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 [EVENT : EQUIPE DEUX] Un labyrinthe piégé, quoi de mieux ?

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MessageSujet: [EVENT : EQUIPE DEUX] Un labyrinthe piégé, quoi de mieux ?   Sam 19 Nov - 14:12

Le sous-sol humide était plongé dans une noirceur totale, opaque et angoissante. L’air chargé de tension portait tous les non-dits, toutes les craintes et les peurs qui n’osaient pas être formulées. Celle de rester coincé là pour toujours, de ne plus avoir suffisamment de vivres, de ne pas voir arriver les renforts tant attendus, de se laisser surprendre dans un sommeil agité par une bande d’estres sanguinaires… et, bien sûr, mourir. Mourir, mourir, encore et encore ce mot comme l’épée de Damoclès dangereusement suspendue au plafond. Entre ces quatre murs froids et invisibles, l’espoir était presque inexistant. Seule la venue occasionnelle d’un brusque coup de vent froid surprenait les esprits et les animait pendant un bref temps, alors que la seconde brise plongeait la pièce obscure dans une anxiété encore plus grande.
Des sanglots étouffés déchirèrent soudain le silence. Un bruit à peine perceptible dans un espace habité mais qui résonnait là comme la plus bruyante des sonneries et arrachait de petits sursauts çà et là. Alwin se retint de soupirer. Cela devait probablement être Chess, vu la proximité des sons. À tâtons, il se glissa jusqu’à doucement se heurter à une masse informe, molle, repliée sur elle-même. Il tendit alors prudemment son bras dans le vide et le passa autour du petit particulier, tentant par la suite de le réconforter du mieux qu’il pouvait. Au bout de quelques minutes, les pleurs s’espacèrent et laissèrent place à un grondement incongru, tout droit sorti de l’estomac vide de l’un d’entre eux. En d’autres circonstances, le gallois aurait ri de cet intermède original, si sa propre faim ne le laissait pas sur le tas. Mais rire en ces moments n’aurait été que mal placé. Alors, de guerre lasse, le particulier se contentait d’esquisser un sourire. Amer. Car ces derniers jours n’avaient pas été toujours bien remplis, les laissant seuls avec leur méfiance, leur stress et leurs pensées. Hors, Alwin ne cessait de fixer son attention sur sa séparation du groupe… Comment l’ombrune, alertée par la fille chargée de renouveler la boucle tous les soirs, avait elle-même décidé d’aller vérifier. Comment elle avait chargé Alwin de regrouper tout le monde dans le petit salon. Selon ses dires, même s’il n’était pas le plus ancien résident de la boucle, son « âge avancé » ainsi que son « important sens des responsabilités » l’avaient depuis longtemps convaincue de son efficacité malgré ses « manières un peu rudes ». Une façon de dire qu’aussi irritant qu'il puisse être, cela ne l’empêchait pas d’être compétent.
Le Gallois se souvenait aussi du plan qu’ils avaient mis à la hâte sur pied : s’échapper par le petit escalier dérobé du petit salon qui donnait sur les étables de la ferme accolée au manoir, et s’enfuir par la cour. Leur plan ne s’était pas du tout passé comme prévu car les estres avaient profité de la dizaine de minutes qu’il leur avait fallu pour se déployer et envahir la boucle. Ils étaient apparus alors que la plupart des particuliers se hâtaient dans la cours. Ils s’étaient aussitôt dispersés et leurs ennemis en avaient profité pour essayer de les capturer. Alwin était un des cinq derniers dans l’étable. Le Gallois avait regardé les autres particuliers – tous très jeunes – et avait rapidement conclu que leur survie était nulle. Alors, il avait rapidement pris sa décision. Ils se sont rabattus dans le bâtiment pour s’y cacher. Il était de toute manière trop tard pour les autres : en fuite, capturés ou morts, la cour était déjà presque vidée des particuliers…
Alwin se souvenait nettement de la cavalcade qui avait suivi, le bruit résonnant de leurs pas qui claquaient contre la pierre dure. Alors qu’ils gravissaient les degrés aussi vite que leur permettaient leurs jambes, le gallois a dû improviser un plan pour se sortir de ce pétrin. Ce n’est qu’en n’apercevant de nouveau les couloirs principaux de la maison qu’il s’est rendu compte qu’elle était déjà infestée d’ennemis. Alors, il s’est rabattu sur la seule solution qui lui venait à l’esprit. La cave. Bien plus qu’une cave, à vrai dire. Accessible depuis un corridor et creusée au fil des siècles et des générations par des seigneurs sans cesse plus puissants, c’en est devenu un vrai labyrinthe dans lequel s’y perdre était aisé. Il n’y avait aucune source de lumière, ce qui en faisait une cachette d’autant plus indiquée – si on avait de quoi combler ce manque. Heureusement, l’un des particuliers avait une vision nocturne, et c’est guidés par lui que, trois jours avant, ils s’étaient enfoncés dans les boyaux souterrains de la maison.


Cela faisait près de trois jours qu’il s’imposait une veille constante, refusant de laisser la moindre distraction les tuer, prenant à peine quelques heures de sommeil à la volée çà et là. La présence quasi-constante de son élémentaire d’air n’arrangeait pas les choses non plus. Depuis qu’ils s’étaient terrés dans leur cachette souterraine, il n’avait revu qu’une fois le soleil – brièvement, à travers les vitres colorées de la cuisine – et avait dû laisser les enfants livrés à eux-mêmes. Dévier l’attention du garde devant par deux fois avait tenu de l’exploit, et le particulier n’était pas sûr de savoir le réitérer. Une fois revenu dans leur tanière, son attention ne cessait de dévier et il se rappelait vigoureusement à l’ordre. Si les petits avaient dans un premier temps tenu à discourir à voix basse, leurs discussions se sont taries au fur et à mesure, jusqu’à disparaître dans un silence tendu. Ventus, qui faisait régulièrement apparition, ne leur apprenait pas grand-chose : la possession des lieux par les estres, leur recherche continue de particuliers, et le changement assez fréquent de gardes devant l’entrée. Heureusement, ayant été découragés par la complexité du plan du souterrain, les estres n’avaient pas tenu longtemps et s’étaient bornés à poster un garde dans l’entrée. Garde qui n’aurait pas résisté longtemps à Alwin, cependant, mais dont le meurtre causerait bien des soucis pour rester caché.

Cependant, ils ne tenaient plus. Les quelques réserves de nourritures s’étaient rapidement épuisés. Il fallait courir le risque, encore une fois. Le Gallois se releva péniblement et sa voix résonna soudainement. Il assura qu’il allait chercher de la nourriture et les laisserait se protéger les uns les autres. Bientôt, Alwin empruntait les chemins sinueux du sous-sol, guidé par l’unique main d’un enfant de dix ans. De longues minutes s’égrenèrent avant qu’une lumière faiblarde n’égaie enfin son chemin. La porte, entrouverte, laissait filtrer un peu de son éclairage.
À sa grande surprise, il n’eut pas besoin d’user de stratagèmes une fois arrivé en haut. Et pour cause, lui qui s’attendait à se heurter à un garde somnolent toutefois méfiant, il n’y eut que le couloir déserté et sa lumière soudaine pour l’accueillir. Alors que l’enfant retournait dans les profondeurs souterraines, Alwin fronça les sourcils, autant par surprise que pour s’acclimater au changement de décors lumineux. Les contours prenaient enfin consistance, les matières retrouvaient leur texture. Malgré tout, le particulier était assez perplexe. Si cela se trouvait, les ennemis en avaient eu enfin assez de l’attente et s’étaient décidé à placer leurs objectifs autre part. Ou alors, plus probablement, des renforts étaient venus… Oui, mais en quel nombre ? Alwin savait par Ventus qu’il y avait quand même un grand nombre de particuliers qui n’avaient pas fui la boucle. Dispersés çà et là dans les alentours, il lui avait été impossible de les rejoindre à cause des actuels maîtres des lieux.

Le particulier secoua la tête pour chasser ses pensées. Il ne pouvait pas se permettre d’attendre. Profiter de sa chance était la meilleure des choses à faire. Qui savait quand le garde reviendrait ? Alwin se dirigea prudemment vers les cuisines. Il ne rencontra étonnamment personne sur sa route, si bien qu’il en fut déconcerté. Parcourir ces couloirs vidés de toute vie n’était qu’un rappel douloureux du départ précipité des enfants. Il y en avait encore des traces çà et là : des pulls abandonnés en travers d’une table, une feuille couverte d’une encre noire esseulée au bord d’un bureau, les restes d’un repas que les estres avaient négligé. Le temps qu’il arrive aux cuisines, Alwin avait toutefois eu le temps d’éviter quelques ennemis, restés de garde çà et là. Ils discouraient à voix basses, et leur regard concentré tourné vers l’extérieur avaient laissé au particulier le temps de filer sans plus attendre.
Arrivé aux cuisines, il parcourut avec rapidité les étalages. Malheureusement, leurs ennemis étaient déjà passés par là et la plupart des armoires étaient vides. Complètement, définitivement vides. Consterné, il parvint tout de même à trouver quelques conserves tout droit importées du présent. Le Gallois avait eu du mal à les reconnaître – lui qui n’avait jamais connu que le début du XXe siècle, certains petits objets du quotidien échappaient parfois à sa compréhension.

Soudain, le particulier entendit quelqu’un approcher dans le couloir. Malgré l’envie évidente de la personne de rester discrète, Alwin aurait presque ricané devant l’inefficacité de ses efforts. Une planche qui grince imperceptiblement, un frôlement de tissus incontrôlé contre les boiseries, le bout des chaussures qui heurte malencontreusement le sol. Le Gallois se saisit sans un bruit d’un long couteau de cuisine et se posta rapidement à côté de la porte. L’arrivant débarqué d’un grand bond dans la pièce, arrachant la porte à la volée. Sa brève surprise de ne voir aucun particulier lui fut fatale. Alwin ne prit que le temps de s’assurer que le nouvel arrivant était bien vêtu comme les estres qu’il avait aperçus avant de s’élancer. Il lui trancha aussitôt la gorge, et le corps s’affaissa mollement sur le sol. Le Gallois plongea avec un dégoût manifeste ses yeux dans ceux, aveugles, de l’envahisseur. La surprise était tout juste peinte sur son visage, sur sa bouche légèrement ouverte.
Le particulier n’eut toutefois pas le temps de s’absorber plus longtemps dans ses contemplations : de nouvelles personnes venaient s’ajouter à l’équation. Et ici, impossible de se cacher : ils l’avaient déjà probablement vu abattre l’estre par l’encadrement vide de la porte. Il se tourna donc vers eux, résigné à se battre à défaut de faire preuve de discrétion. Il ne lui fallut cependant pas longtemps pour comprendre que cela ne serait pas nécessaire. Tout dans leur allure et dans leur comportement lui hurlait que, non, ce n’étaient pas des ennemis. Mais bien les renforts tant attendus.

« Eh bien, ne put s’empêcher de railler Alwin sous la pression du soulagement. Vous en avez mis, du temps. »

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MessageSujet: Re: [EVENT : EQUIPE DEUX] Un labyrinthe piégé, quoi de mieux ?   Ven 2 Déc - 20:11

          Il y a des moments où, dans la vie, on se demande ce qu'on fait là. On se rend compte que la terre a une bien drôle façon de tourner, parce que malgré le temps que l'on a passé à fouler son sol, on a toujours pas réussi à comprendre son fonctionnement, et pour finir, on se dit qu'on doit être bien bête, parce que les autres, eux, n'ont pas l'air de se poser la question. Comme c'est étrange de remarquer sa propre différence en observant les autres, noyé dans la masse. De se sentir dérouter par des choses qu'ils ne semblent pas voir, ou du moins ne pas remarquer. Vous connaissez ce sentiment, celui d'être resté sur la touche, de ne pas avoir pris la bonne navette et de demeurer seul sur le quai ? Ou tout simplement, de s'être subitement arrêté, alors que la foule, elle, continue d'avancer vers on ne sait où ? William se posait souvent cette question, surtout que chez les particuliers, la normalité était déjà bien difficile à définir, alors lui qui était un particulier anormal avait toutes les raisons de remettre en question sa place dans le monde. Pas dans la société, puisque de toute façon, il n'en faisait pas parti. C'était ce qui était bien, avec les boucles : chacun, s'il vivait dans la maison, contribuait un minimum à son entretien, et ceux qui n'y habitaient pas, eh bien, ma foi, avait toute liberté de faire ce qui leur plaisait, tant que ça ne nuisait pas au bien-être collectif de la boucle. William s'en était bien acquitté, jusqu'ici. Se faire oublier avait été assez simple, peut-être l'ombrune gardait-elle malgré tout la vague idée de son existence dans un coin de son esprit, mais dans l'ensemble, nul n'avait idée de s'aventurer assez profondément dans la forêt pour le croiser, ou, lorsque que c'était le cas, c'était de loin, et de loin, William pouvait paraître normal et tout à fait sain d'esprit. Ce qu'il n'était pas véritablement, à vrai dire. Malheureusement pour lui, la solitude n'est pas un bon remède aux angoisses et, même si s'isoler avait été nécessaire pour la survie des autres, il était tout de même un humain, avec un besoin d'interactions sociales. Il l'avait certes enterré très profondément, mais elle était toujours là, en permanence. Ce manque, ce besoin, cette question : pourquoi ne suis-je pas comme les autres ?
         Et puis Anaïs était arrivée. C'était là que tout s'était réveillé et éclairé en même temps. Oui, il pouvait parler, et même aimer. Oh que oui il pouvait aimer. Et bon dieu que ça faisait du bien de se sentir enfin humain depuis plus d'une décennie, il avait oublié ce que c'était. On se réhabitue très vite à ce genre de chose, même si chaque jour est en quelque sorte une découverte de l'autre, avec son lot d'incertitudes effrayantes. Mais on fait avec, et la vie n'en est que plus belle.
         Anaïs, en ce moment-même, était dans un endroit non-déterminé avec – grincement de dent – son meilleur ami. Meilleur ami qui, rappelons-le, même s'il possède une faculté étonnante d'adaptation, a intérêt à s'assurer que la jeune fille revienne en vie. Rien que penser une seconde qu'il y avait une infime chance pour que William se retrouve seul pour l'éternité, il ne pouvait plus respirer. De l'égoïsme ? Oh que oui, William était égoïste, et il l'assumait carrément. Il avait aussi un penchant pour la paranoïa et l'instabilité émotionnelle. Et oui, malgré tout, Anaïs le supportait, c'était à se demander comment elle s'y prenait. Anaïs, encore elle, toujours elle. Son absence résonnait encore en lui. Raison de plus pour ne pas y penser, même en entrant dans une maison qui paraissait vide.
        William poussa la porte, et se faufila à l'intérieur, jetant un coup d’œil dans la réserve. Ils étaient passés par la porte de derrière, pas si bête. La maison était saccagée, comme si les estres avaient passés leur colère sur le mobilier. Tout y était passé : vaisselle, meubles de cuisine, chaises. Tout était renversé, parfois détruit, et cela rendait la progression sans bruit difficile, tout comme le manque de lumière. Ils avaient dû se laisser surprendre dans la nuit ou la matinée, les volets étaient encore tirés et seuls quelques raies de lumière filtraient et éclairaient faiblement la pièce. Et dire qu'il y avait encore une semaine, cet endroit devait rayonner de vie, si c'était pas malheureux tout ça.
         William jeta un coup d’œil à ses coéquipiers, puis fit signe qu'il sortait de la pièce. Ceux qui les avaient prévenu que ce manoir était un vrai labyrinthe n'avaient pas menti. Il faisait face à un long couloir qui menait à plusieurs portes, ouvertes ou pas. Au bout devait se trouver un grand escalier et l'entrée qui menait sur la porte principale… Tant de pièces et de recoins où pouvait potentiellement se cacher un estre, William prit soudainement conscience de l'ampleur de la tache qui les attendait. Le jeune homme s’éclipsa dans la première pièce, sans faire attention à ce que faisait les autres. Ils étaient grands, et n'avait qu'à crier s'ils se retrouvaient en situation désespérée. Mais en dernier recours, ce serait bien de tenter de garder l'effet de surprise, tout de même. Quand à lui, il débouchait dans ce qui ressemblait à un bureau, ou un boudoir, quand il reçut une espèce d'appel de télépathe chelou qui s'infiltra subitement dans son cerveau. William sursauta violemment, heurtant la table, dont la lampe faillit se briser par terre. Il la rattrapa de justesse en jurant allégrement à voix basse. Qui était le triple idiot qui venait lui causer dans la tête à un moment pareil ? Il avait de la chance d'être ailleurs, sinon William lui aurait fait passé un sale quart d'heure ! Non mais c'est quoi ces manies à la con ? Et puis d'où il se permettait de pénétrer son cerveau ? Ah, et en plus il pouvait entendre toutes ses pensées ! Charmant, il savait donc ce qu'il pensait de son intrusion soudaine. Un cerveau, c'est personnel, ça se respecte, non mais sans blague. William ricana intérieurement en pensant à ce qu'il pouvait bien trouver dans sa tête, il fallait lui souhaiter bonne chance, en fait. Bon, assez de mauvais esprit, Anaïs était toujours avec Louis, ce qui était – peut-être – un bon point. Plus ou moins. William sentit revenir sa peur de la perdre revenir à grand pas, si grande qu'il parvenait à grande peine à l'étouffer. Le jeune homme reprit son souffle et s'appuya sur la table, seul dans le noir. Ok, se calmer et répondre. Il se débattit avec sa terreur et finit par avoir le dessus, formulant des mots sans savoir si Louis l'entendait.
          T'auras qu'à lui mentir s'il le faut, c'est pas comme si j'allais t'écouter me dire d'être prudent, fit-il, acerbe, déchargeant une partie de la frustration de ne pas être en ce moment-même avec Anaïs et de la pointe de jalousie qu'il ressentait à l'égard de Louis, et puis c'est pas moi le moins protégé ici. Fais gaffe à elle, et dis-lui de faire gaffe à elle aussi. Elle sait se protéger mais la met pas dans des situations impossibles. J'suis sûre qu'elle serait assez stupide pour mourir pour toi, alors évite s'il te plaît.
William fit une pause, se rendant compte de ce qu'il venait de dire (ou penser, c'est la même chose), et soupira :
J'arrive pas à croire que je viens de te dire s'il te plaît. Bref, dis-lui ce que tu veux.

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MessageSujet: Re: [EVENT : EQUIPE DEUX] Un labyrinthe piégé, quoi de mieux ?   Mer 7 Déc - 21:50

Nous entrons dans la demeure en faisant le moins de bruit que nous le pouvons. Les pièces ont l'air désertes et le calme apparent de ce désordre chaotique me fait froid dans le dos. J'ai l'impression d'être épiée, que dans chaque coin se cache un Estre. Nous parcourons le salon et les couloirs adjacents : il y en a tellement qu'on ne sait plus où donner de la tête. Tellement de pièces, tellement de guet à pans possibles et imaginables dans cette bâtisse que mon instinct me crie de m'enfuir. Mais ma raison hurle plus fort, me rappelant que tout ces particuliers, que des membres de ma nouvelle "famille", sont en proie à des monstres sans pitié, qu'ils sont sans défense. Je peux les aider, je ne vais pas les abandonner. Non, certainement pas. Je ne vais pas faire comme mes parents, je vaux mieux qu'eux.
Alors que nous contrôlons une énième pièce, William décide de chercher de son côté, sans prononcer une parole. Il nous laisse sur un signe de la main, tout simplement. Je ne m'inquiète pas pour lui pour autant, sachant pertinemment qu'au moindre murmure il serait capable de tuer. Il faut dire que j'ai déjà pu goûter à son... impulsivité ? Même si je qualifierai ça de légère paranoïa. Il faut bien aussi avouer que je suis dans le même état de paranoïa, si ce n'est pas plus : je serai capable de cramer quelqu'un sans même prendre le temps d'analyser la situation. J'ai l'impression que tout ce que j'ai appris durant la période d'entraînement s'est échappé de mon esprit. La seule chose dont je pense me souvenir c'est de me concentrer énormément. Pour quoi faire ? Je n'en ai plus la moindre idée. Peut être pour créer une boule de feu plus importante, ou alors pour allonger les jets de flammes. Souviens-toi, souviens-toi, souviens-toi, me dis-je comme si ça allait changer quelque chose.
Nous continuions notre progression à travers ce dédale quand nous entendons des bruits sourds. D'instinct, nous nous précipitons vers la pièce d'où provient ce que j'interprète comme les bruits d'une altercation, pensant directement à William.  À ce moment précis je ne sais si je ressens du soulagement en découvrant un Estre au sol, la gorge tranchée, ou de l'effroi à l'idée qu'un particulier doit en arriver à ce point pour survivre. J'avais automatiquement formé un sphère de feu entre mes deux mains écartées et dévisageais le particulier. Il lâcha une petite remarque ironique qui me fit légèrement sourire malgré la gravité de la situation. Tout de suite après, je réduis la taille de la boule de flammes au creux de mes paumes pour me rendre moins menaçante. Néanmoins, je ne peux me résoudre à la faire disparaître car, maintenant, j'ai la preuve que les Estres sont bien présents et redoutables.

- Et ben faut dire qu'on a pas l'habitude et qu'on est un peu flippés aussi... avouais-je en fixant ses yeux clairs. Mais maintenant qu'on est là on compte bien vous libérer de ces trucs, affirmais-je en désignant du pied la figure aux yeux livides et blancs.

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MessageSujet: Re: [EVENT : EQUIPE DEUX] Un labyrinthe piégé, quoi de mieux ?   Jeu 8 Déc - 19:45

Il prit le temps d’observer les nouveaux venus. Ou, en l’occurrence, les nouvelles venues. Trois jeunes filles, dont la plus âgée devait sensiblement avoir son âge – physique, bien sûr, car comment déceler le vrai nombre d’années qu’un particulier a passé sur terre, s’il les a toutes écoulées dans une boucle ? Voilà bien longtemps qu'il s'était habitué à ne jamais se fier aux apparences. Il suffisait de le voir pour en avoir la preuve. Entre les mains d'une des particulières planait une lumineuse – et mortelle à n’en pas douter – boule de feu, prête à jaillir sur le moindre ennemi. Alwin resta fixé pendant quelques secondes sur cette masse aux mouvements hypnotiques, à la danse endiablée et sauvage, et ressentit soudainement une pointe de nostalgie et de remords en pensant à son élémentaire. Certes, dans une bâtisse comme celle-ci où l’électricité et le chauffage ne feraient leur apparition que bien longtemps après, il avait intérêt à ne pas éprouver pareil ressentiment à chaque fois qu’une flamme jaillissait dans l’âtre de la cheminée. Toutefois, ce n’était jamais particulièrement agréable, comme un rappel sans fin de son échec, de cette cuisante nuit. Le sentiment était d’autant plus accru lorsque c’était un de ses congénères qui manipulait – et avec quelle facilité ! – cet élément.
Le Gallois se détourna de force du don de la jeune fille et s’obligea à chasser ses souvenirs. Les pleurs étouffés des petits dans la cave résonnant dans sa tête l’y aidèrent grandement. Ils lui rappelèrent qu'il ne fallait pas traîner, qu'il fallait continuer d'avancer. Mais d'abord, se mettre un temps soit peu au courant de la situation.
À côté de la pyrokinésiste se tenaient en légèrement en retraite deux autres filles, dont l’une ne devait pas avoir plus de quatorze, quinze ans. Elle devait, pensa-t-il, probablement avoir une particularité intéressante pour qu'on l'envoie en plein conflit si jeune. L’autre – recouverte d’une importante couche de vêtements – était méconnaissable. Littéralement. Sans doute son pouvoir devait-il être en rapport avec cela. Alwin fit rapidement dans sa tête la liste des particularités qui nécessitaient pareilles précautions. Il n’y en n’avait pas beaucoup, et presque toutes en rapport avec le toucher. L’absorption d’énergie au contact pouvait certes devenir dangereuse dans la vie quotidienne, mais dans ce genre de mission on avait plutôt tendance à la mettre en avant et non pas à les camoufler. Les sourciers, idem, ainsi que ceux dont le contact était curatif. Sur le moment, le jeune homme n’arrivait pas à en citer d’autres, et il abandonna rapidement l’idée. Qu'importe, il demanderait.
La blonde de tête parla ensuite et réduisit la taille de son arme jusqu’à ce qu’elle tienne dans le creux de sa paume. Innocente au premier abord, son rougeoiement ne s'était pourtant pas atténué. Alwin supposait que la particulière avait une maîtrise suffisante de son pouvoir que pour en user par réflexe. À entendre les paroles de la fille, il se retint de faire un autre commentaire. Les aider à se débarrasser des Estres ? Qui avait mis à terre celui-là, déjà ? Ah, oui. Je me disais bien. Mais cela n’aurait pas été honnête de sa part, lui qui, justement, n’attendait que la venue de ces personnes depuis des jours pour partir rapidement de cette bouche. Il hocha la tête et annonça :

« Merci, je n’en demandais pas tant ! Vous êtes seules ? »

Il s'interrompit presque avant la fin de sa phrase, remarquant que demander cela revenait à peu de choses près à y répondre.

« Bien sûr que non, vous n’êtes pas seules. Donc, combien êtes-vous ? Et quel est votre plan – parce que je suppose que vous en avez un ? Ah, et vous n’auriez pas à manger par hasard ? Tout ce que les estres nous ont laissé est là. »


Il désigna du menton les conserves qui n’avaient pas quitté le plan de travail sur lequel il les avait alignées, sans se douter une seconde de quel outil il lui faudrait pour les ouvrir… sans en détruire le contenu, évidemment.

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MessageSujet: Re: [EVENT : EQUIPE DEUX] Un labyrinthe piégé, quoi de mieux ?   Lun 12 Déc - 21:34

        William n'entendait plus April et les autres. Elles devaient chercher de leur côté et la maison était tellement grande que, si elles s'éloignaient trop ou se séparaient, il allait avoir un mal fou à les retrouver. On allait dire que tant qu'il n'entendait rien, tout se passait pour le mieux, enfin, pour le mieux dans une maison pleine d'estres, ce qui, à lui, ne lui faisait ni chaud ni froid. Mais il avait vu l'inquiétude dans les yeux d'April - il lui arrivait, rarement, de faire gaffe aux autres, même si ça pouvait paraître surprenant - et, s'il n'avait pas parlé à la troisième fille ni vu les yeux de la deuxième - difficile quand on est couverte de vêtements de la tête aux pieds - il imaginait qu'elles devaient approximativement être dans le même état d'esprit. Les cauchemars de William étaient cent fois plus terrifiants, bien qu'il y ait un petit air de déjà-vu dans le fait qu'une boucle soit de nouveau submergée par surprise par des créatures contre-nature. Eh oui, il avait déjà ses angoisses personnelles, alors il était loin d'avoir peur de se laisser impressionner par celles des autres. Il ne niait pas que c'était dangereux, il avait juste vu pire. En attendant la réponse de Louis qui tardait à venir, il fouilla la petite pièce dans laquelle il avait échoué, puis oublia tout à fait le télépathe quand il entendit une voix suraigüe résonner dans la maison. William ne s'y connaissait pas en gamin, mais il était pratiquement certain que c'était la voix d'une petite fille, et son petit doigt lui disait qu'elle avait des ennuis. Se redressant en vitesse, William décida qu'il avait mieux à faire que de conter fleurette à une lampe qui avait miraculeusement survécu à la venue des estres et à sa rencontre inopinée avec le jeune homme, et se dirigea vers l'origine de la voix. Ne cesse pas de crier, s'il te plaît, n'arrête pas... marmonna-t-il en ouvrant une porte au hasard... et en tomant nez-à-nez avec un grand méchant, les deux autres tentaient de faire taire une gamine d'environ six ans qu'ils venaient de traîner de sa cachette - qui, vu l'état de ses vêtements, devait être la cheminée.

        "Euh, salut ?"

         Félicitations William, excellente entrée en scène. L'estre n'attendit pas plus longtemps et se précipita vers lui. Le jeune homme, qui avait toujours la poignée de la porte, lui balança la dite-porte dans le nez ce qui calma les ardeurs de la créature, au moins pour une dizaine de secondes. Quand il rouvrit la porte, les deux autres affreux tenaient toujours la gamine et avaient réussi à la bâillonner.

        "Excusez-moi mais il me semble que votre victime n'est pas très consentante, si vous pouviez la relâcher ça simplifierait la vie de tout le monde."

        Ok, William en faisait un peu trop. Mais ça commençait vraiment à lui plaire, ce petit jeu, même s'il n'y avait normalement pas de quoi. Évidemment, ils étaient à trois contre un mais William avait l'avantage du don. Et avec un peu de chance, de l'expérience. Ils n'avaient que des armes blanches ? ça ferait l'affaire.
         Il y eut un instant en suspens durant lequel ils se lorgnèrent, celui qui s'était pris la porte dans le nez s'était relevé, et puis tout s'enchaîna très vite. William disparut dans le couloir quand le premier le rejoint, il était prêt. Le particulier lui planta un couteau dans le cou, le récupéra vite fait sans un regard avec l'autre qui se tenait la gorge à deux mains, et croisa le regard de la seconde créature. Celle-ci se jeta sur lui dans un cri rauque mais avant qu'il ne le touche, William s'était téléporté derrière lui et lui plantait un poignard dans la nuque. Le jeune homme récupéra son couteau et se rappela de la gamine. Il jura dans sa barbe et rouvrit la porte d'un coup de pied. Le dernier l'avait déjà chargé sur ses épaules et tentait d'ouvrir les volets - que les estres avaient sûrement eux-mêmes condamnés en voulant piéger leur proie dans la maison. Il ne lui laissa pas le temps de finir son ouvrage, et l'égorgea. Pas joli-joli, et ça en mettait partout, mais ça avait le mérite d'être rapide. L'estre s'effondra et libéra la gamine, pendant que William s'essuyait le visage à la va-vite avec le revers de sa main. Bon, ben vite fait bien fait comme on dit. Le jeune homme vérifia que sa victime était bien morte et se releva, cherchant des yeux la gamine.

          "Oh, t'es où ? Viens, on va rentrer voir tes amis. Ceux qui se sont échappés, Miss - William fit un réel effort pour se souvenir du nom de famille de l'ombrune, sans y parvenir - enfin, Adeline, tu la connais, non, Adeline ?"

          William jeta un coup d’œil dans la cheminée. Là, sur le côté un peu en surplomb était aménagée une sorte de niche où était tapie la gamine. Il était trop grand pour passer dans le conduit, et de toute façon, il n'allait pas la traîner dehors.

          "Tu veux pas venir avec moi ?"

          La gamine trembla et se recroquevilla un peu plus au fond.
          Et merde, songea William en revenant dans la pièce. Il était dans de beaux draps, maintenant, avec une survivante qui avait peur de lui - ce qu'il pouvait comprendre, tout le monde avait peur de lui, sauf Anaïs, alors bon. Et avec le raffut qu'elle avait fait, les copains des estres qui la malmenaient n'allaient pas tarder à rappliquer s'ils ne les voyaient pas sortir avec elle, donc il fallait qu'il trouve une solution, et vite. Aller William, réfléchis.
          William parvint à la conclusion qu'il ne pouvait pas la faire sortir de là tout seul - brillante déduction - et, par conséquent, décida de partir à la recherche des autres. Y'en aura bien une qui allait maîtriser la situation mieux que lui (difficile de faire pire que lui, en ce qui concernait la relation aux autres).
        William les trouva enfin dans ce qui semblait être la cuisine et avisa April :

         "Hé bah putain, c'est pas trop tôt, j'ai l'impression que ça fait dix ans que je vous cherche, April, tu pour..."

          L'estre qu'il n'avait pas vu, concentré sur April, fit jaillir son couteau et William fit un bond en arrière, évitant de peu de se faire perforer. L'autre se jeta sur lui et lui envoya une patate dans la tête pour le mettre KO - ce qu'il réussit à faire pendant quelques secondes - et, plaqué contre le mur, William dût saisir à deux mains la main de la créature qui appuyait de toutes ses forces pour presser son couteau contre sa gorge. Non merci, il n'avait pas envie de mourir à aujourd'hui. En plus, il avait dit à Anaïs qu'il rentrerait en un seul morceau, paroles qu'il comptait bien honorer. Sachant que le mec n'appuyait qu'avec une main, l'autre servant en partie à le plaquer contre le mur, il avait tout à fait ses chances de le désarmer, maintenant qu'il s'était remis du sacré coup droit qu'il lui avait administré - il avait une sacrée droite, ce taré. William fit dévier la lame et l'estre fut bien obligé de le lâcher. A partir de là, c'était gagné. En un rien de temps, William inversa leurs positions, et avant que l'autre n'ait pu résister, il lui planta un couteau dans le crâne. Il le retira dans un bruit peu ragoutant et l'essuya sur le vêtement du mec, n'ayant aucune considération pour ces choses, et se tourna vers les autres qui... Le regardaient. Bah quoi, c'était pourtant pas la première fois qu'elles le voyaient, quand même ! Et puis il y avait plus urgent, là.

          "April, j'ai besoin de toi, y'a une gamine qui veut pas sortir de sa cachette, elle a peur de moi."

          On se demandait bien pourquoi en le voyant agir, tiens. Mais William n'avait pas vraiment conscience de l'image qu'il renvoyait. Tout ce qu'il pensait, c'était : J'sais pas ce que vous faîtes, mais grouille, ça urge, là. Elle est toute seule, la gamine.

          Et puis William repéra le mec derrière elles.

           "Qui c'est, lui ?"

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MessageSujet: Re: [EVENT : EQUIPE DEUX] Un labyrinthe piégé, quoi de mieux ?   Jeu 22 Déc - 19:14

La demeure faisait sinistre, mais surtout vieille. Pire que les vieilles bâtisses dans le quartier où Nastia vivait à Moscou. Entre les courants d’air, les marches qui grinçaient sous leur pas et les couloirs tordus et interminables, la petite blonde avait la désagréable impression de se retrouver dans un vieux film d’horreur. Réel. Guère rassurée, elle restait collée à ses coéquipiers avec qui elle n’avait pas beaucoup échangé. L’heure n’était guère aux bavardages, mais plutôt à l’accomplissement de leur mission. Elle se demandait à quoi ressemblaient les estres, s’ils étaient si effrayants et si dangereux que ça… Espérant ne pas en rencontrer, la Russe ne se faisait pourtant aucun espoir. Un point particulier l’inquiétait : son pouvoir. Ne sachant même pas si elle le contrôlait, l’utiliser lui faisait peur. Surtout que pour cela il lui faudrait entrer en contact physique avec les monstres… « Brrr, manquerait plus que ça soient des zombies dégueulasses » marmonna-t-elle d’une voix inaudible en russe.

Après un moment qui lui sembla éternité, le garçon de leur équipe s’éloigna. N’osant pas le suivre, elle préféra rester avec les autres, se sentant plus en sécurité ainsi. Un cri retentit et immédiatement, le petit groupe s’y précipita. La peur au ventre, Nastia regarda April illuminer ses mains avec des sphères enflammées, sûrement pour attaquer. A la place, elle put apercevoir à la lueur des flammes une forme… Étrange. Un estre égorgé. Frissonnant à la vue de ce spectacle macabre et se demandant dans quel monde de fous elle avait atterrit, la blonde parcourut du regard la pièce pour découvrir un jeune homme, un peu plus âgé qu’elle. Peut être la personne qu’ils étaient censés chercher ? Du moins l’une d’elles, vu les gémissements étouffés qu’elle percevait.

« Merci, je n’en demandais pas tant ! Vous êtes seules ? »

Les filles n’eurent pas le temps de répondre qu’il rajouta :

« Bien sûr que non, vous n’êtes pas seules. Donc, combien êtes-vous ? Et quel est votre plan – parce que je suppose que vous en avez un ? Ah, et vous n’auriez pas à manger par hasard ? Tout ce que les estres nous ont laissé est là. »

Le plan… Nastia ne se sentait guère de le lu expliquer, son anglais restant assez limité. Elle remarqua les conserves que le garçon regardait. Apparemment, il n’avait pas pu les ouvrir et donc ne devait pas avoir d’outil approprié à cet effet. Son pouvoir ne pourrait hélas guère l’aider, étant donné qu’il ne pouvait fonctionner que sur des êtres vivants. Elle prit finalement la parole, après une courte hésitation, d’un ton très légèrement méfiant :

« Il y avait un autre garçon, William je crois, qui est partit de son coté… Et je n’ai pas à manger sur moi, désolé. »

Nastia venait de finir sa phrase qu’elle entendit une voix masculine puis des bruits de lutte. Reculant de terreur en constatant qu’un estre venait de se jeter sur William, tout juste de retour, elle regarda la scène sans oser réagir. Heureusement, le garçon se débarrassa rapidement du monstre avec une parade pour ensuite enchainer sur un coup de couteau. Il fit irruption en s’adressant à April :

« April, j'ai besoin de toi, y'a une gamine qui veut pas sortir de sa cachette, elle a peur de moi. »

Il y avait donc bien d’autres enfants cachés dans ce manoir de malheur ! Une petite fille apparemment, qui avait du être sacrément effrayée par l’arrivée des estres…. « Pourvu qu’elle soit saine et sauve…» songea Nastia, s’étonnant elle-même de commencer à ressentir de la compassion pour d’autres enfants.  William sembla ensuite aviser le nouvel inconnu :

« Qui c'est, lui ? »

Ne connaissant pas plus que lui le jeune se dressant toujours dans la pièce, elle se tourna vers celui-ci, attendant qu’il décline son identité.

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MessageSujet: Re: [EVENT : EQUIPE DEUX] Un labyrinthe piégé, quoi de mieux ?   Lun 26 Déc - 21:19

La plus jeune des filles s’exprima avec un fort accent russe. Ou ukrainien, de toute manière il n’avait jamais réussi à différencier les deux langues. Non pas que ce soit une clinche en la matière, mais… honnêtement, il devait avoisiner ce niveau-là pour les dialectes scandinaves et slaves (là aussi, il avait quelques problèmes de distinction le pauvre). Alwin n’eut pas le temps de répondre que son ventre se manifesta à grands bruits, dans un moment assez gênant. Mais au même moment débarqua un type dans la cuisine, ce qui eut au moins l’avantage de camoufler les protestations de l’estomac du Gallois. Celui-ci se raidit instinctivement ; cependant, il se rendit vite compte qu’il n’y avait pas sujet à s’inquiéter. Les particulières s’étaient contentées de se retourner vers le jeune homme. Puisqu’elles ne s’étaient ni affoles ni méfiées et n’avaient ni hurlé ni attaqué, on pouvait supposer que ce n’était qu’un membre de leur équipe, William à croire la Russe-Ukrainienne-Scandinave-Slave.
Alwin s’attarda un moment avec curiosité sur le brun. Approximativement de la même taille que lui, solidement bâti, les épaules carrées, le visage assez peu jovial, la touffe de cheveux foncée. Il parla aux filles mais n’eut pas le temps de finir sa phrase qu’un ennemi déboula dans la cuisine. L’estre, avisant le premier à sa portée – soit William – se jeta sur lui et se lança aussitôt dans une vive altercation. Le Gallois, qui avait de nouveau branché ses alertes anti-méchants (mais trop tard, bien joué), faillit bondir sur eux pour aider le particulier. Avant de se rendre compte que : de un, l’autre se débrouillerait très bien sans lui, de deux, il avait stupidement et machinalement déposé son couteau plein de sang sur le plan de travail. Alwin le récupéra et se décida à simplement regarder et aider au besoin – cela lui permettrait de juger de la technique de l’autre, au passage. Il ne lui fallut pas dix secondes pour s’apercevoir de son niveau – très bon, le niveau.
Le Gallois, sans en avertir les filles – qui restaient aussi passives que lui – invoqua dans un éclair de génie son élémentaire d’air, qui eut le bon goût d’atterrir sans faire le moindre bruit. Il lui demanda dans un murmure d’aller faire le tour des couloirs les plus proches et de l’entrée rapidement. Juste histoire de voir si des copains de l’estre s’apprêtaient à rappliquer où s’ils avaient le temps – façon de parler.
Alwin devina l’acquiescement de l’élémentaire (difficile de juger des faits et gestes de quelqu’un d’invisible), qui disparut dans un coup de vent – ce qui n’est pas qu’une façon de parler. Normalement, les autres ne verraient rien. Après que le particulier se soit reconcentré sur la confrontation, il ne fallut pas longtemps pour que cette dernière prenne fin. Par un couteau bien placé. Dans le crâne de l’estre, évidemment. Bien sûr, pourquoi s’enquiquine-t-on d’encore s’effrayer de la venue d’un de ces machins si on les extermine à la moindre incartade ?
Le « gagnant » du combat, pas fatigué pour un sou, se tourna vers les filles – sans noter un seul instant la présence d’Alwin – et avisa une certaine April – la pyrokinésiste à s’y méprendre. Le Gallois, mis au fait par ses paroles, fronça les sourcils et assura mécaniquement sa prise sur son arme. Une gamine qui ne voulait pas sortir de sa cachète, hein ? Le Gallois fit rapidement l’inventaire de tous les particuliers que Ventus avait repérés la veille en pleine nuit. Une dans la salle de bain du rez-de-chaussée, coincée entre deux planches d’un placard ; un planqué entre deux étagères de la bibliothèque ; une dans le salon,… Merde, il ne retombait pas sur les derniers. Cela avait fait bouillir le Gallois de ne pas pouvoir les aider mais maintenant que les renforts étaient là, ils pourraient enfin les sortir de ce manoir de malheur.
William demanda ensuite à la cantonade qui était le mec derrière les filles. Ledit mec derrière les filles s’apprêta à répondre, d’une voix aussi agréable et sérieuse que d’habitude, quand une autre retentit soudainement derrière leur dos. En étant stupide, crédule voire un peu sourd, quelqu’un pourrait croire que c’était le Gallois qui parlait – faute de meilleure proposition, étant donné que les paroles sonnèrent pile au moment où Alwin ouvrait la bouche – mais ce n’était que Ventus qui arrivait de son petit tour de l’étage. Mais pour la défense des stupides, crédules et un peu sourds, il fallait admettre que personne jusque là n’était au courant de la particularité d’Alwin. Et que donc, ça pouvait surprendre.

« Il y a une particulière dans le petit salon infesté d’estres. J’ai vu quelques cadavres mais je doute honnêtement que ce soit elle qui les ait mis à terre. »

À ces mots, le sang du Gallois ne fit qu’un tour et il se rua hors de la cuisine en évitant de peu le brun. À la place, son pied heurta la tête du type qu’il avait lui-même tué. Alwin fonça sur le chemin, ne prenant pas le temps de déplorer l’état avancé de délabrement des couloirs – on se demande à cause de qui, tient –, ni de se soucier si oui ou non les autres le suivaient. Il se contenta de ne pas oublier de révoquer son élémentaire d’air. Même si les « petits salons » s’étaient très vite multiples dans cette baraque aux plans bizarres, trouver la pièce fut aisé. Tandis qu’on entendait quelques bruits ragoûtants qui annonçaient les réjouissances, un cadavre pareil à une flèche au sol de supermarchés (comme quoi ce genre de choses traverse les époques) indiquait une porte endommagée grande ouverte. Un autre corps à moitié sorti bloquait l’entrée.
Alwin la passa en écrasant sans ménagement l’estre mort pour arriver… dans le chaos. Un nombre indéfini – mais assez élevé pour le coup – d'hommes s’empoignaient au milieu de la pièce, aux pieds d’un cadavre. Pendant ce temps-là, deux autres malmenaient Alice, la petite particulière empathe, à deux pas de la sortie. Une majeure moitié des gens dans la pièce aperçurent le Gallois, tandis que l’autre resta concentrée sur William – inutile de lui demander son don désormais. Alwin révisa brièvement ses priorités, avant de foncer sur le plus petit groupe. Ils n’eurent que le temps de se retourner d’un air étonné que le Gallois fonçait sur le plus proche tout en invoquant son élémentaire de terre. La très brève surprise et sa particularité étaient à peu près ses seuls atouts puisqu’épuisé, mal armé et seul il y avait de fortes chances qu’il se fasse laminer. À moins que les filles ne le rejoignent. Alors, mieux valait ne pas perdre de temps et réfléchir sur le coup.
Le particulier voulut asséner directement son couteau sur le ventre de son ennemi mais celui-ci sauta instinctivement sur le côté et pointa son arme à feu sur lui. Alwin n’eut que le temps de s’abaisser que le coup effleura son épaule, provoquant une fulgurante douleur qu’il ignora. La balle se ficha dans le mur et il se rua aussitôt sur l’estre. Avant que celui-ci n’ait le temps de viser à nouveau, il lui asséna violemment un coup de couteau dans le bras droit, ce qui eut le mérite de faire hurler de douleur et de rage sa victime, pour le ressortir et cette fois-ci le planter dans le creux de sa gorge. Le type s'écroula en un râle et Alwin se baissa pour lui retirer son arme (quoi, lui cleptomane ? Mais pas du tout).
Le Gallois se serait probablement fait cribler le dos de balles si Terra ne s’était pas chargé de l’autre. Net avantage d’avoir un corps de pierre ? Les couteaux et les balles, ça rentre pas. Ou difficilement. Autre avantage ? Pas de terminaisons nerveuses. Du coup, les coups de de l’estre furent inutiles et l’élémentaire de terre avait eu le temps de le « divertir ». Alwin prit la relève et asséna un coup de couteau dans la tête du type. Inutile de gaspiller des balles. Il jeta un regard sans équivoque à Alice l’Empathe, du genre « Casse-toi d’ici vite fait. ». Elle obéit rapidement, accompagnée par Terra.
Alwin vérifia alors le nombre de munitions qui restaient dans l’arme, soit douze. Tant mieux, il avait comme le pressentiment qu’elles ne seraient pas inutiles. Il se retourna et avisa la scène générale.

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the basic formula of life...
SURVIVE. EAT. SHIT. FUCK. BUY A HOUSE and DIE. It's all been scripted. But there's no need to see the second act. You already know how the play ends, don't you?
(c) hedgekey

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MessageSujet: Re: [EVENT : EQUIPE DEUX] Un labyrinthe piégé, quoi de mieux ?   Mer 26 Avr - 23:10

            Le type ne prit pas le temps de se présenter qu'il se ruait déjà vers la sortie de la pièce que William avait eu temps de mal à trouver. Il devait connaître la fille qu'il avait dû laisser seule. Pas besoin d'être un génie pour comprendre qu'il allait la secourir. A défaut de l'intervention d'April, un visage connu aurait l'effet escompté. Sauf que... L'autre type avait l'air d'avoir légèrement oublié que la maison était pleine de monstres qui voulaient leur peau. Des estres, putain... La colère flamba dans les veines de William. Il dut se maitriser pour ne pas envoyer son poing dans le mur ou alors frapper celui qui était pourtant déjà à terre. Calme, contrôle de soi, les mantras des psychologues qu'il avait vu tour à tour. Rien que des conneries. On aurait dit qu'ils n'étaient jamais allés sur le terrain, n'avaient jamais pris de baffes administrées gentiment par la vie aux inopportuns qui tentent de s'en sortir alors qu'ils sont censés souffrir. En attendant, l'autre courrait à sa perte sans couverture. Mourir aussi bêtement, ils pourraient tous écrire "Repose en Paix, toi qui a couru vers le danger au mauvais moment". William jura et, sans un regard pour les filles, prit un raccourci : il se matérialisa à l'entrée de la pièce, à peine quelques secondes après que l'autre type y soit entré. Du moins est-ce ce qu'il comprit en voyant le type plus ou moins en pleine mêlée avec une espèce de golem de pierre. C'était ça, sa particularité ? De fabriquer des tas de pierre mouvants qui peuvent donc remplir des tâches tout en gardant les particularités de ce matériel ? Intéressant... songea William avant de vite revenir à la réalité parce que les assaillants étaient, eux, bien concentrés sur leur but : éliminer les intrus. La pièce n'était pas large, et avait déjà été saccagée avant le débarquement de renforts, seule la cheminée et un petit meuble d'angle étaient encore debout. William choisit de ne pas gaspiller ses lames et se baissa rapidement, saisissant une lampe douteuse niveau goût dont le pied avait été cassé, et frappa son ennemi par réflexe. Ok, l'entraînement militaire allait aider, il allait falloir être efficace pour ne pas se faire tailler en pièces : ils étaient nombreux et ils n'étaient que deux. Première option : se battre, deuxième option : battre en retraite grâce à la téléportation... Dans tous les cas il allait falloir s'entraider. William commençait à aimer la tournure que prenaient les choses. Il ne lui vint même pas à l'idée de s'enfuir, c'était pas son genre, la baston c'était son domaine. Un de ses couteaux lui vint naturellement en main, il trancha la carotide de l'un en enjambant celui qu'il avait assommé, l'autre finit un couteau encastré dans la tête. Pas de chance, il aurait presque pu ressembler à un humain respectable, celui-là. Le jeune homme se rendit vite compte qu'il devait rester mobile s'il voulait s'en sortir : les corps qui s'amoncelaient gênaient ses mouvements. Il sauta par dessus un bureau renversé pour rejoindre son compagnon d'infortune qui lui, avait ramassé une arme à feu. Excellente initiative. Peut-être allaient-ils s'en sortir, finalement.

          "Je me débrouille au lancer de couteau, déclara-t-il à l'inconnu. Mais, si tu veux, on peut toujours choisir l'option sortie."

          Il ne le regardait même pas, se contentant de scruter leurs adversaires en commun. Ils étaient dans le même bateau maintenant.

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MessageSujet: Re: [EVENT : EQUIPE DEUX] Un labyrinthe piégé, quoi de mieux ?   Mer 24 Mai - 14:53



Du Sang & des Larmes.
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« Je n'ai rien d'autre à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur… »

Winston Leonard Spencer Churchill
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Je suis encore sur l'île de Cairnholm, alors que les autres volontaires sont déjà sur le champs de bataille. Je n’ai pourtant pas de répit, la guerre m’attend également à bras ouverts.

Je dévale la pente qui mène à la base d’artillerie installée sur l'île, me blessant au passage. Le grondement des moteurs, emplit l'air, gagne en puissance, assez pour se faire entendre malgré le hurlement des sirènes. Et soudain, les premières bombes explosent au sol, dans un bruit effroyable, projetant des quantités de matières en direction des cieux. J’entre maintenant dans l'enceinte de l’enfer, les bombes pleuvent autour de moi, creusant d'immenses cratères dans le sol, éradiquant terre, roche, bâtiments et humains d’un même souffle. J’ai beau me dire que le demain matin il seront de nouveau vivants, je suis horrifié du spectacle.

La sensation première est un choc effroyable. Vient après les tympans qui hurlent, la tête qui s'alourdit, le cerveau qui cogne contre la boîte crânienne. Ensuite, se réveille le déchirement des brûlures, qui picotent comme si la chair grésillait. Vient enfin la douleur des impacts, qui se réveille bien assez tôt. Je suis meurtri.
Une bombe a explosé à moins d’une dizaine de mètres de l’endroit où je me trouvais. Le souffle incandescent m’a projeté contre le sol, me brûlant légèrement les bras et les jambes. Et des impacts de roche m'ont percé la peau, s’enfouissant dans des plaies béantes. Je reste couché, dans ce tourbillon d'horreurs, attendant de retrouver l’usage de mon corps. Les brûlures se calment peu à peu, je me focalise sur ma guérison, on m’a dit que c’est censé permettre à ma particularité de s’exprimer, autant essayer.

Je me relève difficilement alors que le bruit des explosions se fait encore entendre, ce qui fut autrefois une clairière est aujourd'hui une terre labourée par un soc géant. Une partie de la falaise s’est effondrée dans l'océan, la casemate est éventrée, dans la plaie béante dansent des flammes affamées, les blindés sont réduits à l'état de carcasses au cœur d’une fournaise infernale. Des membres humains gisent éparpillés sur le sol entre des morceaux de métal fondants, l’odeur de la chair grillée emplit l’air et sa fumée suffocante. Un bruit assourdissant résonne, le magasin de munitions a succombé à l'assaut des flammes, les mortiers n’ont pas tardé à exploser, achevant l’effondrement de la falaise. J’ai du mal à m'orienter, le monde a changé de visage, je me dirige vers la partie du terrain qui, en retrait, a été moins touchée. Chaque pas est un calvaire, le sang coule abondamment de mes plaies. Je trouve enfin cette bâche, me glisse en dessous, contemple la citerne d'essence que j’avais repéré avant de plonger sous la pluie de bombes. Je m’arrête un instant pour admirer cet engin que je vais réquisitionner, un camion puissant, aux roues crantées, adapté à tout terrain, remorquant une citerne longue de plusieurs mètres, emplie d’essence. Je ne peux m’empêcher d’esquisser un sourire macabre, c’est donc ainsi que je vais jouer mon destin, au cœur d'une bombe incendiaire.

Le coup qui s’abat sur mon épaule m’arrache un hurlement de douleur, tant à cause du choc en lui-même​ que des plaies béantes dûes aux éclats de l’explosion qui m’a auparavant blessé. J’ai tout juste le temps de me retourner que je sens un autre impact dans les côtes. Un soldat bedonnants en bras de chemise hurle en tentant de me tabasser avec la crosse de sa carabine. Je crois qu’il me demande également qui je suis, mais je prête pas vraiment attention à ce qu'il raconte. Je cours vers la cabine du camion, un balle siffle à mes oreilles, le fou, il tire à proximité de l'essence, tout peut s’embraser d’un instant à l'autre. Je m’ordonne silencieusement de rester en vie jusqu'à ce que je quitte cette boucle ; mes blessures nombreuses me démangent. Je saute sur le marchepied, ouvre la porte. Le deuxième coup part, m'atteint au biceps, traverse mon muscle de part en part, déchire la chair et arrache la peau. Deux balles, une carabine n’a que deux balles, il n’a plus de munitions. Je serre mon bras gauche contre mon corps, m'assois sur le siège et ferme la portière. Le type est en train de recharger, je met le contrat, démarre l’engin, il toussote et s'ébranle bientôt. Je tourne le volant au maximum en appuyant à fond sur les pédales, le camion penche dangereusement mais suit le mouvement, rugit en tournant, gagnant de la vitesse. Le visage du militaire se décompose en comprenant mon attention, mais il n’a pas le temps d’esquisser un pas que déjà le monstre de métal percute son imposante bedaine. Je freine immédiatement et entame une marche arrière, je ne pense pas que le pauvre homme soit mort, la vitesse étant bien faible et il n’a pas eu le temps de passer sous les roues. En tout cas telle n'était pas mon intention, et dans quelques heures tout cela sera effacé, la boucle reprendra son cours alors que je n’y serai déjà plus.
Je prends le temps de déchirer la manche roussie de ma chemise, et de me faire un garrot improvisé. Mes blessures ont toutes diminuées de taille, les brûlures ont presque toutes laissées place à une nouvelle peau rose. Apparemment c’est ce qu’il m’a manqué toute ses années pour activer ma singularité, la nécessité de survivre. Tandis que je serre le tissu autour de mon bras, le trou laissé par la balle commence à me démanger, et malgré l'absence de peau, les muscles se rejoignent. C’est bien la première fois que mon pouvoir agit si vite, malgré cela la plaie est loin d’avoir cicatrisé, et est encore extrêmement douloureuse. Je pose ma main droite sur le volant, soupirant, tout sera bientôt fini, d’une manière ou d’une autre. Sur le siège à ma droite trône une corbeille en osier, recouverte d’une serviette à carreaux, accompagnée d’un bouquin - Le Dernier Jour d’un condamné, Victor Hugo. Je soulève le chiffon, qui protégeaient tout un repas, sandwichs de fromage, tomates, une poire et même une bouteille de Calvados.
Je mords à pleine dents dans le pain, avale une lampée d’alcool, imbibe le tissu de ce même liquide que j’appose sur mes blessures, comme une lame qui s'enfoncerait dans mon corps meurtri.
J’allume les phares et me dirige à travers le terrain accidenté, la grille est ouverte, comme prévu. Je m’engage lentement sur la piste, stoppe lorsque j'aperçois la tête de Sacha dépasser d’un rocher. J’enlève le panier, elle monte sur la place passager, a un mouvement de recul en me voyant, les yeux écarquillés. Je dois vraiment être terrifiant, les habits brûlés ou déchirés, imbibés de sang, le corps parsemé de blessures, un garrot au bras. Une larme perle au coin de son œil, elle reste statufié. J’ai du mal à éprouver de la compassion, je m’en veux, elle me prend pour un monstre, le suis-je déjà devenu ? J’ai percuté un homme, il y a quelques instants. Je tends ma main, attrape son bras, et murmure dans un soupir.

- On y va Sacha, on y va.

Le temps de cligner des yeux, le camion est dans une vaste salle où des traces de batailles sont visibles. Les balles​ sifflent, Sacha disparaît. Je suis seul.




Edward S. Brokenshield



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