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 Le Chalet - Home sweet home

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MessageSujet: Re: Le Chalet - Home sweet home   Dim 30 Avr - 18:48

William s'était déjà avancé vers la baie vitrée. Il l'ouvrit et s'engouffra à l'extérieur, la lumière passa sur ses épaules, et il disparut dans un angle qui, de part ma position, ne me permettait plus de le voir. Je rangeai le beurre, mis le couteau dans le lave-vaiselle ainsi que les verres, et rejoins William dehors. Appuyé sur la balustrade, le visage rendu plus lumineux par le soleil, il m'attendait. Je refermai la porte derrière nous plus par réflexe qu'autre chose. Le vent chantait dans les feuilles des arbres, le lac était calme et s'y reflétait l'image de la montagne qui nous surplombait, en face, avec ses hauts sommets enneigés. La forêt faisait elle aussi le tour du lac. J'avais l'impression d'être dans une cuve, mais je n'avais pas une vue d'ensemble suffisante pour en avoir la certitude. Dans tous les cas, pour le moment, le lac était en face de nous, et de chaque côté il y avait des arbres. William devait en être content, après tout c'était une grande forêt encore. Sûrement moins détaillée (avec moins de rivière, de ruines etc...) que dans celle de Miss Tit. Une rivière descendait sûrement des montagnes d'ailleurs, c'était à voir. ça pourrait être drôle de s'y baigner. Peut-être même partir là-haut, tout en haut des montagnes. J'avais les yeux rivés sur ces sommets quand je faillis rater la marche qui permettait de descendre la terrasse. Je me rattrapai de justesse et tentai vainement d'avoir l'air naturel. Hum hum, je ne connaissais pas cet environnement, d'accord ? Je.. j'avais droit de faire quelques gourdes. Je posai mes yeux sur William, et m'approchai de lui sans faire de commentaire, en espérant également qu'il n'ait rien vu de ma précédente maladresse. Il serait capable de me la rappeler pendant des heures.

- On va au lac ? fis-tout naturellement.

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MessageSujet: Re: Le Chalet - Home sweet home   Dim 30 Avr - 19:51

          Anaïs le rejoignit... Et faillit se ratatiner par terre. William eut toute la peine du monde à masquer son sourire quand elle se retourna vers lui. Dire qu'elle était capable de déclencher une tempête de neige en levant le petit doigt mais qu'elle n'était pas fichue d'éviter une marche, c'était risible, tout de même. Vraiment, y'en avait pas un pour rattraper l'autre. Elle fit comme si de rien n'était, certainement en espérant qu'il n'avait rien vu, alors il s'efforça de jouer le jeu et répondit par l'affirmative avec sa proposition, sans pouvoir retenir de s'épanouir un grand sourire sur son visage. Anaïs partit devant et descendit la pente raide qui menait jusqu'au lac, William suivit plus ou moins le mouvement sans pouvoir s'empêcher de rire tout haut sans regarder où il allait et... Il glissa et, sans ses réflexes habituels, se ramassa magistralement sur la pente raide. Il resta là, sans bouger... Jusqu'à ce qu'Anaïs cesse de rire et remonte pour voir s'il n'était pas mort étouffé dans le gravier. Juste quand elle arriva à sa hauteur, William se retourna et l'entraîna par terre avec lui en riant.

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MessageSujet: Re: Le Chalet - Home sweet home   Dim 30 Avr - 21:19

Je pris le sentier menant au lac une fois que William ait répondu à ma question par l'affirmative. Je vis parfaitement le grande sourire illuminer son visage, et je pensai avec lassitude qu'au moins mes gaffes servaient à le faire rire, je pouvais m'en féliciter. Quand je me mis à marcher, j'entendis tout à fait distinctement glousser dans mon dos, et je levai les yeux au ciel, comme une mère épuisée par son enfant, continuant la route. Celle-ci descendait un peu, avec des graviers et de la terre étant des éléments tout à fait communs dans une forêt. Mais William dût l'oublier parce que, trop occupé à rigoler de moi, il glissa dans la pente sans aucune grâce au sol. Je me retournai en entendant le bruit de sa chute, et ce fut cette fois à moi de me mettre à rire. Qu'il prenne ça comme une revanche pour s'être moqué de moi tiens ! ça lui apprendra ! Mes rires cessèrent bien rapidement et je déchantai bien vite : il ne se relevait pas. Pas, comme, pas du tout. Il était toujours allongé, la tête dans les graviers. Mon coeur rata un battement et je fis tout mon possible pour nicher ma peur tout au fond de ma poitrine. Ok ok, pas de panique, ce n'était pas la jungle et... J'aurais dû lui dire de rester allongé ? De ne pas sortir ..? Etait-il encore trop faible ? J'aurais dû être plus attentive ! Il... Je fis quelques pas dans sa direction, hésitante, et brusquement, William retrouva de sa vivacité en se retournant. Il m'attrapa et me fit tomber avec lui. Une nouvelle fois je sentis un violent soubresaut dans mon coeur, et au lieu de me mettre à rire avec lui je le pris dans mes bras et le serrai fort contre moi, plus fort que d'habitude en respirant profondément son odeur. Il est là, tout va bien, il est là.

- Ne me refais pas ça !, imposai-je avec une dernière note douloureuse.

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MessageSujet: Re: Le Chalet - Home sweet home   Dim 30 Avr - 21:50

          William et Anaïs étaient à présent plein de terre, bien que la jeune fille soit un peu épargnée, étant sur lui. Il comprit qu'elle avait vraiment eu peur quand, au lieu de se mettre à rire, elle enfouit son visage dans son tee-shirt. Le jeune homme cessa aussitôt de rigoler et l'entoura de ses bras pour la rassurer. Ils glissèrent encore de quelques centimètres, les vêtements de William allaient être dans un sale état. Malgré leur position tout sauf confortable, il releva le menton d'Anaïs pour qu'elle le regarde.

         "Oh, Anaïs. C'était une blague. Je suis là, tout va bien."

          Il avait comme une impression de déjà vu : il n'avait pas oublié son cauchemar de cette nuit. Elle n'était pas remise de ses émotions, si lui physiquement il était encore faible, elle c'était son cœur qu'il fallait réparer. William était certain de pouvoir le faire mais ça impliquait de la rassurer à chaque fois qu'elle le croirait perdu.

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MessageSujet: Re: Le Chalet - Home sweet home   Dim 30 Avr - 22:37

Je grimaçai et pris sur moi-même. Pourquoi je réagissais comme ça, hein ?  Je savais bien qu'il n'était pas mort, et qu'il ne pouvait pas faire un arrêt cardiaque, tomber, et ne plus jamais se relever en cet instant. Pourtant... J'avais vraiment cru qu'il était retombé et que quelque chose de grave était arrivé. C'était une peur plus ou moins inconsciente, entrée par la blessure profonde d'un coup de couteau. Elle s'était glissée dans la plaie alors qu'elle saignait pour atteindre mon cerveau et s'y ancrer sans mon autorisation. Il allait me falloir un peu de temps pour que la plaie se referme et la peur s'estompe. Pour l'instant je n'arrivais même pas à la canaliser correctement. Je savais que j'allais m'inquiéter pour un rien, et c'était mauvais parce que cette situation n'était pas vivable. Je pris appui sur mes dernières forces pour respirer calmement et devenir maîtresse de ma peur. Il me fallut un peu de temps, mais j'y parvins. William avait relevé ma tête et je scrutai ses prunelles grises avec attention. Ses pupilles grises que j'avais cru ne jamais revoir et encore moins brillantes de vie... J'aimerais qu'elles le restent à tout jamais, que je puisse les regarder pour toujours. La peur avait filé entre mes doigts, ce n'était plus qu'un mauvais souvenir qui avait duré très peu de temps. Il fallait prier pour qu'elle ne revienne pas immédiatement, plutôt qu'une fois chassée elle ne revienne pas.

- Ouais, ouais, ça va, tentai-je de le rassurer.

Je remarquai alors notre position tout à fait inconfortable et je me relevai et enlevant les gravillons que j'avais sur les vêtements, puis je lui tendis la main.

- On va essayer d'arriver au lac, entiers et à deux, ça te va ? proposai-je avec une sorte de sérieux et un très faible amusement au second plan.

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MessageSujet: Re: Le Chalet - Home sweet home   Dim 30 Avr - 22:54

           William prit aussitôt la main tendue, sans aucune hésitation.

         "ça me paraît... Faisable," répondit-il en faisant un effort pour se relever.

          Il avait de la terre et du gravier partout, juste dans les cheveux. Il secoua la tête pour les faire tomber et épousseta un minimum son tee-shirt, remarquant au passage que ce n'était pas très intelligent de s'étaler en tee-shirt à manches courtes : ses bras étaient tout égratignés. Il haussa les épaules pour lui-même tout en secouant son tee-shirt pour que les graviers qui s'étaient faufilés entre la peau et le tissu s'échappent. Tant que c'était pas la tête, lui, il s'en fichait. Bon. Anaïs avait apparemment prit sur elle pour reprendre ses esprits, mais c'était maintenant le rôle de William de lui changer les idées. Mettre un pied devant l'autre était encore dans ses cordes, même si son équilibre n'était toujours pas entièrement opérationnel. La pente était plus douce, à présent.

          "Aller, on y va. T'as déjà été le voir, ce fameux lac ?"

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MessageSujet: Re: Le Chalet - Home sweet home   Dim 30 Avr - 23:09

Sans lui demander son avis je gardai sa main dans la mienne. William se secoua dans tous les sens comme un chien qui s'ébroue pour faire partir les petits cailloux qui avaient une fâcheuse tendance à se placer dans tous les petits coins. J'avais eu la chance d'être protégée, moi, il m'avait faite tomber sur lui, ainsi l'impact avec le sol avait été quasi inexistant. J'en souris toute seule. Il était comique avec sa bouille d'enfant qui cherche à détecter les derniers cailloux en secouant la tête. Des mèches de cheveux lui tombaient devant les yeux, cela ne fit que rendre plus scintillant mon sourire. Je retins sa main dans la descente, pour être à la fois sûre que ni lui ni moi ne tombions une seconde fois. C'était suffisant là il ne fallait pas pousser le bouchon trop loin non plus. Je ne voulais pas que toute cette boucle recommence (ironique en sachant que je vivais de toute façon tout le temps la même chose, non ?) et c'est pourquoi je vérifiai de nombreuses fois si le sol était bien praticable. Et... Oui effectivement, hier, j'avais eu besoin de passer le temps, ce n'était donc pas la première fois que je sortais. Mais bon, je n'avais pas fait un grand tour de la forêt, je n'étais pas autant assurée que William et visiter seule une forêt ne me tentait guère. Oui, j'avais peur, et alors ? Qui sait ce qui pouvait se cacher dans ces arbres et me tomber dessus. Il pouvait y avoir des ours ou je ne sais quelle autre espèce animale prête à me manger. Une âme d'enfant en moi ..? Ouais, ouais ouais, certains avaient peur du noir, moi je n'étais pas vraiment rassurée dans un milieu sauvage que je ne connaissais pas. Mais j'avais William avec moi, il allait faire déguerpir toutes les ombres malfaisantes que cette forêt pouvait m'inspirer, j'en étais certaine.

- Pendant que tu dormais, hier, j'ai eu besoin de sortir, donc j'y suis allée, expliquai-je.

Le lac n'était plus qu'à quelques pas, il inspirait une grande sérénité, comme si jamais quoi que ce soit n'avait rompu le calme de ces lieux. Je pris une profonde inspiration, et fermai un peu les yeux, oublie par la lumière se reflétant sur le lac.

- C'était moins lumineux d'ailleurs, en même temps il était beaucoup plus tard, tu vas me dire.

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MessageSujet: Re: Le Chalet - Home sweet home   Mar 2 Mai - 22:43

          William, la main serrée dans celle d'Anaïs, fit attention où il mettait les pieds, tout en regardant autour de lui sans un mot. Ses sens se réveillaient, il retrouvait quelques bruits caractéristiques de sa forêt, mais, contrairement à celle de Miss Tit, dans laquelle, au bout d'une quinzaine d'années, il était capable de dire quels faits allaient advenir à la minute près. Ici... Il y avait encore tout à découvrir. Cette idée provoqua en lui un sentiment qu'il n'aurait pas pu décrire avec de simples mots. Une envie exacerbée d'apprivoiser un nouveau territoire qu'il ne connaissait pas (chose rare dans une vie de particulier), de repérer les passages des animaux, de les observer vivre ce jour-ci comme tous les autres jours, alors que, pour lui, ce jour se répète à l'infini. D'aller courir, pourquoi pas nager dans le lac. De contempler la boucle du haut des arbres comme il avait jadis l'habitude de le faire. Il sentait le vent sur sa peau, l'odeur des bois et les bruits caractéristiques de la forêt qui ne s'arrêtait jamais de chuchoter dans l'oreille de qui veut bien l'écouter une chanson aux paroles qu'elle est la seule à comprendre.
          Ces sensations le rendirent heureux. Il eut l'impression d'être chez lui, de remplir un vide qu'il avait en lui qui jusqu'ici était resté béant. William parcourut des yeux la rive qui s'étendait devant lui : le paysage était magnifique. Il s'y attendait, mais ça n'éclipsa en rien son émerveillement. La surface du lac reflétait un ciel azur dans lequel quelques nuages moutonnaient, des arbres cerclaient ce miroir comme une dorure verte, puis remontaient un peu sur les pentes des montagnes. William songea qu'ils ne devaient pas être à une altitude très élevée pour avoir tant de vert près d'un chalet. Pourtant, les sommets s'élevaient si hauts qu'ils semblaient toucher le ciel. Où Victor avait-il déniché ce petit bijou ? William respira longuement, reprenant un peu son souffle après leur marche et serra un peu plus fort la main d'Anaïs dans la sienne, comme pour traduire ce qu'il ressentait, combien il était heureux d'être ici avec elle. Elle avait eu besoin de sortir prendre l'air... Il comprenait bien ce sentiment. Il laissa passer un silence, juste pour savourer la beauté du lieu.

        "J'imagine... En tout cas, Victor a des putains de relations."

        William ressentit le besoin de s'asseoir et choisit un rocher juste au bord de l'eau. Il prit des précautions afin de ne pas perdre l'équilibre et s'assit, invitant Anaïs à poser ses jolies fesses à côté de lui en tapotant la surface rocheuse.

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MessageSujet: Re: Le Chalet - Home sweet home   Mer 3 Mai - 21:25

- Ouais, répondis-je laconique.

William serra un peu plus ma main, je fis de même, les yeux rivés sur les remous de l'eau, les petites vaguelettes du lac qui s'amusaient tranquillement de leur liberté. Le jeune homme s'assit sur un rocher juste à côté de l'eau, je m'y assis à mon tour en lâchant sa main. J'enlevai mes chaussures pour pouvoir tremper mes pieds dans l'eau, à quelques centimètres de moi. Puis nous restâmes silencieux. Il profitait de la vue, de l'air, de la nature, de sa délivrance. Et plus le temps passa, plus j'eus envie d'arracher ce silence avec mes propres ongles pour l'éloigner de moi. Je ne voulais pas de ce silence ! Pas qu'il était pesant, c'était un silence comme les autres où William profitait pleinement de tout ce décor. Mais moi... Ce silence était ce que je voulais éviter depuis déjà un moment. Sans bruit, les pensées surgissent de nos abysses, elles s'installaient parce qu'elles en avaient parfaitement la place. Et souvent, le plus souvent même, on accepte ces pensées comme elles permettent de passer le temps, de s'occuper. Mais que devais-je faire lorsque, au lieu de raccourcir le temps, elles le rendaient simplement moins... acceptable ? Elles venaient, prenaient la place qu'il leur était réservée, mais les belles pensées étaient restées au fond des abysses, et seules les plus blessantes étaient parvenues à remonter à la surface. Je me mordis furtivement la lèvre, et fis un visage de marbre, rompu seulement lorsque le soleil venait m'éblouir, et alors je dus plisser les yeux. Mais malgré tout, elles étaient là. Je revis secrètement Kaï, une furtive image un peu douloureuse, qui serait erronée par le temps au bout du compte, et ne deviendrait qu'une vague photo déchirée que je finirai par oublier sans m'en rendre compte. Et William, allongé dans le lit, avec un "bip bip" comme musique de fond. Une macabre mélodie, une berceuse peu commune et affolante lorsqu'elle dérayait. Affolante et effroyable. Comme si... Comme si elle avait entraîné mon coeur avec elle. Et ce silence, ce silence ! Il ne m'aidait pas, il m'étouffait, et j'allais me noyer comme si j'étais dans ce lac. Je pouvais me débattre contre moi-même, mais je ne pouvais pas gagner contre moi-même, pas non plus contre mon inconscient et donc mes cauchemars. Ce n'était pas possible, pas... Je me mordis la lèvre plus violemment, pour ne rien révéler sur mon visage. Je demeurai impassible.
Puis, sans raison, j'ouvris la bouche pour poser une question qui me trottait dans la tête, une question qui résumerait du même coup ce que j'avais enduré. Ce que je pouvais encore endurer.

- William, réponds-moi, sincèrement, commençai-je avec un calme Olympien Si j'avais cessé de respirer devant toi, sous ton nez, si soudainement... Si l'électrocardiogramme ne montrait plus rien, si tu avais été certain que jamais plus je ne respirerais, qu'ils ne pourraient pas me réanimer parce que j'étais tout simplement partie, tu aurais fait quoi ?

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MessageSujet: Re: Le Chalet - Home sweet home   Jeu 11 Mai - 23:54

          William ne s'attendait pas à cette question. Il découvrait en même temps ce qui était arrivé (il avait donc vraiment rendu l'âme, dans ce lit d'hôpital, au milieu de la jungle ?) et imagina, mortifié, la position d'Anaïs dans tout ce capharnaüm de douleur et de matériel chirurgical. Encore sous le coup de la surprise, il se demanda un instant s'il ne devrait pas la rassurer, lui dire que maintenant il était là et qu'il n'était pas près de la quitter, qu'elle ne devait plus avoir peur. Mais son petit doigt lui dit que même si elle l'écoutait, son cœur, lui, ferait la sourde oreille pendant encore longtemps. Ainsi allait le cours des tragédies, et dans celle-ci plus qu'un autre, ils s'en étaient sorti de justesse. Elle avait posé une question claire et honnête qui méritait une réponse tout aussi honnête. Le jeune homme prit donc le temps de réfléchir posément avant de choisir ses mots. Parce qu'il n'avait réellement aucune idée de comment il réagirait dans une situation aussi extrême. Qui pouvait d'ailleurs se vanter du contraire ? La plupart des gens évite d'imaginer le pire et fuient la réalité avant qu'elle ne les oblige à accepter les faits. Il imagina un instant Anaïs dans un lit d'hôpital, dans une de ses pièces blanches dont l'Institut regorgeait. Une Anaïs blanche comme lorsqu'elle utilise trop son don, mais immobile dans ce cercueil aseptisé, beaucoup trop grand et trop blanc. Une prison trop anonyme pour inspirer confiance, un lieu exigu où il se retrouverait en face d'un cauchemar grandeur réelle : Anaïs qui venait de pousser son dernier souffle. Quelle aurait été sa réaction ? Qu'aurait fait la personne qu'il était aujourd'hui, devant l'éminence de la mort de celle qui était tout pour lui, en sachant qu'elle emportait tout son être dans la tombe en même temps qu'elle ? Serait-il resté interdit, sans y croire, complètement dans le déni ? Enfermé dans une sorte de monde parallèle créé de toutes pièces par son esprit car la douleur de la perte serait trop forte ? S'il n'en avait pas perdu la raison sur le coup, la véritable question était : se serait-il retourné contre lui-même ou contre les autres ? Car, on le savait, William n'était pas un modèle de stabilité, alors comment prévoir ses faits et gestes sans prendre en compte la violence qui l'habitait ? Cette même violence, cicatrice dévorante qui avait tracé - et traçait encore - la trajectoire chaotique de son histoire l'avait toujours accompagné, et n'attendait qu'une preuve de faiblesse pour se révéler au grand jour.
Il imagina un instant la vie sans Anaïs. Le bonheur a une faille : une fois qu'on l'a côtoyé, il est impossible de revenir en arrière. C'est une drogue naturelle donc il est impossible de se détacher. Or la jeune femme résumait son bonheur. Si elle disparaissait subitement, nul doute qu'il sombrerait. William avait longtemps été une plaie à vif après ce qui s'était passé il y a un certain temps déjà. Malgré les années, il n'avait jamais oublié. Ses fantômes revenaient hanter ses nuits quotidiennement et il souffrait toujours de l'enfermement et de la promiscuité. Il savait qu'il n'avait aucune chance de rémission du choc émotionnel si Anaïs venait un jour à mourir.
          Le jeune homme prononça mentalement le verdict de cette analyse avec un calme olympien qui le surprit lui-même, comme si l'idée que sa vie appartenait à Anaïs coulait de source. Même lui releva qu'un tel degré de détachement par rapport à sa propre condition était effrayant, contraire aux lois de la nature, presque morbide. Il en déduisit qu'il ne devait pas l'exprimer.

         "Je ne sais pas," répondit-il en toute honnêteté.

         Mieux valait définitivement qu'elle ne puisse pas lire dans sa tête, sinon, toutes les horreurs qu'elle y trouverait...

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MessageSujet: Re: Le Chalet - Home sweet home   Ven 12 Mai - 18:38

J'eus ma réponse. Ce n'était pas vraiment une réponse qui répondait à ma question, mais je n'allais pas m'en plaindre. Il avait été franc avec moi, c'était le principal, c'est ce que j'avais voulu au fond. Ma question n'était pas habituelle, voire un peu bizarre dans un sens. Mais j'avais voulu savoir. À cette question je lui aurais répondu que je n'aurais pas supporté, et j'étais maintenant la preuve que j'étais capable d'en ressortir. Blessée au plus profond, certes et c'était parce que je n'avais pas eu le choix. Il n'était pas complètement mort, il respirait encore - avec difficulté - et je n'avais pu me résoudre à abandonner avant de le voir définitivement... Et ç'avait été une bonne chose, la preuve en était là : il était vivant.
Je serrai un peu plus sa main dans la mienne, et me m'allongeai, la tête sur ses cuisses, pour pouvoir admirer son visage baigné de soleil. La douche avait eu l'effet escompté : il était propre comme un sou neuf, le visage dépoussiéré des toutes dernières traces de la jungle qui auraient pu subsister, même si cela m'importait peu, au lieu de ça, je m'accrochai au soleil qui brillait dans ses prunelles, et cela suffit à me faire sourire sans avoir besoin d'autres raisons. Pour retrouver mon ancien calme apparent je devais cesser toutes ces pensées. Arrêter tout ce tumulte effroyable qui se faisait bataille à l'intérieure de mon crâne, retrouver le calme avec un antidote pour le moment resté introuvable, excepté... le seul qui fonctionnait à merveille bien qu'uniquement pour un temps limité était lorsque nous avions fait l'amour. Et ça, je le demanderais bien tout le temps, et pas juste pour me changer les idées. Je le ferais et le referais autant de fois qu'il le voudrait, et si ma raison ne m'interdisait pas de lancer un tel sujet j'étais certaine que je pourrais me mettre à l'embrasser partout juste pour le plaisir. Mais... pas ici, et pas maintenant. Il voulait profiter de la nature qu'il avait enfin retrouvée et je respectai parfaitement cela. A la place, j'apportai sa main - que je n'avais pas lâchée - jusqu'à mes lèvres et y déposai un baiser. Puis je fermai mes yeux en respirant profondément. Le clapotis de l'eau était juste à coté de mes oreilles, comme un appel à la sérénité et au calme. Je parvins par miracle à ne plus penser qu'au Chalet et à ce que nous pourrions faire ici et à tout ce qu'il y avait à découvrir. Nous avions le temps de nous reposer, et de profiter. Et c'est ainsi que sur ces pensées presque rassurantes, je sommeillai sur lui les yeux fermés, tranquille, prête à m'endormir.

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MessageSujet: Re: Le Chalet - Home sweet home   Ven 12 Mai - 22:01

            Anaïs s'allongea et vint se servir de ses jambes comme d'un coussin. William la laissa faire, même s'il brûlait de bouger, de nager, de courir, de cesser de s'enraciner sur place à chaque fois qu'il allait quelque part. Cette forêt, en éveillant ses sens, lui rendait la vie et lui faisait miroiter tellement de choses pour l'instant impossible. La faiblesse de son corps lui pesait d'autant plus qu'il avait pleinement conscience de ce qu'il pourrait faire si elle n'était pas ici. Il se sentait bien pour l'instant, mais nul doute que s'il forçait de nouveau trop ses muscles n'allaient pas suivre. Le jeune homme soupira. Il fallait qu'il prenne son mal en patience, qu'il cesse de vouloir aller trop vite puisque de toute façon ce n'était pas possible. Le jeune homme ne voulait pas dormir, pas tout de suite. Autant profiter de ce décor qu'il ne pouvait pas encore parcourir comme il le souhaitait. La brise faisait bouger les arbres et le soleil commençait à bien taper au-dessus de leur tête. Ils allaient finir par attraper un coup de soleil en restant sur ce rocher qui commençait à chauffer. Tant pis.
          William s'allongea à son tour, lentement. Il faisait tout avec une lenteur d'escargot ces temps-ci, alors bon... A peine ses épaules touchèrent-elles la surface dure qu'il sentit ses paupières dangereusement papillonner. Merde... Non, c'était pas son but, ça... Mal installé, il se redressa de nouveau sans réussir à être en accord avec la réalité. Il cessa de bouger en devinant qu'Anaïs était à deux doigts de se laisser aller au sommeil. Tant pis pour son confort, il y penserait plus tard. Il resta donc assis et laissa son regard voguer sur la surface du lac durant un temps indéfini. Il s'appuya sur ses mains pour éviter de tanguer en somnolant et se mit à réfléchir à une question qui lui trottait dans la tête depuis un certain temps maintenant.

          "Pourquoi tu as accepté de prendre des cours de tir ?"

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MessageSujet: Re: Le Chalet - Home sweet home   Ven 12 Mai - 22:27

Il me sortit de la dangereuse approche du sommeil en posant sa simple question. Je rouvris les yeux, éblouie pendant quelques secondes par l'astre céleste qui était monté bien trop vite pour que je suive la cadence, et clignai plusieurs fois des yeux les sourcils froncés. Du même coup, je me demandai de quoi il parlait, avant de faire la liaison entre Kaï, le camp militaire, et la première fois que William s'était mis debout. Effectivement, il m'avait rejointe dans la salle de tir, et il avait d'ailleurs fait une belle frayeur à Kaï. Pourquoi cette question en fait ? C'était normal de faire du tir en étant dans un camp militaire, non ? Et puis sur le coup, c'était aussi une idée du jeune humain pour me changer les idées et faire passer le temps qui était fichtrement long parfois là-bas. Et ça avait fonctionné d'ailleurs, parce que j'aurais pu y passer la journée sans remarquer les aiguilles de l'horloge qui continuaient leur course folle contre notre cadran solaire naturel. Puis il était arrivé, presque en un seul morceau, mais au moins en état de marcher, et nous avions arrêté. Je me souviens de chaque phrase que Kaï ait pu me dire, du poids du revolver dans ma main et du recul lors du tir. Je n'étais pas si mauvaise. Mon don m'avait procurée un certain entrainement déjà en terme de précision et de lancer. Ce n'était pas des couteaux, ni des balles, c'était une toute autre forme d'arme qui avait elle aussi sa propre technique, prise et utilisation, mais qui était néanmoins cousine du tir. Ainsi, j'avais facilement trouvé comment placé mon arme, après la question de supporter le recul sans se prendre le revolver dans la figure avait été une autre histoire. Mais tout est question de préparation et habitude. Ce qu'il avait presque réussi à m'enseigner, bien que je manque toujours d'exercices pour me perfectionner. Je n'avais pas un très bon niveau, pas même un bon niveau, mais pas non plus un mauvais niveau. Je touchais la cible : je touchais un homme, et donc le ralentissais. C'était déjà bien non ?
Je me retins de bailler et me frottai les yeux pour voir plus clair. J'étais toujours aussi bien installée sur ses jambes, et je n'avais pas vraiment envie de bouger. Sauf si c'était pour le regarder ou l'embrasser.

- ça peut être utile, si un jour je n'ai plus mon don à cause de x raison et ça me permet de me défendre sans dévoiler mon don, expliquai-je.

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MessageSujet: Re: Le Chalet - Home sweet home   Ven 12 Mai - 22:49

        William se redressa encore, sentant un fourmillement gagner ses bras tendus depuis trop longtemps. Il observa le visage d'Anaïs, qui, surprise par sa question, eut besoin d'un court temps d'arrêt pour comprendre de quoi il parlait. Eh oui, il sautait un peu du coq à l'âne en posant le dessert au milieu d'une table vide et il fallait pouvoir le suivre pour participer à la conversation. Mais sa réponse l'intéressait vraiment, parce que l'idée qu'Anaïs suive un entraînement militaire ne lui plaisait pas du tout. Il n'était pas censé lui dicter sa conduite, mais il ne pouvait pas s'empêcher de désapprouver cette initiative pour diverses raisons : d'abord, parce qu'il n'admettait pas que leur quotidien puisse être assez dangereux pour qu'elle doive bénéficier de telles leçons. Ensuite, parce qu'il savait que la violence n'était pas quelque chose d'inné chez elle et qu'il ne voulait pas que ça le devienne. Enfin, et surtout, parce qu'il avait l'impression de se revoir, embrigadé avec insouciance dans une spirale qui apprenait à tuer un homme sans vraiment s'en rendre compte. On sait comment l'histoire avait fini. A prendre des risques, elle avait déjà perdu Louis, elle voulait vraiment se blinder jusqu'à ne plus rien ressentir du tout ? Jusqu'à ce que l'aventure excitante des armes tourne au vinaigre et se transforme en drame une nouvelle fois ? Elle n'avait pas besoin de ça pour être forte. Il ne voulait pas que sa vie se transforme en zone de guerre. Elle lui en avait déjà assez voulu comme ça pour avoir vu juste à propos de Louis.

          "C'est stupide." lâcha-t-il après avoir laissé passer un blanc.

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MessageSujet: Re: Le Chalet - Home sweet home   Ven 12 Mai - 23:59

Sa réponse me prit de court. Il était direct et... franc,  c'était clair comme de l'eau de roche, mais je n'étais pas du tout de son avis. Qu'est-ce qui lui faisait dire ça ? Aux dernières nouvelles il était le premier à avoir constamment des armes en sa possession, dans ses poches et dans ses vestes. Une arme de plus une arme de moins, il était habitué je pense. Alors oui, ce mot sonnait beaucoup trop étrangement entre ses lèvres ; je ne le comprenais pas. Je constatai que je ne tenais plus sa main dans la mienne, dommage, j'aurais pu jouer un peu avec, pour cacher maladroitement mon hésitation qui se caractérisa alors par un pincement des lèvres. Il avait avancé le sujet, attendu ma réponse puis décidé de ne répondre qu'un simple et bref "c'est stupide" ? Il ne comptait pas argumenter un peu ? Non ...? Non non rien du tout. Ses lèvres s'étaient refermées et il n'allait pas les rouvrir pour ajouter quoi que ce soit. Il attendait que je sorte des arguments, que j'essaye de le convaincre ou le persuader quelque chose dans le genre ? Était-ce mon rôle au moins ? Ne devrais-je pas ne pas répondre et me replonger dans mon demi-sommeil ? Que de questions sans réponses.
Je bougeai un peu pour trouver une position plus confortable, perplexe. Et mes yeux reflétaient toute cette intense réflexion qui essayait de débusquer le pourquoi du comment. Il m'avait complètement perdue et j'essayais vainement de retrouver le file de la conversation pour trouver un but à cette conversation. But qui m'échappait encore et toujours.

- Je ne trouve pas, c'est toujours utile, après tout tu as bien des couteaux toi, proposai-je alors, d'un ton plus sûr qui nuançait avec mes sourcils froncés de doute.

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MessageSujet: Re: Le Chalet - Home sweet home   Sam 13 Mai - 8:46

         William ne savait pas trop ce qui se passait dans sa tête. Il se sentait à fleur de peau, il avait soudainement envie de partir d'ici pour ne plus jamais y revenir. Cette conversation le mettait mal à l'aise et pourtant c'était lui qui l'avait déclenchée. Sans le savoir, Anaïs plongeait dans une des failles qui le constituaient, et appuyait où ça faisait mal. ça le touchait de trop près pour qu'il puisse réfléchir correctement : s'il avait ses couteaux, c'était parce qu'il était incapable de supporter qu'on le touche. Il avait eu désespérément besoin de se raccrocher à quelque chose, alors qu'il était coincé dans sa tête et qu'il lui fallait supporter le choc. Au début, on le maintenait enfermé, pour lui expliquer ce qu'était la boucle de Miss Tit, qu'il ne devait plus avoir peur. Foutaises. Il avait toujours eu peur et ça ne s'était pas arrangé avec les années. Il était devenu un ermite en cachant derrière sa phobie la véritable raison de son isolement : s'il ne s'attachait à personne, alors il ne verrait plus personne mourir. Seulement, il n'avait déjà plus toute sa tête à cette époque, et la solitude qu'il avait prise pour une amie s'était mise à le ronger. William avait plusieurs fois pensé à mettre fin à ses jours, quand les images devenaient trop vivaces, parce qu'il ne manquerait à personne, parce qu'il était désespérément seul pour son propre bien, du moins le pensait-il. Quelque chose l'avait empêché de passer à l'acte, il n'aurait su dire quoi, mais ces idées noires avaient attisé le côté tête brûlée déjà bien présent chez lui, et il avait eu de la chance de ne pas y passer à cause de sa témérité. Sans vraiment s'en s'en rendre compte il avait reproduit le schéma parental. Il s'était raccroché à ce qu'il avait connu ces dernières années, parce qu'il avait un besoin vital de canalyser cette haine contre lui-même qui le submergeait. Il avait continué ce que Vince et les autres avaient commencé : faire de lui un combattant aguerri, il avait exploré les forces et les faiblesses de son don en ne comptant que sur lui-même. Le climat de violence dans lequel il vivait depuis de longues années avait été façonné par un unique événement, et William ne comprenait pas qu'Anaïs puisse vouloir le suivre là-dedans. Il s'acharnait à vouloir se départir de cette violence qui lui pourrissait la vie, et elle... Elle avait le choix et voulait plonger ? Le visage de William se ferma. Ce n'était pas une bonne idée. Il ne voulait pas qu'elle ait le même parcours que lui, et il n'avait pas la tête assez froide pour le lui expliquer calmement. La fatigue aidant, il avait l'impression d'être une cocotte-minute sur le point d'exploser, et il n'était pas capable de gérer les émotions qui le submergeaient. Alors il réagit avec la première chose qui lui vint à l'esprit : l'agressivité, et son désarroi profond se mua en colère.

       "Et tu penses que c'est sain, d'avoir toujours des couteaux sur soi et de les sortir pour un oui ou pour un non ?! Apprendre à tuer quelqu'un, tu trouves ça tout naturel, toi ? Bah vas-y, continue, et puis tant qu'on y est, balade-toi avec un bazooka sur l'épaule, histoire de bien clarifier les choses !"

         William, en colère, se leva en virant inévitablement Anaïs de ses jambes.

          "Putain, mais t'as pas besoin de ça, Anaïs, tu m'entends ?!"

         Elle ne savait peut-être pas ce qu'était un bazooka mais nul doute qu'elle avait compris le message.

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MessageSujet: Re: Le Chalet - Home sweet home   Sam 13 Mai - 12:51

William s'énerva. Brusquement, sans que je ne m'y attende. Il se releva tout aussi violemment et je dus lever ma tête au dernier moment pour ne pas me prendre un coup de jambe. Sa colère était flagrante, ardente, elle me fit pâlir. Mais presque aussitôt, c'est une colère sourde qui vint remplacer tous mes sentiments. Je la sentis prendre de l'importance dans mon coeur et remonter dans ma gorge, comme une vieille rancoeur, un besoin refoulé de hurler tout ce que je pouvais. Je ne pris pas conscience que je n'avais pas du tout l'intention de le calmer, mais plutôt de me mettre à crier à mon tour. Ce n'était pas forcément la réaction que j'aurais pu avoir habituellement, mais là... Je ne comprenais pas, je ne comprenais pas d'où venait son problème ! Si j'avais su utiliser des armes, peut-être que Louis ne serait pas mort, peut-être que William n'aurait pas été blessé aussi gravement ! C'était à chaque fois eux qui étaient écorchés pour me protéger, pour moi, et j'en avais assez de ce manège ! Il était temps que je prenne les choses en main, qu'ils arrêtent de tous se sacrifier. Et puis, j'avais besoin d'apprendre à me battre. Avec ce que nous avions déjà fait, j'avais besoin de ces connaissances. Qu'il le veuille ou non, qu'il l'accepte ou pas. Je n'aurais jamais la force de me battre contre un homme, quoi que, peut-être qu'un jour quand même si, si quelqu'un m'apprenait. Encore faudrait-il que William accepte, ce qui n'était pas du tout le cas pour l'instant. Et le sujet présent n'était que pour les armes à feu. Alors je n'osais même pas imaginer ce que ce serait pour le reste.
N'étant pas dans une position très agréable pour m'engueuler avec lui (ah oui, parce que se mettre à crier en étant allongée au sol était crédible tiens) je me mis debout, en face de lui. Donc si ! Si j'en avais besoin ! Pour survivre, pour ne plus avoir peur, pour ressentir un semblant de sécurité et pour savoir que je pouvais le protéger ! J'avais besoin de savoir tirer, même si j'étais dans le monde des humains et que je montrais mon don ils me poursuivraient avec encore plus de hargne ! Bon Dieu pourquoi ne comprenait-il pas cela ?! Avec une arme je pourrais paraître normale dans le monde normal ! Je serrai les dents, mon regard hurlait ma fureur croissante.

- Et si j'estime que si, hein ?! Désolée monsieur mais moi je n'ai pas appris à me battre, moi je je... je ne sais pas me défendre avec mes poings ! Je n'ai pas la force de renvoyer des coups tu comprends ça ?!

Non, il ne le comprenait pas. Il ne comprenait pas que j'avais besoin de me défendre par moi-même, quand mon don n'avait aucun effet aussi. Si j'étais trop faible pour utiliser mon don, hein ? Je pourrais toujours me servir d'un revolver pour me protéger et tenir un peu plus longtemps sur mes positions. Je devais pouvoir me protéger même quand il n'était pas là ! Pourquoi ne l'admît-il pas ?!

- Un jour, un jour tu ne seras pas là, William, sifflai-je. Je ne saurais pas me défendre parce que j'en ai pas la force et pour une raison ou une autre je ne pourrais pas utiliser mon don, et avec tout ce qui nous arrive, ils me descendront, tu comprends, ils me tueront, que ce soit des humains ou des estres, je n'aurais rien, rien du tout pour me protéger parce que je ne peux pas disparaître comme toi en me téléportant. Je reste matérielle, visible, et mortelle.

Ma colère demeurait sourde pour le moment, je ne criais pas encore mais les sonorités calmes que prenaient ma voix insinuaient parfaitement le sérieux dont je faisais preuve, mais aussi l'emportement que j'essayais de contraindre au fond de ma poitrine. Mais je ne parvins pas à retenir ma propre colère débordante. Les morts sortirent d'eux-mêmes, sans que je ne puisse y réfléchir avant de les prononcer, et sans que je n'aie le temps de mesurer les conséquences qu'ils pouvaient avoir.

- Ce n'est peut-être pas sain que je reste avec toi alors !

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MessageSujet: Re: Le Chalet - Home sweet home   Sam 13 Mai - 14:03

          Anaïs était en pétard, maintenant. Très bien, comme ça ils étaient sur un pied d'égalité. Elle n'éleva pas tout de suite la voix, mais William voyait dans ses yeux que sa rage était bien ici, et que si elle ne hurlait pas, ses paroles n'en étaient que plus mordantes. Les yeux de William étincelèrent : il avait vu juste sur toute la ligne, c'était la peur d'être complètement démunie qui dictait ses faits et gestes, et rien d'autre. Elle ne voulait pas revivre de drame, mais elle n'avait pas compris que la seule façon de se protéger c'était d'abandonner tout simplement ce mode de vie ? A chaque drame, il y a un choix que l'on a fait en amont en pleine âme et conscience. Excepté quand elle avait tué un estre (lui n'en avait pas de souvenir), elle n'avait d'après lui jamais tué personne. Enfin, en théorie, parce que d'après elle, Louis était mort par sa faute, et ça la rongeait alors elle se persuadait qu'elle devait changer pour pouvoir se protéger. Tout ça à cause de Louis. William n'aurait jamais dû se laisser convaincre, il savait que ce genre de choses pouvait mal tourner. Et effectivement, ça avait mal tourner. Sa colère enfla encore. Sans Louis, elle n'aurait pas été si cassée, elle n'aurait pas chercher désespérément à se protéger, elle ne se réveillerait pas la nuit en pleurs. Ce serait tellement plus simple si cet événement n'avait jamais eu lieu, si Anaïs n'avait pas été témoin de la chute de son meilleur ami, si Louis n'avait jamais existé. Avec des "si" on refait le monde.
          William en aurait ri. C'était quoi, ce qu'elle faisait, là ? Quelle était la probabilité pour qu'elle ne puisse pas se servir de son don en présence d'humains mal intentionnés ou d'estres ? Si elle utilisait son don, alors elle tombait dans les pommes, c'est sûr qu'en sachant se servir d'un pistolet quand t'es pas conscient ça change tout. Si elle ne devait pas se faire repérer mais était tout de même en danger de mort, c'est vrai que se servir d'un flingue au milieu d'humains ça passait tout de suite mieux. Dernière option : un particulier anti-magie, mais les particuliers ne se détruisaient pas entre eux. Elle était mortelle ? Oui, il avait cru le remarquer oui, mais cela ne changeait rien au fait que ce qu'elle disait était complètement stupide.
          Sa dernière phrase le heurta beaucoup plus que ce qu'il en montra, et il ne put retenir une grimace de douleur en l'entendant, grimace qui disparut aussi vite qu'elle était venu. Putain, William, montre pas qu'elle te fait mal, merde. Le pire, c'était qu'il savait qu'elle avait raison, il n'était pas fréquentable, mais il le lui avait déjà dit et que malgré ça elle n'avait pas voulu le quitter. C'était un coup bas pour son opinion de lui-même qui n'avait de toute façon jamais été très haute. William se sentait trainé dans la boue sans sommation. Sa colère n'attendit que cette faiblesse pour parler à sa place.

          "C'est pas parce que tu te sens coupable pour Louis que tu dois te blinder parce que tu vois le mal partout," ricana-t-il, sarcastique.

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MessageSujet: Re: Le Chalet - Home sweet home   Sam 13 Mai - 15:34

Le cauchemar de cette nuit n'en fut que plus vivace. Comment pouvait-il ..? Comment osait-il ?! Il savait, il savait ce que je pensais, et il savait aussi exactement comment me blesser. Et Louis Louis Louis, il n'avait qu'à l'évoquer pour raviver la brûlure de sa mort. La plaie était toujours à vif, et il commençait à l'infecter. Elle allait s'infecter, c'était évident. On arrêtait pas d'y toucher, de gratter la croûte à peine formée. Il était cruel de remettre sur la table le sujet de Louis ! Parce qu'il le savait, obligatoirement.  Il avait été là cette nuit quand la nuit s'était bien amusée à jour avec mon subconscient et avait distordu la réalité. C'en était que plus blessant de me dire qu'il en parlé parce qu'il savait que c'était douloureux. Mon visage se tordit, ma colère amplifia. A sa différence, je ne voyais pas le mal partout, à sa différence exactement. Quand le danger était là, et je le reconnaissais à son odeur aigre, pas comme lui qui voyait du danger dans chaque personne qu'il croisait. Je devais lui rappeler les nombreuses fois où les particuliers s'étaient retrouvés avec un couteau sous la gorge, précision, un de ses couteaux sous la gorge ? Dans cette situation c'était à moi de le calmer, de lui montrer qu'ils n'étaient pas des ennemis qui voulaient nous tuer. Et il me disait que c'était moi qui voyait le mal partout ! Qu'il était drôle ! Il se foutait de moi, il n'y avait que ça comme possibilité.
Quoi qu'il en soit, parler de Louis fut la goutte de trop. Moi qui n'étais déjà pas au top de ma forme il n'arrangea pas du tout la situation. Au contraire, il m'enfonça un peu plus et mes doutes revinrent au galop. Merci William, merci infiniment d'avoir rompu ce presque calme pour me faire replonger dans mes sombres pensées. Merci de les rendre plus vives et d'enfoncer un peu plus profondément le couteau dans la plaie. Je ne retins plus ma colère, ni ma douleur.

- Ne parle pas de lui ! Il n'a rien à... à... Il n'a rien à faire là ! criai-je.

Ma peine se fit insoutenable et mes yeux commencèrent à s'humidifier. Ma gorge devint à son tour douloureuse, et ma souffrance grandit. Le calme que j'avais trouvé en sommeillant sur lui s'était dissipé pour laisser une nouvelle fois sa place aux pensées qui torturaient à la fois le corps et l'esprit. Une violente douleur me prit au ventre et au coeur. Louis... Ses yeux voilés par la mort se reflétèrent dans les miens et son sang sur mes vêtements s'imposa dans mon esprit. Je grimaçai et portai une main à ma bouche serrée pour la cacher. Les larmes brillèrent, et faillirent glisser le long de mes joues. Mais au lieu de ça, je les retins en un faible gémissement et les essuyai du revers de la main. Au fond de moi la fierté de ne pas pleurer devant lui dans cette situation m'aida à les ravaler. Je m'appuyai sur la colère et les chassai grâce à celle-ci. Si je faisais ça, si j'utilisais ma fureur de cette manière, ça s'annonçait très mal pour William. Le poing à son tour fermé il retomba le long de mon corps, je le fusillai du regard, hors de moi.
 
 - Tu te fiches de moi hein ?! Je te signale qu'il y a deux jours à peine t'étais entrain de crever ! J'étais toute seule, tu m'aurais abandonnée ! Toute seule pour toujours avec comme dernière image de toi, toi qui tombe dans la jungle sans te relever ! TU SERAIS MORT ! MORT TU COMPRENDS ?! Tu serais parti sans rien dire, mais qu'est-ce que t'en as à foutre ?! T'as bien essayé de te tuer un jour n'est-ce pas ! Quoi de mieux que de sauter d'une falaise en ayant rompu au préalable avec sa petite amie !

Un sourire glacial se teinta sur mon visage, présentant avec force le sarcasme sous entendu dans mes paroles. Mes lèvres se crispèrent de nouveau en une mine dégoûtée.

- Faut bien que je me blinde, comme tu dis, parce que tu me rends pas la vie facile aussi !  

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MessageSujet: Re: Le Chalet - Home sweet home   Sam 13 Mai - 16:26

        William regretta ses paroles à l'instant où il les prononça. Les larmes brillèrent dans les yeux d'Anaïs, mais elle refusa de les laisser couler devant lui. Bah oui, il en valait pas la peine, c'est vrai, il l'avait oublié, songea-t-il avec un instinct mauvais. Anaïs serra les poings, et le rembarra, comme il avait pu s'y attendre. Il pensait sincèrement ce qu'il venait de dire, mais ce n'était ni la manière ni le moment de les exprimer. Il croyait dur comme fer que c'était bien à cause du jeune homme qu'elle souhaitait changer. Malgré le temps qui s'était passé, Anaïs n'avait toujours pas digéré sa mort, et prendrait certainement des années avant de s'en remettre. Mais durant ces années, qu'allait-elle devenir ? Il la regarderait devenir quelqu'un qu'elle n'était pas, se briser en mille morceaux à cause de sa proximité, comme elle le disait. Elle semblait d'accord avec ce fait, mais lui ne l'acceptait pas. A cet instant, la situation apparut au jeune homme telle qu'elle était vraiment : il était bel et bien en train de l'entrainer dans les ténèbres alors que lui les quittait peu à peu. Ce constat le rendit malade. Il se dégouta. Comment pouvait-il faire quelque chose comme ça à Anaïs, même inconsciemment ? Il sentit ses jambes ployer sous lui. Elle avait raison sur toute la ligne, bordel, ce qu'il craignait par-dessus tout était en train de se réaliser. La panique faillit prendre le pas sur le reste, il se força à respirer aussi lentement que possible. Non, Louis, c'était pas ma faute. L'estre non plus, le pyromane non plus... Mais qu'est-ce qu'il avait fait d'Anaïs ? se demanda-t-il, bouleversé.
         Anaïs lui rappela ce qui s'était passé ses derniers jours et presque inconsciemment William porta la main à son flanc gauche, comme pour se persuader qu'il n'avait plus de la bouillie à la place des côtes et des poumons. Le souvenir douloureux de cette marche insupportable dans la chaleur étouffante de la jungle lui revint en pleine tête. Ses épaules s'affaissèrent. La souffrance qui lui mangeait tout le côté gauche, la toux qui lui déchirait la gorge, puis la sensation de flotter dans son propre corps qui le trahissait jour après jours... Plus jamais ça. C'était trop dur. Il voulait oublier, comme elle, mais sa condition physique lui rappelait ce qui s'était passé tous les jours. William ferma les yeux un quart de seconde avant de les rouvrir. Il ne voulait pas qu'elle voit sa faiblesse. Il n'avait jamais été aussi proche de la mort que ces derniers jours et il avait vraiment cru y passer. Mais ça se voyait comme le nez au milieu de la figure que les paroles qu'elle venait de prononcer avaient fait mouche. Il n'arriva pas à cacher ni sa détresse ni son incompréhension devant ce qu'elle lui jetait à la figure. Elle lui reprochait d'avoir abandonner, à un moment. Mais il... Il n'avait pas pu faire autrement. Il n'était pas superman, comment pouvait-elle ?.. Est-ce qu'elle pensait que c'était agréable, de savoir qu'on va crever ? Des points noirs commençaient à apparaître devant ses yeux. Du calme, William, du calme, tu vas nous faire une syncope sinon. Mais il n'arrivait pas à se calmer. Elle comprenait pas que, justement, s'il avait rompu avec elle, c'était pour la protéger de lui ?..
          William, toujours sur le rocher plat, recula un peu pour éviter de tomber. Pour éviter qu'elle voit qu'il n'en pouvait plus et que c'était dans un moment comme ça qu'il avait effectivement envie de mourir pour ne pas entendre de trucs pareils. Il n'avait même pas la force de répliquer avec un ton acerbe quelque chose du genre : "c'est vrai que crever c'est tellement agréable, t'as raison.". Non, ça le touchait beaucoup trop.
             "Si je me suis séparé de toi c'était pour que t'ais à supporter tout ça, justement," dit-il d'une voix cassée.
          Il se sentait vraiment à deux doigts de tomber dans les pommes. Il chancela et puis recula encore. Il trébucha et tomba en arrière dans l'eau du lac.
          William se sentit tomber et puis soudain, il y eut du bleu partout. Il tenta de respirer, et l'eau emplit ses poumons. Il paniqua et se téléporta.
          Il apparut à quelques mètres de là, tout près d'un arbre, et vomit l'eau qu'il avait dans les poumons et son petit déjeuner avec. Même après ça, son estomac continua à se rebiffer contre le traitement qu'il infligeait à tout son corps. Quand enfin ça se calma, William se redressa péniblement et cracha par terre pour faire passer le goût de bille, tremblant et trempé. Là, maintenant il ne pouvait pas se sentir plus mal.
           Il entrevit la silhouette floue d'Anaïs qui s'approcha de lui. Meurtri dans son amour propre comme dans tout le reste, il secoua la tête.

            "Barre-toi, Ana... J'ai pas besoin de ton aide, putain."

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MessageSujet: Re: Le Chalet - Home sweet home   Sam 13 Mai - 18:56

Mes paroles remettaient en doute tous mes sentiments, et j'en pris conscience seulement maintenant. A m'entendre, on pouvait en déduire que je ne l'aimais pas, alors que c'était tout le contraire. C'est pour ça que ça m'importait, parce que je l'aimais, que j'estimais cela important, et que j'avais été blessée par ses actes. Je retins un nouveau sanglot en faisant cette constatation. J'eus l'impression que c'était la pire de nos disputes. William semblait tout aussi heurté que moi, comme le témoignait son visage décomposé et sa voix brisée. D'ailleurs il oscilla à droite puis à gauche, recula, s'approcha dangereusement dans l'eau, et je ne pus le retenir qu'il y tomba.

 - William !

Je me rapprochai du bord paniqué, et... William n'était plus dans l'eau. Il s'était téléporté. Où ça ? Je me retournai et le vis, trempé, grelottant, proche d'un arbre. Il vomit. Je voulais le voir, l'aider, le prendre dans mes bras, le ramener dans la chambre et oublier toute cette conversation. Ne plus y penser, ne penser à rien du tout. Il était plié en deux. Je voulais l'aider. C'était plus fort que moi. Quand il fut relevé, je m'approchai, lentement, mes mains tremblaient à cause de l'adrénaline qui s'estompaient lentement en même temps que ma colère. Avant que je n'arrive il me stoppa net dans mon élan en m'envoyant chier (pour être franche).Je n'écoutai pas ce qu'il me dit, le visage désormais dénué d'émotion, et pris son bras plus sèchement que je l'aurais voulu. A peine mon geste terminé qu'il se dégagea et chancela dangereusement à cause de sa perte d'équilibre. Blessée, je ne le montrai pas, et lui retins tout de même le coude en pesant mon poids sur lui pour éviter qu'il le tombe, mon corps complètement raide, le visage fermé. Quand je fus certaine qu'il n'allait pas retomber je relevai les mains en l'air pour lui montrer que je ne le touchais plus et par conséquent qu'il n'avait plus à vouloir se détacher de moi. Je m'éloignai, le regard vide, la tête vide aussi. J'en avais assez de tout ça, de moi aussi. Je l'avais blessé, j'avais dit des choses horribles que je n'aurais normalement jamais dites juste parce que justement j'étais déjà au bout du bout. Nous étions ici pour nous reposer normalement, et nous nous bouffions le nez pour des broutilles, nous nous sortions des choses horribles que... Non je ne le pensais pas, je ne pensais pas que je devais m'éloigner de lui ; je ne pouvais pas de toute façon. Et il allait croire que je ne voulais plus de lui... J'aurais voulu le prendre dans mes bras, lui dire que j'étais désolée, mais il me repousserait. Réaction normale de sa part avec tout ce que j'avais dit. J'aurais fait la même chose. C'en était encore plus blessant. Je ne savais plus quoi faire, plus rien. J'avais envie de pleurer, de m'effondrer, de hurler. De mourir, ouais, j'avais envie de mourir. Ainsi, j'arrêterais peut-être de faire de la merde, de lui cracher d'horribles choses au visage. Et malgré mon désarroi brûlant et acide qui me rongeait de l'intérieur, je continuai de m'éloigner pour le laisser en paix, comme il me l'avait demandé.
  Je ne m'assis pas sur le rocher, j'avais l'intention de marcher un peu. Ou pas, j'en sais rien, je sais plus. J'étais trop paumée pour me comprendre moi-même.

  - Rentre.

C'est tout ce que j'ajoutai, en me retournant. 

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MessageSujet: Re: Le Chalet - Home sweet home   Sam 13 Mai - 21:52

          Non, s'il te plaît, reste, reste et dis-moi que tu ne pensais pas tout ça. Dis-moi que ce n'était qu'un mauvais rêve, que tu m'aimes et que tu ne me vois pas comme un bourreau manipulateur qui ne fait que te briser. William réagissait comme un gamin. Il était perdu, il avait toujours cru en une chose et maintenant... Maintenant ses repères étaient ébranlés, la limite du bien et du mal était devenue si floue qu'il se demandait s'il avait jamais fait quelque chose de bien ces quinze dernières années, parce que maintenant, il en doutait fortement. Déboussolé, il se demanda s'il n'avait pas inventé tout ce qui s'était passé jusqu'ici tant tout ça lui paraissait illusoire. Mais non, il n'aurait pas pu imaginer de telles choses, autant le bon comme le mauvais. Pas si bon que ça, apparemment. Bon sang... Il ne comprenait pas Anaïs. En dehors du fait qu'il n'avait pas encaissé ce qu'elle venait de dire, il ne saisissait pas pourquoi elle s'acharnait à le maintenir en vie s'il constituait un tel poids pour elle. Les idées de William s'embrouillaient, le premier réflexe du jeune homme à une atteinte aussi brutale était le repli sur soi. Il avait mal de savoir qu'elle avait pensé tout ce qu'elle avait dit. Oui, il fallait qu'il y aille, qu'il s'en aille d'ici. Il ne se supportait plus, mais c'était difficile de se séparer de lui-même, alors qu'il pouvait s'éloigner d'Anaïs. William lui jeta un coup d'œil, une question lui brûlant les lèvres, mais s'abstint. Il n'était pas certain de tenir le coup si l'échange se révélait aussi mordant. Frustré par la lenteur et la faiblesse de son corps, il mit un temps interminable à remonter vers le chalet. Ses vêtements pesaient lourds sur ses épaules et la brise s'y engouffrait avec joie, si bien qu'au bout d'un temps il ne sut plus si c'était le froid ou l'effort qui était à l'origine de ses tremblements. Manquerait plus qu'il attrape la crève après cette journée horrible, tiens. Il faillit s'étaler une ou deux fois à cause des graviers et de son manque de réactivité, et fit des pauses forcées quand il était hors d'haleine.
C'est le souffle court et les jambes en coton qu'il arriva enfin sur la terrasse du Chalet. Il s'empressa de rentrer pour se protéger du vent. Il dégoulinait encore. William enleva chaussures et chaussettes et galéra à faire passer son tee-shirt au-dessus de sa tête. Il gémit en sentant le contact froid de la chaîne qui retomba sur son torse. Il abandonna son tee-shirt sur une chaise et entra dans la salle de bains. Il se sentait sale, mais était presque certain que peu importe le nombre de fois il se laverait cette impression ne partirait pas. Le dégout de lui-même collait à la peau. Tant pis, il allait quand même essayer.
          William, les idées pas très claires, entra dans la douche et déclencha aussitôt le jet. Il se foutait bien d'avoir son jean, il aurait aussi porté son tee-shirt à ce moment-là qu'il ne l'aurait pas enlevé non plus. La vapeur commençait à envahir les vitres de la cabine et pourtant il ne fit pas un geste pour arrêter l'eau. Elle lui brûla la peau, mais ce n'était pas aussi douloureux que de se considérer comme un moins-que-rien. De la terre et un peu de sang, conséquence des petites écorchures récoltées ici et là, finirent dans l'évacuation. William aurait aussi voulu se laver de toutes les pensées négatives qui l'assaillaient, mais malgré ses efforts, il était incapable de les faire taire. Il arrêta finalement l'eau, se sécha sommairement et se décida à enlever son jean, devenu trop lourd. Il l'étendit sur le - il fit un effort pour se rappeler du mot - sèche-serviette. Il l'alluma et, la tête dans le brouillard, s'appuya sur le lavabo. Ses cheveux étaient un peu trop long, ébouriffés par le séchage trop rapide, son teint en était presque maladif, ses cernes étaient trop marqués et ses yeux trop brillants... Sa barbe de quelques jours lui mangeait le visage, et il eut l'impression d'avoir le visage de quelqu'un d'autre devant les yeux. Un mec qui n'assumait pas le mal qu'il était capable de faire. L'idée de casser le miroir à coups de poing lui vint en tête mais il trouva vite une autre option. Il ouvrit un ou deux tiroir et en tira ce qu'il cherchait. Un rasoir. Moderne, mais c'était quand même un rasoir. Il appliqua la mousse et se mit au travail, ce qui n'était pas facile parce qu'il tremblait beaucoup. Malgré ses efforts, il se coupa du côté droit à la limite du menton. William jura et eut envie de tout faire valser. Il attendit que son envie meurtrière passe et finit de se raser, à fleur de peau. En se rinçant, il fit un point de la situation. Il tenait uniquement grâce à ses nerfs et à l'angoisse qui le tenaillait. La perspective de devoir retourner dans sa chambre de l'Institut en sachant qu'Anaïs ne ferait plus parti de sa vie le terrifiait. Il tentait de se persuader qu'ils n'en étaient pas là, qu'il ne fallait pas imaginer le pire, mais pour lui, ce qu'elle avait dit tout à l'heure se résumait à ça. Il lui faisait mal donc il fallait qu'elle le quitte. Il s'efforça de ne pas y penser, parce qu'il allait devenir dingue. William se calma un peu en avisant son visage dans la glace. À part la coupure qui saignait un peu, c'était bien lui. Il se lava les dents et remit son jean humide en épongeant l'eau par terre avec le tapis de bain.
          Le jeune homme sortit de la salle de bains et frissonna. La baie vitrée était restée ouverte. Il n'avait aucune idée du temps qu'il s'était écoulé depuis qu'il était rentré. Fiévreux, il se demandait si Anaïs comptait repasser ici, ou... Il ne comprenait toujours pas pourquoi elle l'avait empêché de sombrer s'il était si venimeux pour elle. Il avait besoin de lui poser la question. Il avait carrément besoin d'elle, mais... Il ne savait pas comment s'occuper, il était incapable de dormir dans ces conditions, ni même de s'asseoir. Il fit les cent pas, s'arrêta quand sa vue se brouilla - parce qu'il n'avait pas trop le choix. Et s'appuya sur la table pour éviter de tomber. Il fallait qu'il ralentisse s'il voulait tenir le coup jusqu'à son retour. Mais qu'est-ce qu'elle faisait ?.. Tremblant, il se servit un verre d'eau, le vida directement en manquant d'en mettre partout, s'en servit un autre, le sirota en faisant le tour de la table, et laissa sa rage reprendre le dessus.
          Subitement, il fracassa le verre contre le mur en jurant tout haut. William avait envie de hurler, de chialer comme un môme, de dormir, de tout oublier. Il était incapable de laisser parler ses émotions. Il regarda ses mains, secoué de tremblements. C'était pas possible d'avoir envie autant d'une entrevue et de la redouter autant à la fois. Son corps ne comprenait plus, lui non plus il ne comprenait plus, d'ailleurs. Il regarda les dégâts, les morceaux de verre qui constellaient le sol, une tache d'eau sur le mur qui sécherait certainement toute seule, et s'en voulut encore un peu plus. Il gémit, porta les mains à ses tempes. Sa tête allait exploser à force de contradictions. Il fallait que ça cesse, mais il n'avait aucun moyen d'agir sur le cours du temps, alors il alla ramasser les morceaux de verre dans le besoin pressant de s'occuper l'esprit. Il ramassa le verre brisé, en essayant de ne pas se déchiqueter les mains au passage mais c'était difficile parce qu'il était victime de ses émotions qui passaient du vert au rouge en un temps record. Et ces tremblements qui ne voulaient pas se calmer ! Les nerfs en pelote, il réunit et alla mettre les morceaux de verre à la poubelle et se redressa péniblement. Il allait faire une merde si ça continuait.
         Et puis il entendit la baie vitrée se refermer et se retourna - lentement, parce que s'il était trop brusque il ne savait pas ce qui se passerait. Anaïs était toujours là. Mais qu'est-ce qu'elle ?.. William la dévisagea, sans savoir quoi faire, sans savoir à quoi s'attendre. Il finit par lui adresser la parole, très nerveux, parce qu'il n'en pouvait plus de ne pas savoir.

          "Pourquoi... Pourquoi tu m'as empêché de sauter de cette putain de falaise ?"

          Pourquoi tu l'as fait si tu estimes que tout ça ne valait pas le coup ? Pourquoi est-ce que tu as pris des risques, pourquoi est-ce que tu m'as pas quitté plus tôt, pourquoi est-ce qu'à chaque fois tu es revenue ?
           Qu'elle voie sa détresse ne changerait rien si elle avait déjà pris sa décision. Il osa relever les yeux, en se tripotant les poignets, s'attendant à être rejeter de nouveau, et osa affronter le regard d'Anaïs en s'attendant à finir meurtri plus encore.

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MessageSujet: Re: Le Chalet - Home sweet home   Sam 13 Mai - 22:53

Il y avait de la colère, mais pas uniquement. Elle s'était estompée, remplacée par la tristesse, puis par la douleur, et enfin la culpabilité. Comme un schéma des réactions naturelles d'une Anaïs dans son milieu. Bientôt la peur pointerait à son tour le bout de son nez et me ricanerait au visage de ma faiblesse. Comme toujours. Parce que je l'avais blessé, et je m'étais blessée en même temps. Je réussis à retenir mes sanglots jusqu'à ce qu'il parte, mais quand enfin il fut hors de portée, je ne pus que cracher un sanglot. Je voulais m'écrouler, tomber, me noyer dans ce foutu lac et ne jamais remonter à la surface. William ne voudrait pas me parler avant un moment, alors à quoi bon ? Que je remonte ou pas à l'air libre, la résultat serait le même. Que je me noie dans de l'eau ou ma tristesse, c'était la même chose. Sauf... Effectivement, se noyer dans le lac mettrait fin à mes tourments, me noyer dans la tristesse : non. Je me mis à pleurer, d'abord bruyamment, et puis plus discrètement. J'en avais marre, tellement marre. L'envie de mourir n'avait jamais été plus fort qu'en cet instant. J'en avais assez, je n'en pouvais plus c'était trop ! Je m'éloignai lentement du rocher, et continuai de marcher sur les rives du lac, les larmes dégoulinant sur mes joues puis glisser et se perdre dans le lac. En même temps, je calculais la probabilité pour que je m'enlise dans la vase et ne remonte jamais à la surface, ou la probabilité que je me jette à l'eau avec une pierre accrochée au bout du pied. C'était tentant, tellement tentant. De m'allonger ici, et d'attendre qu'un loup, qu'un ours ou que n'importe quoi vienne me bouffer, me ronger les os ! C'était tellement tentant et tellement facile de se dire que je pouvais mourir, que je n'avais qu'à mourir pour que tout s'arrête. Tout me retombait dessus, tout tout tout. Au visage de Louis s'ajouta celui de William. Je vascillai. William, blanc, avec une aide respiratoire, et puis bientôt William que j'avais abandonné là-bas sur le lac. Je n'avais pas la force de le revoir. J'étais... J'étais... brisée. Totalement brisée. Comprenait-il que je n'étais plus apte à tout supporter .. ? Quand il m'avait rencontrée j'étais pleine de vie, prête à croquer la vie à pleine dent. ça faisait presque trente ans que mes parents m'avaient abandonnée, je m'étais faite une raison. Pourrais-je retrouver cette joie de vivre ?
J'eus un hoquet en repensant à cette époque. A ce calme qu'était la boucle de Miss Tit, un petit havre de paix tranquille. j'y avais rencontré William, et Louis. C'était là aussi que j'avais fait mes adieux au télépathe, et à une ancienne Anaïs. Une Anaïs qui imaginait encore un bel avenir, une chance de la vie de pouvoir se racheter et de de... d'avoir une vraie vie justement. Mais tout ça... n'étaient que des foutaises, une belle blague, un leurre, et j'étais tombée dedans si facilement. Il n'y avait pas de belle vie promue, pas de rédemption, pas d'espoir. Louis était mort, je n'avais pas de famille, William avait failli mourir et mon tour arrivera. Que nous soyons heureux ou pas, riche ou pauvre, particulier ou humain, nous finissions tous pareil : sous la terre, très loin du soleil et de la lumière, dans un pauvre caveau, enfermés, pour nous assurer une vie en enfer, avec notre nom noté avec sarcasme sur une pierre tombale. C'était comme ça, et ça le serait toujours. J'aurai moi aussi ma pierre tombale, mon propre petit trou où l'on m'enfermerait à jamais et que l'on recouvrira de terre pour me cacher des étoiles et du ciel. Il n'y aurait alors plus que noirceur et ténèbres pour mon corps en décomposition. Pourquoi vouloir provoquer la mort ..? Elle venait si facilement, si rapidement d'elle-même. J'en étais presque à la moitié du lac, mes chaussures étaient salies par la vase, et je voyais le chalet en face de moi. Là où était William. De nouveau ma bouche se déforma et je continuai de pleurer avec désespoir. Qu'est-ce que j'avais fait ..? Qu'est-ce que j'avais encore fait, hein ? Après tout, tout était ma faute. A chaque fois, chaque fois... Et cette fois-ci plus que les autres. Qu'est-ce que j'avais dit ..? Je m'en voulais terriblement au point que mes yeux avaient gonflés et rougis de larmes. J'avais peur, peur de rentrer, de le voir, d'accepter le fait de l'avoir blessé, parce que je l'avais blessé, c'était une certitude, je n'aurais pas dit tout ça si je savais que ça n'aurait aucun impact. C'est ça le pire. Les erreurs humaines, les imperfections de l'homme et ses instincts animal qui se retrouvaient dans sa colère. Mais... Il n'y avait pas que ça... J'étais à bout, je l'avais déjà dit et je le redisais, mais je n'en pouvais plus. Je n'étais plus assez forte, j'étais... émiettée. Faible et désespérée. Tellement désespérée.
Je fus temps de repartir quand... Je sais pas quand, cette précision était-elle utilie ? On s'en foutait après tout merde ! Qu'est-ce que ça pouvait faire que sache l'heure ou non ! Je voulais juste... Je voulais juste rentrer, m'allonger dans le lit et qu'il me prenne dans ses bras et ne me lâche plus jamais. Mais ça... c'était un rêve encore une fois, un beau rêve qui pourrait ne jamais se reproduire. Peut-être que quand je rentrerai il ne serait plus là. Cette pensée acheva l'agonie de mon petit coeur déjà mal en point, je gémis de désespoir. S'il n'était plus là, que ferais-je ..? S'il ne voulait plus me voir, plus me parler ..? Qu'adviendrais-je ? Je pris sur moi pour parvenir à rentrer, d'un pas presque rapide tant la possibilité qu'il ne soit plus là s'imposait à mon esprit, et plus je la redoutais. Quand je vis enfin au travers des baies vitrées, je constatai qu'il était là, toujours là. Je crus sentir mon coeur soupirer, ce n'était en réalité qu'une nouvelle vague d'angoisse qui l'enserra dans un puissant étaux. Les sillons de mes pleurs étaient marqués sur mes joues et mes yeux n'avaient pas retrouvé leur couleur chair. J'étais dans un état lamentable.

Mais je n'avais pas le choix. Je n'avais plus le choix. Je tirai la baie vitrée, entrai, et le refermai en cachant mon visage. William se retourna lentement, non loin de lui, le mur était mouillé. Je ne prêtai pas attention aux autres détails dans la pièce. Je ne voulais pas. Puis enfin, j'entendis sa question. Mes yeux perlèrent de nouveau. Ainsi, mêmes ces raisons étaient devenues floues ? C'était pourtant tellement évident ..! Apparemment, non, finalement. Pourquoi je l'avais sauvé ? Pourquoi ? Pourquoi craignais-je à ce point de le perdre aussi, non ? La réponse n'était-elle pas ..? Il n'y croyait plus. Il ne me croyait plus, plus en mes sentiments, plus en ma sincérité. Etait-ce possible ? Je l'avais donc perdu ..?
Je n'eus la force que d'énoncer une chose incontestable.

- Parce que je t'aime, soufflai-je en avançant un peu plus.

Je vins à sa hauteur, hésitai, et voyant qu'il ne se dégageait pas comme tout à l'heure, je passai mes bras autour de son cou. Mes yeux brillaient encore.

- Je t'aime William, tu comprends ? C'est la seule vérité dans tout ce que je t'ai dit depuis tout à l'heure.  

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MessageSujet: Re: Le Chalet - Home sweet home   Sam 13 Mai - 23:49

          Anaïs avait pleuré, ses yeux étaient rouges et gonflés. ça lui donnait pâle allure, quand on savait comment elle pouvait rayonner lorsqu'elle était en pleine forme. C'était apparemment loin d'être le cas. ça la rendait si triste, de dire la vérité ? Elle se dirigea droit vers lui et William ne s'attendait pas du tout à de tels dires.
          Elle l'aimait ? Mais... Mais alors pourquoi est-ce que... William ne comprenait plus rien, encore plus paumé qu'il y a quelques secondes. Elle lui en voulait énormément, pour l'avoir entrainée hors de la boucle de Miss Tit, pour avoir évoqué Louis, pour l'avoir abandonnée dans la jungle parce qu'il n'était plus capable de tenir le coup, pour l'avoir laissée seule. Il avait fait énormément d'erreurs, il n'avait pas su la protéger ni lui éviter la crainte de finir brûler vive ou encore l'impression que tout le monde risquait de mourir autour d'elle. Il connaissait cet environnement, il avait évolué assez longtemps dedans pour savoir qu'on n'en ressortait pas indemne, et il l'y avait fait entrer tout de même sans vraiment s'en rendre compte, parce qu'il avait désespérément besoin de ne pas être seul. Manque de chance, c'était tombé sur Anaïs, elle avait certainement tenu plus longtemps que les autres mais elle avait des sentiments humains comme tout le monde. On ne tient pas éternellement en voyant ceux qu'on aime se faire détruire. Sa carapace s'était fendillée lors de l'attaque du pyromane à l'Institut et avait carrément cassée quand Louis était mort. La culpabilité s'était engouffrée dans la brèche et... Oui, c'était à cause de ça qu'elle avait si mal maintenant, qu'elle se réveillait en pleurant la nuit, qu'elle avait perdue son sourire qu'il s'acharnait à refaire paraître. Elle n'était pas aussi solide qu'elle en avait l'air, en s'appuyant sur elle pour s'en sortir il l'avait poussée vers le bas. C'était un jeu dangereux, il en avait eu conscience, à un moment. Quand ses fantômes lui empoisonnaient la vie à un tel point qu'il ne put plus les ignorer, William s'était rendu à l'évidence : mieux valait l'écarter de tout cela. Il l'avait fait. Violemment, d'ailleurs. Il se souvenait encore de sa tête quand il avait rompu avec elle, du mal intérieur que ça lui avait fait, de provoquer ça, mal qu'il croyait alors nécessaire et qui l'était peut-être vraiment. Il croyait qu'elle avait pris conscience de ça tout à l'heure, et qu'elle allait l'envoyer balader définitivement ce soir. Et là, elle se pointait comme une fleur et lui disait qu'elle l'aimait. Le cerveau de William ne suivait plus. Pourquoi est-ce qu'elle l'aimait s'il lui faisait du mal et... ça voulait dire quoi, cette dernière phrase ? Que ce qu'elle avait dit n'avait pas d'importance, qu'elle ne le blâmait pas, finalement ? Une partie de William lui souffla que c'était trop facile, le reste sentit surtout que toute la tension accumulée était sur le point de s'évanouir comme par magie et qu'il ne supporterait pas la transition et envoya des signaux d'alerte au cerveau. Pas vraiment besoin de signaux d'alerte, les symptômes étaient déjà là, sa vision était piquetée de points noirs, les vertiges étaient déjà là et ses jambes ployaient sous le poids de son corps. Un burin lui martelait le cerveau et il n'arrivait pas à le faire taire pour réfléchir.

           "Je... J'vais..." balbutia-t-il pour prévenir que ça n'allait vraiment plus.

          Les bras d'Anaïs quittèrent son cou et il s'agrippa à la table non loin, seul point d'ancrage fiable parce qu'il voyait tout tourner et luttait pour rester conscient. Heureusement une main le guida rapidement vers la chaise qu'Anaïs venait de lui présenter et il s'assit, la tête dans les mains et les paupières closes, en attendant que tout ce boxon se calme. Il rouvrit les yeux avant que ce ne fut le cas, mais il se sentait déjà un peu mieux (peut-être parce qu'il ne risquait plus de se casser la figure).

          "... Merci," s'entendit-il dire quand il fut en mesure de parler un peu plus distinctement.

          Il assembla des mots pour expliquer ce qui se passait dans son cerveau fatigué. Les neurones avaient du mal à se reconnecter.

          "Je croyais que tu... Que comme je te faisais mal t'allais partir... Et là tu me sors que tu m'aimes ? Je te suis plus là, tu m'aimes ou tu me détestes ? Ou tu veux partir ?"

          Ou plusieurs des choses à la fois ? Il se posait trop de questions, c'en était douloureux pour sa petite tête.

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MessageSujet: Re: Le Chalet - Home sweet home   Dim 14 Mai - 0:42

Les conditions physiques de William le rappelèrent bien vite à l'ordre et il sembla pâlir encore plus. Il tenta d'articuler de maigres mots, en vain, et je compris le message. Je me détachai de lui, pris la chaise la plus proche puis le William le plus proche pour qu'il s'y assoit. Ce qu'il fit sans hésitation et il ne risquait plus de tomber. Il nicha sa tête dans ses mains et je ne pus plus voir ses yeux ni son visage d'ailleurs. Je baissai les yeux sur mes propres conditions physique et me déchaussai : mes chaussures étaient toujours aussi sales que quand j'étais rentrée (surprenant n'est-ce pas) et je n'avais pas envie de me mettre à passer la serpillère à cause de ça. Je les pris dans mes mains, les déposai devant la baie vitrée et emportai du même coup le plaid du canapé. William était torse-nu et je le voyais grelotter d'ici. L'eau du lac ne devait pas être si chaude que ça alors, le vent non plus. Le plaid était lui aussi la chose la plus proche que je pouvais lui apporter.
Désormais en chaussettes, je retournai à la table de la cuisine, dépliai la couverture et la posai sur ses épaules avec tendresse afin de le protéger du froid et le réchauffer. Quand je me retournai, je remarquai que le temps avait largement filé à mon insu, et qu'il était presque quatorze heures trente, soit vingt-six pour être exacte. J'avais passé plus de temps dehors que ce que j'avais imaginé, et William avait passé plus de temps seul que ce que j'avais voulu. Je me mordis la lèvre. Avais-je faim ? Peut-être, ou aucune idée en fait. J'étais détachée de la plupart de mes émotions et la faim ne se faisait pas sentir pour l'instant. Par contre William avait peut-être faim, lui. Ou avait-il l'appétit coupé ? C'était possible, sinon nous pourrions toujours manger à seize heures et... Il coupa court mes pensées en énonçant ses doutes et ses peurs, dont j'étais la cause. Je devais me rattraper, me faire pardonner, par n'importe quel moyen mais je devais me faire pardonner et me racheter auprès de lui. Effacer toute cette merde que je lui avais balancé à la figure et lui faire oublier tout ça. Exactement, c'était comme effacer un tableau de craie et réécrire des choses dessus. J'avais besoin de guérir les plaies que j'avais moi-même ouvertes. Je rapprochai une des chaises pour la coller à la sienne et m'y assis, calmement, en repoussant tout au fond de moi l'envie de me blottir contre lui pour rester maître de moi-même. Cette fois je ne monterais pas sur ses genoux, je ne demanderais pas plus parce que je ne le mérite même pas. Je soupirai, me frottai le visage pour estomper mes traces de tristesse et m'expliquai.

- Chuuuuut, je ne serais jamais capable de te détester, arrête de dire des bêtises, fis-je avec un sourire triste. Je ne pense rien de ce que je t'ai dit tout à l'heure, si je suis encore là c'est grâce à toi, sinon j'aurais abandonné après... sa mort. Si je me lève le matin c'est parce que je sais que tu es là, que tu donnes un sens aux choses qui n'en ont pas et... tu n'imagines pas la terreur qui m'a prise quand je t'ai vu au bord du vide, quand j'ai compris ce que tu voulais faire parce que... Parce que te voir au bord de la mort est la pire torture que l'on puisse m'infliger et que je ne supporte pas de voir la personne que j'aime le plus dans un tel état.

Je cherchai son regard, et quand je le trouvai, je dus m'empêcher d'avancer la tête pour l'embrasser et souligner mes propos. Alors je me contentai de le regarder.

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