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 Le petit carnet d'une jeune fille égarée.

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MessageSujet: Le petit carnet d'une jeune fille égarée.    Mar 1 Nov - 10:42

« - Tu fais quoi dans la vie ?
- Rien. Je poursuis des émotions, je trébuche dans des regards, et je collectionne les cicatrices. »





« Mes grands-parents me disaient souvent que la vie est un long fleuve tranquille. Je commence à me demander où ils l'ont trouvé ça. Rien que le mot "vie" et "tranquille" devrait être un oxymore, sincèrement ! Aux dernières nouvelles, sur toutes les personnes que j'ai pu rencontrer depuis ces vingt dernières années, aucune n'avait eu une vie paisible, ou alors elles avaient eu énormément de chances et devraient remercier le bon Dieu. Parce que nous sommes des particuliers ? Serait-ce la raison de nos multiples souffrances parsemées sur toute notre vie ..? Non, je ne crois pas. Avant de découvrir mon don je connaissais déjà la peine, quoi qu'assez différente de ce que je pourrais ressentir aujourd'hui. Tout ça pour dire que cette expression n'a ni queue ni tête et que je comprends enfin qu'ils me disaient ceci pour croire en un avenir. Pour que, du haut de mes dix ans, je reste dans le monde un peu magique et irréel de l'enfance, pour que je croie toujours à la belle vie que j'aurais pu connaître.
Et puis un jour, ma propre famille a décidé de me prouver que la vie est tout le contraire. Que pour vivre je dois endurer, combattre, survivre, persévérer, ne jamais baisser la garde, toujours avoir la tête haute pour ne pas me faire piétiner, mordre, griffer, hurler, pleurer s'il le faut. Mais que quoi qu'il arrive, je dois toujours trouver un moyen de m'en sortir. Je fus brusquement jetée dans la dure réalité de notre vie. »

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MessageSujet: Re: Le petit carnet d'une jeune fille égarée.    Mar 1 Nov - 22:56



« Parfois j'y repense. Je repense à tout ça. Même souvent en fait. Camille, Maman, Papa, je pense et repense continuellement à eux en me demandant si le monde aurait pu être différent, si nous avions pu rester une famille unie. Si j'avais pu rester avec eux. C'est le genre de question qui ne quitte jamais un esprit : "que sont-ils devenus ? Comment ont-ils vécu sans moi ?" accompagné de la douloureuse pensée "bien sûr qu'ils ont su vivre sans moi, ils m'ont bien mise à la porte en quelques secondes". Je ne sais pas comment ils m'ont vue par la suite, comment ils ont expliqué mon brusque départ au reste de la famille. Je ne sais pas, je ne sais rien du tout, après tout, ils auraient pu dire n'importe quoi, même me faire passer pour une méchante ayant fait du mal à Camille... Et dans ces moments là, je tente de me rassurer, en me disant qu'ils étaient mes parents tout de même, qu'ils ne m'auraient pas fait ça, mais le doute persiste, et je maudis ce don, je le maudis de tout mon être de m'avoir séparé de ma famille. Je me souviens encore, je me souviens du visage strié de larmes de ma mère, portant dans ses bras Camille, qui pleurait elle aussi, qui criait, qui criait mon nom, qui criait contre ma mère, en se débattant. Je n'ai jamais su si elle avait compris ce qui se passait. Si son âge lui avait permis de mesurer l'erreur qu'elle avait faite en appelant nos parents en voyant mon don. Et au fond, je ne peux qu'avoir peur qu'elle s'en soit voulue, alors que moi-même je ne lui en voulais pas. Elle était juste trop petite, elle ne pouvait pas le prévoir. Et puis d'un autre côté, comme je l'ai dit avant, ils ont ensuite peut-être tellement craché sur mon dos qu'elle a fini par conserver une image de moi des plus mauvaises.
Je peux encore sentir le bitume froid entrant en contact avec mon corps quand je suis tombée une fois poussée dehors. Je peux encore voir les grandes silhouettes de mes parents à l'entrée, dans la lumière de la maison. En me disant que j'avais montée les marches du perron un nombre incalculable de fois, et que désormais, cette maison n'était plus mienne. Et le maigre sac que mon père avait lancé comportant le strict minimum dont j'avais besoin. Je me souviens de chaque petits détails, des cailloux qui s'étaient incrustés dans la paume de ma main, du sentiment de désespoir me sciant le cœur en deux, de la tristesse infinie, de la douleur indescriptible, de l'abandon. J'aurais aimé emporter avec moi la photo, la photo que toutes les familles ont, où nous sommes tous réunis, à sourire. Pour me souvenir du temps, des temps heureux, du temps où tout était normal, où je n'étais pas une particulière, où Maman et Papa venaient me border, le soir, après ma sœur. Ils me disaient bonne nuit, m'embrassaient sur le front, puis sortaient en fermant la chambre, et alors je dormais tranquille. Le temps où nous pouvions déjeuner tous ensembles où j'étais avec eux, pour me souvenir de leur visage. Ce sont des souvenirs heureux mais pourtant tellement douloureux. Des petits détails banaux, voire inintéressants car beaucoup les connaissaient. Mais moi, je donnerais tant pour pouvoir les revivre.
Alors oui, j'y repense, souvent, même si je sais que c'est mauvais. ça a tendance à plomber le moral, ou alors ils viennent en rêve. Et j'en pleure, parce que je ne sais pas discerner si je suis heureuse de sentir la caresse de ma mère sur ma joue, ou si je me sens encore plus déchirée par leur abandon, par l'idée d'avoir un jour perdu tout leur amour. D'avoir fait peur à ma propre famille, d'être devenue un monstre à leurs yeux. ça me prend comme ça, une subite baisse de moral, un moment à revoir tant de choses inaccessibles, des choses du passé. Un moment où tout devient dépourvu de sens et d'utilité, et je me demande comment j'ai fait pour tenir jusque là. Quelles étaient les chances qu'une ombrune me trouve, que je tienne la route, que tienne toujours la route aujourd'hui. Que je survive après tant d'années, tant de choses, avec le poids lourds que pèse ma famille. Et après, je me dis que tout va bien. Tout va bien parce que je suis dans une boucle, en sécurité, je sais où est ma place, je sais où je vis, je sais d'où je viens, et je sais -presque- où j'irai. Et puis j'ai William, qui m'aide, qui est toujours là, avec moi. Oui, je me dis que tout va bien, ou alors tout s'arrangera un jour ou l'autre. Tout. »

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Dernière édition par Anaïs Young le Lun 13 Fév - 8:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le petit carnet d'une jeune fille égarée.    Jeu 17 Nov - 21:48



« Au tout début, au tout tout début, je me sentais tellement mal. Je me sentais au fond du gouffre, j'avais perdu tout repère, je n'étais plus qu'une épave qui suivait le courant de l'eau en espérant, peut-être un jour atteindre une rive et y rester pour devenir une ruine. J'étais encore jeune, à cette époque, j'avais réellement seize ans, pas les trente ans en plus qui me collent maintenant. Oui, j'avais encore l'innocence d'une jeune adolescente qui ne comprend pas encore tout de son monde. L'idée d'avoir un "don", d'être une "particulière" de pouvoir maintenant vivre éternellement. Et tous ces enfants, il y en avait tellement, qui respectaient ce qu'ils appelaient une "ombrune". C'était dur à comprendre, je m'en souviens comme si c'était hier. Ils avaient tous un don, le choc ! Télépathe, empathe, rêves prémonitoires, tant de choses qui étaient normalement purement irréelles. Mais quand je me regardais dans un miroir, et que j'arrivais à le faire geler à créer de petits cristaux de glace sur sa surface de verre, la surface qui renvoyait mon propre reflet aux yeux si clairs, aux yeux si ternes, j'étais bien obligée d'accepter la réalité. De me dire "tu vois, ils n'ont pas menti, jamais, tu es même de leur monde. Tu n'es pas la seule à avoir été un jour abandonnée, et encore, ton sort était bien enviable par rapport à d'autres." Oui, j'avais été perturbée par les récits des autres. Dans l'océan de douleur quand lequel je vivais à mon arrivée dans la boucle, cela n'aidait pas non plus. Je me souviens de tellement de choses… Des moments passés, à errer sans but, à ne pas savoir quoi faire de mon temps. Les larmes que j'étouffais avec mon oreiller, pour ne pas réveiller ceux de la chambre d'à côté, les hurlements poussés dans mes couettes pour essayer de libérer toute cette haine, toute cette rage, et sans jamais trouver de remède miracle. Je m'endormais seulement quand j'étais épuisée, quand mes yeux avaient gonflé et rougi, quand ils me piquaient tellement que je finissais pas tomber d'un coup, à moitié enveloppée dans mes couvertures, et que je me réveillais ensuite parce que je tombais du lit, ou que je revivais ces jours dans la rue. Mais le pire, le sentiment le plus effroyable, c'était quand je me réveillais lentement, et que j'avais l'impression d'être chez moi. Mon lit dans le même sens, et les draps doux, quand mon esprit encore endormi se disait que rien n'était arrivé, que j'étais en réalité encore à la maison, que Maman allait m'appeler pour manger… Et que lorsque j'ouvrais les yeux, je ne voyais pas le plafond fraîchement repeint, mais plutôt celui craquelé de la maison des particuliers, voire un peu jauni à certains endroits. Et là, je sentais toute la tristesse du monde me retomber dessus, la brusque réalité qui faisait son grand retour après le réveil. Le poids de l'abandon me retombait sur le coeur, me serrait la gorge, et je devais commencer une journée ainsi, en retenant mes larmes. Ce n'était pas la joie. Mais le temps est passé, et ma situation s'est améliorée. Je me suis habituée au vide, à l'idée que je ne reverrais sûrement jamais Camille, ou Papa et Maman. Et puis un petit train train a pris sa place dans ma vie, se lever tard, pour éviter le plus possible la réalité, aller à la bibliothèque, à la plage, ou même la forêt, ce qui m’amènera par la suite à le rencontrer, mais seulement bien plus tard… Des années plus tard… »

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MessageSujet: Re: Le petit carnet d'une jeune fille égarée.    Sam 19 Nov - 12:55

« Will our love be like an evergreen tree. » - Cliff Richard



« Vous connaissez ce moment où tout vous devient égal, tant que vous pouvez arriver au bout de vos idées ? Cette farouche envie d'arriver au bout, de ne rien lâcher. De découvrir les choses qu'une simple personne peut cacher. Vous connaissez ce moment où ce n'est plus cette envie qui vous porte, mais tout simplement votre coeur ? Ce moment où vous vous rendez compte qu'un rien pourrait faire voler en éclat votre monde, alors qu'il est la chose que vous chérissez le plus au monde ?
Il m'est tombé dessus, comme ça, un beau jour, sans dire bonjour, sans dire pardon. On s'est engueulé. Ouais, vraiment, les premiers mots qu'il m'a adressés étaient pour me crier dessus. La surprise en me rendant compte que c'était un homme qui m'avait littéralement couru dessus, et presque rentré dedans. C'était il y a tellement longtemps. Je sens encore mon coeur se pincer en repensant à tout ce qui s'est passé entre les deux… Il s'est téléporté, oui, et puis moi, j'étais entrain de créer des sculptures de glace, alors il a crié. Parce que c'était sa forêt, essentiellement. Ç'avait été un parfait inconnu, une personne dont je n'avais jamais entendu parler. Et je n'ai appris que plus tard que c'était parce qu'il se réfugiait dans la forêt pour échapper aux autres, aux endroits clos. Il s'appelait William. Le début fut compliqué, il ne voulait pas de ma présence, il voulait être seul, comme il l'avait toujours été dans cette boucle. Mais je suis restée, jour après jour je suis allée le voir. Il voulait s'entraîner, se mesurer à moi, avec son don. Je me demande s'il le referait aujourd'hui. C'était il y a au moins trois ans aujourd'hui, les images s'envolent doucement au cours du temps, c'est pourquoi j'écris. Aussi parce que j'ai besoin de me changer les idées, à l'Institut… Je ne tiens pas à en dire plus sur le moment, je tiens vraiment à ce que tout soit en ordre chronologique, alors l'Institut, je n'en parlerai que plus tard, bien plus tard.
Je ne commençais qu'à découvrir la forêt, avec lui, même s'il la connaissait par coeur, depuis longtemps. Et puis il a petit à petit accepté ma compagnie. Ma vie a complètement changée à partir de là. J'ai alors appris ce que ça faisait d'aimer quelqu'un, mais sans pouvoir le toucher. J'avais été fière, très fière même, de savoir qu'il avait assez confiance en moi pour m'expliquer pourquoi le contact était une des interdictions à ne jamais enfreindre. Je ne sais plus où nous étions, dans la clairière ou autre part  ? Enfin, ce n'est que lorsqu'il m'a expliqué que sa boucle s'était faite attaquer, et qu'il était le seul à s'en être ressorti. Et l'interdiction d'approcher n'était que la première chose que j'ai su. Les cauchemars la nuit, ou même le jour lorsque les souvenirs prennent le pas sur le présent, lorsque tout se dédouble et qu'il se revoit en arrière. Il y avait l'épisode de la salle de bain, où juste après nous étions tombés d'un arbre, ça c'était… Quand il avait voulu m'aider à vaincre mon vertige et qu'il a voulu me tester en me mettant face à la falaise. J'étais tombée dans les pommes, ça je m'en souviens parfaitement, et juste après lui aussi était tombé en essayant de me rattraper. Je n'ai jamais su comment il a fait pour nous téléporter ensuite en bas des falaises, pile au moment où une vague défilait pour nous emmener avec elle. Juste avant ça, il y avait eu la cabane. Où dans nos "combats" il avait essayé de se téléporter dans l'air, sur une surface inexistante, il avait réussi, mais était tombé "malade" juste après. Je n'avais pas voulu le laisser seul, c'est pourquoi j'étais restée avec lui, et que la suite s'était un peu mal déroulé… En réalité, la chose la plus frappante qui ressort pleinement dans ma mémoire, c'est lorsqu'il a essayé de m'étrangler. Je n'ai jamais compris pourquoi, en fait je n'ai jamais osé demander réellement, et puis il ressortait toujours sans souvenir de ces nuits noires et cauchemardesques. Il ne se souvient pas que c'était la première fois que nous nous étions vraiment embrassés. Je trouve ça un peu triste d'être la seule sur les deux à m'en souvenir, mais maintenant au moins nous pouvons le faire beaucoup, beaucoup plus souvent… C'est un événement frappant de ma vie, ces jours dans cette cabane, un jour où j'ai compris l'impact énorme qu'avait eu ce soir ensanglanté chez William. Où j'avais été confrontée pleinement à ses cauchemars, où j'en avais mesuré l'intensité. Même si ce ne fut pas la seule fois, ça serait trop simple sinon, beaucoup trop simple. »

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MessageSujet: Re: Le petit carnet d'une jeune fille égarée.    Ven 2 Déc - 23:51

I don’t know if you are dangerous, but with me, and for me you are like a bisounours. And I love you.



« J'en découvris un peu plus sur le caractère de William, lorsque Miss Tit voulut que j'amène un nouveau particulier à la maison. Un jeune nécromancien, tout aussi instable que William, en réalité. Je n'ai toujours pas compris comment les événements se sont enchaînés, en tout cas, le principal à retenir est que je me suis soudainement retrouvée au centre d'une bataille de territoire, où l'un défendait sa forêt - et moi aussi, mais cette protection ne m'aura servi que plus tard - et l'un qui défendait plus sa fierté personnelle.
A l'apparition William, assez brusque et inattendue, effectivement, sa première réaction avait été de jeter Alec au sol, pour l'écarter de moi. Celle du nécromancion fut rapide, elle aussi, et même si je m'étais interposée entre les deux hommes cela n'empêcha pas Alec de se redresser et de se jeter sur William, muni d'un couteau à quelques centimètres de sa poitrine. Je ne me suis jamais habituée à ce moment où mon rythme cardiaque s'accélère, où soudainement je blêmis atrocement, où la peur me prend aux tripes et me donne envie de vomir mon petit déjeuner. Non, sincèrement, je ne me suis jamais habituée à cette chose qui me retourne complètement en voyant William dans une situation critique ou presque. Et c'est exactement ce qui s'était passé ce jour là. Les rôles s'étaient inversés violemment, et un couteau pendait au dessus de son coeur, prêt à être lâché. D'après mes souvenirs je me suis laissée à peine dix secondes de réflexion avant de décider de la marche à suivre qui pouvait potentiellement blesser Alec, mais je n'en avais cure dans l'urgence de la situation. C'est pourquoi je me servis de mon don pour faire dévier la trajectoire de la lame qui finit gelée et loin de William, qui en profita pour reprendre le dessus tout en m'envoyant le couteau gelé pour que je le garde en sûreté. Malheureusement pour moi, Alec fut très rapide en la saisissant et en me bloquant contre lui avec le couteau. C'est à ce moment précis que tout a commencé à dégénérer. William lui déboita l'épaule une fois m'avoir libérée, et si je ne l'avais pas empêché il était évident que le pauvre Alec ne serait plus de ce monde à l'heure où j'écris. Je n'ai plus jamais eu de nouvelles de lui, ce qui était peut-être logique, et Miss Tit nous a passé un beau savon, comme je m'y attendais. Je n'ai donc jamais réellement compris comment tout a pu partir en cacahuète de cette façon, ou plutôt d'une telle façon, parce que quoi qu'on en dise, nous sommes tous fautifs dans cette histoire, et je le sais.
Je me suis faite ma propre idée des choses, et je sais maintenant que ce schéma aurait certes pu être bien différent, mais qu'il aurait aussi pu se dérouler avec une autre personne (excepté que les extrêmes ne seraient pas atteints de cette manière). Mais aussi que les nouvelles rencontres, avec William, cela a tendance à devenir un peu compliqué. Alors je crois que je me suis refermée moi aussi à mon tour. J'ai fini par ne plus voir que notre petit monde construit par nos soins, par ne rester plus que dans la forêt, avec lui, puisque, de toute façon, le reste paraissait de toute façon, dénuée de sens. Le seul sens qu'avait ce monde, en fait, c'était lui. »   

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MessageSujet: Re: Le petit carnet d'une jeune fille égarée.    Lun 13 Mar - 21:30

J'suis pas jalouse. 
Mais c'est qui cette pute ?



« J'en ai assez de parler de tout cela, alors résumons simplement : nous avons rencontré deux autres jeunes femmes dans la boucle de Miss Tit : Elsa et Enora. Et les deux fois furent des catastrophes. De nouveau William tomba malade après une téléportation ratée d'Elsa au Sahara ! Ou alors en Australie ? Je ne sais plus vraiment, mais c'était loin, très loin du Pays de Galles. J'avais voulu l'aider et pour cela avais utilisé un aspect de mon don que je n'avais encore jamais réellement utilisé : l'impact sur la température corporelle. C'était la toute la première fois, j'avais peur de le blesser, de trop baisser sa température. Et je finis par m'affaiblir, immanquablement, irrémédiablement, comme à chaque découverte sur mon don. William retrouvait des forces, et je perdais les miennes. Je me rends compte maintenant qu'en réalité je l'ai toujours fait, et que je le ferai toujours quoi qu'il dise. Je me sacrifierais pour lui si c'est le prix à payer, sans aucune hésitation.  La suite ne fut qu'une suite de catastrophe. J'ai failli me noyer dans la rivière, et il nous a ramené dans la chambre et... J'ai toujours aussi mal, rien qu'à y penser... Rien qu'à revoir Elsa l'embrasser alors qu'il n'avait plus vraiment conscience de rien parce que sa fièvre était revenue... Ouais, elle l'avait embrassé. Ils étaient proches… tellement proches. Je me suis demandée si je le méritais vraiment, si j'avais droit à cet amour qu'il me donnait, si ce n'était pas qu'une belle mais fugace illusion qui finirait par disparaître. Et j'ai vraiment cru l'avoir perdu, qu'il ait décidé de partir avec Elsa, car, sur le moment, je n'avais pas conscience du malentendu. Et puis j'étais trop surprise, trop blessée, trop déçue. Trop… Anéantie. La seule réaction possible et acceptable avait été de partir. Je me suis enfuie dans la forêt et alors un estre m'est tombé dessus, puis sur nous lorsqu'ils sont arrivés. Les choses se sont plus au moins arrangées par la suite, sinon je ne serais pas à l'Institut, pas vrai ? Sinon je serais sûrement morte, ou alors sans William. Alors que si je suis ici : c'est pour lui.
Enora fut, elle, une longue dispute, une rancune toujours vivace que je retrouve lorsque je vois la cicatrice de ma propre erreur sur le torse de William. Mon don est d'une dangerosité à peine pensable. Et lorsque les sentiments prennent le pas sur le contrôle de son corps je n'ai pas toujours la puissance de retenir ma propre force. C'est pourquoi dans un accès de colère en morceau de glace transperça le jeune homme, jusque là simple victime intermédiaire entre moi, mon don et la jeune fille. Je m'en voulus, et je m'en veux toujours de ne pas avoir su supporter la pression. Mais je me suis jurée que cela ne se reproduirait jamais. Que jamais William ne serait blessé par ma faute. Que jamais je ne lui ferais de mal d'une quelconque façon. » 

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MessageSujet: Re: Le petit carnet d'une jeune fille égarée.    Sam 20 Mai - 21:46


_ Feuille à part, glissée dans le carnet.


Il paraît que l'amour c'est dangereux.

Lettre à William.


« Tu sais, William, je n'ai jamais eu beaucoup de personnes dans mon cœur. Pas que je sois asociale, simplement que je n'ai jamais été vraiment proche de beaucoup de monde. Et tu le sais aussi bien que moi que je les ai presque toutes perdues. Sauf que toi, tu sais, tu as pris tellement de place. Dans ma vie et dans mon cœur, William, tu as pris plus de place que n'importe qui. Peut-être sans t'en rendre compte. Mais je me suis réveillée un matin, et j'ai compris tu étais devenu une partie aussi intégrante qu'importante dans ma vie. Par contre, je n'ai pas compris comment tu as réussi à prendre autant de place, autant d'importance, je n'ai jamais compris comment tu as son voler mon coeur à mon insu alors qu'il était si bien scellé. Du jour au lendemain tu m'as rendue dépendante, tu m'as ouvert un monde qui m'avait été jusque là refermé à mon arrivée. Et je n'ai pas cherché à me soustraire de cette dépendance, tout simplement parce que tu es la meilleure chose qu'il ait pu m'arriver. Tu as rendu mon monde plus brillant, plus acide aussi avec un arrière goût aigre sur la langue de temps à autre, mais c'est normal. Ma vie a toujours eu un petit relent aigre, mais tu l'as apaisé, cependant il peut revenir en force et avoir de malheureuses conséquences. Elles peuvent mener à des situations risquées, c'est souvent le cas, et tu n'imagines même pas ce que mon corps me fait subir lorsque tu es en danger. L'écartèlement de tous mes sens, la trahison de mon cœur qui me donne l'impression de mourir.
Tu es tout ce qu'il me reste et heureusement parce que tu composes mon monde à toi tout seul. Tu es l'unique chose dont j'ai besoin, le seul argument pour me pousser à vivre plus longtemps. »

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MessageSujet: Re: Le petit carnet d'une jeune fille égarée.    Sam 27 Mai - 0:10

I killed a part of me,
to keep you alive.

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