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 L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Mer 23 Déc - 22:35

      William avait repris connaissance en pleine séance de guérison, et il avait fallu le maîtriser pour permettre au guérisseur de faire son travail. On pouvait dire qu'il avait semé la pagaille dans l'infirmerie avant qu'on lui administre un calmant - ce qui, jusqu'ici, avait été évité, car pas toujours compatible avec son traitement. Lui enlever ce qui restait des menottes, qui par miracle avait résisté au feu mais si chaudes qu'il était impossible de les toucher sans se faire brûler au troisième degré, n'avait pas non plus été simple. On avait dû apporter la scie à métaux et procéder avec minutie pour éviter de blesser un peu plus ses poignets décharnés, pendant que le guérisseur faisait tout ce qu'il pouvait pour Anaïs. Le particulier médecin avait passé la nuit au chevet des deux jeunes gens, réparant et cicatrisant tout ce qui pouvait l'être. La priorité avait été donné au visage de William, pour éviter qu'il soit défiguré, à ses mains et ses poignets qui avaient durement souffert, et aux bras d'Anaïs, qui avaient été brûlé bien plus profondément, mais avec moins de puissance. Il était parti au petit matin, épuisé, et avait passé la main à un infirmier de garde. Celui-ci avait été terrifié lorsque William s'était réveillé en sursaut sans reconnaître son environnement, sujet à un de ses cauchemars bien trop familiers.

__________******* * *******___________
    William s'était réfugié aux toilettes, pour éviter de vomir sur le sol de l'infirmerie, et pour se passer de l'eau sur le visage. Il vida son estomac dans la cuvette, tira la chasse d'eau, se rinça la bouche. Peinant à se calmer, il appuya son front sur le miroir, son souffle saccadé formant de la buée sur son reflet. La fraicheur de la glace le rassurait. Il voulait respirer la brise venue de l'océan, entendre le bruissement des feuilles dans les arbres, sentir l'odeur marine et le sable entre ses doigts et la rugosité de l'écorce, revoir la forêt. Il voulait être libre, mais pour l'instant c'était impossible. La boucle lui manquait à un point qu'il ne pensait pas atteindre avant de venir ici. Il y avait des moments où il était incapable de penser à autre chose que ça, toutes ses sensations dont il était privé à l'Institut et qu'il imaginait encore et encore, peut-être dans l'espoir dérisoire qu'elles deviennent réalité. Or il était coincé ici, et tout ce qu'il pouvait faire c'est aller mieux. Juste aller mieux pour qu'on le laisse à nouveau voir la lumière du jour. William ferma les yeux, les rouvrit, décolla son front de la vitre et attendit que la buée se dissipe pour s'observer, curieux. ça faisait des mois qu'il n'avait pas vu son visage. Il se trouva... Changé. Il n'aurait pas su dire quoi ni comment, mais quelque chose avait changé. Il espérait que ça traduisait son envie de s'en sortir. Le jeune homme se rappela alors de la douleur qu'il avait ressenti lorsque le pyromane l'avait touché au visage. A la place de la plaie béante ne résultait plus qu'une mince ligne blanchâtre verticale. Une cicatrice de plus ou de moins, il n'était pas à ça près. En tout cas, le particulier guérisseur avait fait du bon travail, ils lui devaient une fière chandelle. Les poignets de William étaient toujours entourés de bandages, mais celui-ci n'était pas du genre à s'inquiéter de ça. Tant qu'ils étaient en mesure de fonctionner correctement, ça lui allait très bien.
   Calmé, William sortit des toilettes et se retrouva nez-à-nez avec l'infirmier de garde.
   Il jeta un coup d’œil dans les sanitaires que William venait de quitter, comme s'il craignait qu'il y ait placé une bombe. Il revint finalement à lui, suspicieux.

   « Vous devriez retourner vous coucher. Le don de guérison utilise aussi l'énergie du patient, vous avez l'air d'être sur le point de tomber dans les pommes. »

   ça mon vieux, ça n'a rien à voir avec un quelconque don, malheureusement, pensa William en se redirigeant vers le lit qui lui avait été attribué sans répondre. Qu'aurait-il pu répondre ? Un "oui" obéissant ? Ce n'était pas son genre. Quant à l'épuisement, ça pouvait le faire, il avait connu bien pire.
   William se rendit compte de la présence d'Anaïs dans le lit voisin. Il s'approcha, l'observa. Elle était paisible, son visage n'exprimait aucune horreur, aucune détresse, tout le contraire de quand il l'avait trouvé. Il avait eu tellement peur qu'elle n'en sorte pas !.. Si ça avait été le cas, il ne savait pas ce qu'il aurait fait. Et il préférait ne jamais le savoir. Comment réagirait-elle en se réveillant ? Aurait-elle peur ? Irait-elle bien ? Est-ce que...

   « Votre lit est par ici. »

   William sursauta violemment, faillit tomber à la renverse - malgré ce qu'il pensait, son corps était bien plus fatigué qu'il ne l'imaginait - et se tourna vers l'infirmier. Il n'allait pas lui lâcher les basques, lui ? Bon, ok, c'était son rôle, mais quand même. De toute façon, William n'allait pas réussir à se rendormir de sitôt, donc se coucher sagement, c'était hors de question. Il avisa une chaise à l'air particulièrement inconfortable, de l'autre côté du lit. Voilà qui lui permettrait de veiller sur Anaïs et d'être présent quand elle se réveillerait. Il chancela jusque là-bas et s'assit sans écouter les protestations de l'infirmier, qui finit par abandonner l'affaire en comprenant que son malade ne changerait pas d'avis.
   Et malgré la chaise nulle à chier sur laquelle il était assis, William finit par piquer du nez et s'endormit beaucoup plus tard.

__________******* * *******___________

   Ce fut un cri strident qui le réveilla en sursaut, cette fois-ci. Alerté, William se leva d'un bond, sans savoir que l'infirmier l'avait couvert d'une couverture pendant qu'il dormait, trébucha dessus, et s'étala par terre en un gros "BOUM" peu discret. Empêtré dans la couverture, il s'en débarrassa en jurant et se redressa, cherchant l'assaillant d'Anaïs, avant que son cerveau se mette en marche et qu'il comprenne qu'elle paniquait juste. Enfin "juste", un bien grand mot, elle avait besoin qu'on la rassure et William n'était pas très doué pour rassurer les gens. En temps normal, il arrivait plutôt à les affoler, voir à les épouvanter, alors à moitié endormi, c'était un pari qu'il ne fallait pas risquer. Anaïs était déjà affolé et épouvanté, donc en théorie il ne pouvait pas faire pire. Elle fixait ses bras et ses poignets comme s'ils ne lui appartenaient pas. Quoi, c'était ces petites cicatrices qui lui faisaient peur ? Ouais, elles étaient nouvelles, et alors ? Les cicatrices, c'était sexy, non ?
   William tenta une approche avec douceur, et emprisonna fermement ses poignets pour qu'elle arrête de les regarder avec cette lueur dans les yeux qui ne lui plaisait pas du tout, une lueur terrifiée.

   « Anaïs, oh, Anaïs, regarde-moi, dit-il calmement en cherchant à capter son regard. C'est fini, tu es en sécurité. Tu n'as plus rien à craindre. »
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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Mer 23 Déc - 23:44

Je ne pris pas la peine de vérifier ce qui venait de s'écraser au sol, trop occupée à vérifier mes parcelles de peau. Et si c'était comme ça partout ? C'était un cauchemar, ce n'était pas possible... Je résistais à l'envie d'enlever ce t-shirt pour vérifier là où il m'avait touché, j'étais à l'Institut, pas dans ma chambre, même si en ce moment je donnerais beaucoup pour y aller. Je me contentais donc de seulement le relever un peu. Les cicatrices étaient bien moins visibles et présentes que sur mon bras, elles étaient pourtant bien là, réelles, pour me dire que ce que j'avais enduré était vrai. Quelqu'un approchait, pendant ce temps mon regard s'était retourné vers mes poignets salement amochés. Ils disparurent de ma vue lorsque la personne en question déposa ses mains dessus. Je me crispais, et relevais les yeux vers celui qui osait les toucher. Il n'avait pas à faire ça, il n'avait pas à me toucher ! Et si ses mains se réchauffaient à lui aussi ? Si lui aussi décidait de me déshabiller ? Après il y avait des lits ici, c'était plus pratique, puis j'étais faible, une proie facile à attraper. Avec de la force et de l'envie, même pas besoin de brûler, il me maitriserait en moins de vingt secondes, sans aucun échappatoire, encore. Quelque chose me disait que ces idées n'étaient pas réelles, mais ces peurs étaient trop fortes, c'était encore trop récent. Mes cicatrices me picotaient sous ses paumes, j'avais peur, terriblement peur que ça recommence, peur qu'il revienne, peur d'être ici, je ne voulais pas souffrir de nouveau.  

- Eloigne-toi de moi, maintenant. Ordonnais-je.

L'homme ne s'éloigna pas. Ne bougea pas. Je n'allais pas supporter de revivre ça une seconde fois, mon esprit ne tiendrait pas la cadence, je deviendrai folle avant qu'il n'ait le temps de faire quoi que ce soit avec moi.
Je tremblais de peur face à lui, terrorisée par ce qu'il pouvait me faire subir. Je ne croyais pas un traitre mot de ce qu'il venait de dire. Je n'étais pas en sécurité, pas s'il continuait de me tenir en tout cas. Et il ne s'éloignait toujours pas. Contre toute attente, je lâchais un courant d'air froid dans ses mains, assez conséquent. Il devait s'éloigner. Qu'importe ce que je faisais, il devait dégager de là, libérer mes poignets, immédiatement.

- Lâche-moi ou j'augmente la pression. Signalais-je.
 
Et j'étais prête à le faire, mes mains avaient déjà brusquement refroidi.


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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Jeu 24 Déc - 0:49

       Un courant froid fit grimacer William. Anaïs était parfaitement sérieuse, elle avait le même regard que lorsque la colère laissait place à la détermination dans son esprit, et qu'elle était sur le point d'agir en conséquence. Qu'est-ce qui se passait, qu'est-ce qu'elle avait ? Elle était prête à le blesser, à utiliser son don juste pour le faire lâcher ? Si ce n'était que ça, William pouvait tout à fait l'endurer, mais cette détermination dans ses yeux lui fit peur. Anaïs l'aurait giflé en pleine face que ça aurait eu le même effet sur le jeune homme. William refréna la panique qui le gagnait. C'était plus grave que ce qu'il avait cru aux premiers abords, elle ne voulait vraiment pas de lui, de son soutien, de son contact. Elle ne voulait tout simplement pas de lui. Elle ne le reconnaissait pas, ou quoi ? Pourquoi elle réagissait comme ça, elle lui en voulait ? Parce qu'il n'était pas intervenu plus tôt ? Parce qu'il avait laissé ce fou lui faire du mal ? Ce rejet le blessait, il n'y comprenait rien. S'il avait pu mettre cette ordure hors d'état de nuire avant qu'il ne la touche, il l'aurait fait sans une once d'hésitation, c'était évident, non ?! Oh, Will, se résonna-t-il, ne te mets pas en colère pour si peu, tu te fais des idées. De toute façon, tu lui as fait payé à l'autre, le problème, là, apparemment, c'est toi.
       William, en désespoir de cause, la lâcha et éloigna lentement ses mains d'elle, pour lui signifier qu'il ne tenterait rien, qu'il ne lui voulait pas de mal. Le jeune homme se rassit lentement, assommé par la violence de sa réaction à son égard. Il ne savait pas quelle conduite adoptée, pas plus que ce qu'il avait fait de mal. Devait-il partir pour la laisser en paix ? Non, il ne pouvait pas faire ça, il... Bien sur, une partie de lui n'y croyait toujours pas, lui soufflait qu'il fallait persévérer, qu'elle ne pensait pas ce qu'elle disait. Mais ce regard... Avec ça, comment interpréter ses paroles autrement que par un rejet cuisant ? Tout dans son attitude signifiait dégoût, écœurement, et savoir que c'était à son encontre qu'elle ressentait de telles choses le plongeait dans l'incompréhension la plus totale. Il fallait être patient, elle venait de subir un traumatisme, elle ne savait pas ce qu'elle disait. Mais... Si c'était vrai ? Si, au final, ce n'était que maintenant, lorsqu'elle avait été touché de plein fouet à cause de lui, qu'elle allait abandonner la partie ? Qu'elle avait décidé que, finalement, le jeu n'en valait pas la chandelle, et qu'elle en avait assez de voir les dés de son destin lancés par des puissances aux intentions obscures ? Merde, et si elle décidait de couper tous les ponts avec lui ? Mais non, elle avait promis, elle avait dit qu'elle aurait assez de patience pour l'attendre, elle... Oui, mais ça c'était avant qu'elle subisse tout ça.
       Stop. Stop. Stop. Tu te tortures pour rien.
       Regarde-la, William, regarde-la vraiment.


        William leva de nouveau les yeux, et dévisagea Anaïs. Il vit enfin la terreur dans ses yeux, la souffrance et la peur de souffrir. Il vit le désespoir et la même incompréhension que celle qui le secouait chaque nuit. Il était idiot, il n'avait pas bien regardé, il n'avait pas vu le principal dès le premier abord : elle était terrorisée par l'idée de souffrir à nouveau, de finir brûler vive. C'était tout nouveau pour elle, cette sensation de perdre pied, de ne plus rien contrôler. William était le mieux placé pour la comprendre, mais arriverait-il à la rassurer, alors que lui-même n'était même pas capable de se rassurer ? Pouvait-il lui certifier qu'il ne lui arriverait jamais plus rien d'aussi douloureux, que la marque gravée au fer rouge de ce souvenir allait finir par se refermer totalement, en ne laissant qu'une cicatrice un peu gênante, mais dont elle finirait par oublier l'existence ? Pouvait-il vraiment lui dire ça, alors qu'il était le parfait exemple de tout le contraire, qui prouvait que tout cela n'était qu'un mensonge raconté par ceux qui n'avaient rien vécu ? Devait-il lui dire « salut, bienvenue parmi nous, les balafrés de la vie, essaie un peu d'oublier, pour voir » ? Anaïs le tuerait et elle aurait raison. Putain, mais il n'arrivait même pas à appliquer tout ce qu'il pouvait lui dire sur lui-même !
       Mais la jeune fille n'avait pas besoin d'entendre quoi que ce soit. Juste d'une présence rassurante, connue, qui l'aiderait à surmonter ça. En espérant qu'elle n'était pas sérieuse... William repoussa cette idée et l'enferma à double tour. S'il finissait congelé, tant pis, il aurait quand même essayé. Il savait combien cette présence était importante, pour avoir toujours souffert de son absence. En plus, il avait approximativement vécu la même chose qu'elle – enfin, on avait pas tenté de le violer, il casserait la tête du premier qui essayerait, mais il avait aussi subi le pouvoir du pyromane – donc, il était le mieux placé pour la sortir de cette horreur qui la figeait sur place.

       Et comment il était censé faire ça, au juste ?
       William soupira, appuya ses coudes sur ses genoux et son menton sur ses mains jointes.

       « Je sais pas quoi te dire, Anaïs... J'suis paumé. J'ai l'impression que tu me reconnais pas, je sais pas quoi faire. »

       Il releva les yeux, la regarda. Il était censé chercher quoi, un déclic ? Un truc qu'ils avaient vécu et qui ferait tilt dans la tête blonde d'Anaïs ? Incapable de supporter plus longtemps ses yeux bleus, William rompit le contact visuel.

       « Écoute, y'a une fois où je courrais dans la forêt et où je suis tombé sur une fille qui faisait des sculptures en glace. Je l'ai traité de tous les noms, et on s'est plus ou moins engueulé, mais le lendemain elle est revenue. Et puis... Je me suis habitué à sa présence, alors que je suis pas censé savoir entretenir une relation. On en a vu des vertes et des pas mûres... »

       William fronça les sourcils en pensant à l'épisode de la cabane, à sa tête quand elle lui avait avoué en pleurant qu'il avait essayé de la tuer. Il n'en avait aucun souvenir. Et ça ne lui ferait sûrement pas plaisir de se remémorer cet épisode douloureux tant pour l'un que pour l'autre. Non, il devait chercher plus récent. Le tournant dont il gardait en mémoire quelques flashs diffus, c'était la falaise. Il en retenait l'essentiel, cependant.

      « Y'a même une fois où j'ai tenté de me suicider. Elle m'en a empêché. Et cette fille, c'est toi. »

      William planta ses yeux dans ceux d'Anaïs, espérant de tout son être qu'elle lui revienne. Que cette fille-là refasse son apparition, prenne le pas sur l'Anaïs terrifiée et désemparée. Si ça ne marchait pas, il ne saurait pas quoi faire d'autre. Aller, Anaïs, reviens, tu es plus forte que moi.
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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Jeu 24 Déc - 2:07

Je me calmais, il s'éloignait, enfin. Immédiatement je serrais mon poignet cicatrisé dans ma deuxième main, comme pour le protéger. Je n'arrivais toujours pas à détacher mes yeux de l'homme qui reculait et s'assit au sol. Une partie de moi me soufflait qu'il n'était pas ce que j'imaginais. Qu'il n'était en rien le pyromane, que ces idées toutes faites, n'étaient là que sous le présence de la peur. Justement, cette partie était étouffée par cette terreur. Il fallait que cette peur parte, pourtant elle était fondée, elle avait raison d'être là. Cette peur avait raison. Je devais me méfier, point. On ne changeait jamais. Cet homme... Il pouvait me faire ce qu'il voudrait si je le laissais approcher. Loin, je le voulais loin de moi. Je le fixais avec froideur, étrangement, je ne pouvais m'empêcher de le fixer. Ce n'était même pas pour le surveiller : il savait à quoi s'attendre s'il venait. Non, je le fixais parce que... C'était important, sans que je ne sache pourtant.
Je remis les longues manches sur mes mains, pour bien les cacher. Je m'apprêtais à me rallonger lorsque l'homme s'adressa à moi. Mon attention fut aussi raccroché à ses paroles, sans que je ne sache pourquoi. Je n'avais rien d'autre à faire après tout, et oui, c'était mon excuse. Je fronçais les sourcils, et le fixais toujours. Pas de confiance, non. De la méfiance, tout était possible.
Je tremblais, mais plus pour les mêmes raisons, sans que je n'arrive à comprendre. J'écoutais, non pas parce que je n'avais que ça à faire, mais parce que cette partie noyée par la peur me le dictait. C'était important, je ne pouvais pas l'ignorer.
Je ne le reconnaissais pas, je n'en avais pas besoin. Il suffisait de savoir de quoi il était capable. De quoi il... Non je n'avais aucune preuve. Il ne m'avait rien fait. Je l'avais empêché avant, évidemment. Je fus tentée d'arrêter, de me recoucher, mais c'était toujours pareil, un je-ne-sais-quoi m'obligeait à rester. Il y avait une raison, forcement. A l'écoute de son récit, pendue à ses lèvres, son physique, il était différent. Ce n'était pas ... Je fronçais de nouveau les sourcils, pensive. Quelque chose clochait. Moi ou lui ? Ce qu'il me sortait ce... c'était la rencontre. Je revis la clairière, l'oiseau... Lorsqu'il avait déboulé des arbres. Lorsque cet homme était apparu pour la première fois de ma vie. Je voyais chaque détail, je le revoyais lui. Et la falaise, et la cabane, et la soirée, et la plage, et la rivière, et... Il était là, toujours là, et j'étais heureuse. Très heureuse même.
La bouge à moitié ouverte, je revoyais chaque chose, chaque expression de son visage, chaque tic qu'il avait, chaque détail qui le caractérisait. Chaque moment avec lui. Il ne m'avait jamais rien fait, du moins sans s'en vouloir par la suite et sous ses problèmes, à part me faire rire, sourire.
Et la falaise. Oh, la falaise. J'eus soudainement mal au cœur, pour cet épisode qui me revenait, lorsqu'il était ensuite arrivé ici. Lorsque la boucle s'était vidé de toute utilité. Lorsqu'il était parti, les nuits que j'avais passé à penser à lui. A prier pour voir Victor venir, et me dire que j'allais le voir. C'était ça. C'était lui.
Au mon dieu, je venais de le mettre dans le mauvais camp. J'avais mis cet homme, non... J'avais mis William dans le mauvais camp. Je l'avais pris pour l'ennemi, alors qu'il n'était d'autre mon allié, non, plus que mon allié, il était tout. Je dus blêmir énormément, mais qu'est ce j'avais dit ? Qu'est ce j'avais fait ? La peur, c'était elle. Je ne croyais pas ce que je venais de faire. Comment avais-je pu ?
Je me relevais et m'approchais de lui. Il ne méritait pas ce que je venais dire, mais qu'est ce qui s'était passé dans ma tête ? Je me mis à genoux face à lui, et passais mes bras autour de son cou, pour me mettre contre. Une fois enlacée à lui, je chassais définitivement cette peur de ma tête. Ce n'était pas lui dont je devais me méfier. Il n'avait jamais été le méchant. Il avait aidé, consolé, sauvé. Il avait fait bien plus que n'importe qui. C'était William, et personne d'autre.

- Je suis tellement désolée William...

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Jeu 24 Déc - 11:08

         William ne vit pas le changement dans les yeux d'Anaïs, pas plus qu'il ne comprit qu'elle le reconnaissait enfin. Il était trop occupé à tripoter le haut du bandage sur ses paumes pour (mal) cacher sa nervosité. Ça ne marchait pas, elle ne répondait rien, et le silence qui suivit ses paroles lui parut assourdissant. William avait mal de voir ce qu'il prenait pour de la déception dans ses yeux, et la gêne de s'être confié comme ça s'ajoutait à cette douleur diffuse. Que faire ? Bon, Will, tu vas te lever et sortir de la pièce pour la laisser tranquille le plus naturellement possible. Mais l'énergie lui manquait, il ne put pas se résoudre à partir tout de suite en la laissant là. Ce n'était pas comme ça qu'il avait imaginé leurs retrouvailles. Et si… Et si Anaïs devenait comme lui ? Si, au final, parce qu'elle avait failli brûler vive, elle refusait tout contact avec l'extérieur, si elle se refermait sur elle-même, mais sans reconnaître personne ? Si ce qu'elle avait subi lui pourrissait la vie comme ça l'avait fait à lui ? Non non non il était hors de question que ça se passe comme ça, elle ne pouvait pas vivre ce qu'il avait vécu, personne n'était mort, elle était guérie, tout allait aller bien. Seules les cicatrices physiques sont guéries, qu'est-ce que tu fais de celles, bien plus indélébiles, de l'esprit ? Tu es bien placé pour savoir qu'on oublie pas si facilement. Qu'il faut bien plus de temps pour se débarrasser des fantômes que pour oublier les cicatrices corporelles. Alarmé par cette idée, William leva les yeux vers le lit… Vide. Hein, mais elle était où Anaïs ? Elle possédait pas le don de téléportation, elle s'était échappée pour aller où ?..
         Avant que William ait pu faire le tour de la pièce du regard, des bras fins entourèrent son cou et il comprit en sentant le contact familier – le seul qu'il pouvait avoir – d'Anaïs, il se demanda un instant si elle comptait l'étrangler, parce que si oui elle s'y prenait très mal. Mais non, elle se blottissait contre lui, comme avant tout ça. Elle ne le rejetait pas, il y avait encore de l'espoir ! Il n'avait rien suivi du pourquoi du comment elle avait un comportement si changeant, mais il puisa dans cette étreinte un réel réconfort. Elle acceptait de le toucher, il ne la rebutait pas, la sentir si proche le rendait heureux, même s'il ne pigeait pas tout.
          Ses paroles éclairèrent sa lanterne. Apparemment, Anaïs s'était rendue compte que ce n'était pas William le méchant, qu'il n'avait jamais voulu lui faire de mal, même si c'était pour venir le voir qu'elle s'était jetée dans la gueule du loup. Bordel, Anaïs, si tu savais comme tu m'as fait peur ! J'ai cru… J'ai cru que tu ne voulais plus de moi, que tu avais pris ta décision sans hésiter une seule seconde, que tout ce qu'on avait réussi à construire, au final, pour toi c'était du vent. Que tous les efforts que j'ai fait n'avaient servi à rien parce que tu n'étais plus encline à m'attendre. Que c'était cet épisode qui avait eu raison de ton entêtement, de ta persévérance à croire en nous. Je ne savais pas comment réagir, Anaïs. On ne réagit pas bien à ce genre de choses. Je ne sais pas ce que j'aurais fait si tu n'étais pas revenue sur terre, si tu avais été perdu à jamais. Je préfère ne pas le savoir.
         Il aurait pu expliquer ça, tout ce qu'il ressentait se trouvait là, dans ces quelques phrases. Mais William préférait étouffer ses craintes plutôt que les énoncer à voix haute. S'il avait si peur de la perdre, c'était parce qu'il avait conscience de la difficulté de demeurer auprès de lui, alors qu'il était si simple d'être auprès d'Anaïs… Elle n'avait pas de problèmes, à part un caractère bien trempé. Et c'était mieux si ça restait comme ça. Elle supportait déjà bien assez les cauchemars de William, sans sourciller parce qu'elle était forte. Il devait la préserver de tout ça, la protéger. Il avait échoué cette fois-ci, mais peut-être qu'en se promettant qu'il avait le pouvoir de lui éviter le danger, il s'en persuaderait et ça deviendrait vrai. Cette réaction avait éveillé une fragilité, une fissure en William, qu'il s'empressa de recouvrir de peinture sans pouvoir la combler. Il pouvait toujours faire comme si.

         « Tu m'as fait peur, finit-il par dire, savourant l'odeur de ses cheveux teintée de celle de la cendre. Tu dois me parler, tu sais, je suis pas capable de lire dans ta tête. »

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« Elle est mon plus grand péché, et j'irai avec joie en enfer pour elle. »



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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Jeu 24 Déc - 13:28

Je fermais les yeux, la tête dans son cou. C'était lui, il n'y avait aucun doute. Comment avais-je pu laisser la peur me bander les yeux à ce point ? C'était elle, l'ennemie, le piège, et j'étais tombée dans le panneau. La tristesse, la douleur, j'avais appris à m'en dégager, mais la peur, c'était la première fois qu'elle était aussi imposante. Aussi encrée au point de ne plus pouvoir réfléchir et ne voir qu'avec elle. Ce qui était une très mauvaise solution, je venais d'en faire les frais. Et je ne m'en remettais pas. Mais de quoi ? De la faiblesse dont je venais de faire preuve face à ce ressenti ? Ou de ce que j'avais pensé de lui ? La deuxième solution m'horrifiait pourtant c'était sûrement la bonne réponse. Je pris plusieurs longues et grandes inspirations, sa chaleur à lui était rassurante et réconfortante, tout le contraire de ce que j'aurai pu imaginer il y avait maintenant quelques minutes. Elle était présente, sans être étouffante, elle calmait mes craintes, et me ramenait sur terre, ce dont j'avais vraiment besoin. S'il savait comme j'avais besoin de lui, même s'il ne le voyait pas, il pouvait être un des acteurs principal de ma bonne humeur, de mes sourires, ou comme aujourd'hui de ma survie.

- Je pensais que... Enfin je ne te voyais pas toi, j'avais peur d'être de nouveau brûlée lorsque tu m'as touché, j'ai cru que tu allais chercher à... à...

Je ne finis pas ma phrase, si c'était possible de s'étrangler avec des mots ce serait sûrement ce qu'il me serait arrivé.
A me déshabiller ? Me mettre à l'écart pour pouvoir me violer ? L'homme m'avait également attrapé par les poignets, et il suffisait de regarder ce qu'il en restait pour se douter que j'y serais sensible. ça avait été le début de l'horreur, le moment d'incompréhension. Si j'avais réagi, si j'avais compris j'aurai peut-être eu une chance de lui échapper. De fuir jusqu'à tomber sur un autre médecin, ou William. Cependant ça n'avait pas été le cas, et le résultat était là. Je soupirais longuement en tremblant, après avoir resserré ma prise sur lui. Je me sentais coupable désormais, et toujours aussi mal, j'avais toujours peur de revoir l'homme. William m'avait dit que j'étais en sécurité tout à l'heure, s'il ne me lâchait plus, oui, je resterais en sécurité. Je ne voulais plus sortir de son étreinte, il était le seul à pouvoir m'aider, j'en étais consciente, il était surtout le seul que je voulais avoir près de moi en ce moment.  

- ça risque d'être le bordel en ce moment, dans ma tête, alors c'est mieux que tu ne saches pas lire dedans.

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Jeu 24 Déc - 14:15

       Un bruit très discret fit tourner la tête à William. Il fallait croire qu'à force de déambuler aveuglé dans l'Institut, son ouïe s'était développée. C'était l'infirmier, qui venait d'entrer dans la pièce. Hé ben dis donc, il avait un temps de réaction nul à chier lui, Anaïs aurait eu le temps de se faire tuer trois fois avant qu'il n'intervienne. Quand quelqu'un hurle, en général, y'avait une raison, il avait de la chance que ce soit seulement un contrecoup de la frayeur qu'elle avait ressenti la veille – ou l'avant-veille, le jeune homme ne savait plus – et pas une véritable alerte. Pour l'instant elle était calme et elle n'avait besoin de rien, ainsi William adressa au fauteur de troubles un regard noir qui voulait dire « Ouais, on est par terre, et alors ? Casse-toi sans nous déranger », et celui-ci en voyant que personne ne se faisait égorger, tourna les talons et un tout petit bruit mat d'une porte qui se ferme salua son départ. Tant mieux, Anaïs ne devait pas l'avoir vu et c'était mieux ainsi. Ils avaient l'infirmerie pour eux tout seul, donc malgré la récente tragédie, l'Institut était relativement efficace question sécurité.
       William reporta son attention sur la jeune fille qu'il tenait entre ses bras. Le bordel dans sa tête ? Oui, il s'en doutait, il connaissait très bien ce sentiment, on s'y habituait, à force. Elle avait besoin de temps et de calme pour reprendre ses esprits, voilà tout. Elle était ébranlée dans ses convictions, elle avait goûté à une peur intense, et c'était au tour de William de la rassurer, de lui dire que tout allait bien. Si elle voulait hurler, crier, pleurer, qu'elle le fasse entre ses bras, il saurait au moins qu'il servait à quelque chose. Sa souffrance avait été telle qu'elle aurait pu bien plus mal finir. Peut-être y aurait-il des conséquences dans sa vie de tous les jours, il allait falloir qu'elle se réhabitue à vivre après ça. Il espérait que ça ne ternirait pas l'image qu'elle se faisait d'elle-même, parce que dans la même situation, personne n'aurait gardé son sang-froid, et bien peu de gens se serait accroché comme elle l'avait fait – comme elle le faisait encore. Courageuse petite chose.

     « Ça va passer, tu as juste besoin de mettre de l'ordre dans tes idées, assura calmement William, j'ai vécu la même chose, tu te souviens ? Je veux juste que t'en parles si t'en as envie, que tu gardes pas tout pour toi. »

    Pas maintenant, plus tard, dans dix ans peut-être, quand tu t'en sentiras capable, comme je l'ai fait avec toi. Tu es forte, ça passera.
    William bailla. Bah ouais, avec tout ça il lui semblait qu'il n'avait pas dormi plus de quelques heures, ça voulait dire que son corps se réveillait peu à peu, à moins qu'il ne se rendorme justement. Et aussi que les effets de la médecine particulière n'avaient toujours pas cessé. En moyenne quarante-huit heures, lui avait dit l'infirmier. Il ne savait pas depuis combien de temps ils étaient là, mais le délai n'était pas encore écoulé, ça c'était certain.

     « Tu devrais te reposer, la guérison utilise aussi l'énergie de ses patients. T'as une sale mine. »

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Ven 25 Déc - 21:13

Je n'en parlerai pas. Pas pour le moment en tout cas. Tout ce que je voulais c'était oublier, ne plus y penser, me changer les idées. Et sortir d'ici. Retourner dans la boucle, où j'étais en sécurité, chez moi. Dès que je serai rétablie, je prendrai mes cliques et mes claques et retournerai chez Miss Tit. Par contre je ne savais pas quand je reviendrai. Laisser William seul dans cet endroit, en sachant que je ne reviendrai pas... ce n'était pas possible. Je m'interdisais de faire ça, la peur ne devait pas me bloquer et m'empêcher de le voir. Même si l'idée ne m'enchantait guère je reviendrai pour lui, je n'avais pas le droit de l'abandonner de la sorte. Sûrement pas à cause d'horreur, nous étions tous les deux dans le même cas, or lui, c'était bien pire. Je prendrai sur moi, point. J'avais promis de toujours rester, ce n'était pas aujourd'hui que je briserai cette promesse. Espérons en fait que je ne la brise jamais.
Je me relevais et bougeais, ma tête reposa enfin contre lui, comme la dernière fois que nous nous étions vus où nous étions restés un long moment enlacés. Était-il possible de retrouver ce calme et ce bien-être ? J'aimerais énormément, rien que pour maintenant.
En parlant de ça, ça me reposerait justement. Je me doutais que j'en avais besoin, après tout ce qui venait d'arriver je ne risquais pas de péter la forme. Et je n'étais pas la seule à avoir une sale mine. Je dus bailler à mon tour presque dix secondes après lui, comme quoi, j'étais très fatiguée, et bailler était toujours aussi contagieux. Je me recalais correctement contre lui, mon nez dans son t-shirt.

- Toi aussi William, toi aussi...

Je fermais les yeux, bercée par sa respiration, jusqu'à ce que je m'endorme sur lui, sereine.

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Sam 26 Déc - 17:08

         William attendit patiemment que la respiration d'Anaïs devienne profonde. Ses yeux s'étaient fermés depuis un bon moment. Elle dormait. Ce n'est que lorsqu'il en fut certain que William se décida à bouger. Assis par terre comme ça, c'était plutôt inconfortable pour lui, il n'y resterait pas des heures, mais il ne voulait pas la déranger avant ça. Prenant garde à ne pas glisser sur la couverture qui traînait par terre, William dégagea un de ses bras pour le passer sous les genoux d'Anaïs, l'autre soutenait déjà ses épaules. Elle avait l'air d'une gamine avec son tee-shirt trop grand et ses cheveux en bataille qui cascadaient sur ses frêles épaules. Une gamine éprouvée par les événements, mais dont le visage respirait la sérénité. Elle sentait encore la suie, en plus de son parfum habituel, mélange de son shampoing et d'une fraîcheur inédite, comme on sent arriver la neige sans qu'elle ait d'odeur. Elle se laverait, mais plus tard, quand les choses se seront calmer, quand elle aura commencer à accepter. En attendant, elle avait bien le droit à un peu de repos bien mérité, beaucoup, même. Autant qu'elle aurait besoin. A l'instant de la déposer sur le lit, William n'eut soudain plus aucune envie de la lâcher. Il voulait la garder là, au creux de ses bras, sa tête calée dans son cou et son souffle lui chatouillant le tee-shirt. Mais il ne pouvait pas, il fallait qu'elle reprenne des forces et William était peu enclin à dormir lui aussi. Les brumes de son cauchemar étaient encore trop proches, même si ça faisait des heures qu'il l'avait fait. Il s'était rendormi par erreur, et si Anaïs ne l'avait pas réveillé en sursaut, ses mauvais rêves s'en seraient chargés. Le jeune homme posa avec précaution Anaïs sur les draps, et l'en recouvrit. Elle fronça les sourcils et trouva une meilleure position, heureusement sans se réveiller.
         William fit les cent pas dans la pièce, rendu nerveux pas l’extrême tension de ces derniers jours, en s'arrêtant régulièrement pour observer Anaïs. Il n'y a pas si longtemps, après un épisode pareil, il aurait mis fin à toute relation avec elle, pour qu'elle ne court plus aucun danger. Il avait déjà essayé une fois, ça n'avait pas marché, et à présent il était trop lié à elle pour envisager sérieusement cette idée. Elle lui était intolérable. S'il la perdait, il ne ressortirait jamais de l'Institut. C'était une certitude. Il deviendrait un véritable fou, s'il ne l'était pas déjà, et personne ne s'en étonnerait. Elle était la seule à croire en lui, donc il devait lui rendre la pareil. Il devait lui montrer qu'il croyait en elle aussi, alors que les difficultés pour elle s'amoncelait sur son chemin. Il le ferait. Il serait là pour elle. Il se le promit. En attendant... Il ne pouvait pas rester là, il était trop tendu, trop crispé, une véritable boule de nerfs. Il nuirait à son sommeil plus qu'autre chose. Tout en recommençant à tripoter ses bandages, à défaut d'avoir un couteau à porter de main pour se calmer, William recommença à marcher de long en large. Il ne pouvait pas sortir, il devait trouver un moyen de se défouler avant de taper sur quelqu'un. De se fatiguer pour parvenir à dormir. William prit sa décision, hésitant un instant à cause d'Anaïs, mais elle dormait paisiblement et il avait probablement plusieurs heures devant lui. Et il ne pouvait pas la suivre partout comme un petit chien pour s'assurer qu'elle irait bien, dramatiser la situation ne rendrait que les choses plus difficiles à vivre pour elle. Elle était en sécurité à l'infirmerie. Et William savait où il pouvait aller pour se défouler le plus sainement possible.
        Il se téléporta dans sa cellule, et à peine arrivé, se mit à frapper le sac de boxe de toutes ses forces. Une douleur intense se répercuta dans ses poignets, et il se concentra dessus : la douleur, on pouvait la combattre, le chagrin et l'impuissance, non. Il frappa longtemps, à coups de pieds, de de genoux, de coudes, de poings. Il virevolta autour de l'instrument inerte, jusqu'à ce que sa colère fonde comme neige au soleil et que la fatigue lui tombe dessus. En sueur, William regarda le sac de boxe qui se balançait encore après la violence dont il avait fait preuve. Il ne savait pas combien de temps s'était écoulé, mais se connaissait suffisamment pour savoir qu'il y était depuis plus de deux heures. Et ses poignets lui faisaient affreusement mal, malgré ses tentatives pour l'ignorer. En sueur, haletant, mais l'esprit désencombré de toutes ses pensées parasites, William s'assit sur le lit et fit un point rapide de la situation. Son objectif, c'était être là pour Anaïs, mais allait-elle rester ici longtemps ? Et si oui, où logerait-elle ? Il fallait qu'il le découvre et qu'il trouve un moyen de lui rendre visite le plus souvent possible. En espérant qu'elle resterait ici encore quelques jours. Le jeune homme savait que la trêve à son égard n'allait pas durer. Maintenant qu'il pouvait se déplacer où bon lui semblait dans l'Institut à l'aide de son don, il devenait un danger potentiel pour toute l’installation. Allait-on le déménager, chercher à l'éliminer, à lui prendre ses souvenirs ? William pouvait paraître paranoïaque, à penser à de telles choses, mais il avait vu bien plus grave. Il faudrait qu'il se renseigne. Mais avant, rejoindre Anaïs. Et prendre une douche. Et trouver à boire, si possible, il ne savait même plus comment il faisait pour tenir debout – habitude de privations, sans doute. William ne s'était rendu aux douches que les yeux bandés, il connaissait le chemin. Il sortit dans le couloir et prit l'air le plus naturel possible, sans se rendre compte que ses poignets tachés de sang détonnaient parmi tous les vêtements blancs. Il passa pourtant sans encombre et jeta un coup d’œil aux douches. Personne. On était sûrement au milieu de la nuit, ou un truc du genre, parce que les couloirs étaient presque vides. Parfait, c'était l'affaire de quelques minutes. William se lava, évitant comme il le pouvait de toucher à ses avant-bras et se rhabilla à la hâte avec des fringues propres posés dans des casiers ouverts, sûrement à l'intention des infirmiers. Peu importait.
        William retrouva son chemin vers l'infirmerie dans les couloirs déserts. Il pourrait en profiter pour visiter illégalement l'Institut et s'assurer qu'il pourrait aller partout en cas de besoin, mais Vladimir le découvrirait à coup sur et il pourrait dire adieu à Anaïs. Déjà que William n'était pas dans une situation brillante en ce moment, autant ne pas aggraver les choses. Ses poignets lui faisaient un mal de chien. Il arrivait devant la porte de l'infirmerie quand l'infirmier de garde en sortit – ah, il s'était vraiment écoulé du temps parce qu'il était revenu de sa pause – et lui bloqua le passage. William respira un grand coup. Calme, il ne fait pas ça pour t'agacer. Sauf que si, il faisait ça exactement pour ça. Le jeune homme se décida à lui adresser la parole :

          « Qu'est-ce que vous faîtes ?
         - Toi, cracha l'autre avec une nuée de postillon en pointant une doigt accusateur vers lui, qu'est-ce que tu fais, tu n'as pas à sortir de l'infirmerie, tu n'as pas à faire un pas en dehors de cette pièce sans mon autorisation, c'est compris ?! Si Vladimir l'apprenait, il te renverrait et moi avec ! Ses décisions ne sont pas à prendre à la légère, le règlement c'est le règlement ! »

          Si tu savais comme je m'en balance, de ton règlement. William tenta une nouvelle fois de forcer le passage, sans succès.

         « Laissez-moi passer, siffla le garçon.
        - Pas question ! Tu dois promettre que tu ne tenteras plus ce genre d'idioties ! Je n'ai pas que ça à faire, d'aider un halluciné à tenir ses engagements, et... »

          William avait décroché dès son refus. Il avait réussi à se calmer et cet infirmier foutait tout en l'air ! Il ne savait même pas si Anaïs était réveillée, et il voulait la voir même si ce n'était pas le cas, maintenant ! Il n'allait pas se téléporter, sinon quand il retomberait sur ce mec, il lui passerait un plus grand savon. Quand William pensait qu'il lui suffisait d'un geste pour mettre le gêneur hors d'état de nuire, ses poings se serraient, et il étouffa un gémissement qui n'échappa pas à son interlocuteur, à son grand malheur. L'infirmier eut l'imprudence de tendre la main vers son patient. C'en était trop pour lui.
        William, menaçant, prévint tout de même avant de frapper. Il fallait que son assaillant prenne la menace au sérieux, sinon il ne répondait plus de rien.

       « Ecoutez-moi bien, si vous approchez de plus d'un pas, je vous tue. J'ai pas besoin d'armes pour ça.
         - Dans ce cas, j'appellerai la sécurité ! hurle alors l'autre d'une voix rendue stridente par le stress. Il faut te soigner, voyons, tu ne vas pas rester comme ça, j'ai la charge de ta sécurité.
         - Ne. Me. Touchez. Pas. »

         Si c'était pas assez clair pour lui, William ne savait pas quoi dire de plus. La seule solution qui se présentait à lui était la violence et il se retenait déjà à grand peine de sauter sur lui, la respiration sifflante. Il était acculé contre le mur, et l'autre était dans son périmètre de sécurité et ne s'en souciait même pas ! Merde, mais il voulait vraiment le pousser à bout ! William amorça un mouvement qui allait tout régler une fois pour toute, mais peut-être aussi expulser Anaïs de sa vie à l'Institut.
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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Sam 26 Déc - 22:11

Je fus réveillée par des cris hors de la pièce. Pas des cris de détresse, mais plutôt de colère, comme lorsque l'on engueule quelqu'un. Je serais restée au lit si je n'aurai pas juré avoir reconnu la voix de William dans la conversation. Qu'est ce qui se passait ..? Je me relevais du lit, une mine encore ensommeillée au visage. Pour se réveiller il y avait mieux que des cris venant du couloir d'à côté. Mais je devais aller voir, si William était dans l'histoire c'était obligé. Pieds nus, je remarquais mes chaussures entre-posées au pied du lit. Pas le temps de les mettre s'il y avait un problème, et puis je n'avais pas de chaussettes. Je m'aventurais en dehors de la chambre, avec mes habits trop grands. Le sol était froid, j'étais surprise de remarquer que sans chaussure je ne faisais nettement moins de bruit en marchant. J'ouvris la porte qui me séparait de la salle à côté. J'eus de grands yeux en voyant la situation, pour vous faire une courte description : William était contre le mur, les les bandages de ses mains en mauvais état, un infirmier en face de lui. Et vu la tête du jeune homme il était beaucoup trop proche pour lui. Ne savait-il pas qu'il ne devait jamais le toucher ? Je croyais qu'ils étaient là pour l'aider, or il ne faisait aucun bien cet infirmier, William allait le taper s'il approchait encore. Mais il devrait le savoir quand même ! Je me précipitais vers le jeune homme, lui attrapant directement le bras les yeux levés vers lui. C'était moi, juste moi. Pour le peu qu'il ait peur en sentant ma main l'attraper. Je me mis entre lui et l'infirmier pour être certaine qu'il n'arrive rien.

- Reculez, vous devriez aller relire vos dossiers à son sujet. Ordonnais-je.

Ma soudaine interruption ne dut pas lui plaire en voyant la tête qu'il me faisait : un mélange de surprise et de colère. Hé bah mon grand il fallait réfléchir un peu avant d'approcher. Voyant qu'il n'avait pas l'air d'accord avec ce que je disais, je réitérais d'un ton plus sec :

- Reculez, j'ai dit.

Enfin il accepta, en nous dévisageant William et moi. Ça se voyait qu'il allait mal, l'autre ne pouvait pas accepter tranquillement de s'éloigner ? C'était quoi le problème ? Je le fusillais du regard jusqu'à être certaine qu'il ne reviendrait pas à la charge avant de me retourner vers le jeune homme. Je m'apprêtais à lui prendre la main pour l'éloigner encore plus, mais je me retins. Elles étaient dans un état lamentablement. Je lui jetais un regard qui demandait : « Infirmiers ou autres ? » Bon, pas grave, ce n'était pas la première fois, ni la dernière. Je ne lâchais donc pas ma prise sur son bras et entrepris de l'éloigner. Par contre j'allais quand même devoir faire quelque chose pour ses mains, pour ça je devais demander à l'infirmier. Il nous observait toujours, méfiant. Je n'avais pas l'intention de me barrer avec lui, il avait toujours besoin de soin : physiquement comme psychiquement. Puis désormais s'il avait voulu partir il aurait pu très facilement.

- Vous allez me dire ce que je dois faire, vous, vous restez loin.

William montra son désaccord avec un sublime : « J'ai besoin de rien. » Auquel je ne fis absolument pas attention, occupée à observer la réaction de l'homme en face de nous. Il avait l'air de voter le pour et le contre avant de hausser les épaules et de me montrer la porte d'un signe du bras. William croyait vraiment que j'allais réagir à une telle réponse ? Il pourrait hurler qu'il n'avait besoin de rien, j'aurai trouvé un moyen de le faire entrer de force, qu'il le veuille, ou non. La question était maintenant de qui faire passer en premier. Si je passais en première, William serait juste devant l'infirmier et pas sur qu'il le supporte. Après William le prendrait peut-être mal que je le tienne et le force à avancer, quant à l'infirmier il fallait ne même pas rêver. Je grinçais des dents et tournais le tête vers le jeune homme. S'il le prenait mal tant pis, je n'avais pas trop le choix.

- Aller, viens.

Je le fis passer devant moi, et lui fis signe avancer grâce à une légère pousse dans le dos. La porte n'était pas fermée, il pût entrer sans soucis, sans même utiliser ses mains. Il partit s'asseoir sur son lit, proche du mien, je le suivais tandis que l'infirmier s'avançait vers les tables en fer, au fond de la pièce. Je l'observais, lui, ainsi que les pansements teintés de rouges qui recouvraient des poignets. Pourquoi était-il blessé là précisément ? Pourquoi là plus que les autres ? Je fronçais les sourcils, pensive. Je comptais lui demander le pourquoi du comment, lorsque l'homme de l'Institut me coupa.

- Enlevez-lui ses bandages. Dit-il.

Je jetais un coup d'œil derrière nous. L'infirmier avait un flacon en main, et déposait un liquide sur un tissu blanc. Il n'avait pas l'air de faire tant attention que ça à nous. M'enfin, ce n'était pas le problème. Je m'étais levée pour prendre une paire de ciseau sur la table où il était, puis je revins vers William. Je pris une de ses mains, doucement, coupais un des bandages, commençais à dérouler le tout avec précaution (n'étant pas du milieu, je préférais y aller doucement et lui faire le moins de mal possible), jusqu'à voir l'ampleur des dégâts. La peau était enflée, il s'écoulait un liquide transparent accompagné de sang. La couleur était à dominante rouge. Ce n'était... Pas beau à voir. Mais qu'est-ce qui s'était passé ? Et pourquoi il avait des marques en prime ? Je lui lançais un regard interrogateur, passais de l'autre côté et fis de même avec son deuxième poignet. La chaire était exactement dans le même état. Ça n'aidait pas d'être à moitié évanouie, les détails importants de comment il avait eu ces blessures m'avaient filé entre les doigts, c'est pourquoi je m'inquiétais. J'avais raté à ce point les événements ? Ce n'était pas possible, il y avait forcément une explication pour ça.
L'infirmier commençait à s'approcher, je venais directement vers lui avant qu'il ne soit trop proche. Il arqua en sourcil en me voyant approcher. Oui j'étais chiante, je le savais, mais il ne l'approcherait pas.

- Nettoyez-les plaies maintenant, allez-y doucement.

Il me tendit en même temps le mouchoir blanc qui dégageait une forte odeur d'alcool. Je le pris en faisant attention à ne pas mettre mes mains là où il avait le liquide. Je retournais m'asseoir, près de William, qui n'avait toujours rien dit. J'esquissais un sourire en le regardant. Bon, à mon avis c'était maintenant que ça se corsait. Mes mains devinrent plus froides, je pris sa main droite en premier, tout en essayant de faire abstraction des questions qui se bousculaient dans ma tête. Je déposais une première fois le tissu imbibé sur sa peau meurtrie, délicatement. Il se crispa, je n'avais pas le choix, je devais nettoyer. Je m'étais portée volontaire pour aider, sinon il aurait tout simplement démonté l'infirmier. Je devais assumer maintenant. Je tapotais doucement, lentement sur les zones les plus couvertes de sang, pour bien nettoyer. Je n'appuyais pas trop, je faisais ce qu'il fallait, j'avais l'impression de me débrouiller pas trop mal. Tout ce qui m'importait était que la plaie soit propre et qu'il n'ait pas trop trop mal, même si entre l'alcool et la plaie ça serait inévitable. En même temps, ma deuxième main tenait son bras plus haut, en dessous du coude, en restant malgré tout éloigné de la plaie. Mon pouce passait et repassait en une délicate caresse sur sa peau intacte. Je me rapprochais de lui, jusqu'à ce que nos jambes se touchent, je pus ainsi mettre son bras à moitié sur moi, ce qui fut plus pratique.

- Comment t'as eu ça ?

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Dim 27 Déc - 0:45

        C'était certain. Si elle n'avait pas été là, l'infirmier aurait déjà la tête encastrée dans le mur. Anaïs arriva pile au bon moment, quand William allait mettre à profit son savoir en matière de combat rapproché. Y'a des jours, comme ça, où valait mieux pas se poser de questions. William ne tourna même pas la tête quand il entendit la porte s'ouvrir. Ça aurait pu être n'importe qui, il s'en fichait éperdument, le regard fixé sur la silhouette devant lui. Il avait l'impression que son interlocuteur buté approchait encore, et William savait que ce n'était pas le cas, mais son cerveau lui envoyait quand même des signaux de terreur de plus en plus forts, histoire de le mettre au supplice. Il sentait ses bras l'élancer affreusement, mais s'il devait les utiliser pour frapper il n'hésiterait pas une seule seconde. Il reconnut Anaïs seulement quand elle saisit son bras, et William eut la présence d'esprit d'arrêter un geste esquisser pour la forcer à le lâcher. La dernière chose qu'il souhaitait faire, c'était blesser Anaïs. Mais déjà, elle ne s'occupait plus de lui, et s'adressait au truc qui l'assaillait à la chose qui lui voulait du mal, au... A la bête qui allait se jeter sur lui dès qu'il aurait le dos tourné. Merde, William, c'est un mec, un homme, un con ok, mais c'est une personne. T'as pas à décider de s'il doit vivre ou pas, en théorie il est là pour aider. En théorie. Pour l'instant, tout ce qu'il faisait, c'était aggraver les choses, et vu sa peur il hésitait fortement à appeler tout de même la sécurité. Mais le regard franc d'Anaïs œuvrait autant sur William que sur lui, et elle parvint à le faire reculer. William se remit à respirer normalement – il s'aperçut qu'il avait bloqué sa respiration durant un temps indéterminé, ce qui expliquait les points noirs devant ses yeux les secondes précédentes. Ça ne lui ressemblait pas, ce genre de truc. Enfin, si, perdre pied comme ça, il le faisait tout le temps, mais la respiration... Il était plus tendu que d'habitude, ou quoi ? Bon, disons que William avait des circonstances atténuantes, il n'avait pas dormi et sa copine avait failli se faire violer la veille. Il suffisait de respirer et de se concentrer sur autre chose, genre, je sais pas moi, une mouche qui vole, une minuscule fissure sur le mur. Manque de chance, les mouches n'existaient pas dans l'enceinte de l'Institut, et les murs étaient parfaitement entretenus. Pas un seul grain de poussière ne traînait, hormis dans la salle délabrée où le pyromane avait trouvé la mort. De toute façon, William ne pouvait pas détacher les yeux de l'infirmier alors que son regard allait de lui à Anaïs. Quoi, ça l'étonnait qu'une fille toute jeune puisse avoir autant d'autorité ? Ou alors, que quelqu'un puisse supporter William ? Oui, ça en étonnait beaucoup, lui le premier, il pouvait comprendre. Par contre, s'il faisait une seule remarque de travers... Les yeux de William étincelèrent dangereusement. Le jeune homme n'avait rien suivi à la conversation mais vu le regard d'Anaïs sur ses poignets, il était grillé. William se décida enfin à quitter l'autre du regard, en lui jetant de fréquents coups d’œil cependant pour refréner les bouffées de panique qui arrivaient par vague. Quitter des yeux l'ennemi, c'était mettre entre ses mains sa vie. Mais non, il ne tentait rien, rien du tout. Anaïs réussit à intercepter son regard, qui lui posa une question muette, du genre : tu as tabassé qui encore ? Mais sans vraiment juger. William secoua imperceptiblement la tête. Ils en parleraient plus tard si elle le désirait, mais devant l'infirmier il ne dirait rien. Il avait déjà assez d'ennuis pour le moment, il était tendu comme un arc. Sa non-prise de médicaments le rendaient paranoïaque, ou quoi ? William se dit distraitement que oui, c'était peut-être le cas. Oh, merde, Anaïs avait l'intention de le soigner, mais qu'est-ce qu'ils avaient de si importants, ses poignets ? Le jeune homme avait mal, très mal, mais il était pas non plus en train d'agoniser. Un « j'ai besoin de rien » sortit de la bouche de William, et Anaïs s'appliqua à l'ignorer superbement. Une grande lassitude s'empara de lui. Punaise, il avait juste envie de s'allonger, de piquer un somme s'il le pouvait, de rejoindre la boucle, et que tout soit fini. Il en avait marre, là, et supporter l'infirmier une minute de plus était déjà assez pénible, alors dix, voir vingt... Malgré tout, il se dit qu'Anaïs était là, et il avait vraiment mal, donc il n'avait pas vraiment le choix. Elle eut la bonne idée de lui faire passer la porte juste après le médecin, et William garda les yeux fixés sur sa nuque, imaginant mille façons très simples de la lui briser.
         William n'était pas un douillet, mais lorsque Anaïs lui ôta, pourtant avec précaution, les bandages qui couvraient ses poignets, il ne put s'empêcher de grimacer à de courtes reprises. Le jeune homme respirait amplement pour faire passer le stress d'avoir les mains occupées avec un tiers dans les parages, et ne s'occupait pas du tout de ce que faisait Anaïs. Ses mains fraîches sur ses bras étaient un contraste troublant avec la chaleur dégagée par les plaies. Ça le démangeait affreusement, mais il se retint. Quand Anaïs posa finalement une question, il mit un temps à comprendre que c'était bien à lui qu'elle s'adressait, absent. Il résuma l'essentiel en un mot :

         « Menottes. »

        Elle n'avait sûrement pas compris le lien entre des brûlures aux poignets et des menottes, mais William n'était pas disposé à lui fournir plus d'explications. D'ailleurs, il n'en eu pas besoin, parce que quand l'infirmier comprit qu'il avait terminé de parler, il prit le relais, et cette fois avec beaucoup plus de détails.

         « Le point faible de la téléportation est la vue. Pour circuler dans l'Institut, on l'a équipé d'un bandeau pour l'aveugler et de menottes à impulsions électriques pour éviter de les enlever. Je ne sais pas parce quel moyen il a réussi à les casser, mais tu as bien de la chance qu'elles aient résisté au feu, jeune homme, sinon tu n'aurais plus de mains ! »

         William haussa les épaules quand il s'adressa à lui. A vrai dire, il n'y avait pas songé. Il ne fichait bien de ses mains au moment des faits, il avait plus important à penser.

        « Franchement, c'était du suicide. »

          Cette fois, William lui lança un regard noir qui traduisait tout ce qu'il aurait pu répondre à ça. Il s'enfermait dans son mutisme, en général son corps réagissait en fonction de ses émotions et Anaïs savait les interpréter – tant qu'il restait calme. Avec raison, l'infirmier s'adressait plus à elle qu'à lui. Il la regarda par-dessus ses lunettes un instant.

        « Néanmoins, je suis très heureux que vous vous en soyez sorti, jeune fille. »

         Puis fouilla dans des tiroirs étiquetés juste à côté de lui pour chercher le nécessaire pour finir les soins prodigués à un patient pas très coopératif. Il revint vers eux. William se crispa, mais il resta à une distance respectable, observant avec attention les plaies.

       « C'est vraiment inquiétant. Nous devrions appeler le Guérisseur pour qu'il l'examine. »

       D'un seul coup, le visage de William se vida de toutes ses couleurs. Il pria silencieusement pour qu'Anaïs refuse. Ne les laisse pas approcher, par pitié, ne les laisse pas s'approcher. Il se fichait d'avoir mal. Enfin, non, surtout si c'était en train de s'infecter, mais il ne se laisserait pas faire si l'autre décidait de le soigner.
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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Dim 27 Déc - 12:29

Je relevais les yeux vers lui, il était sérieux ? Qu'est-ce qu'il voulait que je fasse d'un tel mot ? Il aurait pu ajouter un mot ou deux, pour expliquer un minimum, parce que là ce n'était pas clair du tout. Si je reposais ma question, aurai-je une autre réponse ? Non, sûrement pas, dans ces cas là William retournait dans sa coquille dont il était difficile de l'en sortir. Ce n'était pas gagné, surtout avec les blessures. S'il ne pipait mot, nous n'irons pas loin. Ce fut l'infirmier qui donna quelques précisions en plus. Quelque... Non, il m'expliqua carrément le pourquoi du comment. Je fixais les plaies pendant le développement de la réponse de William. Mon regard passa de son visage, aux poignets. Ses yeux demeuraient fixes, loin, ça allait être dur de le faire parler.
Je souriais discrètement, il avait plus d'un tour dans son sac. Et c'était grâce à lui que j'étais encore ici. Je ne savais pas quoi lui dire, un simple « merci » ne collait pas avec la situation. C'était tellement trop peu pour tout ce qu'il avait fait... Le pyromane aurait tout aussi bien pu le tuer, je m'en serais voulu à vie. Je fronçais les sourcils, me retournais lentement vers le docteur, tandis que William fut bien plus réactif à sa phrase. Ce n'était pas du suicide. Premièrement il était vivant - nous étions vivants - or une suicide devait arriver à la mort, sinon on appelait ça une tentative de suicide. Deuxièmement il avait fait ça pour me sauver, je ne savais d'ailleurs toujours pas comment il avait fait pour savoir que j'étais là. Cachait-il des choses ? Je détournais les yeux, perdue, pour me reconcentrer sur ce que j'étais entrain de faire, n'ayant plus envie de parler de ça. Si l'on pouvait éviter ce sujet un moment, comme une heure ou deux, ce serait déjà fantastique. Nous parlions que de ça déjà avant que je me rendorme, et ça continuait. Juste faire une pause, c'était possible ça ?

- Ouais.... merci.

J'éloignais mes idées sombres en me reconcentrant sur ses blessures. S'occuper l'esprit serait la meilleure solution pour les prochains jours. J'allais devoir me trouver une occupation, et vite.
Je vis très bien la réaction de William face aux paroles de l'infirmier. Pâle, il redoutait le futur contact. Pourtant, il ne pouvait pas rester ainsi, ça prendrait des semaines pour se guérir entièrement, ce qui serait idiot puisqu'il y avait un particulier capable de le soigner bien plus vite. Pensive, je continuais ce que je faisais sans donner plus de réponse que ça. Si je disais non, il ne guérirait pas, du moins pas avant longtemps. Si j'acceptais il me détesterait, c'était certain. Que faire alors ? Pourquoi fallait-il que je me retrouve au milieu de ça ? Entre un William qui refusait de dire quoi que ce soit et un infirmier qui ne comprenait pas qu'il ne fallait pas le toucher, j'étais servie. Je serais bien sortie de la chambre directement si j'avais pu. Mais c'était ça, je ne pouvais pas. Et je devais trouver une solution.

- Il faut qu'il dorme. Dis-je comme pour moi-même.

Mon regard passa de l'infirmier, qui me regardait, au jeune homme. L'idée germait, ça allait être compliqué, il ne serait sûrement pas d'accord, mais je devais la être la seule qu'il écouterai. Je me relevais pour m'approcher de l'homme de l'Institut.

- Je vais me débrouiller pour le reste, vous pouvez sortir ? L'option du Guérisseur sera là si ça ne s'améliore pas, dans le pire des cas.

Le médecin jeta un dernier coup d'œil à William, puis s'avança vers les tables de fer du fond, je le suivais. Il ouvrit un des placards et en sortit un rouleau de bandage, il me montra ensuite le produit à utiliser, accompagné de quelques explications. Je casais le tout dans ma mémoire, pressée qu'il sorte enfin de l'infirmerie.  Je ne m'étais pas trop mal débrouillée, même si c'était difficile à dire puisque William n'avait jamais ouvert la bouche pour faire de commentaire. S'il avait eu mal j'imaginais qu'il l'aurait tout de même dit.

- S'il y a un problème, je serais à côté, je passerais d'ici une heure voir si tout va bien.

Je hochais la tête, le suivais de nouveau, et refermais enfin la porte derrière lui. La pièce fut immédiatement plus silencieuse. L'air semblait encore plus lourd que tout à l'heure, rien d'agréable, juste des choses accentuerait mon malaise. Je m'appuyais sur la porte, les yeux clos. ça, c'était fait. Nous étions un peu plus tranquille, pour le moment. Je pris le rouleau sur la table, les tissus et l'antiseptique. Je devais bien finir ce que j'avais commencé. Sans lui adresser le moindre mot, je repris mon travail, désinfectant les plaies, nettoyant le sang, enroulant ses mains dans le bandage. Je fis de même avec sa deuxième main, qui avait tout autant souffert que la première, je ne saurai dire où les blessures étaient les plus importantes, je n'étais pas du métier. Finalement, une fois mon travail terminé,  je me redressais lentement, repartis ranger le matériel, et pour finir me rasseyais à côté de lui. Je craignais ce qu'il allait dire, cependant je n'avais pas le choix. J'y allais de manière sèche, en fixant les cernes qui se plaçaient sous ses yeux depuis déjà un moment. Pas la peine de chercher, pendant que je dormais lui n'avait pas dormi. Alors c'était l'heure d'échanger les rôles. Il allait dormir, j'allais rester éveillée, surtout avec ce que je comptais faire, je ne pouvais pas me permettre de m'endormir à mon tour par la suite.

- Je veux que tu dormes, William, pas la peine de me contre-dire, je ne te laisse pas le choix.

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Dim 27 Déc - 23:36

        William entendit la porte se fermer. La tension retomba immédiatement maintenant que l'infirmier n'était plus là. Ses épaules se détendirent instantanément, il se remit à respirer correctement, le dos plus droit, toujours en alerte cependant. Le jeune homme bénissait Anaïs qui avait trouvé le moyen de le faire partir. Elle revint continuer ses soins sans un mot. William se demanda vaguement si elle lui en voulait pour une quelconque raison. Mais non, elle devait juste être concentrée sur ce qu'elle faisait, et le jeune homme garda un visage inexpressif malgré les vagues de douleur intenses à certains moments. Il était comme anesthésié, il attendait juste que ça passe, qu'elle ait fini, pour revenir à la vie. Il n'y avait plus qu'Anaïs avec lui, ça ne devrait pas être trop difficile. Comme il regrettait que cette infirmerie n'ait pas de fenêtres ! Rien qu'un paysage enneigé, que savoir qu'il était presque dehors, lui ferait un bien fou. William ferma les yeux une demi-seconde, en se répétant que, pour l'instant, espérer ce genre de choses ne l'aiderait pas du tout. Il devait se le graver définitivement dans la tête pour avancer. Ça ne diminuerait en rien sa joie quand il retrouverait le soleil, mais ça lui éviterait de passer son temps à désespérer alors qu'il était censé travailler sur lui-même. Il se demanda quand on lui reprocherait d'avoir tabassé à mort un des patients. Jamais, avec un peu de chance, parce qu'il l'avait fait pour sauver Anaïs. Si elle n'avait pas été impliqué dans l'histoire, il aurait écopé à coup sur d'une punition bien plus conséquente qu'une simple remise en place verbale par un infirmier de passage. Et il ne fallait pas oublier les deux autres qu'il avait assommé en partant à la recherche d'Anaïs, mais s'ils n'écopaient que d'une grosse bosse, ça ne devrait pas poser de problèmes, non ? William commençait à avoir mal à la tête à force de réfléchir, ça ne lui réussissait pas du tout. Gamberger, c'était vraiment pas son truc, apparemment.
          Ce n'est que lorsque Anaïs parla qu'il se rendit compte de sa présence à côté de lui. C'était quoi son problème, elle n'allait pas s'y mettre elle aussi ? Il n'avait besoin de rien, c'était pas compliqué, non ? William ravala une remarque acerbe, en se rendant compte que c'était Anaïs, qu'elle ne voulait que son bien, même si c'était plutôt agaçant à cet instant. Avoir quelqu'un qui se préoccupe de lui, il avait perdu l'habitude. Ils ne pouvaient pas discuter normalement, attendre que ça se passe, et finalement décider de faire quelque chose, n'importe quoi qui n'impliquait pas des infirmiers en ligne de mire ? Non, bien sur, c'était déjà miraculeux qu'ils le laissent en liberté dans l'Institut, il ne fallait pas trop en demander. Et puis, qu'est-ce qu'ils pourraient faire, dans un endroit comme celui-ci ? Dans un hôpital psychiatrique ? A l'origine, Anaïs n'avait rien à y faire, rien du tout. William baissa les yeux et se remit à tripoter ses nouveaux bandages, mais arrêta en se rendant compte que c'était plutôt douloureux comme réflexe. Si cet infirmier ne s'était pas pointé... Ok, il aurait encore plus mal aux bras, mais il serait surtout sorti de cet espèce d'état de panique où tous ses sens étaient en éveil et qui l'épuisait au plus au point parce qu'en général dans ces moments-là il ne pouvait pas tenir en place. Et il allait se retrouver à faire les cent pas dans la salle, de nouveau.

         « Non. »

        C'était simple, il n'allait pas dormir, parce qu'il ne pouvait pas, parce qu'il ne voulait pas, peu importait, il n'avait aucune envie de passer ses nerfs sur Anaïs même si la tentation était grande, donc une réponse aussi courte l'arrangeait. Il fallait qu'elle abandonne cette idée sur le champ, c'était pas le moment. C'était mal connaître Anaïs, cette fille n'abandonnait jamais. Elle l'attrapa par les épaules, et tenta de le faire s'allonger. William se téléporta à un ou deux mètres, debout – il n'avait pas eu le choix, sinon il aurait pu être violent en la repoussant, et se mit à hurler sans pouvoir se retenir :

         « Bordel, j'ai pas d'ordres à recevoir de toi ! »

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« Elle est mon plus grand péché, et j'irai avec joie en enfer pour elle. »



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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Lun 28 Déc - 0:38

Il se fichait de moi ? Il était épuisé, qu'il n'essaye pas de nier, on ne voyait que ça sur son visage ! Il voulait sérieusement jouer à ça maintenant ? Il ne pouvait pas, pour une fois, accepter ce que je disais et se reposer !? Juste une fois !  Il en avait besoin ! Je serais les dents, en ignorant royalement son « non ». Ce n'était pas ça qui allait m'en empêcher, il dormirait, point à la ligne. Je l'attrapais par les épaules en essayant de l'allonger. William se téléporta plus loin dans le pièce, sous mon regard contrarié. À des moments je me demandais pourquoi il devait savoir se téléporter, ne pouvait-il pas être empathe, savoir cloner les gens ou je sais pas moi avoir un autre don et ainsi ne pas pouvoir s'échapper comme ça ! Pourquoi refusait-il de dormir ? J'étais là, il n'y avait personne d'autre, tout était calme. Je ne voyais pas le problème. Je me relevais immédiatement face à ce qu'il venait de dire. Alors maintenant ça le gênait que je m'inquiète pour lui ? Que je l'oblige à faire des choses pour le bien de sa santé ? Il préférait que j'ignore sa fatigue pour ne m'occuper que de ma pomme ? Ça serait simple, trop simple, quoi que, avec ce que je venais de vivre je commençais à en douter. Franchement, si je commençais à devoir m'occuper de moi et et lui, je ne tiendrais pas longtemps. Qu'il m'écoute, pour une fois, qu'il accepte je n'en demandais pas trop quand même ?
En temps normal, c'était lui qui m'obligeait : avec Enora, lorsqu'il avait longtemps insisté pour que je dorme. Avec Alec, où il m'avait gueulé de foutre le camp et à sûrement d'autres moments qui n'étaient pas restés gravés dans ma mémoire. Et moi, dans tout ça, je ne l'avais jamais vraiment obligé à quelque chose. Maintenant il allait me faire une crise parce que je voulais qu'il dorme et qu'il en avait besoin ?! Il se fichait de moi, ce n'était pas possible autrement. Il me prenait pour quelqu'un d'autre. J'avais limite l'impression de n'être qu'une inconnue dont il ne supportait plus les conseils.  
Pour une fois, j'en avais marre de garder mon calme, marre de devoir avoir deux tonnes de patience pour avoir des résultats. Marre de devoir encore tergiverser pour son bien être alors qu'il était blessé et mal en point ! Alors non, pour une fois je ne sus pas garder mon calme : je criais moi aussi, même pas dix secondes après lui, plus fort :

- Tu crois que ça m'amuse ? T'es crevé, c'est on ne peut plus visible ! D'habitude c'est toi qui me donne des ordres, c'est d'ailleurs quelque chose que tu fais très souvent, alors pour une fois tu vas m'écouter, aller dans ce lit, et dormir !

C'était peut-être la première fois qu'il me voyait crier à ce point. La plupart du temps je savais me contrôler. Mais là, ce qui s'était passé hier, et maintenant lui qui refusait de reprendre des forces ... Mon self-controle se perdait, je n'en avais même plus du tout. Puis au final, ce n'était pas si désagréable que ça, de crier un bon coup.

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Lun 28 Déc - 11:23

         William se maudit d'avoir réagi ainsi, il s'était dit qu'il ne crierait pas sur Anaïs quelques instant plus tôt et où en était-il rendu ? Exactement à faire le contraire ! Il y avait des fois où il se demandait si ça tournait rond dans sa tête. Apparemment non, sinon il ne serait pas là. Perturbé par l'idée qu'il ne devait pas faire ce qu'il était en train de faire, à savoir s'engueuler avec Anaïs, il se mit à faire les cent pas, résistant à l'envie de se prendre la tête dans les mains. Non, pas de crises, pas maintenant, pas devant elle. Il devait désamorcer la bombe avant qu'elle n'explose. William se frotta la joue de sa paume devenue rêche à cause du bandage, comme pour se réveiller, comme pour se ramener dans le monde des vivants, alors qu'il ne l'avait pas quitté, pas encore. Il ne voulait pas que les fantômes sortent de sa tête alors qu'il devait aider Anaïs, il fallait qu'ils se tiennent à distance encore un moment, juste un petit moment... Il en venait à se supplier de ne pas perdre les pédales, c'était ridicule. Et Anaïs... Qu'est-ce qu'elle devait penser de ça, de ces cris pour rien, de cette nervosité qu'elle devait prendre pour un caprice et qui n'en était pas un ? En tout cas, elle était aussi remontée que lui, de se faire engueuler pour rien, et c'était compréhensible. Putain, Will, mais qu'est-ce que tu fais ?
          Le jeune homme s'arrêta, fixa Anaïs d'un air démuni, se remémorant ce qu'elle venait de dire, et ses yeux s'assombrirent de nouveau. Elle lui reprochait de ne vouloir que son bien, là. Elle lui reprochait toutes ces fois où elle avait été à la limite de tomber dans les pommes et où il l'avait obligé à s'allonger, à se reposer. Mais c'était loin d'être le cas maintenant. Est-ce qu'elle savait qu'il faisait des cauchemars toutes les nuits, qu'il finissait à vomir le peu qu'il avait dans le ventre parce que son corps rejetait comme lui ces visions horribles ? Non, elle ne devait pas savoir. Il ne devait pas attirer l'attention sur lui, mais comment lui faire comprendre que cet état lui était habituel, qu'il combattait continuellement la fatigue et qu'il s'y était fait parce qu'il n'avait pas le choix ? Il avait tant de choses à lui révéler, mais les mots et la volonté lui manquait. Elle n'avait pas à savoir, il n'allait pas lui infliger ça. William se détourna, soudain incapable de supporter ses yeux bleus. Il fallait lui répondre le plus vite possible cependant.

         « Ça n'a rien à voir ! Je vais pas tomber dans les pommes, là, maintenant, si je dors pas ! Et d'habitude... Je te dis ça parce que je m'inquiète pour toi, tu peux pas me le reprocher ! »

         William se tourna vers elle. Brusquement. Mais il ne la regardait pas, ses yeux étaient fixés sur un point invisible au-dessus d'elle.

         « Pourquoi tu ne comprends pas ? » siffla-t-il entre ses dents.

         Il ne savait pas si cette remarque cinglante était destinée à Anaïs ou à lui-même. Sûrement à lui-même.
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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Lun 28 Déc - 14:41

J'avais dormi, après qu'il me l'ait demandé, en toute logique il devrait dormir après que je lui demande. Mais non, évidement il refusait. Je le fixais, sans broncher, attendant une réponse et un mouvement qui ne vint pas. Il n'était pas près de capituler, moi non plus. Mes bras croisés, il détourna le regard. Le mien ne bougeait pas, je ne le lâchais pas, même lorsqu'il tourna en rond dans la pièce.
Soudain, il s'arrêta, et me regarda enfin. Malgré tout, il n'était pas décidé à me regarder très longtemps, il reporta bien vite son attention sur autre chose. Comment devais-je réagir à ça ? La dernière chose que je voulais après tout ça, c'était me disputer avec lui. En temps normal - des personnes normales - n'auraient pas crié ainsi. Ils auraient pris l'autre dans les bras, se seraient reposés, non ? Ils se seraient remis de leur émotion, auraient soigné leurs blessures internes comme externes. Au lieu de ça, nous bataillions pour que l'un dorme, et que l'autre arrête de s'inquiéter. Mais bordel, c'était normal de s'inquiéter après ce que nous venions de vivre !
Ma colère retomba brusquement sous ses explications. Non, effectivement il n'allait pas tomber dans les pommes. Néanmoins je reprenais ce qu'il m'avait dit tout à l'heure : le don du Guérisseur utilisait aussi l'énergie du patient. Et encore non, je ne pouvais pas non plus lui reprocher de l'inquiétude qu'il avait à mon égard. Alors qu'il accepte celle que j'avais pour lui. Celle qui me tenait compagnie depuis qu'il était ici, depuis le falaise, depuis sa tentative de suicide. La peur qu'il ne s'en sorte pas, qu'il soit condamnée et que je ne puisse rien faire. Savoir une personne importante au bord de la mort sans pouvoir faire quoi que ce soit pour inverser le courant des choses, c'était une sensation qui enserrait le cœur, qui nous rendait faible, désespéré, il ne le comprenait pas, ça non plus.
La colère se dissipa de mes yeux, je desserrais les bras, m'approchais de lui. Une fois proche, je réprimais mon envie d'être dans ses bras.

- Parce que je m'inquiète pour toi, moi aussi. Parce que tu es mal et que je veux t'aider, parce que au fond je sais que je suis incapable de te venir en aide, alors j'essaye d'améliorer les choses quand même.

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Mar 29 Déc - 0:49

         Les émotions que ressentaient William à cet instant devaient se lire comme dans un livre ouvert tant son désarroi était grand. Elle ne comprenait pas que c'était ça, tout le problème ? Que la raison de son emportement tenait, entre autres, dans une toute petite phrase, la première qui était sortie de sa bouche, qui avait glissé de ses lèvres aussi naturellement qu'une source jaillit de la terre ? Mais au lieu d'avoir l'effet escompté, au lieu de guérir les plaies et d'apaiser le cœur, cette eau répandait la maladie autour d'elle, meurtrissait la terre qui l'avait vu naître, et avant que celle-ci ne s'en rende compte, la souillait si profondément que jamais plus rien ne viendrait y pousser. William ne désirait qu'une chose, qu'il cesse d'être un problème pour elle, le centre de ses inquiétudes, un puits sans fin de cauchemars et de supplices. Brutalement, il s'était rendu compte, cette nuit-là, de tout ce qu'elle avait donné pour rester avec lui, jusqu'à s'en faire agresser, jusqu'à presque en crever, et de tout ce qu'elle donnait encore. Comment pouvait-elle supporter ça ? Pourquoi ne lui en avait-elle jamais fait le reproche ? Lui se le reprochait bien assez, auriez-vous pu dire, mais elle n'en savait rien avant cette conversation, où le nœud du problème allait enfin lui être dévoilé. Un problème parmi tant d'autres, parmi la horde qui se pressait à leurs portes, n'attendant qu'un prétexte qui l'entrebâillerait pour se déchaîner et s'acharner à les séparer. Ils en avaient plus que les autres, en raison de leur passé douloureux. De son passé douloureux en particuliers, car Anaïs avait réussi à tout surmonter, jusqu'à hier, ou avant-hier. Il avait échoué à la protéger, et comme le reste, cela le rongeait. Réussiraient-ils vraiment un jour ? A cesser de s'en vouloir, de ressasser le passé, à arrêter de vivre au jour le jour pour se tourner vers l'avenir ? William en était-il simplement capable ? Il y avait des fois où ça lui semblait impossible, improbable. Où il se traitait d'idiot d'avoir simplement espérer. Mais si cela lui permettait d'avancer, était-ce vraiment une mauvaise chose ?.. Il devait avancer, mais il ne l'avait pas fait assez vite ! Et maintenant qu'Anaïs avait été touché en plein cœur, il n'était pas là pour elle, il l’entraînait vers le fond au lieu de l'aider à se redresser.

         « C'est ça ! Tu ne devrais pas à avoir à t'inquiéter pour moi ! Tu ne devrais pas t'inquiéter de savoir si j'ai dormi ou si j'ai pris mes médicaments, si je vais… Si je vais péter les plombs dans la minute qui suit, ou n'importe quoi de ce genre ! »

         William déglutit difficilement. Il était mal à l'aise, parcouru de tics nerveux, incapable de tenir en place, incroyablement vulnérable face à Anaïs. Il n'avait pas l'habitude d'être vulnérable de cette façon, de prononcer à voix haute ces mots qui lui brûlaient l'esprit. Exprimer ce qu'il ressentait était une épreuve, parce qu'il devait trouver les mots, les accrocher entre eux, former des phrases qui correspondaient à la tempête qui régnait en permanence dans son cœur. Elle se calmait quand Anaïs était là, mais jamais pour très longtemps. Il voulait être là pour elle, et il lui semblait que ce n'était pas possible. Sa voix dû le sentir, parce qu'elle se brisa.
          William fixa Anaïs, détaillant ses yeux qui n'avaient pas besoin des lumières des néons pour être illuminés de l'intérieur. Ceux du jeune homme, au contraire, paraissaient beaucoup plus sombres qu'au premier jour.

           « Je devrais être normal pour toi, Anaïs. Je devrais l'être, et j'y arrive pas. »

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Mar 29 Déc - 16:39

Ah bon ? Je n'avais jamais vu les choses ainsi. Je ne devais pas les voir ainsi. Pourquoi voulait-il ça ? Je ne le suivais pas, pour une fois je ne comprenais plus où il voulait en venir. Depuis toujours j'essayais de mesurer mes paroles pour que, justement, il ne péte pas les plombs, je m'inquiétais lorsqu'il était blessé, c'est pareil pour lui dans mon cas. Il m'obligeait à dormir comme je l'obligeais à dormir. Ça avait toujours été comme ça, la seule chose qui changeait c'était ses médicaments. La seul fois où nous en avions parlé, enfin où il en avait parlé c'était après notre chute du lit, il y a maintenant quatre mois. Je n'étais ni pour ni contre, je ne lui avais pas demandé s'il les avait pris ou non. En somme, à part ça, rien n'avait changé, pourquoi reprochait-il ces choses maintenant ?
Je réfléchissais à quoi répondre. Tout était clair dans mon esprit, mais c'était bien plus compliqué de le convaincre.

- Si, si j'étais dans ton cas, que ferais-tu, toi ? Je m'inquiète comme tu t'inquiètes quand moi je suis mal, il n'y a aucune raison pour que ça n'aille que dans un sens. On est ensemble, William.

Le normalité ? Il désirait être normal ? Mais enfin c'était impossible ! Pour nous comme pour n'importe qui ! Les particuliers étaient ceux qui ne seraient jamais normaux. Leur don les différenciaient, leur manière de penser également de ce fait. Ils restaient à tout jamais une branche à part de l'espèce humaine. La normalité n'existait pas. Même chez les humains.
Ses paroles étaient ... Touchantes. Et désespérantes à la fois. C'était gentil, peut-être même agréable de savoir que c'était pour moi qu'il faisait ces efforts, mais il n'avait pas à devenir normal, ni pour moi, ni pour quiconque d'autre. Il devait avant tout se sortir de là, aller mieux, non pas chercher à devenir autre chose que ce qu'il était. Pourquoi j'étais revenue jour après jour dans la forêt ? Ma curiosité avait été piquée, j'avais voulu connaître ce qu'il renfermait, pourquoi était comme ça. Pourquoi il était différent des autres. La normalité était lassante. Je ne voulais pas qu'il change. Comment faire pour qu'il le comprenne ? Qu'il se rentre ça dans la tête une bonne fois pour toute ? Qu'il arrête enfin de douter malgré tout ce que j'avais beau dire ? Je ne savais pas, j'avais l'impression de parler dans le vide, que quelque soit mes efforts pour me faire entendre ça serait entendu, réfléchi, puis renvoyé par ses propres idées. C'était comme un miroir. Il y avait ce que nous pouvions choisir d'être, d'écouter, de comprendre et il y avait, de l'autre côté, ce que nous étions en ce moment même. Sauf que William, lui, fixait son propre reflet, et ne voyait pas ce qu'il y avait à voir. Il ne me voyait pas, derrière lui, toujours là.
Je secouais la tête pour nier ses paroles.

- Tu te rends compte des idioties que tu me dis là ? Tout ce que tu viens de dire, c'est ridicule. Tu n'as pas à être normal, tu n'en as pas besoin. Tu comprends ça ? On est dans un asile, on est entouré d'autres fous, je sais, ils te prennent pour fou, aussi, tes cauchemars te traumatisent et te tuent petit à petit, j'en ai bien trop conscience, je le sais tout ça ! C'est toi qui ne comprend pas que je ne veux pas te laisser là, que je ne veux pas t'abandonner, que j'ai peur de te perdre, que j'ai peur que tu sombres pour toujours et que je ne puisse pas te rattraper comme à la falaise. Je n'ai pas besoin que tu deviennes normal, tu cherches trop compliqué, je veux juste que tu t'en sortes.

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Jeu 31 Déc - 1:22

         William se rembrunit en entendant son premier argument pour le faire changer d'avis. Anaïs comme lui ? Non, c'était impossible, ça ne lui arriverait jamais. Il était déjà trop mortifié par son récent traumatisme, parce qu'elle avait été blessé à cause de lui, il ne tolérerait jamais qu'elle vive ce qu'il avait vécu. Jamais. Elle risquerait de ne pas se relever, et... Non, il ne la laisserait pas faire. Quitte à revivre une autre fois son enfer personnel, il ne la laisserait pas découvrir le sien. Même s'il se savait en phase de ne pas se retrouver après ça, il n'hésiterait pas. Ça la détruirait comme ça l'avait détruit lui, et alors il n'y aurait plus personne pour leur redonner espoir.

        « Tu seras jamais dans mon cas, Anaïs, lança-t-il en lui jetant un regard dur. Je te protégerai. »

         L'espérance qui ne meurt jamais, c'était des conneries, un conte fabuleux qu'on racontait aux enfants pour qu'ils n'aient plus peur. Rien n'était vrai. Sans le regard d'Anaïs, ses encouragements, ses cris aussi, William ne serait plus de ce monde depuis longtemps. Et c'était encore ce qui se passait maintenant, aujourd'hui. Elle le rassurait, elle lui ouvrait les yeux. William avait bien conscience que ce débat avait démarré d'une manière si ridicule qu'il aurait pu en rire si ce n'était pas si grave pour lui, mais il avait besoin de clarifier les choses en permanence. Besoin qu'elle lui répète ce qu'elle avait déjà dit, besoin d'entendre de sa bouche qu'il avaient un avenir, qu'il y avait un avenir. Il se remettait en cause systématiquement à certains moments, et c'était dans ces instants-là qu'il avait besoin d'elle. Sans le savoir, elle venait de lui éviter une crise. Enfin, sans le savoir, les prémices avaient du se voir, ils n'étaient pas discrets, mais à présent l'hystérie s'éloignait, il reprenait le contrôle. C'était comme… Comme si Anaïs avait ordonné à son cœur de battre moins vite, à sa respiration de revenir à la normale, à ses tremblements de cesser. Et que sa recette miracle avait marché.
        Alors… Ce n'était pas ce qu'elle voulait ? D'un type réglo, qui pourrait lui offrir ce dont beaucoup de femmes rêvent ? Elle ne voulait pas juste qu'il soit, qu'il devienne… Normal ? Disons, normal pour un particulier ? William faillit éclater de rire. Il n'en revenait pas. Il avait imaginé tant de choses à sa place, ce qu'elle voulait, ce dont elle rêvait, il s'était fait des idées et il y avait de quoi rire. Alors qu'elle lui avait déjà dit ce qu'elle souhaitait, revenir dans la boucle avec lui. Pourquoi ne l'avait-il pas cru ? Ça leur aurait évité de s'engueuler pour si peu, d'avoir cette discussion qui ne rimait à rien. Mais… Ce qu'elle voulait était-ce ce dont elle avait besoin ? Quelqu'un comme lui ne serait jamais présent entièrement avec elle. Une part de son esprit était toujours obnubilé par ce qui le hantait. William repoussa cette idée, elle n'exigeait pas de lui qu'il soit normal et… C'était le principal.
William, les bras ballants, s'arrêta et la regarda. Elle ne lui avait jamais parlé de sa hantise qu'il n'arrive pas à s'en sortir, de son impuissance qu'elle croyait réelle. Elle ne mesurait pas la portée de ses actes, l'impact qu'ils avaient sur lui, elle ne savait pas combien il l'admirait, combien il l'espérait. Même lors des pires moments, et il y en avait eu, quand il avait su qu'il avait tenté de la tuer, quand il avait vu son visage se décomposer lorsqu'il lui avait dit très calmement qu'il ne voulait plus d'elle, être avec elle était bien mieux que demeurer dans la solitude. Il était stupéfait qu'elle ne voit pas ça. A cet instant, il aurait voulu lui donner ses yeux pour qu'elle se voit telle qu'il la voyait lui. Parfois, l'ampleur de ce qu'il ressentait pour elle l'effrayait. Si elle ne l'aimait pas aussi fort que lui l'aimait, il ne savait pas ce qu'il ferait. Ce dont il était certain, c'était que si tout s'effondrait sous leurs pieds, là, maintenant, elle serait la dernière à tomber parce qu'elle avait toujours été la plus courageuse.
        William secoua la tête, se passa la main dans les cheveux, comme désabusé. Il souriait, un sourire las qui n'était destiné qu'à lui-même.

        « J'en reviens pas que tu penses ça de toi. J'en reviens pas que tu te rendes pas compte que t'es loin d'être impuissante. »

         Il paraissait... A demi-sérieux, sûrement parce qu'il riait de lui, de pas avoir penser à clarifier ça aussi. De pas avoir parler quand il aurait du le faire, comme d'habitude. A son tour de comprendre.

         « T'as aucune idée de ton importance, en fait. A chaque fois que j'ai douté, à chaque fois que j'ai piqué une crise dans cette putain de baraque durant ces derniers mois, je me suis remis sur les rails. Et tu sais à cause de quoi ? Parce que tu as dit que tu m'attendrais. C'est le seul truc… La seule chose qui me fait tenir, souvent. Pas l'envie de retrouver ma liberté, pas l'envie de voir le soleil, pas la prétendue force de mes convictions. Toi. J'ai que toi et j'ai besoin de personne d'autre. T'as compris, ou tu vas m'obliger à répéter ? »

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Jeu 31 Déc - 13:52

On ne peut pas prédire le futur, William, du moins pas nous. Si son entourage d'avant, si sa famille avait su qui allait lui arriver, ce qu'il subirait pendant tant d'année, l'auraient-ils laissé partir ? Auraient-ils risqué qu'il finisse ainsi ? Qu'il vive tout ce qu'il avait vécu et ce qu'il vivait encore ? Non, et ils n'avaient rien pu faire. Les choses viennent comme elles doivent venir , on ne peut pas les changer par la suite. Et vue tout ce qui nous tombait dessus en ce moment je commençais à craindre pour ma santé mentale (et physique). Et pouvait dire qu'il me protégerait, mais il ne pourrait pas toujours, c'était impossible. Pour ça je devrais me trouver proche de lui tout le temps, à la limite entre enfermée dans une pièce. Or, je refusais de vivre ainsi. Advienne ce qu'il advienne, nous verrons bien. Les choses iront peut-être en s'améliorant avec le temps, ça sera dur de faire pire que ce qu'il venait d'arriver.
Je ne répondais rien, me contentant de faire apparaitre un léger sourire comme pour acquiescer à ce qu'il venait de dire. C'était touchant, dans un sens, je ne pouvais dire le contraire.
Il souriait, lui aussi, d'un air plus triste. Qu'y avait-il ? J'avais dit quelque chose de mal ? Il s'expliqua, je ne pus m'empêcher de froncer les sourcils. Je ne faisais absolument rien, je ne savais pas quoi faire et ... Il me disait que j'étais bien plus utile que ce que je le croyais ? Mais comment ..? J'écoutais, en silence, pensive, à ce qu'il disait. Sans montrer la moindre réaction, sans poser de question, juste en changeant de temps à autre la cible de mon regard, qui ne se détachait plus du sol. Le pouvoir des mots ? Lorsque de simples paroles pouvaient redonner espoir et force ? C'était le cas ici ? Non... Je n'avais rien dit, ni fait quoi que ce soit d'extraordinaire. C'était la simple et pure vérité. J'étais prête à dire ça autant de fois qu'il le désirait si ça avait le mérite de l'aider. Je pourrais trouver un nombre incalculable d'autres paroles similaires à celle-ci s'il le voulait. Mais si tout pouvait se guérir avec des mots, imaginez où nous en serions aujourd'hui... Malheureusement, j'avais beau dire plein de chose, c'était à lui de faire la majeur partie du travail. Par contre, rester avec lui, ça, j'imaginais que ça pourrait l'aider.
Je me rendais quand même compte, que j'avais su l'aider sans le vouloir, que mes simples pensées l'avait poussé à continuer. Je relevais les yeux, un fin sourire aux lèvres. J'étais heureuse de ne pas être sans importance pour son bien. D'avoir déjà agi pour l'aider.

- Tu peux répéter ? Demandais-je avec un sourire, rien que pour l'embêter.

Je me rapprochais enfin de lui, passais mes bras et déposais ma tête contre lui, sans rien dire de plus. Je n'avais rien à dire, tout avait déjà était raconté. Nous nous étions expliqués, tout était désormais clair, nul besoin de rajouter quelque chose. Le silence était la seule réponse possible.
Après de longues minutes sans bouger de ses bras, je demandais :

- On peut aller s'asseoir au moins ?

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Jeu 31 Déc - 17:19

       William sentit avec soulagement la silhouette d'Anaïs se rapprocher de lui. Il enfouit son nez dans ses cheveux blonds, mélange de shampoing, d'odeur diffuse de désinfectant et de cendre. Elle était encore là, c'était encore elle, et ce geste spontané de sa part le lui confirmait. Il ne devait pas se laisser aller à penser de telles choses, douter de la véracité de ce qu'il vivait parfois. Il la serra dans ses bras, d'abord timidement, comme s'il hésitait encore, de peur de la blesser, de peur de découvrir, qu'au final, ce moment n'est pas réel. Puis il s'enhardit en se fichant bien d'avoir mal. Il devait se rappeler qu'elle n'était pas la petite chose fragile qu'il avait tendance à materner. Qu'elle n'allait pas se briser s'il la serrait un peu trop fort, qu'elle avait la volonté de faire face coûte que coûte. Il fallait qu'il réussisse à faire la part des choses, entre ce qu'il convenait de faire et ce qu'il croyait qu'il devait faire à son propos. Anaïs n'était pas une chose fragile, mais elle avait tout de même besoin de savoir qu'elle pouvait compter sur lui en cas de besoin, d'être rassurée parfois, comme toute personne normale. Pff… Que c'était compliqué, de dire ce qu'il fallait au bon moment… William noua ses bras autour d'elle, comme pour l'empêcher de partir. Il posa son menton sur sa tête, soufflant sur les quelques mèches rebelles à sa portée, lui chatouillant le cuir chevelu. Il aurait voulu rester comme ça toute sa vie, la tenir dans ses bras pour le reste de son existence lui semblait une alléchante proposition d'avenir.
        Il sourit dans ses cheveux, un peu déçu quand elle proposa de s'asseoir. William n'était pas idiot, Anaïs n'avait en rien abandonné son idée de le faire dormir et s'il n'accédait pas à son souhait elle ne le lâcherait pas de sitôt. Une ombre passa devant ses yeux quand il se remémora malgré lui les images épouvantables qui peuplaient ses nuits. Il résistera – ou pas – jusqu'à un certain point. Pour l'instant, passer du temps avec Anaïs était la meilleure chose à faire. C'était tout le temps la meilleure chose à faire, en fait. Sans lui demander son avis, Anaïs s'éloigna en l'emportant avec lui, saisissant ses doigts de ses mains fines, et les conduisit tout deux jusqu'au lit. William grommela, juste pour la forme, sans pouvoir s'empêcher de sourire en voyant son regard autoritaire, qui voulait dire « si tu m'obéis pas, tu peux t'attendre à des représailles musclées ». C'était à se demander qui était le plus dangereux d'eux deux. William plissa les yeux, comme s'il cherchait à décoder Anaïs.

       « On dirait pas comme ça, mais t'obtiens toujours ce que tu veux. »

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Ven 1 Jan - 16:30

Je lui pris la main, et commençais à le tirer lentement vers le lit. Au moins, cette fois il ne disait rien pour montrer qu'il n'était pas d'accord. Pas de téléportation, il grommelait, mais c'était habituel, ça me faisait plus sourire qu'autre chose. Pourquoi ? Aucune idée, c'était comme ça. Ses petites mimiques, râler alors qu'il acceptait et souriait en même temps me faisait rire.
Sur le trajet jusqu'au lit, je me retournais soudainement. Ce que je voulais ? C'était sûrement que, comme je n'avais jamais eu ce que je désirais, désormais je m'en donnais les moyens. Coûte que coûte. Têtue, comme j'étais c'était assez facile. Après, on pouvait reporter ça et me dire que j'étais une chieuse, bien carrée dans ses idées et qui allait au bout. C'état le cas, sûrement, mais je ne le faisais pas souvent. Je restais butée, très butée, et c'était pour son bien. Même si je n'avais pas été aussi obstinée dans la vie de tous les jours, mon caractère aurait sûrement quand même agi pour que je l'oblige à aller s'asseoir, et se reposer.
Je me retournais vers lui en faisant mine de le regarder avec sévérité, comme avec un enfant. Je souriais, amusée, et levais les yeux au ciel.

- Ouais, j'ai un deuxième don, la persuasion, tu savais pas ? Le dis à personne, ça doit rester secret.

Je n'avais pas besoin de ce don, puis je préférais le mien. La persuasion revenait à la manipulation, c'était bien une des choses que je refuserai que l'on me fasse. Là ? Non, je n'avais pas fait ça il y a quelques minutes. Je n'avais fait que le pousser jusqu'au lit. Debout il ne dormirait jamais, c'était certain, mais avec un peu de chance, la fatigue jouerait son rôle et il s'endormirait sans que je n'ai besoin d'insister plus que ça. Ce qui m'arrangerait bien, je n'avais pas envie de devoir crier une nouvelle fois, expliquer une nouvelle fois, qu'on s'engueuler encore une fois.
Une fois proche du lit, je m'y essayais, me retenant de peu de m'allonger à mon tour. Si je m'allongeais, j'allais aussi dormir, or je ne devais pas. Je remarquais que les manches de mon t-shirt trop grand étaient remontées, je m'empressais de les remettre correctement, et ainsi camoufler les cicatrices. Pour les cacher de lui, ou de mon propre regard ? Question difficile, à laquelle je n'avais pas envie de répondre. D'une grande inspiration, je détournais les yeux pour reporter mon regard si lui. Pourtant, je jetais quand même des petits coups d'œil relativement souvent afin de vérifier qu'elles soient toujours cachées. Je verrais ça plus tard. Je devrais bien m'y faire. Je comptais bien les regarder à un moment, comprendre qu'elles étaient là, mais pas tout de suite. Pas maintenant, pas maintenant... Je repris sa main, comme pour me rassurer. Je devais me changer les idées, ne pas y penser... Trouver un sujet de discussion.

- Alors, tu as plus envie de revenir que la dernière fois maintenant ?

Demandais-je en repensant à la réponse peu convaincante qu'il m'avait sorti la dernière fois.  

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Sam 2 Jan - 23:04

          William s'assit, regrettant malgré lui de ne pas pouvoir s'adosser à un mur. C'était pas de sa faute si l'infirmerie n'était pas foutu comme la chambre d'Anaïs, dans la maison des particuliers. Là-bas au moins, le lit était collé au mur pour disposer de plus de place dans la chambre, même pas besoin de faire l'effort de se tenir le dos droit pour s'asseoir. William allait tapoter la place à côté de lui pour qu'Anaïs s'installe, mais il n'eut même pas besoin de le faire. Il l'observait sans se dérober, savourant la vue. Oh, ne vous excitez pas, elle n'était pas déshabillée, l'énorme tee-shirt qu'on lui avait donné n'était pas transparent, ni rien de ce genre. Non, elle était juste... Belle. Surtout quand elle souriait, comme quand elle lui avait faire la remarque sur son prétendu don de persuasion. Il semblait que son nouveau don ne marchait que sur lui. Ou presque. Non, ce n'était pas comme ça qu'on devait l'appeler, elle arrivait toujours à ses fins parce qu'elle possédait une formidable détermination, dans la plupart des choses qu'elle faisait. A partir du moment où elle décidait que ça valait le coup d'essayer, elle ne lâchait pas avant que les événements aient donné un résultat, positif ou négatif. William comprenait comment elle avait pu survivre à l'abandon de ses parents. Elle avait décidé que vivre valait le coup, malgré ses doutes et la dureté du geste qu'elle avait subi. Elle avait décidé qu'elle n'allait pas crever comme ça, seule dans la rue, qu'elle avait encore un avenir. Qu'il existait encore un avenir heureux quelque part devant elle. Et elle avait marché jusqu'à ce qu'elle l'entrevoit enfin, jusqu'à ce que le poids sur ses épaules s'allège avec le temps et qu'elle puisse se redresser et marcher la tête haute. Elle n'exhibait pas ce qu'elle avait vécu. Cela se voyait juste. Dans son regard vif et tranchant, dans sa posture qui, sans être audacieuse et encore moins orgueilleuse, exprimait sa volonté inébranlable. C'était en là sa plus grande force.
        Mais elle cachait aussi des fragilités. Des failles secrètes qu'elle montrait à très peu de gens. Anaïs avait baissé les yeux et tripotait le bas de ses manches, les étirant pour qu'elle cache au maximum ses bras dénudés en-dessous. Son visage exprimait une peur diffuse, un dégoût, sûrement. William n'arrivait pas vraiment à le décoder, mais cherchait tout de même à le faire. Lui arrivait-il encore de pleurer le soir dans son lit en repensant à ses parents, à sa famille qui l'avait renié ? William n'avait jamais pensé à ça. Il ne lui avait jamais demandé, et il ne le fit pas maintenant, sachant que ça la rendrait triste et qu'elle n'avait pas besoin de ça. Il avait juste envie de la serrer dans ses bras et de lui murmurer des mots doux qui la rassurerait. Mais il ne voulait pas la brusquer.
Comme si elle avait capté ses pensées, Anaïs lui prit la main, simplement. Peut-être pour se rappeler qu'elle n'était pas seule, pour s'en persuader. Pour chercher un peu de chaleur dans cet environnement froid et inconnu qu'était l'Institut. Cela sortit William de ses réflexion et il lui sourit. Il lia leurs doigts ensembles, et tira sur sa main pour l'attirer vers lui, ce qui la fit se décaler au bord du lit. Le sourire du jeune homme augmenta et il se mit à jouer avec ses doigts fins, distraitement.
         Il leva les yeux quand elle lui posa cette question. William se rendait maintenant compte qu'elle avait du prendre son ton peu convainquant de la dernière fois comme si il ne voulait plus la voir, alors que c'était faux. C'était juste que, sur le moment, quand elle lui avait posé cette question... La boucle qu'il avait quitté, la boucle de Miss Tit, lui semblait si loin, si inaccessible... William choisit de ne pas revenir sur ce qu'il avait dit, mais plutôt de chercher si son point de vue sur la chose avait changé.

        « J'ai envie de voir le soleil. La forêt. La mer. Ça m'obsède. Je veux sortir d'ici avec toi. Mais la boucle... »

        William cherchait les bons mots pour exprimer ce qu'il ressentait. Il était neutre, calme. Il ne se plaignait pas, il expliquait juste.

        « Plus je l'imagine, plus je me demande si elle existe vraiment. C'est là-bas que j'ai déconné, Anaïs. Y'a un peu de mes cauchemars là-bas aussi. Je suis pas près à y retourner. Pas encore. »

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Dim 3 Jan - 1:47

Il souriait, je souriais aussi. C'était bon de se sentir au calme, en sécurité, dans une ambiance apaisante que lui seul savait instaurer dans la pièce. Ses doigts passèrent entre les miens, je les regardais, parfaitement entre-croisés ensemble. J'arrivais contre lui, et souriais toujours face à ce geste. Je respirais longuement en m'appuyant contre son épaule, puis déposais ma tête dessus. D'ailleurs qu'allions-nous faire ensuite ? Un jour retourner à la boucle et faire comme si ne rien n'était ? Comme si rien ne s'était passé ? C'était impossible. Nos marques nous suivraient toujours, mes cicatrices resteraient, il aurait toujours des souvenirs de ses cauchemars. L'Institut resterait toujours un épisode important dans notre vie.  L'entrée de William tout comme ça sortie (en priant pour qu'il en sorte bel et bien un jour). Dans ce cas là, resterait-elle un simple passage de l'enfer ? Juste un souvenir parmi tant d'autres qui s'effaceront au file des années ? Pourrons-nous un jour oublier ? Nos peaux en avaient les stigmates et les auraient éternellement. Dans nos esprits étaient gravés ces détails insignifiants peut-être dans la vie de quelqu'un d'autre. Pourtant chez nous ils étaient présents, toujours là. Certains se ficheraient par mal de ces marques qui couvraient les poignets. Mais William ? Comment était son regard si ces choses ? Comment voyait-il la situation désormais que ma peau représentait un souvenir sinistre de ce lieu à elles seules ? Et si ça le rebutait ? S'il m'aimait moins à cause de ces cicatrices qui nous feraient toujours repenser à hier ? Tourmentée par mes propres pensées, je mis un moment à retrouver le courant de la discussion. Il expliquait et j'écoutais. Je me calmais, arrêtais de penser. Je priais pour que ça continu ainsi.
Mais c'était là-bas que nous nous étions rencontrés aussi... Je ne le forcerai jamais à revenir dans la boucle s'il le refusait, s'il ne se sentait pas capable de recommencer. Nous trouverons bien une solution, nous pourrons aller dans une autre boucle, Miss Tit comprendra et Vladimir sera sûrement d'accord pour nous aider. Retourner dans celle-ci n'était pas une obligation. Il y aurait toujours d'autres solutions. Je trouverai toujours quelque chose pour qu'il soit mieux. Si retourner là-bas lui faisait du mal, je découvrirai un autre endroit où nous serons libres, débarrassés de tous nos problèmes.
Pour une fois, sans réfléchir, je m'allongeais de travers sur le lit. Il y avait encore beaucoup à faire avant de sortir. Rien que pour moi désormais. J'allais rester un moment ici, c'était logique, j'allais devoir trouver un moyen de ne plus penser au pyromane. William pourrait m'aider ? Il avait bien réussi pendant des années, non ? Après tout j'étais là pour lui et il était là pour moi. Même s'il ne savait pas me donner de conseil, je savais que je pouvais compter sur lui si j'allais mal. J'aurai toujours sa main tendue vers moi, et c'était pareil pour lui, je serais toujours là en cas de besoin.
L'ampleur de ce qu'il y avait à faire encore était immense. J'avais peur de ne jamais l'atteindre. Mais je devais continuer, comme lui il ne cessait de se battre. J'allais trouver une solution. Il y en avait toujours.

- Tu as le temps, tu sais. Et je te rappelle que je n'ai pas abandonné mon idée de voyager, si tu ne veux pas retourner dans la boucle, nous pourrons toujours aller autre part, tout dépend de ce que tu veux, toi.  

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Dim 3 Jan - 10:46

        Anaïs s'appuya contre son épaule. Elle n'était certainement pas super bien installée comme ça mais si ça pouvait a convaincre qu'elle pourrait toujours s'appuyer sur lui, autant littéralement que métaphoriquement, William n'y voyait pas d'inconvénients. Est-ce que, pour elle, la boucle de Miss Tit représentait beaucoup ? Elle avait vécu là-bas longtemps, très longtemps même, elle connaissait certainement la maison des particuliers par cœur, aussi grande soit-elle. Leur histoire commune avait été écrite là-bas, dans des lieux aussi changeants que la falaise, la clairière, la rivière, sa chambre… Était-ce le moment, dans ce silence reposant, de faire un point sur le chemin parcouru ? William n'était pas du genre à regretter grand-chose. D'ailleurs, ces instant mélodramatiques avaient plutôt tendance à l'ennuyer, voir à l'endormir. Mais il voyait bien qu'Anaïs avait besoin de se faire une idée de l'avenir pour mieux se concentrer dessus. Lui n'avait jamais réussi à le faire, parce que son futur à lui avait toujours été des plus instables, aussi imprévisible que lui. Il en avait conscience. Parfois. En attendant, il avait toujours vécu au jour le jour et c'était toujours le cas actuellement. Ça avait plutôt bien marché. En fait, il avait eu peur de l'avenir pendant un temps, cette chose inconnue qui ne pouvait que lui apporter douleur. Ce n'était plus le cas, parce qu'Anaïs lui avait fait comprendre qu'avenir, c'était aussi synonyme de bonheur. Et le bonheur, c'était incontestablement ce que tout homme voulait atteindre dans la vie. Dans l'éternité, pour eux. Ce n'était pas pour autant qu'elle avait réussi à faire changer sa vision des choses. William n'était pas doué pour se projeter dans le futur, et peut-être que ça lui ferait défaut plus tard. Mais Anaïs en avait besoin, dont, encore une fois, si ça pouvait l'aider… William rit en la voyant s'étaler sur le lit en le faisant légèrement trembler. Mine de rien, elle pesait son poids ! C'était sûrement la puissance de son entêtement qui transparaissait à travers sa force herculéenne.
         Ce qu'il voulait, ce qu'il voulait… Anaïs prenait trop en compte son avis, il se fichait d'où ils iraient après, lui. Tant qu'il pouvait être dehors et qu'elle était là, tout allait bien dans le meilleur des mondes.
Il se laissa tomber sur les couvertures à côté d'elle, faisant encore plus trembler le lit.

        « J'irai où t'iras, c'est toi la fille intelligente dans l'histoire, je te signale. »

        Sur ce, il fit un truc qu'il avait envie de mettre à profit depuis longtemps. Il se mit à la chatouiller. Et il ne comptait pas arrêter avant qu'elle demande grâce.

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« Elle est mon plus grand péché, et j'irai avec joie en enfer pour elle. »



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