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 [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller

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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Dim 4 Déc - 22:02

         Victoria, qui faisait tout naturellement un gâteau avec les gamins et qui apprenait en même temps qu'eux, avait de la farine sur le menton. Pour une fois qu'elle était sale et qu'elle s'en fichait, décidément, des choses bien étranges se déroulaient dans cette boucle. Bien sûr, à l'instant où elle croiserait un miroir, son penchant maniaque reprendrait le dessus et son reflet lui ferait horreur, mais en attendant, elle riait avec insouciance de son peu de talent pour les activités manuelles, qu'une petite fille venait de lui faire remarquer avec une franchise déconcertante. Ils venaient de mettre ensemble la tarte au four quand un homme apparut en plein milieu de la cuisine. Il portait une fille et une autre le tenait par le bras. Il y avait du sang partout, et c'est ce que Victoria retint principalement. Il ne lui en fallut pas plus : elle commençait à avoir l'habitude, et tout ceci avait un arrière-goût de déjà-vu. Elle s'accroupit auprès des petits (dont le plus grand devait avoir sept ans à tout casser) et leur dit rapidement :

        "Maintenant qu'on a finit la tarte, qui veut aller demander à Constance de raconter une de ses histoires ?"

          Elle ne les poussa pas dehors, mais presque. Un des gamins ouvrit de grands yeux et demanda "pourquoi la dame elle est toute rouge" ? et Victoria lui répondit avec patience que la dame allait mal mais qu'elle allait s'occuper d'elle. Une fois qu'elle eût refermer la porte sur les petits, elle se dirigea droit vers le garçon qu'elle avait reconnu être William - et qui portait Anaïs dans un état critique. Qu'est-ce qui avait bien pu la mettre dans un état pareil ? Et Robbin qui tenait à peine sur ses jambes ! Plus tard, les questions. Victoria était d'abord du genre à réagir, et à prendre les choses en main - au grand désespoir de quelque unes de ses anciennes conquêtes. ça en séduisait aussi certain. Ce gêne bienheureux lui venait de ses parents qui, avec leur éducation rigide lui avait bousillé une partie de ses rêves. Pas de place pour l'enfance quand on est élevé par des personnes à la soif de perfection intarissable. Heureusement qu'elle venait de remettre la cuisine en ordre pendant que les gamins finissaient la tarte, parce qu'ils auraient eu l'air malin à poser Anaïs sur une pile d'ustensiles sales. Victoria vira rapidement les derniers plats et indiqua la table pendant qu'elle se lavait les mains.

        "Pose-la là," ordonna-t-elle sans même lever les yeux.

        Elle revint vers la table - William venait de poser Anaïs avec une douceur qui faisait presque mal au cœur. On aurait dit que c'était lui qui avait le plus mal en ce moment-même, mais Anaïs n'était plus vraiment consciente pour pouvoir faire la comparaison. Victoria jeta un coup d’œil à Robbin.

        "Et toi, assis-toi."

        La jeune fille lui tira une chaise et se concentra sur sa patiente dont l'état était le plus préoccupant. Elle releva les manches de sa chemise sans le moindre pli, saisit des ciseaux et découpa le vêtement d'Anaïs qui collait la plaie et l'empêchait de bien voir. Trop de sang. Le visage de Victoria était un véritable masque de cire. Tout juste fronçait-elle les sourcils de temps à autre. Guérir les autres lui demandait toujours un effort considérable, elle ne savait pas utiliser l'énergie des patients, seulement puiser dans la sienne. Mais ça irait, de toute façon, elle était passée par bien pire lors des événements de la Boucle de la Tour. Ses mains se mirent à trembler imperceptiblement. Non. Toujours maîtriser le moindre de ses gestes. A la perfection. Victoria était passée maître en la matière, après tout, elle avait dix-sept ans d'expérience derrière elle. La jeune fille passait ses mains sur la plaie, en analysant la profondeur et la longueur et commença les soins. Le plus urgent : arrêter l'hémorragie. William faisait les cent pas, rongé par l'inquiétude. Sa détresse était on ne peut plus réelle, et il semblait prêt à faire quelque chose de stupide, ce qui le rendait dangereux. Victoria n'avait pas le temps de s'occuper de lui pour le moment.

        "Comment c'est arrivé ?" demanda-t-elle sans lever les yeux de son ouvrage.

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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Dim 4 Déc - 22:12

Tu l’as vu avancer, la fille affalée dans ses bras come une poupée de chiffon. Visage de porcelaine crispé de douleur, peau délicate souillée d’écarlate, pensées englouties dans le néant. Tu as regardé ses traits tirés, son regard clos, sa posture avachie. Qu’est-ce qui avait bien pu se passer entre le moment où tu l’avais bousculée derrière la maison et l’instant présent ? Qu’avait-il pu se passer pour que ta misérable mégarde se transforme en une blessure insoutenable ? Un estre. Un ennemi. Une créature sans pitié. Un individu capable de vous broyer en un seul instant. Alors, comment diable William avait-il pu s’en sortir aussi vite ?
Sa main s'est tendue jusqu’à ton bras et il t'a touchée du bout du doigt. Son contact était infime, à peine remarquable, minime. Mais c’était assez. Suffisant pour lui, suffisant pour toi. Vous n’aviez pas quitté les lieux que son passé envahissait ton esprit.




Il se lève brusquement, les yeux grands ouverts. Le soleil aveuglant brûle ses rétines, sa chaleur se fracasse sur sa peau et il se lève immédiatement, inconscient de la masse immobile de la jeune fille à côté de lui. Ses pas se font titubants et la réalité s’efface pendant de brefs moments, entrecoupée d’images invraisemblables comme des parasites sur un écran. Alors, les muscles tremblants de fatigue, il se prend la tête dans les mains. Elle va exploser, il le sait, il sent les coups s’abattre sur son crâne et le fissurer un peu plus à chaque fois.


Le temps semble figé, les secondes arrêtées par une main invisible, l’air qui l’immobilise. La torpeur artificielle l’abrutit, éteint ses sensations, noie les pensées. Rien ne bouge. Plus rien ne vit, rien sinon le blanc immaculé de la pièce et les battements fatigués qui pulsent en lui. La porte s’ouvre d’un coup et des visages flous s’incrustent dans sa vision, des traits qui lui restent indifférents. Ce n’est qu’au bout d’une seconde qu’il la remarque enfin. Elle, la seule qui compte. Sa respiration s’accélère brusquement et sa bouche s’assèche au même rythme. Il se téléporte et elle est là, à deux centimètres, plus tangible que ce qu’elle ne l’a été depuis des mois. Ses yeux qui lui murmurent ce qu’il ne peut pas crier, ce qu’il n’ose espérer, ce que sa venue provoque en lui. Pas un ouragan destructeur, ni le flamboiement d’un incendie d’enfer ou un tsunami gigantesque. Tellement plus que ça.


L’horreur, les ténèbres, le sang et la douleur se mêlent dans une complainte aigüe. Les contours imprécis tardent à se matérialiser devant lui. Un champ d’humains, étalés pêle-mêle les uns au-dessus les autres, cadavres désarticulés et rongés jusqu’à l’os. Les visages lacérés et méconnaissables où jouaient avant une multitude de rictus animés ne sont plus que des traits grossiers et sanglants, presque inhumains. Et puis soudain, une lumière blanche emporte ces visions monstrueuses, un contact froid contre lui, le rythme cardiaque qui s’emporte. Plusieurs secondes s’écoulent avant de se rendre compte que ces scènes ne sont pas réelles, pas vraies, juste des fantômes venus l’habiter et lui rappeler que cela s’est bien passé. Mais dans ce cas, pourquoi ressortent-elles avec d’autant plus de précision au moindre battement de paupières, pourquoi a-t-il l’impression de revivre en boucle la mort de ses compagnons ? Plus rien n’a de sens, plus rien ne rime. Les souvenirs se mêlaient aux sensations actuelles, la mémoire envahit son futur, la réalité crue se superpose aux divagations de l’esprit. Il ne sait plus, il ne sait plus. Présent, passé ? Passé, présent ? Tout se mélange sur un fond de mort où giclent le sang de ceux qu’il a apprécié.





Le contact a brutalement été interrompu et l’instant présent s’est rappelé à toi en une incandescente lumière, des sons assourdissants, une brusque bouffée d’air et un coup de marteau dans ta tête. Hébétée, tu étais inconsciente des enfants qui chahutaient dans la cuisine. Ou du moins, pas en tant que tels ; ils n’étaient que des êtres informes, secondaires, dont le babillage te fait suffoquer. Le calme est petit à petit venu, et bientôt il n'y avait plus que le silence, vite rompu par une voix et un visage, que tu reconnaissais vaguement. Elle semblait te parler. Quoi, qu'est-ce qu'elle disait ? Tu ne savais pas trop. Un raclement s'est bruyamment fait entendre et tu as grimacé. Ah, une chaise. Vide. Sans trop y réfléchir, tu t'es avachie dessus, et as replié les jambes sur ta poitrine, le regard dans le flou. La tête bourdonnante et résonnante, tu as passé quelques secondes encore à faire le tri dans ton esprit. Les souvenirs du garçon, pas les tiens. Ses peurs, pas les tiennes. Son passé, pas le tien, merde ! Respire, respire, respire.
Mais les yeux vides des corps continuaient de te fixer, tu continuais de sentir leur sang sous tes doigts, la culpabilité à la limite de l'hystérie continuait de s'accrocher à ta peau comme une huile poisseuse, corrosive. Tu avais beau fermer les yeux, secouer doucement la tête, les démons de William te harcelaient toujours, recréés avec un réalisme frappant par ton don.

La voix de la fille s'est de nouveau fait entendre, et tu en as profité pour te concentrer sur ça et te détourner des dernières images obsessives. Ce qui s'est passé, elle a demandé. Réponds, Robbin. Tu as répondu, dans un filet de voix.

« Un estre. Il est apparu et il m'a prise en otage. Elle a voulu m'aider, et il a essayé la blesser. Alors, j'ai tenté de lui venir en aide et... et... »


Pause. Ta tête résonne. Tes pensées s'emmêlent, tes souvenirs te fuient. Qu'est-ce qu'il s'est passé, ensuite ?

« Je ne me rappelle plus des faits précis. Il a fini par nous blesser toutes les deux et je pense qu'il a voulu nous emmener dans la forêt pour nous interroger. Après... Après, je ne sais plus. »


Tu as porté tes mains à la tête et les as pressées sur tes tempes avant de pousser un gémissement. Lorsque tu les as ramenées devant toi – obstruée par quelques points noirs qui dansaient à toute allure dans ton champ visuel –, tes doigts étaient couverts d’un liquide tiède et poisseux. Ses pigments sombres s’étalaient à la surface du gant resté chaussé tandis que la peau de l’autre, dénudée, faisait se contraster sa blancheur avec le rouge. D’ailleurs, où était ton autre gant ? Probablement perdu dans la forêt, lâché par mégarde lors de la téléportation. Ou peut-être était-il sur le sol de la cuisine, sale et échoué sur le carrelage impeccable ? Tu ne savais plus. La douleur, curieusement, se faisait de moins en moins présente. Elle engourdissait ton corps et tes pensées. Ta vision s’est troublée, les contours se sont de nouveaux brouillés. Tu as fermé les paupières, déplié les jambes. Posé les pieds par terre. Enfoui ta lourde tête entre tes bras, complètement insensible au tissus rêche qui raflait la blessure. Peut-être t’es-tu évanouie, ensuite. Tu ne savais pas.

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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Lun 6 Fév - 19:43

          Un estre dans la boucle ? Victoria frissonna. L'image de Louis ensanglanté tombant à la renverse lui revint en mémoire et elle perdit toute concentration. Et si ça arrivait à la boucle de Miss Tit ? Et s'ils étaient déjà d'ores et déjà tous condamnés ? bon sang, Victoria, ressaisis-toi ! se tança-t-elle. Une Dyron ne perd jamais son sang-froid, surtout dans les moments critiques. Victoria étouffa ses craintes sans rien laisser paraître et se focalisa sur la guérison d'Anaïs tout en gardant un œil sur William qui s'agitait et sur Robbin qui menaçait de tourner de l’œil si ce n'était pas déjà fait. Encore William et Anaïs ! Elle avait l'impression de passer son temps à les rafistoler, tous les deux ! Le moins qu'on puisse dire était que leur vie n'était pas de tout repos, mais ils pourraient faire attention, tout de même ! Et si maintenant ils attiraient leur malchance sur autrui... Cela ne présageait définitivement rien de bon. Dans un dernier instant de concentration, la jeune fille regarda la peau se refermer tout à fait sous son influence et s'appuya sur la table, soulagée d'avoir terminer le plus gros. Elle sentait ses doigts la picoter comme à chaque fois qu'elle usait de son don, mais elle commençait à connaître ses limites, et, par chance, elle ne les avait pas encore franchies.
      Victoria s'écarta de la table pour laisser William au chevet d'Anaïs, et en fit le tour pour aller jusqu'à Robbin, qui semblait inerte.

       "Robbin ?.. Je vais regarder ta tête," prévint-elle, au cas où, mais il y avait peu de chance pour qu'elle l'entende.

          Le problème était que la jeune fille, ainsi avachie sur la table, ne lui facilitait pas la tâche. Elle saignait d'une plaie ouverte à la tête, mais Victoria peinait à trouver l'origine de l'écoulement à cause des cheveux. Elle devait laver la plaie, et elle ne savait pas où elle était, et Robbin était inconsciente !.. On se calme. Le mieux à faire : aller chercher un linge propre, trouver la plaie, la nettoyer, dans cet ordre précis. Victoria mouilla un torchon propre et survola la tête de Robbin, cherchant l'origine du trouble. Elle était encore inexpérimentée et avait peine à trouver ce qu'elle cherchait, parce qu'il lui semblait que dès que quelque chose allait mal, toutes les connexions synaptiques se relayait pour crier la douleur, dans une cacophonie qui donnerait mal à la tête à n'importe qui. Mais Victoria finit par trouver l'origine du signal de douleur, en une estafilade qui courrait sur le cuir chevelu de Robbin. Bien, c'était le moment d'agir. Il faudrait l'allonger, la plaie serait plus accessible ainsi. Victoria dégagea avec précaution les cheveux de Robbin et appliqua le linge pour, dans l'immédiat, arrêter l'hémorragie. La tête saignait toujours abondamment, ce qui n'arrangeait pas les choses.

       "William, fais descendre Anaïs et aide-moi à allonger Robbin," ordonna-t-elle sans le regarder, soucieuse.

          Il fallait toujours œuvrer le plus vite possible, et Robbin avait besoin de soins.

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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Lun 6 Fév - 21:13

         William avait peur pour Anaïs. Et pour lui-même, même si c'était égoïste, il ne pouvait pas s'empêcher de se demander ce qu'il ferait si elle ne survivait pas. Il avait l'impression de se demander beaucoup trop de fois ça, pourquoi donc le sort s'acharnait-il sur eux ? Et comment cet estre avait-il fait pour pénétrer dans la boucle ? Il fallait prévenir une des ombrunes, ce n'était pas la première fois qu'un étranger y pénétrait mais c'était la première fois que l'un d'eux blessait aussi profondément deux particulières ! S'il n'avait pas été là... William n'osait pas y penser, il n'était pas loin de péter les plombs et on allait éviter d'infliger ça au monde. Victoria agissait, il fallait la laisser faire, elle savait ce qu'elle faisait et... Pourquoi j'arrive pas à me calmer, alors ?! ragea William. Il avait envie de frapper quelque chose - ou quelqu'un - pour éviter de penser à ce qui arriverait si Anaïs succombait à sa blessure. William n'écouta pas la question de Victoria, ou ne l'entendit pas, l'un des deux. Toujours est-il que c'était la fille qui expliqua brièvement la situation. William finit par s'asseoir, et, les coudes sur les genoux, fixa Victoria qui travaillait, angoissé. Elle finit par s'éloigner d'Anaïs et le jeune homme se leva d'un bond pour aller la voir. Elle était inconsciente, et il dégagea quelques mèches de son front. La blessure avait disparu, mais elle était maintenant en soutien-gorge et inconsciente. William se téléporta et revint en une seconde avec un tee-shirt propre à lui. Mieux valait ça que lui farfouillant dans les vêtements d'Anaïs, de toute façon il n'avait pas le temps. Il souleva doucement le buste d'Anaïs et lui enfila le tee-shirt (en s'emmêlant un peu les pinceaux, mais il y parvint finalement), puis entendit vaguement Victoria lui parler. Il leva les yeux vers elle qui le transperçait avec ses yeux perçants et devina que c'était à la fille de passer à son tour sur le billard. Il fallait qu'il dépose Anaïs quelque part pas trop loin d'ici et... L'endroit tout trouvé était le salon. Avec douceur, William passa ses bras autour d'elle et la souleva, avant de la déplacer dans la pièce de l'autre côté du hall et de la déposer sur le canapé. A cette heure, tout le monde était dehors, personne ne la dérangerait. Et puis il ne serait pas long. William revint et respira un bon coup. Il suffisait de ne pas penser à ce qu'il faisait, mais si le contact avait été si facile, ça se serait. Il se contenta de téléporter l'inconnue sur la table et l'allongea avant qu'elle ne tombe avec l'aide de Victoria, puis il recula précipitamment en reprenant son souffle. Ok ok ok on se calme c'est fait c'est fait. Il avait une furieuse envie - presque impérieuse - d'aller rejoindre Anaïs, mais...

       "Vas-y, lança Victoria sans le regarder. Je m'en occupe."

        Ainsi congédié il ne pouvait qu'obéir. Le jeune homme revint près d'Anaïs, toujours inconsciente, et s'assit près d'elle, ne sachant trop que faire pour qu'elle se réveille (et qu'il cesse de se faire un sang d'encre pour elle).

        "Anaïs ?.. Tout est fini, tu vas bien et tu es en sécurité."

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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Lun 6 Fév - 22:54

         Victoria le regarda prendre soin d'Anaïs. Si ces deux-là ne passaient pas leur vie ensemble, c'était que la fin du monde les avait séparés. C'en était presque écœurant de voir comment il la regardait pour ceux qui, comme Victoria, avaient la sensation de devoir rester définitivement seuls dans un monde pourtant infiniment grand. Victoria en était presque jalouse, alors qu'elle n'avait absolument pas de vues sur William. La dernière personne qu'elle avait embrassé était morte peu de temps après, et elle n'avait pas eu envie de retenter le diable. Il y avait bien eu Samuel... Mais c'était de l'histoire ancienne, à présent. Il fallait faire avec. Victoria finit de nettoyer la plaie jusqu'à ce que William revienne - et heureusement qu'il était revenu, sinon Victoria serait allée le chercher par la peau des fesses - et ils basculèrent ensemble Robbin sur la table. Bien. Deuxième intervention de la journée, il s'agissait de ne pas faire de bêtises. Comme elle sentait que William voulait légèrement rejoindre Anaïs, elle lui donna quartier libre. En plus, ses coups d’œil vers la porte et son anxiété palpable auraient dérangé n'importe qui. Et elle en avait marre de voir sa tête.
     Victoria se concentra sur la blessure de Robbin. En attendant le jeune homme, elle avait stoppé l'hémorragie. Il lui fallait maintenant commander aux chairs de se refermer. Son don était comme un courant qui passait d'elle à son patient et qui invitait les cellules à se régénérer. Comme une influence. C'était comme ça qu'elle avait pris l'habitude de l'appeler.
Bien, la plaie à la tête s'était refermée. Elle nettoya les mains de Robbin et entreprit de les refermer. Pourquoi portait-elle des gants, déjà ? Victoria détestait ne pas savoir. Elle lui demanderait quand elle serait sur pieds. La jeune fille s'assit sur la chaise qu'elle avait occupée en se disant que si quelqu'un entrait, il allait être bien étonné de voir une jeune fille étendue sur la table. Il allait falloir laver la nappe. Et prévenir l'ombrune. Victoria attendit que Robbin se réveille, ce qui, normalement, devrait être rapide, elle n'avait plus aucune plaie ouverte, la guérisseuse avait soigné son corps. Mais qu'en était-il de son esprit ?

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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Mar 7 Fév - 9:00

La douleur avait disparu, mystérieusement, sans laisser de trace, sans rien dire. Elle était partie, discrètement, je ne m'en rendis même pas compte, perdue dans l'épais brouillard qui m'empêchait de penser, ou plutôt d'accéder à mes pensées. Tout était diffus, les bruits étouffés, et je ne m'en rendis compte qu'en sortant lentement de l'inconscience dans laquelle j'étais plongée. Les pièces de l'histoire ne s'emboitaient pas, je ne comprenais pas, plus depuis un long moment, tellement de choses s'emmêlaient entres-elles. La maison ou... non plutôt la forêt, nous étions dans la forêt avec la fille, et l'estre. Ouais l'estre. J'étais morte ? Ou alors entrain d'agoniser ? Pourtant aucune douleur et... Bon Dieu il n'y avait aucun bruit, juste une sorte de bourdonnement un peu éloigné, et aucunement du vent, des cris, des bruissements de feuilles. Le plus grand des silences... Cernée, épuisée, et légèrement à côté de la plaque, je parvins à ouvrir les yeux sur un plafond. Merde. Pas de forêt. J'étais où alors ..? Et... De ma vison brouillée, qui s'habituait encore un peu à toute cette lumière, et qui s'amusait toujours à placer des points noirs désagréables, je distinguai une forme, qui devint petit à petit un visage puis William. Mon cœur se gonfla, et mes yeux se refermèrent. Je n'avais pas entendu ce qu'il avait dit, mais ce n'était pas grave. Je n'avais rien entendu du tout, mais je l'avais vaguement vu, s'il était là c'était que tout allait bien. Vaseuse, je pris un temps pour rassembler suffisamment mes forces, et mes idées aussi, qui persistaient à rester en bordel. Pfiou. L'estre, oui, la fille, non ..? Elle était partie où ? William l'avait aidée et ..? Je soupirai intérieurement et rouvris lentement les yeux, pour m'habituer à la lumière de la pièce. Petit à petit, je me rendis compte que c'était en fait le salon de la maison. Trop de questions étaient sans réponse, et je n'en aurais pas avant d'être dans un meilleur état. Peut-être tremblais-je, je me sentais faible, comme si je n'avais pas dormi depuis des mois. Je fixai mon regard sur William, pour avoir quelque chose à quoi m'accrocher, pour soutenir le pois de ma propre conscience.

- Tu vas connaître la maison par-cœur maintenant à cause de moi, souris-je faiblement, en tentant de paraître presque en forme.

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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Dim 12 Fév - 10:51

        Anaïs ouvrit les yeux, épuisée mais vivante. William eut un grand sourire. Elle lui avait fait peur ! Comment est-ce qu'il aurait fait sans elle ? Il ressentit un bref accès de rage à l'encontre de l'estre dont le corps reposait toujours dans la forêt, là où il l'avait laissé, affolé à l'idée qu'Anaïs succombe dans ses bras. Cette colère s'effaça bien vite et fit place à un air inquiet, les sourcils froncés. Anaïs n'avait pas bonne mine, elle avait perdu beaucoup de sang. Il lui fallait un lit et du repos, et pas un canapé en plein milieu de la maison des particuliers, qui certes était silencieuse pour le moment, mais qui n'allait pas tarder à résonner des rires des derniers retardataires qui revenaient de la plage. Il allait la ramener dans sa chambre et rester avec elle jusqu'à ce qu'elle s'endorme. Et pourquoi pas manger un morceau dans la foulée, parce qu'avec ce bazar ils allaient louper le dîner. Pas sûr cependant que Anaïs ait envie d'autre chose que de dormir, il s'assurait qu'elle mange demain matin. La priorité restait à lui offrir le repos dont elle avait besoin.

          "Ouais, sourit-il avant de se redresser et de prendre une des couvertures pliées qui traînaient toujours là pour ceux qui restaient discuter au coin du feu. Attends."

         Il l'enveloppa dans la couverture en la redressant doucement et en la faisant passer sous ses fesses, puis passa un bras sous ses épaules et l'autre sous ses genoux et la souleva.

         "Aller, on y va."

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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Dim 12 Fév - 22:53

William m'enveloppa dans une couverture, et malgré la situation, je dus avouer que je finis par savourer silencieusement ses gestes tendres. Il me prit dans ses bras, et je déposai ma tête contre lui en soupirant, heureuse d'être dans ses bras, ici dans la maison, bien que faible, plutôt que le nez dans les feuilles, à me vider de mon sang face au sourire mauvais d'un estre, tenant dans son autre main la jeune fille. J'eus vaguement l'idée de demander à William où elle était, avant de perdre le fil de ma pensée, et de reposer calmement ma tête sur son torse, le temps de la téléportation. Il m'avait ramenée dans ma chambre, et ce ne fut qu'à cet instant que je remarquai quelle bonne idée il avait eu. Mon lit m'appelait désespérément, et je me sentis aussi lourde que si l'on m'avait bourrée de pierre. Pas génial génial comme sensation, m'enfin, je ne pouvais rien faire. Non, je ne pouvais même rien faire du tout dans mon état. Les yeux dans le vide, je regardais le visage de William au dessus de moi et souris toute seule devant notre incapacité à faire les choses correctement. Même si je n'étais pas du tout entrain de sourire lorsque l'estre nous avait joue, moi et la fille, certes, mais bon, il valait mieux en rire qu'en pleurer. Puis bon, je ne pense pas être réellement en état d'avoir une réflexion  pour l'instant, en fait, on m'aurait dit n'importe quoi que j'aurais souri de voir le visage de William au dessus de moi, donc bon. Il me déposa sur le lit, avec délicatesse, et je ne bougeai pas d'un poil, trop faible, trop épuisée. Les seules choses que je parvenais toujours à presque bouger étaient ma tête et mes yeux, pour le suivre sans le lâcher. Il était à l'autre bout du lit, à me déchausser. C'était à peine si j'en avais conscience. Tout ce que je savais c'était qu'il était en face de moi, alors que je le voulais là, juste à côté de moi, et pas tout là-bas loin à l'autre bout du lit que je n'arriverais même pas à atteindre dans ma situation. Donc j'allais devoir râler pour qu'il vienne à moi, comme je ne pouvais plus aller à lui.

- William ..? Dis, tu comptes pas rester là à me regarder, hein ? , je fermai les yeux un quart de second et déglutis, J'ai envie d'être avec toi...

D'accord, j'ai toujours envie d'être avec toi, c'est vrai, j'aimerais passer ma vie avec toi, mais là il fallait bien que je trouve une tactique pour te faire venir.

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MessageSujet: Re: [Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller   Mer 22 Fév - 11:05

          William sourit sans pouvoir s'en empêcher. Si elle avait été shootée aux médocs, elle serait dans un état plutôt semblable et l'idée l'amusait.
         "Attends, fit-il en répondant à sa requête, tu vas pas rester comme ça."
          Il grimpa sur le lit, écarta un peu la couverture et défit son bouton de pantalon avant de le lui enlever tandis qu'elle l'aidait un peu en soulevant les fesses. Le pantalon taché de sang et de terre finit sur une chaise, il avait bien piteuse allure. William rabattit les couvertures du lit sur Anaïs, et puis commença à penser à sa propre tenue qui laissait à désirer. Il avait du sang séché d'Anaïs un peu partout et il détestait sa puanteur. Le jeune homme alla chercher des fringues et se déshabilla. Il en était au tee-shirt quand on frappa à la porte. William alla ouvrir, de toute façon ce n'était pas Anaïs qui allait le faire. C'était Victoria.
        Celle-ci eut un coup d’œil appréciateur sur le William torse nu qui se tenait devant lui.
          "Vous ne perdez pas de temps à ce que je vois."
        William arqua un sourcil sans comprendre.
          "Quoi ?
          - Laisse tomber, fit Victoria sans pouvoir s'empêcher de sourire. Constance veut nous voir demain matin à 8h. Tu feras passer le mot.
         - Ok.
         - Bon... Je vous laisse alors."
         William la regarda s'éloigner, ses talons claquant sur le sol du couloir. Elle se retourna avant de tourner au coin.
       "Et ne profite pas trop de la situation !"
        Il referma la porte sans plus tarder pour ne plus entendre ses conneries et enfila le tee-shirt propre qu'il avait toujours dans la main. Il vint ensuite s'allonger à côté d'Anaïs qui lui fit une place dans les couvertures puis se blottit contre lui.
         "Bonne nuit princesse," souffla-t-il avant qu'elle ne s'endorme.

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« Elle est mon plus grand péché, et j'irai avec joie en enfer pour elle. »



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[Derrière la maison] Le passé, une chose passionnante ! ~ Robbin A. Keller
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