elle a entendu mes paroles et que les siennes contiennent une forme de promesse. Et pourtant… “ Je ne finirai pas comme toi. Ne t'inquiète pas. “

- Tu en reconnais certains ?

Pardon Robbin ? Est-ce que j'en reconnais certains ? Quelle question ! Des années se sont écoulés, pourtant le temps n’a pas cicatrisé les blessures. Lui, cet homme grassouillet qui rit de moi, que j’ai battu à la descente d’alcool, cet autre qui m’a empoigné, m’a envoyé valser contre une table, le gérant qui les a sommé de me rouer de coup à l'extérieur de son bar, et ce rustre là qui l’a prit au mot. Alors oui, j’en reconnais certains, et ce n’est pas pour rien que je n’ai jamais remis les pieds dans ce lieu infect. Robbin, tu crois peut-être​ me connaître pour avoir dénudé ma pensée un instant, mais tu as encore tellement à comprendre sur moi… Je bois, et pourtant je ne suis pas un poivrot, comme tu semble le croire, je t’ai violenté et pourtant je ne pourrai consciencieusement te faire le moindre mal, je ressens de l’affection pour toi mais pourtant il n’y a pas l’once d’un désir amoureux en moi. Mais pourquoi te l’avouer ? Tu me refuse le moindre fragment de ton passé, pourquoi t’abandonnerais-je mes pensées ?

- Est-ce que j’en reconnais certains ? Ça se pourrait… En fait, si je me souviens bien, j’ai même une histoire passionnante, dans laquelle je joue un rôle un principale, qui s’est déroulée ici-même… Mais je ne te la livrerais pas, si ce n'est en échange d’un souvenir.

Je m’approche d’une table près de la sortie, tire une chaise à Robbin. Les rustres qui occupent le lieu reprennent leur discussion, en criant, en s’esclaffant, en riant grassement. Ils jettent tous un œil plus ou moins discret, et plus moins que plus, à la jeune fille qui s’est aventurée dans leur antre. Et bientôt le plus gros et le plus rougeâtre de tous, de la fixer du regard indécemment, un verre à la main, un rire gras à la gorge. Il est temps de les dissuader.

- Une bière et un quigon de pain pour moi, et pour la demoiselle, ce sera…

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