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 [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller

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MessageSujet: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Sam 22 Oct - 21:04

Le soleil se couchait déjà sur la boucle, quand je sortis enfin de la maison, toute propre et les cheveux encore un peu humides, pour passer derrière la maison, à l'orée de la forêt. C'était un endroit où très peu de particulier venait, surtout à cette heure-ci, où la plupart étaient soit dans les jardins à profiter des tous derniers rayons de soleil, soit sur la plage, soit dans la maison. Et même en pleine journée, je doutais que beaucoup ne vienne dans cet endroit. Pas qu'il soit lugubre et malfamé (un endroit malfamé dans une boucle, on aurait tout vu) mais plutôt qu'il y faisait plus sombre à cause de l'ombre de la maison, et donc plus froid, et, de surplus, c'était la forêt où étaient cachées les ruines. Or, tous les particuliers connaissaient leur emplacement, et les évitaient le plus possible. Les fantômes, les êtres revenus de l'au delà ? Sérieusement, qui y croyait ? Qui pouvait y croire ? Que des vivants morts reviennent finalement à la vie d'une certaine façon ..? Non, les seuls fantômes que je connaissais se trouvaient dans ma tête, ils se nommaient essentiellement Maman, Papa, Pyromane voire parfois Camille, pour les plus récurant. Eux, c'étaient de vrais fantômes, toujours là, mais pourtant invisibles à mes yeux, à part dans mes rêves.
Les feuilles craquaient sous mes pas, j'aimais bien ce bruit, j'y étais habituée à force d'aller en forêt. Les feuilles en haut des arbres se couvrirent peu d'une fine couche de glace, et je me mis à réfléchir à quoi faire. La meilleure chose à faire, serait d'essayer de nouveau de manipuler la température corporelle d'une personne, sans m'épuiser complètement comme la dernière fois, mais pour le faire j'avais besoin de retourner dans le boucle de l'Institut, et d'une seconde personne, or ici il ne faisait pas assez froid et j'étais seule. Donc c'était plutôt difficile. Bon, pas grave. Je haussais toute seule les épaules, et esquissais un sourire en voyant le sol se couvrir lentement de gel. Je n'avais en fin de compte pas grand chose à faire, alors j'allais passer le temps comme je les pouvais. Je m'adossais au tronc d'un arbre, et observais le mur de la maison en face de moi. Lentement, des arabesques de glace se dessinèrent sur la surface solide de la paroi. La glace scintillait, comme une multitude de petites étoiles. J'avais trouvé une toile géante tiens, même si ce n'était pas vraiment de la peinture... Et le temps passa, je ne bougeais pas, les yeux toujours rivés sur ce qui s'étendait en face de mes yeux. C'est pourquoi en me levant, pour approcher un peu, je ne vis absolument pas ce qui arrivait.    

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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Sam 22 Oct - 22:24


« Merde. Merde, merde ! »

Tes cris retentissaient dans la forêt vide. Le son a semblé se répercuter dans les feuilles florissant sur les branches. Pendant un instant, tu es restée à les observer sous la lumière orangée, celle qui annonçait que bientôt, les ombres des arbres allaient s’allonger par terre, que le tendre astre lunaire se coucherait afin de faire place à son homologue de la nuit, et qu’il allait bientôt falloir rentrer. Et pourtant, ton regard méditatif restait collé sur la voute émeraude.
Certains – les pragmatiques – disent que c’est à cause de la chlorophylle que les feuilles sont si vertes. Que, l’automne venu, ces petites particules s’évacuent de ses minces poumons végétaux et que c’est ainsi que d’autres pigments se rendent plus voyants à nos yeux candides. Une autre fille dans la boucle qui manipule les végétaux te l’aurait expliqué autrement, tels des amis intimes dont les secrets se révèlent au creux de son âme.
Et toi ? Qu’en pensais-tu ?
Tu soupiras lourdement. La réponse vient aisément. Qu’il ne servait à rien de se demander ça plus longtemps, étant donné que tu ne savais même pas si tu reverrais un jour l’automne revêtir son trente-et-un. Dommage, c’était ta saison préférée.

Tu rentrais à pas vifs à la maison, un gant droit lacéré maladroitement enfilé sur une paume sanglante. En chemin, tu repensais aux derniers événements. Explorer la forêt de ta première boucle avait été un formidable passe-temps, créant ainsi des souvenirs devenus douloureux mais qui, avec le temps, s’étaient émoussés. Tu t’étais formellement interdit, en arrivant à Cairnholm, de réitérer pareilles expéditions, convaincue que c’était ce manque de prudence qui avait conduit ta boucle à sa perte. Les années passant t’avaient naturellement révélé l’erreur de ton jugement, mais tu continuais à éviter soigneusement cette partie-là de l’île. Et puis, il y a quelques mois, ce désir de sillonner cette étendue verte a refait surface, cette même envie de retourner dans les bras de la forêt. Alors, tu y avais été. Ce jour là, c’était à peu près le cinquantième que tu passais auprès des arbres. Quelques jours volés à l’ambiance de la maison, quelques jours qui semblaient s’extraire du quotidien de ta boucle.
Aujourd’hui, tu avais commencé à t’aventurer dans une nouvelle partie du bois. Le  sapin septante mètres après la lisière sombre, puis tout droit pendant vingt mètres. Sauter au-dessus du rocher. Passer à côté de deux arbres jumeaux, presque siamois. Escalader un large tronc couché parmi ses semblables toujours debout, toisant avec dédain cet être qui avait succombé. Et puis, avant même que tes pieds ne retombent de l’autre côté du corps inanimé du végétal, un animal a foncé droit dans ta direction. Il t’a heurté violemment, et précipitée vers le sol terreux pour continuer sa course folle. Tu t’es relevée avec lenteur, encore sonnée. Tout s’était passé en quelques secondes, juste le temps d’apercevoir deux yeux noirs enfoncés dans une fourrure brune. Juste le temps de se sentir bousculée et juste le temps d’avaler quelques grains de terre esseulés. Tu ne t’étais pas fait mal, mais la chute avait éraflé le tissus du gant sur toute sa longueur, jusqu’à laisser un fin filet de sang – qui s’étala rapidement – sur ta paume. C’était alors que tes injures avaient retenti.

La silhouette solide et familière de la maison s’est bientôt profilée à travers le soleil couchant et les branches les plus basses, et tu as pressé le pas. Maugréant contre ce fichu cerf – à moins que ce ne fût un autre animal ? –, toute ton attention était fixée sur tes pieds. Et pas sur la personne à qui tu te heurtas. Encore. Deux fois en une journée, ça commençait à bien faire.
La chute a été plus dure que la dernière fois, n’ayant pas le tapis confortable de la forêt pour amortir ta chute, mais un sol dur et poussiéreux. Tu étais près des ruines, évidemment. Tu as retenu un juron – trois en une journée t’avaient suffi – et levé les yeux vers celui avec qui tu t’étais heurtée. Ou plutôt, celle. Un corps fin, une attitude aussi sonnée que la tienne et des cheveux blonds qui s’étaient rabattus sur son visage dans votre chute commune. Tu t’es prestement relevée. C’est là que tu as vu la fresque glacée sur le mur de briques rouges. Quelques secondes soutirent ton regard étonné. Les arabesques givrées se croisaient et s’entremêlaient, couvraient entièrement la façade jusqu’à ses extrémités. C’était magnifique. Sauf qu’impossible en temps normal. Mais ne l’oublions pas : le possible et l’impossible se côtoyaient en cœur dans cet univers figé dans le temps.
Tu t’es souvenue de la fille que tu avais bousculée et t’es retournée vers elle. Ta première impulsion de la maudire rapidement passée, tu lui as machinalement tendu la main – la droite, malheureusement.

« Désolée, je ne faisais pas attention. C’est toi qui as fait cette chose sur le mur ? C’est magnifique. »

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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Sam 22 Oct - 23:27

Je ne m'étais pas attendue à sentir, soudainement, une masse, pour le moins vivante, me heurter. Et encore moins que cette masse soit une particulière qui venait de sortir de la forêt, qui plus est, dans un sale état : il y avait des marques de terre sur ses habits, ses cheveux blonds étaient un peu décoiffés, et puis elle avait un gant, dont le tissu se teintait de rouge du côté de la peau. Il était également possible d'apercevoir sa peau sous le textile. Soit elle sortait de l'Institut en tant que dégénérée qui venait de s'échapper, soit elle s'était fait poursuivre par des dégénérés dans la forêt, au choix… Je n'étais évidemment pas sérieuse, mais c'était la première chose qui me venait, et ce fut ce que je vis, lorsque j'eus relevé la tête après être tombée complètement au sol à cause de l'impact. Le sol était mi-gelé mi-rocailleux, alors bon, forcément que la chute n'était pas agréable, en même temps, l'ombrune ne risquait pas de mettre de la mousse d'arbre de partout, au cas où, bon dieu ! Un de ses enfants tomberaient ! La jeune fille qui m'était inconnue s'était déjà relevée, alors que j'en étais encore à me demander ce qui s'était passé. Certains étaient plus vifs que d'autres, disons que j'étais sur le cul, littéralement, au sens propre comme figuré. Surprise par cette brusque interruption qui m'avait stoppée net dans mon occupation du moment, en fait. Je relevais les yeux, et la jeune femme était retournée sur mon mur de glace. Elle semblait aussi surprise que moi sur le moment… Au moins les présentations étaient faites : bonjour, moi c'est Anaïs, comme tu peux le voir je maîtrise la glace. Ouaaais, c'est un don assez sympa quand on sait l'utiliser, faut l'avouer, il m'a sorti de nombreuses catastrophes, notamment lorsque l'estre nous était tombé dessus et que Elsa et William étaient inconscients. Quand je me rendis compte d'avoir pensé ceci, je me mis immédiatement à prier le Seigneur qu'elle ne soit pas télépathe, et comme elle ne me faisait pas de tête de poisson hors de l'eau, j'en vins vite à la déduction que non, non elle n'était pas comme Louis. Une brève lueur sombre passa devant mes yeux. Ne pas y penser, voilà, exactement, ne pas y penser, tout sauf à ça… Je mis un temps conséquent avant de me rendre compte qu'elle m'avait tendue une main gantée, occupée à trouver quelque chose pour faire dériver mon attention de Louis. J'avais le réel sentiment de devenir de moins en moins sociale, suite à l'Institut. Depuis notre retour, et depuis la mort de Louis, je n'avais plus parlé à grand monde. Et je m'en rendis compte à ce moment précis, parce que je trouvais encore moins vite que d'habitude ce que je pouvais lui dire. En même temps, je passais le plus clair de mon temps dans la forêt, ou en voyage, en bref, tout pour penser le moins possible en étant ici, ou alors, justement, éviter le plus possible de rester ici. C'était, ça aussi, une possibilité. Le problème était que je doutais de pouvoir changer de boucle : avec les estres qui rodaient ce n'était plus sûr, et puis, la maison de William, c'était ces bois, je ne pouvais pas lui demander de les quitter comme ça, ce serait trop égoïste. Non, j'allais faire avec, comme toujours. Me débrouiller et assurer, parce que je n'avais pas le choix, et surtout ne rien dire, puis les choses changeraient peut-être avec les temps, nous avions l'éternité devant nous, après tout... Oh mon Dieu, s'il vous plait, qu'elle ne soit pas empathe comme Alex non plus… Je n'avais pas réellement envie d'expliquer ces sentiments plutôt néfastes qui me parcouraient pour le moment. Au lieu de ça, elle me complimenta sur ce que j'avais fait au mur. Comme quoi, les deux sujets n'avaient absolument aucun rapport, et c'était très bien comme ça.

- Hum, je.. Hum, merci…, souriais-je avec hésitation.

Je pris la main qu'elle tendait, en y allant doucement puisqu'elle saignait (hé oui, moi les blessures, le sang, je commençais à être habituée aussi, avec un William qui se blessait n'importe où n'importe comment, j'allais bientôt pouvoir devenir infirmière). Anaïs infirmière... Tiens, j'aurais pu faire ça comme métier si j'étais restée dans le présent... Bref, ce n'était pas le but de la conversation. Quelle conversation aussi ? Mais hum, celle qu'on allait sûrement débuter d'ici peu.

- Et ce n'est rien, je suis habituée à tomber depuis le temps, fis-je, en souriant entièrement cette fois.

Et ce sourire aurait pu rester si la jeune fille n'avait pas fait une tête bizarre, voire inquiétante.

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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Dim 23 Oct - 3:03

La fille te semblait plongée dans ses pensées. Mais, plus vraisemblablement, elle devait sans doute se remettre de sa chute. Non pas que tu ne la prennes pour une sombre demeurée, mais l’exercice de sa particularité devait probablement prendre toute son attention, et tu lui étais violemment tombée dessus. Au bout d’un petit temps, la blonde a paru sortir  d’un vif débat intérieur, dont tu espérais que le sujet n’était pas de se décider si, oui ou non, elle devait te geler sur place. Certes, la réaction aurait été bien disproportionnée, mais ajouté le fait que tu ne t’étais pas excusée – ou si peu – et que tu ne savais pas encore déterminer, faute de preuves, l’état de sa santé mentale, il fallait rester sur ses gardes. Et effectivement, tu l’aurais dû. Mais contre la dangerosité possible de la fille, mais plutôt à propos de ta propre imbécillité.
Elle te saisit de la main fermement, et alors que tu sentais son poids contrebalancer le tien, une infime parcelle de sa peau froide frôla la tienne, poisseuse de sang. Et les souvenirs commencèrent à affluer, trop soudains et inattendus pour que tu ne penses tout de suite à les chasser.


Le plancher tremble sous leurs pas lourds et énergiques. Elle sent le sol vibrer légèrement à chaque fois, et la petite fille devant elle rit aux éclats. L’odeur enivrante de la bonne cuisine envahit la pièce, telle un gardien qui les protège dans un cocon de douceur. L’enfant la plus âgée plonge sur sa petite sœur en criant « touchée ! ». Cette dernière se retourne vivement, et ses yeux comme un ciel d’été aspirent la maison de leur enfance…

La peur. La tristesse. Comme un poids lourd dans sa poitrine, une chape de plomb qui alourdit ses pas au point qu’elle s’affale sur le sol dur. L’asphalte mouillée, sale, répugnante. Elle se retourne – une dernière fois – vers la porte de sa maison. Le visage dur de son père et sa mère. La mine terrifiée de sa sœur. Cette fois-là, ses yeux abritent un ciel d’orage…

Un hiver insensé au cœur d’une prairie règne indifféremment à l’été qui étend son royaume dans le reste du monde. Un phénix de glace surplombe la fille devenue adolescente, comme un ange arrêté dans son envol pour le paradis. Et puis, soudain, une masse informe qui fonce sur toi…

Tout s’accélère. Les mots, les formes, les couleurs, les sensations. L’asphyxie douloureuse, insupportable, enfin suivie de la pression qui s’en va d’un coup. Une chute vertigineuse et l’estomac qui remonte. Des yeux blancs et globuleux qui font monter une hystérie en elle. Le désespoir face à une silhouette esseulée tournée vers l’infini devant elle ; des yeux profonds et un coup que le temps semble suspendre, des brûlures cuisantes et vives, la peur qui fait battre le sang aux tempes et assiège la poitrine…

Et ce nom, partout, tout le temps. William.



Tu as violemment retiré ta main, les joues cuisantes. Ce film accéléré de mauvais goût n’avait duré que quelques secondes. Pourtant, regarder cette inconnue te semblait dorénavant inconcevable. Elle te semblait maintenant étrangement familière, comme on s’aperçoit qu’on a déjà rêvé de quelqu’un et qu’on le rencontre pour la première fois. Des souvenirs de glace et de sentiments enchevêtrés flottent encore dans ton esprit. Pourtant, au bout de quelques secondes, tu les as chassés, troublée et furieuse. Cette fille t’était toujours inconnue. Tu ne savais rien d’elle, seulement des bribes de son passé – qu’elle ne t’aurait jamais confiées.
Pourquoi avais-tu cédé à la tentation ? Pourquoi n’avais-tu pas arrêté ce geste dès l’instant où ses conséquences retombaient sur toi ? La surprise ne semblait pas être des excuses appropriées. D’ailleurs, aucune raison ne trouvait crédit à ta conscience. C'était mal, et ça pouvait mal finir.

Pourtant, un détail, une fraction de seconde, te revint en tête. Ces yeux. Ces yeux, Dieu, ces yeux. Ils t'inspiraient une panique, une panique vieille comme le monde mais qui se réveillait après des années. Oh, elle n'avait jamais quitté le creux de ta poitrine. Mais tu la sentais s'étirer en toi, comme après avoir somnolé trop longtemps. Il fallait demander, quitte à paraître pour folle.

« L’estre. Dans tes souvenirs. Il est vivant ? »


Et, comme si tu présentais soudain les questions intriguées qui allaient suivre, et la probable non-réponse de ton interlocutrice, tu as avancé les choses avec la sensation de louper quelques étapes. L'anxiété était nettement palpable dans ta voix qui sortit à un débit rapide :

« Oui, je suis une sourcière, c'est-à-dire quelqu'un qui voit le passé des gens rien qu'en les touchant. D'habitude je porte des gants, mais aujourd'hui il s'est abîmé quand je suis sortie en forêt. Et, oui, sincèrement désolée, mais j'ai vu plusieurs de tes souvenirs le temps d'une fraction de seconde. Donc, l'estre ?


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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Dim 23 Oct - 9:58

La jeune femme retira brusquement sa main de la mienne, comme si je l'avais brûlée inconsciemment. L'incompréhension planait. Quoi, elle aussi réagissait mal au contact ? Mais bon Dieu c'était une maladie chez les particuliers ! Je m'étais attendue à quelque chose comme « désolée ma plaie m'a fait mal » ou encore « t'étais trop lourde ma main a lâché » à la rigueur, mais non, elle me parla d'un estre. C'était après tout un sujet tout à fait banal ma foie, parler d'un estre ! « Il va bien oncle Richard, toujours en quête de petits particuliers à qui voler leur âme ? Et Mamie ! Ah Mamie, elle est morte tuée par un aquakinésistes ? Ah quel dommage ! » Non mais sérieusement quel estre ..? Dans mes souvenirs ? Je... je... Je fronçais immédiatement les sourcils. Pourquoi elle voulait me parler d'un estre ? Attendez attendez... et si c'en étais une ? Après tout je ne l'avais jamais vue, je ne connaissais même pas son prénom, et voilà qu'elle me parlait d'estre. Si ce n'était pas le cas, cette jeune femme ne voyait pas à quel point sa question risquait de mettre le doute dans mon esprit ? Mais si elle avait pu fouiller dans ma mémoire, elle devait avoir un don de télépathie très fort, et que donc j'avais eu raison tout à l'heure, et qu'elle n'était pas un estre déguisé. Je ne savais plus quoi en penser, c'était qui elle, au juste ? C'était qui, hein ? Comment pouvait-elle, comment osait-elle me parler comme ça de ma vie ..? Une télépathe ? Réellement ? J'allais encore devoir imposer des barrières pour qu'elle arrête de squatter mon cerveau ou n'y vienne pour creuser mes pensées comme Louis ? Je devais systématiquement tomber sur quelqu'un qui allait raviver de vieux souvenirs ! Franchement, Dieu, t'aurais au moins pu faire ça pour moi et éloigner tous les télépathes du monde, ça aurait été sympathique vois-tu ! Peuh, égoïste. Perplexe, et hésitante à propos de la marche à suivre, je serrais les lèvres en instant, sans répondre. La jeune femme reprit alors la parole, en dévoilant du coup son don. Une sourcière ? Une fille capable de voir mon passé d'un simple contact ..? Non, non non non ça ne donnait pas franchement envie comme tableau ou slogan publicitaire. Surtout en sachant que la plupart des particuliers de cette boucle n'avaient pas vécu des choses très drôles, voire pas du tout, sauf si tomber d'une falaise c'est un sport que vous pratiquez tous les matins... À la rigueur Enora, comme elle avait les capacités pour voler, peut-être ceux qui planaient ou savaient maîtriser l'air, mais ce n'était pas mon cas, je pouvais juste me scratcher pitoyablement sur un océan de glace... ouuuuuh que de choses sympathiques !  J'en étais où encore ..? Ah oui, j'en étais à dire que Dieu était un sacré égoïste. Mais on ne pouvait pas me foutre la paix non ? Juste arrêter de me faire penser constamment à ce que j'ai laissé derrière moi, à ceux que j'ai dû laisser derrière moi... La jeune femme avait donc bien vu un bout de ma vie, peut-être plusieurs, aucune idée. Je scrutais son visage, histoire de voir si elle s'en sortait, si elle tenait le coup (parce que quoi qu'elle ait vu, ça ne devait pas être joyeux joyeux). Je fus également inquiétée par l'anxiété qui faisait vibrer ses mots. C'était l'idée qu'il y ait eu un estre dans notre boucle qui la terrorisait tant ..? Depuis ce soir là, je n'en avais pas revu à Cainrholm, ni même entendu parler. La mort d'un des leurs aurait pourtant dû les ameuter ici, non ? M'enfin, s'ils ne venaient pas tant mieux, je ne m'en porterais pas plus mal. Après ses brèves explications, son attention se reporta immédiatement à l'estre, encore une fois. Bon, elle avait le tact de mettre le doigt où ça ne faisait pas trop trop mal. Ça allait encore. Y avait franchement pire.
Je tirais les manches de ma chemise sur mes poignets, nouveau tic apparut suite à ma sortie de l'Institut et que j'avais en présence de personne que je ne connaissais pas. Comment lui répondre, hein ..? À part être franche et direct, je ne voyais pas vraiment comment.

- L'estre ..? Je l'ai tué. Mais... qu'est-ce que tu as vu quand tu dis avoir accès à mes souvenirs ? Cette histoire d'estre t'inquiète tant que ça, pourquoi ?

Elle avait posé les questions, c'était mon tour à présent.

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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Lun 24 Oct - 19:56

Tes paupières se sont closes. Rien qu’un instant, tu t’es permise de souffler. Ta réaction l’avait surprise, bien sûr. Toi-même ne t’attendais pas à voir cette peur viscérale resurgir d’un coup. Tu regrettais déjà de t’être emportée malgré le sentiment d’oppression qui subsistait encore dans ta poitrine en de vagues échos. Tu regrettais surtout d’avoir accordé autant d’importance à ce détail. Parce que s’il avait été révélateur d’un estre toujours en vie à vos traces, ledit monstre aurait probablement déjà fait irruption dans vos vies. C’était stupide, irraisonnable, et maintenant, la fille te posait des questions. Génial.
Tu as rouvert les yeux et le soleil inondant les feuilles les plus hautes de la forêt t’a aveuglé un instant. Tu as bougé de position et la peinture givrée est réapparue dans ton champ de vision. Ses courbes bleuies fondaient et glissaient sur la surface rugueuse en fines gouttes, faute du pouvoir polaire de la particulière pour contrer les rayons solaires dévastateurs.
Finalement, tu as reporté ton attention sur la fille. Mentir aurait été facile – si facile – mais tu pressentais que ce n’était pas le genre à lâcher prise facilement si elle flairait un mauvais coup. Alors, quoi ? Dire la vérité ? Lui avouer que tu avais une peur bleue des estres et des sépulcreux car tu craignais que ta nouvelle boucle ne soit détruite ? Impossible. Miss Tit avait été très claire lorsqu’elle t’avait recueillie. Bien sûr que tu pouvais rester. Mais n’en parler à personne, sauf en cas d’absolue nécessité, afin de ne pas provoquer de vague de panique inutile. Et, certes, cela faisait plus de cinquante ans et ton interlocutrice avait l’air de tout, sauf d’avoir une frousse bleue des estres, mais quand même. Tu ne tenais pas à te faire bannir pour une faute aussi stupide que celle-là.

Tu as alors remarqué son air interrogateur. Vraisemblablement, tu avais hésité plus que ce que tu ne l’aurais pensé – et dû. Il fallait parler, il était clair que l’adolescente ne partirait pas sans réponse. C’était par ailleurs très compréhensible. Pour une fois, brièvement, tu as essayé de te mettre à leur place, de ceux que tu touchais et dont tu violais la mémoire. Assurément, tu n’aurais pas apprécié qu’un inconnu – peut-être dangereux – rentre dans ta tête sans ton accord, sans même que tu ne puisses t’en rendre compte s’il le souhaitait.
Tu as tenté un sourire, qui apparut vacillant. Ce n’était pas, finalement, l’intrusion qui te causait des soucis, mais plutôt ton incapacité à réagir en vitesse.
Tu as commencé à t’exprimer, mesurant tes propos avec plus de difficulté qu’à l’habitude.

« Ah, bien. Sincèrement désolée d’avoir paniqué. Mais… disons que j’ai côtoyé ces êtres de suffisamment près pour ne vraiment pas avoir envie d’avoir affaire avec eux. Eux, et les creux. »


Imbécile. Mesurer te propos, tu as dit ?

« Enfin, bref. Et ne t’inquiète pas pour tes souvenirs. Si ça arrive par mégarde, comme ici, j’ai plus de mal à contrôler ma particularité et ils arrivent en flash, par rafales. Je n’ai pas eu le temps – ni l’envie, d’ailleurs – d’apercevoir plus de quelques images, ni de les interpréter. C’est pourquoi j’ai juste été interpellée par les yeux de l’estre sans réfléchir. Le contact a duré moins de cinq secondes, donc ta vie ne s’est pas étalée sous mes yeux. »


Tu as pertinemment omis d’ajouter que si ce film avait effectivement été trop rapide sur le moment, il t’était toujours permis de te le repasser et l’analyser autant que ta mémoire le pouvait. Et c’était le cas, justement.
Sans même que tu ne t’en rendes compte, ton esprit critique observait avec intérêt les différentes parties de son passé.
Sans même que tu ne t’en rendes compte, tu as fini par en savoir suffisamment pour retracer grossièrement sa vie.
Sans même que tu ne t’en rendes compte, tu as fini par la regarder d’une drôle de manière.
Mais justement, elle, pouvait très bien s’en rendre compte.

Tu hésitais à partir. Tout semblait avoir été dit, mais, étrangement, cela ne te semblait pas approprié. Pas… convenable.

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Dernière édition par Robbin A. Keller le Sam 5 Nov - 20:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Jeu 27 Oct - 10:47

Je n'arrivais pas à déterminer si c'était une sorte d’inquiétude qui naissait au fond de ma poitrine, due à l'idée qu'une parfaite inconnue ait eu accès à tout ce qu'avait été ma vie jusque ici. Ce n'était même pas quelque chose que je réalisais entièrement pour le moment. Elle avait eu la possibilité de voir toute ma vie… Ce qui passait de Camille, en au pyromane, avec tout le reste entre les deux. Je me mordais la lèvre, le regard plus sombre qu'il y a quelques secondes. Personne n'avait été mis au courant de la raison de mes mois d'absence, et j'avais d'ailleurs décidé de n'en parler à personne, à part Louis. Qui n'était plus de ce monde, alors cette jeune fille était maintenant la seule à savoir. Je devais prier pour qu'elle ne comprenne pas, ce qui était probable, au fond, puisque l'Institut était un grand secret. Victor m'avait fait jurer de ne jamais en parler à quiconque. Donc aucun particulier ne connaissait ce lieu empli d'autres particuliers aux problèmes pour le peu… inquiétants. Et c'était mieux ainsi, comment expliquer que j'avais passé quelques mois dans un hôpital psychiatrique ? Ou alors, encore mieux, comment expliquer que c'était parce que j'avais failli me faire violer par un pyromane, que j'avais finalement fini moi aussi là-bas, avec mon petit copain ..? Je me mordais la lèvre. Normalement, elle ne pouvait rien comprendre sans que je ne lui explique. Normalement…
La jeune femme, dont je ne connaissais toujours pas le prénom, en fait, paraissait hésiter suite à mes questions. Oh, j'avais répondu aux siennes j'estimais moi aussi pouvoir avoir les réponses, sachant que premièrement c'était elle qui s'était introduite dans ma tête, mais que c'était aussi elle qui avait commencé à poser des questions, je n'avais fait que continuer sur cette lancée. Mais elle finit tout de même par y répondre. Puis par rajouter quelque chose censé me rassurer. Je ne savais pas si je pouvais soupirer de soulagement, car nous évitions ainsi toutes les formules gênantes qui pouvaient en découler. Elle n'avait pas l'air, elle non plus, pressée de parler d'elle, de son don, ou de son expériences avec les estres. Ça se voyait dans ses yeux, une lueur de peur diffuse qu'elle essayait de cacher malgré tout, et son sourire qui semblait si fragile qu'un rien aurait pu le briser. Elle n'avait dit que le strict minimum, ni trop, ni pas assez. En tout cas pour elle, parce qu'il était certain que, pour ma part, ce n'était pas une réelle réponse : que s'était-il passé avec les estres ? En avait-elle, elle aussi, rencontré un jour ? Voire pire, avait-elle déjà été victime de ces êtres sans cœur ? Je savais pourtant que je n'aurai pas de réponse si je me décidais à demander. Alors bon, tant pis.
J'interceptais soudainement son regard. Je n'étais pas en mesure de le déchiffrer, de le comprendre réellement. Mais vu la situation, je n'avais pas l'impression que c'était vraiment un regard… mélioratif.  Non, j'avais le sentiment qu'elle aurait presque grimacé un quart de seconde en me regardant si la politesse n'avait pas fait que c'était une réaction déplaisante et mal vue. En tout cas, son regard lui, ne changeait pas, ni la désagréable sensation qui s'ensuivait chez moi. Alors, sans prendre de pincette, je ne pus que demander d'un ton tranchant :

- Pourquoi tu me regardes comme ça ?

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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Sam 5 Nov - 22:21

Une courte pause s’est imposée, durant laquelle tu  t’es rendue compte que ton esprit allait beaucoup plus loin que ce que tu ne l’aurais voulu. Stupide ! Arrête tout de suite de penser à ça. Tu as secoué la tête et repris un air que tu espérais neutre. Soit la prise de la Tour – à laquelle tu essayais de ne pas penser avec une obstination farouche– t’avait plus ébranlée que tu ne le pensais, soit une socialisation trop peu fréquente t’avait rendue gauche et gaffeuse. Cette seconde option paraissait douteuse, mais pas plus invraisemblable que la première. Peut-être s’agissait-il tout simplement d’un mauvais jour, après tout.
Mais oui. Bien sûr. S’accommoder de telles superstitions revenait à se convertir à un mouvement sectaire et prier des dieux cannibales toute nue sous la pleine lune.

Par malheur, ton interlocutrice avait intercepté sans grande surprise ton regard dérouté, ou n’importe quelle moue qui se soit installée sur ton visage. Ses yeux d’un bleu intense avaient semblé se glacer dans les quelques secondes qui suivirent. Ils se refroidirent bien plus durement que la surface rugueuse de la maison. Ils étaient tranchants, inamicaux. Tu redoutais déjà que l’anonymat que tu t’étais créé durant ces quelques cinquante dernières années s’évapore comme neige au soleil. La Tour, et puis cette discussion qui tournait peu à peu à la confrontation…
Tu pressentais qu’elle n’avait pas apprécié que tu démentes aussitôt tes paroles par cet air. Elle devait probablement te prendre pour une menteuse pas très douée – ou piref, tu ne savais pas trop. Gênée, tu n’as pourtant pas détourné la vue. Cela n’aurait fait qu’empirer les choses, non ?
Tu as balayé tes justifications mentales d’une pensée agacée, alors même que les paroles de la fille fusaient dans l’air, coupantes, incisives. Tu as avalé ta salive aussi discrètement que possible.

« Pour rien. »

Tu t’es fendue dans un profond soupir sans te soucier de l’avis totalement méfiant que la fille devait avoir de toi.

« Désolée, c’est juste que l’attaque de la boucle n’a pas été des plus reposantes, as-tu fini par glisser dans un sourire lasse, en quête d’une excuse potable. C’est pas le meilleur endroit à choisir pour enterrer les mauvais souvenirs. Et puis… oh, laisse tomber. »


Le silence a semblé s’étirer après ton intervention, chacune plongée dans ses pensées. Tu ne te souvenais même plus si elle était présente lors de la prise. Ton groupe était arrivé en dernier, alors que tous les autres étaient déjà partis, et l’entraînement qui avait précédé ce jour-là peinait à percer dans le brouillard cotonneux englobant les journées qui avaient précédé l’attaque. Pourtant, ton instinct te soufflait que si, elle avait probablement été présente. L’adolescente – qui ne l’était d’ailleurs sûrement plus depuis longtemps – avait l’air assez courageuse et endurante pour s’être lancée dans cette entreprise. Et puis, son air renfermé, cette lueur désespérée au fond de ces yeux… Avait-elle été apeurée, blessée, ébranlée pendant l’attaque ? Avait-elle perdu quelqu’un ?

Tu as raclé ta gorge pour te défaire de ces pensées. Le soleil sombrait déjà derrière le lourd rideau émeraude de la forêt, et la surface de la maison était dorénavant sèche. Tu as enfin suggéré de retourner à l’intérieur, faute de mieux.

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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Sam 12 Nov - 0:08

Dès qu'elle énonça la boucle récemment attaquée, je sentis la boule de peur et de colère qui gonflait, se crever brusquement, pour ne laisser qu'une immense tristesse m'envahir. Elle y était ..? Je ne l'avais pas vue. En même temps, vu mon état je ne risquais pas de faire attention au monde qui m'entourait. Il y avait eu des choses qui m'avaient un peu empêchée de discuter joyeusement avec les autres particuliers une fois que tout fut fini. Mon regard changea de teinte pour devenir triste, en abandonnant complètement son ancienne froideur. Ça me rappelait pourquoi je ne parlais plus vraiment aux particuliers de la boucle. C'était trop facile de tomber sur un sujet sensible, un sujet qui redonnerait toujours ce petit pincement au coeur. Ils ne savaient pas, elle ne pouvait pas savoir l'impact que ces simples mots pouvaient avoir. Ce que ces mots pouvaient faire remonter comme souvenirs. J'avais été si certaine, si certaine de moi… Mais Louis n'aurait jamais dû, jamais jamais jamais… Je lui avais dit, et William me l'avait dit que c'était une mauvaise idée. Mais si j'avais su, si j'avais su ce qui allait se passer, je n'aurais jamais pensé une seule seconde à y aller. Et j'aurais forcé Louis à rester ici. Je me mordais la lèvre, fortement, pour éviter de ne dire quelque chose de vexant, tout en me répétant : "elle n'est pas au courant, elle ne peut pas savoir, elle ne peut pas, sinon elle n'en aurait pas parlé, tu le sais bien, aller, t'es plus forte que ça, tu vas pas pleurer pour si peu, elle n'y est pour rien". Et après une grande et profonde inspiration, je peux relever les yeux pour la regarder. Au moins, je savais qu'avec William les sujets comme celui-ci étaient évités. On n'en parlait que lorsque nous en étions obligés, ce n'était pas des mots en l'air comme ça. Et pourtant… Pourtant il y avait bien de la douleur, dans ses yeux, derrière la lassitude qui transparaissait dans sa voix. Il y avait une chose, une petite chose que je n'arrivais pas à comprendre, une chose qui m'échappait, et elle n'avait pas l'air d'accord pour m'ouvrir le livre de sa vie. Moi non plus, quoi que, elle en avait déjà vu, c'était certain, mais je ne pouvais rien y faire, je n'avais pas les capacités de lui faire un lavage de cerveau, alors voilà. Elle soupira, et j'aurais aimé faire de même. Au lieu de ça je me frottais la nuque et fermais les yeux quelques secondes avant de les rouvrir.

- Ah, toi aussi tu te fais suivre par des mauvais souvenirs ? , souriais-je tristement, comme si j'en étais amusée.

Bah oui, j'en étais presque amusée. Amusée de me dire que chaque personne que je croisais était brisée. Qu'il manquait toujours un petit morceau par rapport à ce qu'ils avaient été avant. Personne ne ressortait vivant de la vie. Personne ne finissait entier. Tous avaient des écorchures, certaines étaient visibles, comme sur William, d'autres moins, comme elle. Je n'aurais même pas deviné qu'elle avait été là lors de l'attaque de la boucle. Quoi, elle avait perdu quelqu'un à ce moment là, elle aussi, ou bien c'était totalement autre chose ..?
J'eus la soudaine envie de m'asseoir, la sensation que mes jambes n'allaient plus me tenir, et je reculais jusqu'à trouver appui au dos de la maison, et de glisser pour m'y adosser, en étant au sol. Je dus alors relever les yeux pour la regarder, et finir ce que j'avais à dire.

- On ne peut pas les enterrer, et même si on le fait, ils arrivent à germer. C'est comme le lierre, ils poussent, prennent de l'ampleur, et ils étouffent, c'est comme ça, sinon l'humain ne souffrirait pas avant de mourir, ça ne serait pas drôle, tiens.

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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Sam 12 Nov - 1:58

À la place d’une réponse, tu n’as obtenu qu’un vide glaçant. Surprise – l’adolescente ne semblait pas être de ceux qui ne jurent que par l’impolitesse et l’inconvenance –, tu l’as observée.
Ses yeux papillonnaient et voletaient partout dans le paysage. Ils ne se posaient jamais sur toi, en revanche, malgré ta position bien en face d’elle. La fille avait du mal à reprendre sa respiration, tu le voyais distinctement à sa poitrine qui s’élevait et s’affaissait à un rythme irrégulier et rapide. Elle aurait presque semblé suffoquer. Tu as détourné le regard, gênée que tes paroles puissent l’interpeller de cette manière. Oui, elle avait inévitablement participé à la prise de la boucle, pas de doute là-dessus. Et cela n’avait forcément pas été comme elle l’aurait souhaité. Alors, quoi ? À voir sa réaction, ça ne pouvait pas simplement être le choc des évènements. Il s’agissait probablement de quelque chose de bien plus grave.
Tu as plissé les yeux un bref instant, cherchant fébrilement dans tes souvenirs quelque chose, une anecdote, n’importe quoi. À bien y réfléchir, tu t’es souvenue du discours de Miss Tit, celui qui avait suivi les évènements. Sa voix s’était effacée dans tes souvenirs, parce que tu n’avais pas prêté attention à ça. Tu n’avais pas prêté attention à beaucoup de chose, tout compte fait. Mais cela, tu t’en souvenais dorénavant. C’était une parole qui avait sonné dans ta poitrine comme le glas. Malgré toutes vos précautions, un particulier était mort. Son nom ne t’avait rien évoqué, et tu l’as vite oublié. Pas son trépas, cependant.
En face de la fille qui reprenait peu à peu contenance, tu as tenté d’imaginer le décès de son ami. Au combat rapproché avec un estre, sentant sa sueur et sa hargne qui suintait de tous les pores de sa peau. Attrapée et lacérée par une créature invisible, à l’odeur de charognard, et dont les gestes brutaux t’écartelaient toute entière. Poussée par un ennemi peu scrupuleux du dernier étage de la Tour, avec le vent qui s’engouffre dans ta bouche ouverte sur un cri resté bloqué dans ta gorge, et puis l’impact brutal, violent, mortel.
Ou alors, sa conscience s’était-elle essoufflée à l’intérieur de la maison ? Avait-il parcouru les murs vides, atterri dans une grande salle ou dans un petit réduit ? Puis attrapé par un monstre ?
Avait-il fini comme tes amis, cinquante ans auparavant ? Leurs corps sans vies exactement pareils, que Miss Hilliger t’avait légués comme dernier cadeau, comme legs empoisonné qui, encore aujourd’hui, hantait tes nuits de par leurs visages déchiquetés où s’était gravée à jamais une moue d’horreur. Leurs bras et leurs jambes étalées en éventail autour d’eux, dans des positions absurdes qui auraient relevé de l’inimaginable.

La vois de l’adolescente t’a tirée de tes sombres pensées, et tu as battu des paupières.
Décidément, il faut que j’arrête de penser de trop. C’est nuisible pour ma santé, as-tu pensé avec une ironie bienvenue. Elle t’a permis de refouler des larmes qui auraient perlé à tes yeux et révélé à quel point tu étais mal. Parce que pleurer sans raison apparente devant une inconnue qu’on vient de faire tomber et dont on a découvert la moitié du passé, c’est assez inconfortable comme situation.
La fille s’est laissé retomber au sol, lentement. Quelques cheveux se sont accrochés à la surface rugueuse de la maison lors de sa descente, formant un étrange et léger halo blond au-dessus de sa tête. Tu t’es retenue de rire, ce qui l’aurait définitivement énervée, bien qu’allégée du poids des souvenirs qui pesaient sur tes épaules. Lorsqu’elle a parlé, toute envie de rire persistante s’est évanouie.
Tu t’es sentie mal de lui rappeler ce que, clairement, elle avait tenté d’oublier – et ce qu’elle essayait toujours d’effacer de sa mémoire, d’ailleurs. Tu as ressenti quelque chose qui n’avait pas pointé depuis très longtemps dans ta poitrine, à tel point que tu as eu du mal à mettre un doigt dessus. De la compassion. Pas celle, méprisante, que des adultes infligent à des petits voulant jouer aux grands. Plus celle teintée d’une réelle peine qui comprend la souffrance de l’autre, parce que le passé s’est occupé de les blesser tous les deux.

« Mais peut-être, as-tu soufflé doucement, peut-être que la souffrance n’est qu’un passage obligatoire. Toute m’a vie, j’ai vu et ressenti le passé des autres, qui était parfois bien morbide. Je ne sais pas, je ne l’ai jamais vu de cet œil-là, mais qui sait ? »


Tu as marqué une petite pause, pensive.

« Les souvenirs sont des plantes venimeuses, oui. Mais la douleur qu’ils induisent nous fait grandir et évoluer. Si on arrive à les contrôler, on peut grimper au-dessus de leurs têtes et les dominer. Peut-être même à les percevoir sous un autre jour. Les accueillir comme des vieux amis, puis les délaisser dans le passé qu’ils n’auraient jamais dû quitter. »


Un sourire vague flottait sur tes lèvres. Au début, tu ne disais cela que pour calmer l’affolement qui l’avait envahie. Pourtant, peut-être y croyais-tu, finalement. Après tout, tu te souvenais encore des quelques merveilleuses premières années où tu as fréquenté des boucles. La délivrance que c’était, ne pas être perçue comme folle. Pouvoir adresser la parole à des gens de ton âge qui ne reculaient pas précipitamment à ton passage. Pouvoir te balader dans les couloirs du manoir sans qu’on te ramène de force à ta chambre. Un vrai bonheur.
Comment avais-tu pu l’oublier ?

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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Dim 13 Nov - 15:12

Comment lui dire sans la vexer que je voulais juste qu'on change de sujet ? Qu'il n'y avait pas pire ? Qu'elle appuyait violemment et sans pitié sur une blessure que l'on venait de recoudre, et que les fils s'échappaient lentement. Le sang allait se remettre à couler malgré tous les efforts faits pour que tout ceci cesse. C'était une plaie toujours à vif dont elle n'imaginait même pas la taille. Je serrais imperceptiblement les dents, les yeux baissés sur ma main, qui touchait ma gourmette et la cicatrice sur mon poignet. Mon coeur devenait lourd, et j'avais l’impression d'avaler un caillou dès que je déglutissais. Il y avait tant d'innocence dans ses paroles ! Les souvenirs ne nous font pas grandir, ils nous donnent juste l'expérience pour ensuite grandir. Ils nous expliquent de manière brusque, sèche et froide que dire ceci engendre cela, que parler à ce type de personne, faire confiance à ce type personne fait mal, que dire des choses à certaine personne n'a pas que des avantages, que l'on ne peut pas s'ouvrir à tout le monde, que la confiance est difficile à gagner mais tellement facile à perdre, que le soleil ne vient pas tout seul, qu'un geste si futile pourrait être mal pris. Mais aussi qu'il vaut mieux ne pas dire ce que l'on pense à haute voix, que le danger est partout, que l'humain est mauvais, que le regret est un lent poison, qu'il n'y a aucun médicament connu contre la peur, qu'une fois ancrés en vous les cauchemars ne vous quittent plus. Qu'ils s'occupent de ruiner votre moral, de vous faire craindre le sommeil. Je connaissais tellement, tellement tous ces sentiments, toutes des choses… On ne peut pas les dominer, et ils ne seront jamais nos amis. Comment le pourraient-ils ? Ils avaient essayé si souvent de me faire couler, ils m'avaient si souvent blessée, ils avaient si souvent failli condamner ma vie, ma relation avec William. Quand il avait voulu sauter de la falaise, qu'est-ce qui l'avait poussé à le faire ? Pourquoi avait-il cherché à le faire, hein ? Simplement parce que son passé ne l'avait jamais quitté. Je savais qu'il était d'ailleurs toujours là. Et c'était aussi mon cas. Combien de fois pouvais-je penser à Camille ? Combien de fois j'avais pu regarder avec dégoût les marques sur mes poignets et mon corps, malgré ce qu'il me disait ? Je pouvais repenser au pyromane un milliard de fois, jamais il ne deviendrait autre chose qu'un de mes plus grands cauchemar, jamais la cruauté de ses yeux ne s'évanouiraient et jamais la brûlure cuisante de s'évanouirait. L'image de Louis dont le sang s'étalait sur son vêtement, de ses yeux qui devenaient vitreux et de sa peau qui pâlissait à vu d'oeil, de sa respiration qui se coupait, de l'insoutenable colère contre moi-même et contre l'estre qui avait tiré. La haine dévastatrice, la haine que je sentais toujours au fond de moi, accompagnée de la tristesse. Celle qui rend le coeur lourd, qui empêche de respirer, qui nous noie dans nos propres sanglots tellement elle est imposante et lourde. Je ne me pardonnerai jamais, je n'en étais pas capable. La culpabilité ne cesserait jamais de me ronger, parce que à jamais j'aurai la vision de son sang qui coulait sur mes vêtements, et l'idée qu'il soit mort à cause de moi. Alors comment pourrais-je un jour les saluer aussi simplement ? Comment pourraient-ils me laisser respirer et enlever ce poids de mon coeur ?
Les yeux dans le vague, je mis un moment avant de me sentir en état d'articuler des mots intelligibles.

- Non, ce n'est pas si simple. Ils nous hantent le jour et la nuit, les images restent graver dans nos mémoires, ils deviennent nos pires cauchemars, et le seul moyen de les vaincre est de laisser le temps jouer ses dernières cartes. Et si même le temps ne fait rien, on doit supporter, on doit les endurer, mais jamais, jamais ils ne deviennent de vieux amis.

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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Dim 13 Nov - 16:58

Sa réponse a tardé à venir, et lorsqu’elle est sortie, c’étaient des paroles assombries par un ressenti que tu ne connaissais que trop bien. Il y avait une telle tension dans sa voix qu’un rien aurait pu la faire éclater.
Tu as soupiré. Ce sentiment de paix qui t’avait envahie quelques secondes plus tôt s’évaporait déjà, remplacé par un goût amer dans ta bouche. Tu as vainement essayé de t’accrocher à ce sentiment lumineux qui s’effaçait dans la noirceur, comme on s’accroche à une bouée alors que le corps vogue lentement vers la houle tumultueuse de la mer profonde. Finalement, le sourire avait quitté tes lèvres, te laissant comme vidée de l’intérieur. Tu as soupiré.

« Je n’ai pas dit que c’est forcément facile ; crois-moi bien que j’en sais quelque chose. À vrai dire, je ne sais même pas si c’est systématique. Mais il y a tant de personnes sur terre qui ont vécu le pire. Je ne peux pas imaginer qu’aucune d’elles n’ait jamais trouvé la solution. En quoi elle réside, en revanche… »


Ta tentative de rester positive s’est soldée par un cuisant échec. Te rendant compte de toujours être debout, et elle assise, tu t’es penchée et assise sur une pierre pour lui faire toujours face.

« Ça, je n’en n’ai pas la moindre idée. »


En prenant appui sur ta main droite, tu as grimacé. La coupure saignait toujours, et des picotements désagréables remontaient jusque dans ton bras. Tu as gémi, non pas sous la faible douleur, mais sur l’idée de te devoir te relever alors même que tu venais de te poser. Tu as laissé passer quelques secondes, fixant résolument ta paume, retardant le plus que tu pouvais le moment inévitable où tu aurais à te rediriger vers la maison. Le ciel qui s’obscurcissait de plus en plus aurait dû te presser. Pourtant, tu es restée là, à t’ordonner sans grande conviction de te relever.

Finalement, tu n’en as pas eu besoin. Une main glacée s’était soudain posée sur ta bouche. Dans la seconde qui t’a fallu pour violemment sursauter, un couteau froid se glissait sous ta jugulaire. Confuse et surprise, la panique envahissait ton cerveau. L’odeur de sa paume, un mélange de métal et de curieux relents d’oignon, emplissaient tes narines. Qu’est-ce qui se passe, nom de dieu ?


***

Elias était tapi dans l’ombre de la forêt, guettant leurs mouvements. Les mois qu’il avait passé en solitaire à chercher une boucle avaient, finalement, porté leurs fruits. En l’espace de quelques semaines, il avait réussi à trouver quelques traces des particuliers dans le pays de Galle. Une seule adresse. Cairnholm. Quelques jours avaient encore fallu pour repérer la boucle, habilement cachée au milieu d’un marais aussi sournois que des sables mouvants. Une après-midi, il avait suivi en toute discrétion un petit particulier qui avait renouvelé la boucle. Il avait suffi à l’estre de se glisser dans son dos. La tentation de l’attraper et de le tuer avait été grande, mais il ne voulait pas lancer l’alerte. Non, pas tout de suite. Il fallait attendre. Et observer. Alors, Elias observait. Cruellement solitaire, il tenait à réussir par lui-même. Il fallait que tout soit parfait. Voilà plus de trois jours qu’il épiait la maison, y passant aussi peu de temps que possible pour ne pas se faire repérer. Pourtant, il s’était vite rendu compte que cela allait être long. Cédant finalement à la pulsion qui hurlait dans ses veines, il s’était approché des deux jeunes filles. Ce ne seraient pas les premières à craquer et à lui révéler tout ce qu’il voulait…

[Muéhéhé, vive les oignons de Cairnholm ]

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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Lun 14 Nov - 18:50

Le mieux à faire serait de mettre les voiles immédiatement pour éviter de craquer tout de suite. Je n'avais pas particulièrement envie de me mettre à pleurer devant elle. Le seul remède que j'avais trouver c'était avec qui je passais continuellement mes journées d'habitude. C'était l'unique chose qui faisait effet. Au moins ça me prouvait que je n'étais plus capable d'avoir une conversation normale avec les membres de la maison. Peut-être que je devrais retourner à l'Institut finalement. Je haussais les épaules, mettant ainsi fin à la conversation, et m'apprêtais à m'appuyer au mur pour me relever et finalement... me relevais plus brusquement, quand une main sortit des buissons pour se plaquer contre la bouche de la jeune femme, et une lame argentée se plaça sous sa jugulaire. Ok, ok, ok, ne pas paniquer, NE PAS PANIQUER ! La tête sortit à son tour des buissons, et mon regard se glaça immédiatement. Il n'avait même pas pris la peine de cacher ses pupilles vides, il s'était fait discret jusque ici, nous n'avions rien vu, rien entendu... C'etait un estre. Je serrais les dents, et relevais lentement mes mains à la hauteur de ma poitrine pour montrer que je n'avais pas l'intention de l'attaquer, et que je préférais ne pas me prendre de coup de couteau pour le moment. Je devais juste trouver un moyen de le faire lâcher, histoire que la vie de la jeune fille ne tienne pas qu'à un fil. Pour le moment si je faisais un mouvement, ça précipiterait tout simplement sa mort, et je ne comptais pas voir se reproduire la même chose qu'avec Louis, non l'estre n'allait pas la tuer, j'allais m'en assurer. Les estres n'auraient pas de nouveau la vie d'un particulier. Ils allaient payé pour l'avoir tué, ils allaient tous regretter de croiser ma route un jour... Toute tristesse évaporée, et même la peur transformée en haine, je le fixais avec froideur, sans bouger, comme si je n'étais même pas surprise de son intervention. Juste... détourner son attention quelques instants. Il ne me lâchait pas du regard, et en même temps reportait de temps à autre ses yeux blancs sur la seconde jeune fille pour vérifier qu'elle ne faisait rien. Je comprenais le message : « si tu cries, elle meurt » mais je l'avais déjà deviné bien avant ça, sinon j'aurais craché tout ce que mes poumons pouvaient. Bon, un point sur la situation, il savait qu'une de nous deux maîtrisait la glace : il y avait toujours des petits cristaux sur le mur de la maison, mais il ne savait pas qui, et ce qu'avait la deuxième. Son don n'allait pas être utile pour le moment, et je doutais de ses capacités à désarmer un estre.

- Qu'est-ce que vous voulez ?

- Comme tout bon estre, des informations sur les boucles, les ombrunes, et ce qui fait de vous des particuliers, fit-il avec un grand sourire, fier de lui.

Il me regardait, c'était parfait. Juste la prévenir, parce que ça devait aller vite, qu'il ne comprenne pas ce qui se passait. Mais je ne voyais pas comment faire sans qu'il ne me voit... bon, tant pis, elle allait juste devoir réagir rapidement.

- Je vais vous répondre, ok ? Pas besoin que tu la blesses, on peut répondre sans que tu ne t'amuses à nous torturer, pas vrai ? C'est plus humain, franchement, même entre estres et particuliers, il doit bien avoir un terrain d'entente ! La preuve, tu ne nous as pas encore tué ! Tu poses les questions, on y répond, dans le plus grand des calmes, et après...

Tout en parlant je m'avançais lentement, pour qu'il se méfie, pour qu'il ne décroche pas son regard du mien, pour qu'il ne voit rien arriver.
Et puis sa main devint noir. La main tenant le couteau se mit à noircir, et la lame se gela en même temps. Ça, c'était le sang, les tissus de sa main, sa peau qui venait se geler, à une vitesse fulgurante, rendant sa main juste.. complètement inutilisable. Mais il le remarqua bien vite lui aussi, et le gèle ne put attendre le haut du bras pour l'immobilier totalement, qu'il balança son bras pour essayer de la couper. Je fus plus rapide, et réussis par miracle à attraper la lame gelée à deux mains. La sienne était devenue noire, et des cloques de sang étaient apparues sur le dessous, il ne montrait rien mais je me doutais que ça ne devait pas être agréable. C'était la première fois que je gelais un membre à ce point là, et le pire, c'était que je savais que je pouvais encore continuer, forcer les choses. Sa main était déjà morte et nous nous fixions toujours dans les yeux, en chien de faïence. Je sentais la lame me rentrer dans les doigts, douloureusement, et j'allais lâcher. J'allais... lâcher...

- Aller, va t'en aller ! , criais-je à la jeune fille en la poussant.

J'étais bien aidée : il était déstabilisé, et son bras avait moins de force que tout à l'heure, sinon je n'aurais jamais pu le retenir rien que quelques secondes. Ma force à moi était insignifiante par rapport à la sienne s'il était en pleine possession de ses moyens. Mais le noir montait, encore et encore, il se glissait sous la manche de sa chemise. Un violent coup d'épaule de sa part me fit définitivement perdre le contrôle des choses. Je ramenais ma main contre moi-même, et durant cet instant, il décida de changer de tactique en me frappant de son coude à peine gelé dans la figure. Je partis en arrière, et m'affalais au sol, en sentant le goût de sang inonder ma bouche. C'était mon nez qui coulait ou alors à l'intérieur de ma bouche ..? N'ayant pas de réponse pour le moment, je rouvris les yeux. L'estre était au dessus de moi.

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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Lun 14 Nov - 19:27

La surprise n’avait pas eu le temps de s’installer bien longtemps. Ton pouvoir, beaucoup plus difficilement contrôlable lorsqu’il te cueillait sans que tu n’y sois préparée, se manifestait à ton bon plaisir. Une foule de souvenirs t’engloutirent soudainement, et tout ce que tu pouvais faire, c’était endurer et lutter pour ne pas t’évanouir. Ce qui aurait été, tu devais l’avouer, légèrement embarrassant. Les images se succédaient aux sensations grisantes et aux douleurs fulgurantes, à un rythme tel que tu suffoquais. Cet estre… cela n’avait rien à voir avec les souvenirs ordinaires de tes anciens compagnons à l’orphelinat, ni même le récit de souffrance de la fille en face de toi. Tout son être pulsait d’une avidité malsaine, d’un désir d’hécatombe troublant et puissant. Les scènes de massacres étaient accompagnées du plaisir sournois face à la douleur de ses victimes impuissantes, ses actes aussi sadiques que possible, si pas plus.
Au bout de quelques secondes, tu as réussi à émerger de la masse importante de sang et de carnage qui consistait la majorité de son passé. L’envie de t’échapper à sa poigne était irrésistible et pourtant, tu t’es forcée à te recentrer sur sa mémoire pour en découvrir plus sur lui. Ses aptitudes, son plan, ses connaissances sur la boucle… tout. Malgré la panique induite par la surdose d’adrénaline courant dans tes veines, tu ne doutais pas que le temps risquait de te manquer, et tu n’étais pas assez lucide pour être consciente de la progression de la situation. Seule la main puante de l’estre et son couteau incisant – qui t’entaillait sous sa force mal contrôlée – restaient omniscients.
Il ne t’a pas fallu longtemps pour découvrir – avec, ironiquement, un certain soulagement – qu’il était seul, et qu’aucun des siens n’était au courant de son plan. Elias, comme le mentionnaient certains de ses souvenirs, n’avait pas le quart de la confiance requise pour travailler en équipe. Ses ambitions n’égalaient malheureusement que son habileté au combat, ce qui faisait de lui un estre redoutable.

Soudain, l’incision tranchante s’est faite de glace, et tu as retenu un gémissement. La froideur polaire s’est transformée en brûlure cuisante au contact de ton sang. La blessure peu profonde est entrée en ébullition. C’était insupportable. Tu es tout juste parvenue à fixer ton regard sur la masse qui vous fonçait dessus avant d’être projetée au sol. Tes mains, jetées par réflexe devant toi, t’on évité une chute brutale sur la pierre dure. Des petits gravillons se sont malgré tout plantés profondément dans ton menton lorsqu’il a heurté le sol violemment. Tu as précipitamment reculé, sur les coudes, pour découvrir l’adolescente aux prises avec Elias. Elle t’a crié de t’en aller, et, sans réfléchir, tu lui as obéi. Pas pour te réfugier à l’abri. Plutôt pour hurler aux particuliers de vous venir en aide, attraper le premier couteau de cuisine et revenir à la charge aussi sec. Pourtant, alors même que tu te relevais d’un bond, la situation s’est dégradée pour la maîtresse de la glace. L’estre, une lueur de folie de regard, se tenait au-dessus d’elle.

Tu as frénétiquement cherché une arme d’appoint autour de toi. Faute de mieux, tu t’es précipitée sur une barre de fer tordue et rouillée qui traînait parmi les décombres à tes pieds. Faites que ce soit assez, pitié, faites que ce soit assez… Les cinq secondes qui t’ont suffi pour arracher l’armature tordue de la pression d’un lourd grava ont paru durer une heure, et en relevant la tête, un bref soulagement t’a envahie en constatant que l’homme n’avait pas beaucoup plus bougé – mieux, il s’était penché sur la blonde dans la même attitude sadique que celle que décrivaient ses souvenirs.
T’armant de cet objet pesant, semblable aux battes de baseball du présent dont tu avais déjà entendu parler, tu t’es avancée vers eux, le plus discrètement possible – bien que les chances qu’il t’ignore aient été minimes. Lorsque tu as été suffisamment proche pour tenter un coup, ton bras s’est écarté pour projeter un coup latéral – histoire que la barre et le corps de l’estre ne finissent pas sur celui de la particulière.
Malheureusement, votre ennemi s’en est rendu compte à temps et a évité de justesse en roulant à côté. Tu as suivi le mouvement et abattu ton arme sur sa tête. Le coup s’est répercuté dans ton bras, a résonné douloureusement dans tes os jusque dans ton épaule. Tu as grimacé. Les yeux de l’estre te fixaient d’une lueur malsaine et moqueuse. Son propre bras – celui que n’avait pas réussi à congeler ton équipière improvisée – avait arrêté avec une facilité déconcertante ton coup. Sa main avait craqué sous le coup, d’un bruit sonore et désagréable. Pourtant, aucune trace de douleur ne se peignait sur le visage d’Elias.
Il s’est relevé d’un bond et a tourné la barre d’un geste vif pour t’acculer au sol, à ses pieds, inversant en moins de deux secondes vos positions. À présent, c’était à toi de relever la tête pour l’observer. La panique a explosé dans ta tête, et tu cherchais précipitamment une solution pour éviter le coup qu’annonçait son bras levé. Tu avais comme qui dirait l’impression qu’il ne s’embarrasserait plus de manières. Un éclair de génie t’a traversé et tu as violemment propulsé ton talon vers son genou droit.

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Dernière édition par Robbin A. Keller le Lun 6 Fév - 21:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Lun 14 Nov - 22:13

Ses yeux blancs ressortaient étrangement de l'obscurité qui naissait de la forêt. C'était une vision qui donnait froid dans le dos : un grand homme me surplombant, dont les yeux qui, malgré l'absence de pupille, laissaient entrevoir une folie avide de tuer, avec un but certain, et une main abîmée par un froid inexistant, tenant un couteau avec quelques gouttes de sang. S'il y avait eu du soleil, son immense ombre se serait abattue sur moi. Je le regardais horrifiée, ma main la plus profondément coupée contre moi, repliée et crispée. Ce n'était pas agréable, pas agréable du tout, douloureux même, mais sur le moment j'avais trop peur de ce qu'il allait faire pour y faire attention. Il n'avait qu'un sortir un pistolet, et hop ! Plus d'Ana. Ce qui n'était pas vraiment le résultat espéré. Je passais une main sur mon visage de ma seconde main, et remarquais que c'était donc mon nez qui saignait. Ce qui expliquait pourquoi j'avais mal vers cet endroit. Je vis derrière lui la jeune femme qui avait saisi une barre de fer rouillée et s'approchait discrètement de l'estre. Mais celui-ci suivit mon regard et se retourna brusquement, et esquiva d'une pirouette sur le côté la coup qu'elle tenta de lui porter. Il s'était redressé, et en deux temps trois mouvements avait repris l'avantage en la mettant au sol, elle et son arme improvisée. Qu'est-ce que ferait William ? Qu'est-ce que nous faisions avant ..? Tempête de neige, pics glacés, et.. et ! Je ne me relevais pas, je tournais juste sur moi même (comme une limace dans la terre, oui, c'est aussi une comparaison faisable) et une fois que je fus dans l'axe, je frappais de toutes mes forces contre ses chevilles en une tentative pour lui faire un croche patte. Tentative qui aboutit ! Je ne vis que après que la fille avait donné simultanément un coup au genou, ce qui nous avait sûrement permis de le mettre à terre. Mais ce n'était pas fini, il n'était pas mort, et il fallait le faire, pour qu'il ne dévoile pas l'entrée de la boucle aux autres, pour que lui ne nous achève pas. Son menton claqua durement contre le sol, et je profitais de son immobilité pour étendre le froid jusqu'à la moitié de son bras, au niveau de l'humérus. Mais ce n'était pas aussi intense que sa main, il pouvait encore... L'estre se redressa violemment, il était furieux, ses yeux étaient animés d'une lueur animale, une fureur féroce, quelque chose qui disait : « vous êtes mortes, toutes les deux ». En respirant par la bouche, je crachais le sang qui me coulait encore dans la bouche me relevais et l'entendis marmonner un « Finit de jouer maintenant » qui ne laissait rien présager de bon pour nous. Il s'arma d'un second couteau, envoya au loin la barre de fer, et se tourna vers moi. D'accord, si je comprenais bien, il venait d'éloigner ce qui pouvait la rendre dangereuse et nuisible, et allait s'attaquer maintenant à moi. Je n'avais aucune connaissance en matière de combat, rien pour m'assurer, rien rien rien... je serrais les dents. Quand il faisait un pas en avant, j'en faisais un en arrière, jusqu'à me retrouver dos contre un arbre qui se trouvait là (oui c'était une forêt, donc dans forêt avoir arbres ..!) et donc de me retrouver coincée. Je le fixais dans les yeux. Son visage commençait à bleuir à cause de la chute, et je sentais mon don me titiller les doigts en voyant sa peau noircie atteindre son épaule et donc se voir légèrement sur son cou. Je refrénais ma panique croissante, et respirais bruyamment, lorsqu'il pointa sur couteau sur moi. Ok, là c'était vraiment, vraiment la merde, de type : je risque de crever d'ici quelques secondes si personne de m'aide ! Je ne voyais pas la jeune fille, j'avais juste la tête de l'estre en plein dans mon champ de vision.

- Vous donnez des fils à retordre dans cette boucle, mais je te tiens... , dit-il.

Ok, plan B, ou C, ou n'importe qu'elle lettre de l'alphabet on s'en foutait royal au fond. Juste, juste trouver un moyen de m'en sortir.

- Tu sais quoi ? Quitte à mourir, autant te tuer avec moi.

Et tout en disant ceci, j'abandonnais mon don, qui se chargea de lui même de continuer de geler son corps, sans retenu, sans attendre quoi que ce soit. Et il comprit, il comprit trop vite, et essaya de me planter son couteau dans le ventre, mais de ma main ensanglantée, je la fis dévier de sa trajectoire initiale. Le lame argentée vint lacérer tout mon couteau droit, profondément, et se planter à l'extrémité de mon corps. Aucun organe n'avait dû être touchée, mais cela ne m'empêcha pas d'hurler de douleur, ce qui se finit en un gémissement à peine audible tandis que je glissais le long de l'écorce de l'arbre, en mettant mes mains sur la coupure, les larmes aux yeux. Il me fixa, il me fixa tomber, et retira avec violence sa lame, avant de se retourner en lâchant un « ridicule ». Les larmes glissaient sur mes joues, le visage déformé par la douleur j'apercevais l'estre s'avancer vers la jeune fille. Je n'avais pas non plus été capable de la protéger. Je n'avais pas été en mesure s'éloigner ce monstre d'elle, et en prime j'allais me vider de mon sang, ici, comme si c'était la fin la plus logique et prévisible pour moi.

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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Mar 15 Nov - 19:54

Ton coup de pied a finalement atteint sa cible, à l’instant précis où les jambes de la fille raflaient celles de l’estre. Tu l’as fixement regardé tomber avec un bruit sourd. Il s’est étendu de toute sa masse, appesantie à cause de son importante musculature. Pour peu, tu l’aurais bénie ! Tu t’es cependant contentée de te relever le plus rapidement possible. Écarte-toi, écarte-toi, écarte-toi Robbin !
Ayant atteint un bon deux mètres de sécurité, tu as observé, l’œil torve, votre ennemi affalé sur le sol. Tu t’es astreinte au calme, obligée à profiter de ces quelques secondes de répit pour calmer ce bouillonnement intérieur qui emportait sans pitié ta raison. Cette dernière, ayant arraché la muselière de la panique et des réflexes, hurlait dans toutes les parties de ton corps de t’enfuir chercher du secours. Vous ne pourriez pas le vaincre seules, c’était presque impossible. Pas avec comme seule arme – aussi puissante puisse-t-elle être – la maîtrise de la glace. Arme sur laquelle tu n’avais d’ailleurs aucune emprise. Aucun pouvoir. Tu ne servais, somme-toute, à rien dans cette affaire. Ton don te permettait surtout d’espionner, de découvrir des informations sans même que ton interlocuteur ne s’en rende compte – pour le peu que tu entres en contact à un moment ou un autre.
Mais dans un combat ? Inutilisable.

Soudain, l’estre a brutalement rompu le fil de tes pensées. Il a jailli de terre, le regard plus menaçant que jamais. À la manière dont son bras restait statique, tu as deviné que la fille avait continué de tenter de le glacer. À votre plus grand malheur, sa particularité n’avait pas été aussi vive que la réaction de votre ennemi qui, à présent, murmurait un « Fini de jouer » dont ni le ton ni la manière n’auguraient quelque chose de bon. Réagis. Réagis, bon dieu, réagis ! Mais tu ne pouvais rien faire. TU VAS RÉAGIR, OUI ?
Mais que faire, que faire ? Tu devais agir, l’appel à l’aide viendrait après. À la vitesse où cela allait, la fille serait morte d’ici ton retour : l’estre s’est totalement désintéressé de toi. En sortant un couteau, il a envoyé valser la barre de fer au-delà la frontière invisible qui séparait votre maison de l’imposante forêt. Tu aurais bien été cherché cette arme d’appoint – tu voyais d’ici sa traînée rouge à une dizaine de mètres – mais il aurait pour cela fallu contourner l’estre et la fille, sprinter pour éviter de se faire assassiner, puis revenir à la charge. Au lieu de quoi, tu as saisi la première chose qui tombait sous ta main. Une pierre, au passage. Maintenant, vise. Tu as visé. Maintenant, tire. Tu as voulu tirer. Mais tu n’as pas pu ; la stupéfaction a volé ta réaction. Comme au ralenti, le cri de la fille s’est répercuté entre leurs corps presque plaqués l’un contre l’autre, et elle a doucement glissé au sol.
Elias se détournait maintenant de sa victime. Il a brutalement effectué un demi-tour sur lui-même et t’a dévisagée d’un regard perçant, froid, calculateur. Et menaçant, bien sûr. Ses vantardises avaient quelque peu fondu sous le feu nourri de sa colère. Tu t’es senti frissonner. La nuit était maintenant presque tombée – le ciel avait revêtu cette curieuse couleur entre deux eaux – et bientôt, tu n’aurais plus que des contours indistincts pour repérer ton ennemi. Et là, ce serait la fin. Définitivement.
Il s’est avancé, ricanant face à la pierre que tu tenais en main, encore plus dérisoire que la barre de métal. Il a marmonné un vague : « Suffit de jouer, veux-tu ? » avant de soudainement s’avancer vers toi. Tu as tenté de l’éviter, mais trop tard : il fondait déjà sur toi de toute sa masse. Elias t’a percutée et vous vous êtes tous les deux trouvés sur le sol, ta pierre roulant à un bon mètre de vous. Ta tête a violemment claqué sur la terre dure et la douleur a éclaté dans ton cerveau ainsi que dans ton épaule droite dans une explosion blanche. Elle s’est répandue aussi vite que la peinture éclabousse une toile vierge. Quelques secondes plus tard, tu as cligné des yeux, hébétée. La tête de ton ennemi était penchée sur toi, et un poids important pesait sur ta poitrine et t’empêchait de respirer. Il était assis à califourchon sur ton thorax pour te maintenir clouée au sol. Ta tête te lançait. L’estre semblait osciller dangereusement et pourtant, tu étais certaine qu’il ne bougeait pas d’un poil. Il a esquissé un sourire et la pointe sanglante de son couteau se baladait sur ton visage. Il a commencé à parler, d’une voix qui se répercutait dans les profondeurs de ton cerveau embrumé par la chute brutale :

« Bien. Je ne comptais pas prendre autant de temps, mais je pense que nous y sommes, maintenant. Ta conine survivra peut-être si tu réponds en vitesse à mes questions. »


Il allait continuer, lorsqu’un bruit provenant de la maison le fit brusquement lever la tête. Malgré le mal de crâne qui étouffait tes pensées, tu pouvais presque entendre son dilemme : partir, rester ? Rester impliquerait de prendre davantage de risques que ce qu’il pouvait se permettre – n’oublions pas après tout qu’il jouait en solitaire. Partir par le passage signifierait passer devant la maison, à moins de décrire un large détour. Pourtant, d’ici là, la nuit serait déjà tombée et vous risquiez de vous enfoncer profondément dans le marécage. Donc, il ne vous restait plus qu’à vous engouffrer dans un endroit où vous ne risquiez pas de rencontrer des indésirables. Vous avez semblé parvenir en même temps à la même conclusion car, d’un coup, il s’est levé d’un bond en t’emportant au passage. Ton épaule droite a vigoureusement protesté, et les larmes te sont montées aux yeux. Sans te ménager d’aucune façon, il t’a fait avancer de quelques pas et s’est planté devant la fille. Ensuite, Elias l’a soupesée un moment du regard. Il t’a brusquement lâchée – tu as manqué de peu de t’affaler au sol – et, d’un coup, l’a saisie. Son couteau s’est posé sur sa gorge et l’estre a menacé :

« Écoute. Je dois t’avouer que je ne préférerais pas trouver sur notre chemin quelqu’un qui puisse nous interrompre, alors tu vas gentiment avancer et nous amener suffisamment loin. Ta copine n’est pas blessée mortellement, mais elle le sera si tu n’obéis pas. »

Cela se voyait qu’il se retenait de vous hurler dessus. C’était évident. Quant à déterminer s’il mentait ? Allez savoir. Tout ce que tu pouvais constater, c’est que la fille – dont tu ne connaissais même pas le prénom – n’était pas morte, et que tu n’étais pas en position de riposter. La fatigue te guettait déjà et ton épaule te lançait vigoureusement. Ta tête tournait, oh oui, plus que jamais ! Alors, tu lui as obéi. Qui étais-tu, de toute manière, pour répliquer ? Ta tête te lançait.
Alors, vous vous êtes engouffrés dans cette forêt assombrie par la nuit noire, toi en meneuse. Et quelle meneuse tu faisais ! C’en aurait presque été à mourir de rire, si le monde ne valsait pas autant…

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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Mar 15 Nov - 22:07

J'étais incapable de quitter des yeux les épaules de l'estre qui s'éloignait. Et la douleur qui ne cessait de me tourmenter, je n'arrivais pas penser à autre chose. Mes mains étaient de rouges de sang. J'en pleurais. Je pleurais de rage, de désespoir, de douleur. Si personne ne venait j'allais mourir, tout simplement. Simplement m'évanouir dans l'immensité du monde, ne devenir qu'une poussière insignifiantes dans tous ceux qui avaient déjà rendu l'âme sur cette terre, peut-être rencontrer les anciens particuliers ayant vécu dans cette boucle... Je serrais les dents quand je pris une trop grande respiration pour éviter de gémir une nouvelle fois. Et William ? Merde William ! Je rouvris subitement les yeux. Ok, ok, de un je n'allais pas mourir ici, je n'allais pas mourir du tout parce qu'il y avait William. J'allais trouver une solution, aller, une solution. Arrête de penser à la douleur, pense à William. Exactement. Je ne pouvais pas mourir si lui était toujours là... mettant mes propres ordres à execution je dégageais une main de ma blessure et essayais de trouver quelque chose dans l'écorce de l'arbre pour m'aider à me relever. Lorsque ma paume coupée entra en contact avec le bois sec, je m'entendis faire une sorte de bruit avec mes dents comme un soupir aspiré et sifflé entre mes dents, mais je ne n'abandonnai pas, m'appuyai un peu plus et tentai de me dresser sur mes deux jambes. Mon bras était sur la plaie et engendrait une douleur que j'arrivais à peine à supporter. Des larmes de douleur coulaient sur mes joues ; je n'avais pas la possibilité de les enlever. Mais rien ne fit, je finis pas lâcher un long râle lorsque l'impression d'être littéralement coupée en deux se fit plus forte. Et le sang, le sang continuait de couler sur les vêtements. Ils me collaient à la peau, ils entraient dans mes plaies, et je refusais de regard la coupure béante qui s'étalait de mon ventre à mes côtés. La douleur m'en dissuadait. J'avais tellement mal... L'impression que le couteau passait encore et encore et déchirait toujours ma peau... Mes efforts furent vain, et je retombais lourdement au sol, le choc se répercutant dans mon corps, et surtout dans ma plaie, recouverte par mes deux mains crispées. Elles ne la touchaient même pas, elles étaient juste au dessus, et pourtant pleine de sang, comme le reste de mon corps... Je crus me casser les dents à force de serrer la mâchoire, et pourtant ça ne m'empêchait pas de crier si la douleur s'intensifiait. Il n'y avait rien à faire, je n'étais pas capable de me lever, d'aller chercher de l'aide, ou même de courir. Merde merde merde ! J'avais fermé les yeux en espérant mieux supporter la douleur, et n'osais les rouvrir qu'en entendant des pas sur l'arbre. Je grimaçai en voyant que c'était l'estre qui s'avançait avec la jeune fille. Quoi, il allait la tuer devant moi ? Et me tuer ensuite ? Nan, il n'allait pas le faire quand même. Je le foudroyai du regard, et essayai de l'immobiliser quand il s'approcha encore plus de moi, mais j'avais trop mal, ça me rendait faible, et il se mit devant moi, son regard exprimant comme un... dégoût. S'il avait été plus proche je lui aurais craché au visage.
À ma plus grande surprise il m'attrapa par le bras et me mit sur mes jambes de force. Ma respiration s'accéléra au point que j'en fus essoufflée, et je ne pus que crier une nouvelle fois en sentant les plaies s'ouvrir et bouger. Lâche-moi, lâche-moi, lâche moi, je t'en supplie, j'ai trop mal, j'ai mal... Le froid de sa seconde lame se plaça sous ma gorge, et je dus retenir mes sanglots pour éviter de bouger, même si me tenir droite comme il me l'obligeait était déjà atroce. C'est qu'un mauvais moment, un mauvais moment à passer, j'allais - pardon - nous allions nous en sortir. Je jetais un coup d'œil à la jeune fille qui paraissait dans un autre monde. Au point qu'elle obéit à son ordre. Je la dévisageais, trop surprise pour pouvoir faire autre chose, et elle s'engouffra dans la forêt. Mais je n'étais pas capable d'avancer, il ne sentait pas que je m'appuyais de tout mon poids sur lui ?! Il finit par me porter à moitié. Plus je faisais un pas, plus le sang dégoulinait de mes vêtements. J'en devenais pâle, je me sentais de plus en plus mal. Et lorsque ce fut trop, trop pour moi, trop pour mes nerfs, trop de douleur qui déchirait de l'intérieur j'eus une illumination. Une soudaine idée malgré la douleur qui me découpait en morceau. J'allais crier, j'allais hurler tout ce que mes poumons me permettaient de cracher, tout ce que je pouvais si cela pouvait avertir quelqu'un avant qu'il ne la poignarde elle aussi, avant que nous soyons trop loin. J'allais lui cracher tout ce que je pouvais, me déchirer les cordes vocales si ça avait un quelconque effet. J'allais essayer de m'en sortir coûte que coûte.

- A L'AIDE S'IL VOUS PLAIT, S'IL VOUS PLAIT ! Y A UN ESTRE DANS LA BOUCLE ! S'II VOUS PLAIT AIDEZ-NOUS, IL EST LÀ, IL VEUT NOUS TUER, QUE QUELQU'UN M'ENTENDE JE VOUS EN SUPPLIE ! Je vous en supple, aidez-nous je vous en supplie que quelqu'un vienne...

Malheureusement ma voix se tarit, et je fus prise qu'une quinte de toux douloureuse. Ma gorge me râpait maintenant, et plus je toussais, plus je sentais la blessure me brûler atrocement. J'eus du mal à récupérer de l'air, je ne pus arrêter de suffoquer que de longues secondes plus tard. À ce moment précis il me lâcha, mes jambes furent de mèche avec lui, et je m'étalais au sol sans aucune grace, et en pleurant de douleur. J'avais mal au nez, mal aux mains, mal au ventre, et tout mon corps entra en contact avec le sol de manière à ce que j'aie l'impression de me retrouver écrasée au sol par un tank. Il ne se passa rien pendant de longues secondes, durant lesquelles j'eus énormément de mal à faire ressortir ma tête hors de l'eau, et puis il me balança son pied de plein fouet sur ma blessure. Pile sur les plaies, comme pour en propager le supplice dans tout mon corps. J'hurlais, d'une voix presque stridente, le visage dans la terre de la forêt. Putain non, finalement je n'allais peut-être pas en ressortir. Bordel, ça faisait juste... tellement mal. Tellement tellement mal. Et si à cause de la douleur ma poitrine cessait de se relever et de s'abaisser ? Si mon coeur décidait de mettre un terme à tout ça, et de s'arrêter. Je n'entendis pas ce qu'il dit, mon sang battait à mes tempes, j'avais les yeux mi-clos, j'avais l'impression d'agoniser, que l'on m'avait retiré un morceau de peau, qu'on m'avait écorchée vive. Ce n'était plus supportable... je n'en pouvais juste plus de me battre.
Je ne fis pas l'effort de me relever, pas non plus celui de lui cracher à ma figure. Je restais allongée au sol, à tremper dans mon sang, à me dire que la fin allait arriver, et que toute douleur allait disparaître d'ici peu.

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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Mar 15 Nov - 22:55

        William avait comme l'impression qu'on lui avait poser un lapin. Et pas un petit civet, non, un énorme lapin géant qui englobait toute cette saleté de boucle parce que qu'importe où il allait, Anaïs n'était pas fichue de se montrer. Il avait patienté un temps dans la clairière, mais comme elle n'était jamais en retard, il avait rapidement fait le point, assis sur sa branche : de un, d'accord, il n'était pas franchement le particulier le plus facile à contacter de la boucle de Miss Tit, mais elle savait qu'il était toujours là, ou presque, alors si elle ne venait pas, elle avait eu tout le loisir durant la matinée de le prévenir, de deux, Anaïs était très ponctuelle d'habitude. De trois... Y'avait pas de trois, bordel, elle foutait quoi ? Alors, William était descendu de son perchoir et s'était mis à sa recherche, non sans grommeler. Au début pour la forme, après, il avait commencé à vraiment croire que le bon Dieu se foutait de sa gueule parce qu'après avoir fait deux fois le tour de cette satanée baraque de particuliers, en comprenant le jardin où des gamins jouaient et la plage, il commençait à sérieusement s'impatienter. Et pour lui, s'impatienter signifiait être en pétard et, aussi, même s'il aurait préféré crever plutôt que d'avouer ça à une quelconque personne n'étant pas Anaïs, à sérieusement s'inquiéter. Il avait demandé à ceux qu'ils croisaient s'ils ne l'avaient pas vu, sans résultat. Déjà, William qui adressait la parole à quelqu'un pour demander des informations comme quelqu'un de normal, c'était une première. Cette fille me rendra dingue, songea-t-il en remontant l'allée du jardin, à quelques mètres de la maison, les mains dans les poches. Mais qu'est-ce qu'elle foutait, la nuit allait bientôt tombée. Lui qui les aurait bien vu admirer le coucher de soleil sur la mer d'un endroit dégagé de la boucle, c'était râpé. ça n'arrangeait pas la paranoïa de William de la savoir paumer dans la boucle. Et si elle s'était aperçue qu'elle avait raté leur rendez-vous et qu'elle était finalement allée dans la clairière alors qu'il la cherchait dans aux environs de la maison ? William n'y croyait pas trop, mais ça valait le coup d'essayer. C'était mieux que de l'imaginer en train d'agoniser quelque part ou avec un autre, ou encore de penser qu'elle l'évitait. Mieux valait d'ailleurs qu'elle l'évite, parce que les autres scénarios étaient bien pire, et William avait tendance à être pessimiste et très imaginatif quand il s'agissait des situations catastrophiques. Il ne fallait pas se fier au calme apparent de la boucle, il pouvait se dérouler des horreurs dans un décor aussi paisible, qui, subitement, écœura le jeune homme. Cependant, cette impression passa vite, et William était à deux doigts de laisser tomber ses recherches - c'était impossible d'éviter quelqu'un comme ça à moins de le vouloir - lorsqu'un des particuliers lui répondit qu'il l'avait vu partir de l'autre côté de la maison. William leva la tête et se retint de justesse d'étrangler cet imbécile (il n'avait pas pu se manifester avant, non ?) avant de se mettre en route pour la rejoindre. Il faisait le tour de la bâtisse en observant les murs couverts de lierre en se disant que, sous cet angle, la maison des particuliers avait vraiment l'air peu accueillante, presque austère, quand un bruit étouffé l'alerta. Il jurerait avoir entendu quelqu'un crier, mais ne voyait personne.

        "Anaïs ?.."

        Merde, mais elle était où à la fin ? Y'avait rien, que de l'herbe et l'obscurité qui tombait doucement mais sûrement, tout ça pour prouver au soleil qu'elle pouvait lui voler son royaume pour une nuit. Qu'elle aille se faire foutre, elle-aussi. Pressant le pas, il maudit une énième fois cette journée, puis se figea. S'il reconnaissait une odeur entre toute, c'était bien celle de ce qui tapissait en taches éparses le sol. L'herbe piétinée ajoutait à l'effet de style, comme une plume privée d'encre qui rappait la terre. William était parfaitement conscient de ce que ça voulait dire. Si c'était le sang d'Anaïs, elle était mal barrée. S'il était nerveux en arrivant ici, son état d'esprit n'avait plus rien à voir : il était d'un calme apparent terrifiant. Si quelqu'un ne touchait ne serait-ce qu'un seul de ses cheveux... William sentit la colère flamboyer en lui. Nul doute qu'il n'en ressortirait pas vivant. Les yeux grands ouverts, sentit ses sens se réveiller. Trouver Anaïs n'était plus une priorité, mais une véritable obsession. Il s'enfonça dans la forêt sans aucune hésitation - il la connaissait comme sa poche - avec la ferme intention de retrouver Anaïs.
         Il avait à peine fait quelques mètres qu'elle hurla. Il ne chercha même pas à saisir ce qu'elle disait, le fait était que c'était elle qui criait. Anaïs. Ce fut comme un électrochoc, et la suite s'enchaîna très vite. Une poignée de secondes plus tard, il les avait en vue. L'homme qui lui l'avait fait hurler était de dos, et une silhouette blonde par terre, recroquevillée. Le corps de William réagit de lui-même : avant qu'il ne puisse comprendre quoi que ce soit, il plantait un couteau en plein milieu du crâne du tortionnaire. William ne vit pas l'expression caractéristique de celui qui ne s'attendait pas à ce qu'on lui ôte la vie aussi vite. Il le regarda juste tomber face contre terre, et puis... Se précipita au chevet de la blonde, sans faire attention à l'inconnue à quelques mètres de là - même pas sûr qu'il l'ait remarquée, d'ailleurs. A son grand malheur, la fille qui saignait sur le sol était bien Anaïs. Une Anaïs sérieusement touchée et terrorisée, qui, accaparée par sa douleur, était certainement persuadé qu'elle allait mourir comme ça, le nez dans les feuilles mortes. Même pas besoin de tombe, avec un peu de chance on ne la trouverait pas avant longtemps. 
        William la retourna rapidement, inspectant grossièrement les dégâts - pas le temps pour ça. Elle ne se débattit même pas, secouée de sanglots. Un sursaut de rage envahit William quand à celui qui lui avait fait ça, mais il se maîtrisa. Le jeune homme saisit le visage d'Anaïs entre ses mains pour attirer son attention. Elle était encore consciente, il devait faire en sorte qu'elle le reste. Et étouffer cette putain de panique qui l'envahissait en la voyant dans cet état. Elle n'avait pas besoin de lui pour avoir peur, elle crevait déjà bien assez de trouille pour ça. Le réconfort, par contre, c'était une autre histoire, il faut dire qu'il était difficile d'avoir confiance en la vie quand on est en train de se vider littéralement de son sang.

       "Anaïs ? Anaïs, c'est moi, j'suis là, oh, tu m'entends ?"

       Réponds, bordel, aller, réponds !..


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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Mer 16 Nov - 13:45


Je gémis quand on me retourna, rudement. « Ne me frappe pas, je t'en supplie ne me frappe pas, pas encore je ne vais pas supporter » voulus-je dire, mais aucun son ne sortit de ma bouche, rien qui ne ressemblait de près ou de loin à ceci. Mes yeux étaient fermés, je n'osais pas les rouvrir. La douleur s'insinuait dans chaque veine, chaque cellule de mon corps avait dû recevoir ce coup, c'était pas possible. On me saisit le visage, et je n'osai pas regarder la réalité en face. Revoir les yeux vides de l'estre, entendre sa voix qui me disait que si je faisais un tel coup d'éclat encore une fois de cette manière il me tuerait... mais j'étais déjà morte ! Le temps d'arriver à un lien dégagé, de parler, s'il ne nous tuait pas sur le champ je me viderais de mon sang sur le retour parce que je serais incapable de rentrer ! De me mettre debout, de faire trois pas, et la jeune fille n'allait pas me porter ! J'avais déjà tellement mal, son pied avait dû agrandir les blessures ou alors carrément entrer dans la plaie, je ne sais pas, je ne savais plus... la douleur accaparait toutes mes pensées avec l'éventualité de quitter ce monde d'ici peu qui devenait au fil des secondes la dernière échappatoire possible. Je ne pouvais plus rien faire, le sort avait déjà joué sa partie lorsque l'estre nous était tombé dessus, il n'y a pas moyen de faire marche-arrière. Je sentais mes sanglots s'accentuer en me disant que j'allais quitter William, que j'allais le laisser. Alors que j'avais promis, j'avais promis de ne pas partir, jamais. Et si on ne retrouvait jamais mon corps, que penserait-il de moi ? Que je l'avais lâchement abandonné, que j'avais décidé de quitter la boucle sans rien lui dire ? De le quitter à jamais ? Je ne voulais pas mourir. Et encore moins devenir trépas en de laissant ici, je ne voulais pas mourir de la main d'un estre ! Pas comme Louis, non, non, non... Pas Louis... Je me crispai, en tenant le bas de mon haut, et remarquai à peine que le tissu collait à mes doigts.
Et puis mon prénom. Mon prénom dit de ses lèvres. Ses lèvres. Pas n'importe qui, pas la jeune fille, pas l'estre, pas même un quelconque fantôme de Louis venu me montrer le chemin vers un nouveau monde, rien de tout cela, c'était...

- William ..?

C'était sa voix, non ? C'était sa voix ! Je rouvris les yeux et grimaçai une nouvelle fois. Mais... c'était bien lui, pas l'estre ou la jeune fille, c'était William. J'écarquillai mes yeux, avant de prendre sa main et de la serrer. De me dire que le bon Dieu avait décidé de m'aider, qu'il avait accepté de guider ses pas jusque ici, que finalement je n'allais peut-être pas finir mes jours maintenant. Je serrais sa main pour me convaincre qu'il était là, et parce que c'était la seule chose que je pouvais encore faire contre la douleur. La serrer en grinçant des dents, la serrer en sentant le liquide rouge et tiède me couler le long du corps, la serrer en me disant que tant que j'arrivais à garder le bras levé, c'était que la mort n'était pas encore là.

- William... William j'ai tellement mal... je t'en supplie, fais quelque chose, je t'en supplie... murmurais-je entre deux grimaces et deux sanglots.

J'aurais aimé me mettre dans ses bras et ne plus rien ressentir. Me blottir contre lui et arrêter de respirer. Cesser tout combat si son cœur pouvait battre pour nous deux.
Et puis je me mis à respirer rapidement, difficilement. J'avais beau absorber de l'air par mon nez, mon coeur ne voulait pas compter cet oxygène et en réclamait toujours plus. Je n'étais pas en mesure de lui fournir, j'avais mal rien qu'à respirer lorsque s'abaissait ou se relevait mon corps, je commençai à avoir mal au cœur. Il n'y avait plus assez d'air dans cette forêt, c'était pas possible. Ma pâleur s'accentua, j'allais tomber dans les pommes, j'allais tomber dans les pommes c'était certain. La tête de William commençait à devenir floue, j'eus du mal à y réfléchir, à en venir à cette conclusion lorsqu'elle brilla enfin dans le brouillard de mes pensées disloquées. J'avais perdu trop de sang, j'arrivais à la limite du supportable, ce n'était plus que mes nerfs qui étaient à bouts, mais aussi mon corps, et tout ce qui allait avec. Je dodelinai de la tête un instant, avant de retrouver un semblant de réflexion.

- William, la fille.. la fille, on peut pas la laisser là, arrivais-je à souffler d'une voix à peine audible.

Je grimaçai une énième fois, et abandonnai ma tête entre ses mains. Je ne pouvais pas en supporter plus.

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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Jeu 17 Nov - 0:50

       Le jeune homme ne put s'empêcher de ressentir un intense soulagement en la voyant ouvrir les yeux, lui répondre... Elle était en vie ! Il danserait la javanaise plus tard, pour l'instant il y avait plus urgent que de fêter cette petite victoire : elle s'accrochait à lui comme à une bouée de sauvetage, les yeux emplis de larmes qui lui criaient sa douleur. Et ce genre de regard, ça vous prend aux tripes. La voir comme ça c'était... Il n'aurait pas su bien dire ce qu'il ressentait, mais une chose était limpide : il n'allait pas la laisser mourir ici, comme une malpropre, assassinée par je ne sais quel abruti. Il l'engueulerait plus tard pour lui avoir fait une peur pareille, pour l'instant, il lui fallait faire un état des lieux un peu moins sommaire que tout à l'heure. Bien sûr qu'elle avait mal, vu la longue trace sale et sanguinolente qui lui barrait le flanc. Anaïs avait mal, elle avait peur, et William n'allait certainement pas attendre qu'elle meure devant ses yeux. Elle se vidait de son sang, et si elle n'était pas très profonde, la plaie, longue et étroite, ne semblait pas vouloir se tarir. Hé bien, il allait l'y aider ! La forcer même, à se reboucher, à se rafistoler, qu'importe tant qu'il n'en subsistait nulle trace dans le futur. Un futur très proche, puisqu'il n'avait pas fallut longtemps à William pour décider de la suite des événements. Il passa les bras autour d'Anaïs et lui parla avec une douceur surprenante (venant de lui).

      "ça va aller. Reste calme, je t'emmène voir Victoria."

      Je suis pas prêt à te laisser mourir, ni maintenant ni jamais.
       William souleva Anaïs dans ses bras - avec le maximum de précaution, ce qui n'empêcha pas la jeune fille de gémir de douleur. Elle grimaçait, ses paupières papillonnèrent dangereusement, elle semblait à deux doigts de tomber dans les pommes et il ne fallait surtout pas que ça arrive.

      "Oh oh oh, reste avec moi princesse."

       Et tout ce qu'elle trouva à faire, c'était gaspiller ses forces inutilement pour lui causer d'une... Fille. Hein, quelle fille ? Elle délirait déjà ?.. Après vérification, non. Y'avait bien une fille, qui se tenait en retrait, du sang sur la tempe et, avec son amabilité légendaire, William ne trouva rien de mieux que lancer un :

     "T'es qui toi ?"

         C'était qui celle-ci ? Et puis c'était quoi cette nouvelle mode de se retrouver en forêt pour discuter ? Elles voulaient vraiment finir la gorge tranchée ou quoi ? William était carrément agacé, pour ne pas dire énervé. Si ça ne tenait qu'à lui, Anaïs serait déjà en train d'être soignée à l'heure qu'il était au lieu de perdre du temps à cause d'une inconnue. Il s'en fichait, lui, de la fille, tout ce qu'il voulait c'était qu'Anaïs soit soignée. Donc si l'inconnue pouvait mettre son cerveau en route et répondre un peu plus vite, ça arrangerait tout le monde.

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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Jeu 17 Nov - 21:20

La terre tournait. Oh oui, elle tournait, de cette manière roulante décrie par un navire secoué par la houle furieuse d’une tempête de pleine mer. Les arbres, tu les savais stables, tu les savais éternels, figés dans cette gaine particulière qui jamais ne les permettrait plus de grandir. Et pourtant, ils tanguaient de gauche à droite, et de droite à gauche. Le sol te paraissait plus instable que jamais, et l’épais tapis de feuilles ne rendait que la tâche plus difficile encore. Tu peinais à aligner plus de deux pensées car ces dernières s’éparpillaient comme la bourrasque dangereuse envoie voler les brindilles misérables. C’était à peine si tu arrivais à poursuivre ta marche – qui manquait sûrement d’assurance – à travers le couvert sombre des arbres. Cette forêt, qui d’habitude résonnait de mille et un infimes bruits naturels, paraissait désormais plongée dans une eau glacée. Au fur et à mesure que tu avançais, les sons paraissaient de plus en plus sourds et de plus en plus lointains.
Pourtant, tu es quand même parvenue à distinguer ses cris. Comment ne pas les entendre ? Leur désespoir a percé le cocon douloureux qui s’installait de force dans ta tête, comme de l’acide brûlant qui te réveillait soudainement. Tu t’es retournée, sans penser à la réaction de votre agresseur s’il te voyait effectuer ces mouvements suspects. La blonde hurlait de toute la force de ses poumons, cherchant désespérément de l’aide dans ces bois désertés par toute forme de vie humaine, quêtant en vain une aide qui ne risquait pas d’arriver. Ses plaintes se sont transformées en toux douloureuse. Tu as pu voir la grimace se peindre sur son visage, la résignation arriver dans ses yeux clairs. Ton regard est passé de son visage à celui d’Elias qui semblait se durcir soudainement. D’un mouvement impulsif, il l’a expulsée à terre. Le visage barré d’une moue rageuse – mêlée à un sentiment que tu avais du mal à définir –, il s’apprêtait à lever son couteau sur la pauvre fille qui avait voulu se révolter.
Non, non, non ! Cette alerte a brusquement sonné dans ton cerveau endolori. Sans réfléchir, tu as foncé sur lui. Pas de plan, pas de réflexion, juste l’envie de le voir s’écrouler, comme il avait fait vous avait fait vous effondrer. Ton corps s’est heurté au sien. Il n’a pas bougé. Pas même vacillé. Alors, au lieu de frapper la fille, Elias s’est retourné contre toi. Encore une fois. Son coup est parti, puissant, rapide. La lame a lacéré ton bras gauche et a continué sa course jusque sur ta poitrine. La profonde lacération t’a fait hurler. La douleur n’est pas venue tout de suite. Sournoise, elle a attendu qu’un filet rouge suinte de tes blessures avant d’envahir ton poitrail et ton biceps. L’estre t’a brusquement soulevée comme si tu ne pesais pas plus lourd qu’un enfant et projetée plus loin, dans les feuilles. Ta tête a brusquement heurté un tronc, et pendant un instant, tu as perdu conscience.
Lorsque tu t’es réveillée, la respiration sifflante, tout était calme. Paisible. L’espace de quelques secondes, tu as pensé que tu étais de retour dans ta chambre. De retour au chaud et à la sécurité, sans l’ennemi qui vous menaçait. Jusqu’à ce que le froid se rappelle à toi et que la douleur ne batte partout dans ton corps. Tu t’es redressée tant bien que mal, le crâne plus douloureux que jamais. Avec une grimace, tu as porté la main à ton cuir chevelu. Lorsqu’elle est revenue en face de tes yeux, elle était poisseuse et couverte d’un sang carmin.
Bon, réfléchis Robbin. Où es-tu ? Dans la forêt. Bien. Réponse facile. Quelle est la situation ?
Deux silhouettes se faisaient face au milieu des arbres, avec à côté d’elles un corps affalé au sol, dans une curieuse position. Face contre terre, le corps tordu, et une lame incurvée plantée dans le crâne. L’affolement t’a fouettée. Non, ce n’est pas la fille quand même… ?
Tu t’es gauchement relevée et as oscillé jusqu’au corps sans vie. Non. Ce n’était pas elle. Le soulagement a remplacé la panique. Bon. Une bonne chose.
Maintenant, qui sont les deux personnes à côté de toi ?
Tu as tourné la tête. Il s’agissait de la fille, ainsi que d’un jeune homme inconnu. Ceux-ci échangeaient des messes basses. Tu les as regardés, curieuse. Avec un peu de ta conscience qui était revenue au moment où tu constatais la mort de votre ennemi, tu as songé qu’ils avaient l’air très proches. Pas seulement physiquement – cette simple constatation était facile à faire – mais intimement. Le particulier avait vraiment l’air de tenir à la blonde, vu la façon dont il la tenait – comme s’il craignait que malgré la mort de l’estre, celui-ci ne vienne tout de même la lui reprendre.
Le brun a un moment paru troublé, puis a regardé autour de lui. Lorsqu’il t’a vue, il a froncé les sourcils, comme s’il ne s’apercevait que maintenant de ta présence. C’est seulement lorsque son visage t’est apparu pour la première fois entièrement que tu as froncé les sourcils. Il te rappelait quelqu’un. De plus singulier qu’un simple visage croisé tous les jours dans la maison. Après quelques débats internes, son visage a soudainement pris un nom, tout droit sorti de la mémoire de la fille. William.
Sa question a fusée, sèche et brusque. N’est-ce pas à toi qu’il te demande quelque chose ?

« Celle que l’estre a pris en otage en même temps que ta copine. »

Une réponse simple, un peu engourdie, qui omettait prudemment de signifier qu’il ne t’était pas inconnu. Des types comme lui – dont les coups ne semblaient pas épargnés à ses proches connaissances – ne t’inspiraient, de prime abord, pas du tout confiance. Mais tu n'as pas pu t'empêcher de rajouter :

« Je suppose d'ailleurs qu'il est mort grâce à toi...? »


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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Ven 18 Nov - 0:18

          William écouta vaguement sa réponse. Non pas que ça ne l'intéressait pas, mais il sentait sa bonne vieille paranoïa lui souffler de ne pas rester ici. Et pas seulement parce qu'Anaïs était à deux doigts de sombrer dans l'inconscience. Les arbres, parcourus par une brise légère, semblaient pour une fois menaçants, eux qui représentaient pourtant le refuge de William - et sa liberté, dont il avait été privé une éternité pour son propre salut. Et d'ailleurs... Il jeta un coup d’œil au cadavre, par terre. Il avait tué qui, au final ? Si c'était un particulier, il allait probablement se faire éjecter de la boucle. Il n'avait pas réfléchi à son geste, il n'avait pas vraiment eu le temps. L'idée que ce mec fasse du mal à Anaïs... ça avait surplombé tout le reste. Et rien que d'y penser là, maintenant, ça le mettait en pétard. Certes, il aurait pu seulement le neutraliser. Certainement. Mais c'était trop tard, on réparait pas un cerveau percé comme ça.
        Ça, c'était ce qu'il se disait avant que l'inconnue ouvre la bouche. Elle avait l'air d'être passablement sonnée, avec comme qui dirait une blessure plutôt méchante à la tête. Allons bon, pourquoi est-ce que Anaïs n'était jamais capable de penser à elle avant tout ? Remarque, c'était une bonne chose qu'elle possède un cœur d'or, sinon William ne serait plus là pour en parler. A la mention de l'"estre", ses yeux s'assombrirent. Ah ouais, alors l'un d'entre eux avait fini par se faufiler à l'intérieur de la boucle ? Et s'il n'était pas seul, hein ? La sécurité était vraiment à craindre, décidément. Ce n'était pas la première fois que ça arrivait, ils feraient quoi le jour où ils viendraient en grand nombre, comme à la Boucle de la Tour, ou, pire, comme... Comme durant l'attaque qui avait tué Vince et tous ceux de l'ancienne boucle ? Arrête d'y penser, William, tu vas finir par péter les plombs et Anaïs est dans tes bras. Ok. Il ferma les yeux un court instant, histoire que sa haine profonde pour ces créatures reflue un peu, et la respiration laborieuse d'Anaïs le ramena bien vite à la réalité. Il fallait qu'ils bougent. Et vite.
        Le jeune homme jeta un vague regard au cadavre, comme si tout cela n'avait pas d'importance. Mais ses yeux démentaient son calme apparent. Il fixait la fille. Comment se faisait-il qu'elle soit au courant pour Anaïs et lui ? William, de mémoire, ne l'avait jamais vu - enfin, il était carrément nulle pour se souvenir des prénoms, peut-être parce que le seul qui lui importait était justement celui de celle qu'il avait dans les bras - et il était peu enclin à faire confiance à quiconque, surtout avec Anaïs dans cet état-là. Oui, mais... Elle le lui avait demandé, et il allait certainement subir ses foudres s'il n'accédait pas à sa demande de ne pas laisser une particulière crever en pleine forêt. Lui, il s'en moquait complètement. C'était d'ailleurs certainement pour ça qu'elle avait pris la peine de le lui dire. William, excédé, soupira bruyamment :

      "Ouais, c'est moi. Bon, tu peux bouger ou quoi ? On a pas toute la nuit, je l'emmène se faire soigner. T'as qu'à venir avec nous."

       Puisque Anaïs le veut. Et, je m'en fous de ton prénom, de ton histoire, de ta vie, tout ce que je veux c'est qu'elle vive. Le légendaire tact de William faisait encore des siennes, mais il se retenait à grand peine de se téléporter sur le champs pour la soigner. Le sang d'Anaïs coulait sur lui et ne faisait que lui rappeler que le temps pressait. Le jeune homme adressa un regard noir à l'inconnue, attendant sa réponse.

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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Ven 18 Nov - 17:13

Pendant le court laps de temps qu’il lui a fallu pour te répondre, tu as commencé à l’observer discrètement. Ton crâne résonnait toujours autant, et tu te berçais d’illusions en espérant que s’absorber dans la contemplation de ton environnement t’aiderait à y échapper. Jusqu’à maintenant, tu ne percevais pas Will comme quelqu’un d’aimable, ou amical. Sa manière tendue de se tenir, sa vigilance sans cesse utilisée, son regard excédé, tout en lui t’évoquait une personne de dur. En même temps, tu ne le connaissais que depuis une minute, et les circonstances n’étaient pas tout à fait ordinaires.
Sa réponse a claqué. Tu t’es demandé si c’était son moyen normal de communiquer. Sa façon habituelle de s’adresser aux autres. Dans ce cas, tu n’espérais pas être de ceux-là. Toi-même t’es prise à soupirer avant de t’avancer vers lui. Irrévocablement, attendre plus ne l’irriterait que d’autant plus. Et puis, ce qu’il disait n’était pas faux, après tout. La jeune fille était mal, bien plus mal qu’avant que tu ne perdes connaissance. Cela se voyait à la pâleur de son teint, à l’absence de son regard, à la tâche rouge qui se propageait de plus en plus sur son ventre. Il était clair que ton intervention n’avait servi à rien.

Tu as soupiré et baissé les yeux. Un regard sur tes gants t’a suffi pour statuer : pas de doute, il faudrait les remplacer. Troués de déchirures béantes après le combat avec l’estre, ils étaient couverts de crasse et laissaient voir ta peau endommagée. Tu as enlevé le plus abîmé de ton autre main, fatiguée. La douleur te reprenait, aussi sûrement qu’une coulée de boue qui surplombait toute autre sensation que celle-là. Elle revenait à la charge, s'infiltrait dans tes veines, éteignait petit à petit ta conscience. Tu fermé les yeux un bref instant, espérant vainement que ce simple battement de paupières résoudrait tes maux. Autant dire que cela n'avait pas marché un seul instant. Tu as soufflé lourdement.
Impatiente de partir de cette forêt sombre, tu t’apprêtais à proposer de partir, amorçant déjà un mouvement vers ce que tu présumais la direction de la maison. Pourtant, au moment-même où les mots voulaient sortir de ta bouche, un détail les a brusquement ravalés. Les souvenirs de la fille mettaient clairement en scène plusieurs images de son ami – ou quoi qu’il soit vis-à-vis d’elle – disparaître et réapparaître instantanément plusieurs fois de suite. Alors, sans plus de façons, tu as tendu ta main droite.

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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Ven 2 Déc - 20:53

         William ne retint pas le fait qu'elle lui tende la main comme si elle savait quel était son don, ce qui normalement était impossible parce qu'il ne se souvenait pas en avoir user devant elle, mais qui sait, avec la pagaille de la boucle de la Tour, elle aurait tout aussi bien pu le savoir par un moyen ou un autre. Et de toute façon, il avait plus important à gérer pour le moment. Les paupières d'Anaïs papillonnaient dangereusement et il était prêt à parier que d'ici peu elle ne serait plus qu'une poupée de chiffon dans ses bras, inerte. Et William n'était pas vraiment pressé que ça arrive, parce qu'à ce moment-là il pourrait vraisemblablement envisager le pire, ce à quoi il n'était pas du tout préparé. Pourquoi l'inconnue avait-elle regardé ses gants - ou du moins ce qu'il en restait - avec une expression pareille sur le visage ? William secoua la tête et passa à autre chose. Il ne se laissa pas le temps de réfléchir et se rapprocha de Robbin d'un pas, juste pour que sa main touche son bras. Une fraction de secondes plus tard, ils étaient dans la cuisine, là où il avait vu Victoria la dernière fois, entourée d'enfants... Qui étaient toujours là. Euh, problème, comment dire qu'une espèce d'énergumène qui sort de nulle part avec du sang partout, une blessée dans les bras et une autre fille hagarde qui tenait à peine sur ses jambes n'était pas la vision la plus adaptée à des gamins de moins d'une dizaine d'années ? Heureusement, Victoria réagit relativement vite - c'était d'ailleurs surprenant de voir avec quel naturel elle prenait les choses en main, et même un peu effrayant, comme si elle était perpétuellement préparée au pire - et les évacua de la pièce en moins de temps qu'il ne le faut pour le dire. Elle se tourna ensuite vers lui, avec cette espèce de rigidité, de franchise, de recherche de perfection qui pouvait faire peur. Mais là, maintenant, William se fichait bien de son regard bleu qui démontait en permanence ses interlocuteurs. Il ne voulait que la survie de celle qu'il tenait dans les bras et n'en pouvait plus de la voir souffrir.

       "Fais quelque chose, soigne-la, je t'en prie."

       Pas de cris, pas de tempête - ce qui était franchement surprenant venant de William -, il aurait pu la supplier à genoux que ça aurait été la même chose : son regard criait qu'il crevait de trouille à l'idée qu'elle meurt.

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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Dim 4 Déc - 16:13

Sa voix paraissait loin, tellement loin, un souffle qui s'était à peine répercuté sur une surface dure pour devenir un faible échos qui ne m'atteint que de longues secondes après les avoir prononcées. Les images étaient décalées par rapport aux sons. Et si William ne s'amusait pas à faire le manège en me tournant dans tous les sens le ciel m'en donnait l'impression. Le monde tournait horriblement autour de moi, et même si je fermais les yeux j'avais la sensation de tomber, encore et encore. Les points noirs vinrent rapidement obscurcir ma vision au point que je ne puisse plus rien voir de ce qui m'entourait. Je grimaçai de plus belle en sentant ses bras passer autour de moi et me soulever. Je clignais des yeux, une fois, deux fois, trois fois, pour essayer de voir ce qui se passait. Mais rien ne marchait, au contraire, je ne pouvais plus lutter… Je ne pouvais plus… Je l'entendis à peine parler à la fille, et malgré mes efforts pour garder les yeux ouverts, la douleur devenait trop intense. La plaie entrait en contact avec mes vêtements, et les mouvements de William n'arrangeaient pas les choses. C'était juste trop pour moi, le coup de pied de l'estre n'aidait pas et… Et où était-il d'ailleurs ? Je réussis à me dire que si William était là, l'estre était sûrement mort, ou alors non ..? Je sais pas, je sais pas, je… Une nouvelle grimace déforma ma bouche, et j'essayai d'attraper de l'air comme je le pouvais, en sentant que les points noirs devant mes yeux et ma respiration laborieuse avaient forcément un rapport ensemble. Une fois que je fus certaine de ceci, j'en vins à me féliciter, puis à me demander ce que je pouvais bien faire de cette information, car le savoir ne m'aidait pas du tout à respirer correctement, et encore moins à voir nettement. Je me crispai imperceptiblement et cherchai une attache, n'importe quoi pour éviter de divaguer. Mais peine perdue, je ne compris pas si je finis par m'endormir à cause de ma faiblesse ou par tomber dans les pommes, en tout cas un profond vide s'ouvrit à moi, sans que je ne puisse faire quoi que ce soit.

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[Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller
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