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 L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Jeu 31 Mar - 16:52

"QUOI ?
         - Vlad, calme-toi, je suis désolé, je...
      - Tu as laissé faire quoi ? Pourquoi diable cette section n'était-telle pas fermée ? Comment se fait-il que vous ne soyez pas arrivé à temps ? Comment se fait-il qu'un invité ait été prise en otage par un patient sans que vous n'interveniez ? Grands dieux, c'est complètement insensé !
"

      L'homme se retourna brusquement et son poing s'écrasa sur le bureau. Son interlocuteur sursauta violemment, effrayé. Vladimir fit le tour du bureau, un doigt accusateur pointant son subalterne. Il était hors de lui.

       "Combien as-tu violer de règles exactement ? Combien ?
      - Trois mais...
      - Trois ?! UNE SEULE BAFOUÉE ET C'EST LE RENVOI ! A quoi joues-tu, tudieu ?!
"

      Vladimir se passa une main sur le visage et retrouva son sang froid en quelques secondes. Son subalterne jugea avec intelligence qu'il faisait mieux de se taire.

      "Je veux un rapport de chacun des témoins avant ce soir. Il faudra trouver une solution pour le numéro trente-trois. Et pour le numéro vingt-six. Je dois parler à Miss Young dans les prochaines heures, pour régler vos stupidités. Autre chose ?
      - Une victime à déplorer. Rachel.
"

     Vladimir marqua un temps d'arrêt, soupira puis écrasa son cigare déjà éteint dans le lourd cendrier.

      "J'irai l'annoncer à sa sœur. Suivez la procédure pour le corps.
      - B-Bien. Vlad, je...
      - Évite de parler si tu n'as rien d'intelligent à dire,
dit-il d'un ton affreusement badin, juste avant qu'une alarme retentisse dans la pièce. Quoi encore ?"

      Joseph - car il s'appelait Joseph - s'était déjà levé de son siège et précipité vers une partie de la pièce qui tranchait radicalement avec le reste. Des bibliothèques alourdies par les livres et les objets rares, un épais bureau en bois sombre et des sièges hors de prix, tout était impeccablement rangé, jusqu'aux stylos alignés au millimètre près.
Joseph était assis devant un autre bureau, celui-ci équipé de tout un système d'écrans et de communication.

     "Activité anormale secteur deux - Joseph fronça les sourcils. - c'est l'infirmerie.
      - L'image ?
      - Voilà.
"

      Vladimir se pencha vers l'écran dont l'image grésillait. A côté des écrans de contrôle, un interphone débitait des ordres rapides.

      "C'est le patient numéro trente-trois, il s'attaque à Miss Young.
       - Totalement hors de contrôle
, siffla Vladimir en le voyant s'approcher encore et encore. N'intervenez pas."
      Joseph se tourna vers lui.

       "Quoi ? Mais c'est de la folie !
       - Fais ce que je te dis
!"

       Vladimir appuya sur l'appareil et se mit en écoute, couvrant les voix qui en sortaient.

       "Ici Vladimir. N'intervenez pas.
      - Je... Bien Monsieur. Restez en retrait ! A toutes les unités...
"

       Vladimir relâcha la pression sur le bouton de l'appareil, les coupant du réseau d'écoute, et s'assit sur le fauteuil le plus proche, rembourré, qui datait du XVIIIième. Joseph pivota vers lui, le visage défait.

      "Il va la mettre en...
      - Je ne risquerai pas une fois de plus la vie de mes hommes avec lui. Trois ont déjà survécu de justesse. Et il ne va rien lui faire.
"

      Vladimir s'appuya sur ses coudes, le menton sur les mains, scrutant les deux silhouettes à l'écran.

       "Il ne va rien lui faire..."

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Jeu 31 Mar - 21:59

       Il y avait une chose qui s'était cassé en lui quand il était arrivé ici. A moins que, justement, ce ne soit avant qu'il n'arrive que son contrôle de soi s'était déjà barré depuis longtemps. Il avait été licencié pour abus de confiance, ou alors il en avait tout simplement eu marre du bordel qu'il était obligé de recoller les morceaux après des coups d'éclats comme celui-ci dans lequel il avait déjà tout donné pour que William ne fasse pas de bêtises. Parlons-en, de William. Il était la proie de ses émotions, incapable de les canaliser, incapable de passer outre. Il l'avait toujours été, mais maintenant que son self-control avait rendu les armes, ça partait en cacahuètes plus vite que prévu. Il n'avait comme qui dirait pas vraiment conscient de sa propre force. Sauf que, malheureusement pour lui, il y avait un moment où il ne pouvait plus reculer, où il était acculé contre les murs de sa conscience, et où il fallait se battre. Se battre pour quelque chose de juste, et si l'on a rien à quoi se raccrocher, alors il faut chercher plus profondément en soi. L'homme a besoin de croyances, il a toujours fonctionner ainsi et William ne faisait pas exception à la règle. Chez lui le problème n'était pas de répondre à la question : en quoi crois-tu, mais plutôt, en qui crois-tu. Petit détail : la personne en qui il croyait était juste en face de lui, donc au mauvais endroit au mauvais moment. Soit ils n'avaient vraiment pas de chance, soit William attirait les ennuis comme un aimant, ou, troisième option, les créait sans cesse. Il y avait un peu des trois, sûrement, mais ça n'allait pas aider Anaïs à cet instant.
        William était proche, beaucoup trop proche d'Anaïs. Il avait envie de la frapper, mais ce n'était pas à cause de la proximité - quoique, ça devait aussi jouer - il avait envie de frapper n'importe quoi, il avait besoin de passer ses nerfs sur quelque chose - sur quelqu'un - et la seule dans les parages était la jeune fille. ça n'avait rien à voir avec sa phobie du contact et la violente réaction qu'il avait quand quelqu'un le touchait. C'est cette réflexion qui réveilla la raison de William, celui qui réfléchissait encore à ses actes et n'était pas aveuglé par la rage. Il n'était pas obligé de le faire. Il avait le contrôle. Ou plutôt, il pouvait s'empêcher de commettre l'irréparable. Il en avait le pouvoir.
       Il en avait le pouvoir.

      « Putain Ana. » siffla-t-il, en proie à un combat intérieur violent.

       William ne toucha pas Anaïs. Il s'en était fallu d'un cheveu, son poing alla s'écraser non loin de sa tête tandis le jeune homme se battait farouchement contre lui-même pour ravaler sa colère. Pour ne pas lui faire de mal. La douleur lui rafraichit - un tout petit peu - les idées et il se téléporta à l'autre bout de la pièce, balança tout ce qu'il y avait sur une autre table (qui, celle-ci, n'était pas contre un mur et devait servir au médecin quand il était de garde) par terre et s'appuya dessus, respirant par à-coups, tournant le dos à Anaïs.

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Ven 1 Avr - 12:59

Ne pas. Utiliser. Son. Don. Son poing dévia de se trajectoire initiale pour aller s'encastrer à côté de moi. J'en aurai presque senti le mouvement d'air que son bras avait provoqué tant j'étais proche. Brusquement et sans prévenir, il se téléporta, je fus alors libre de mes mouvements de fuir ou de rester. En toute logique, une personne normale, après ce qui venait de se passer, aurait déjà pris la poudre d'escampette pour aller se réfugier chez les infirmiers. Une personne normale. J'étais connue pour ne pas toujours avoir des réactions "normales", d'ailleurs, vous remarquerez que dans ma vie, quoi que je fasse, rien ne l'était. Alors pourquoi maintenant, je ferais un choix censé ne mettant pas pas ma vie en danger, sachant que j'étais dans l'infirmier d'un hôpital psychiatrique ? Que j'avais failli me faire violer, frapper par mon petit ami, et brûlée par un pyromane ? Entre un coup et une brûlure, je préférais largement redevenir la cible de sa colère. Donc entre et sortir et rester, le choix était tout fait. Je vérifiais d'abord où se trouvait désormais William, soit à l'autre bout de la pièce. Le bruit des outils balayés de la table me firent sursauter, mais malgré tout, je me relevais lentement, sans détacher mes yeux de son corps qui s'abaissait et de relevait rapidement.
Approcher serait du suicide, je signerais moi même mon arrêt de mort, alors que j'avais eu la chance d'y échapper il y a quelques secondes, je ne comptais pas me risquer à l'approcher de nouveau. Lentement, je m'avançais vers son lit (qui était le plus loin de sa position, et le plus proche de la mienne) et me mis dessus, adossée à la tête de lit. Je devais dégeler la porte ? Aucun infirmier n'avait tenté d'entrer, j'en étais d'ailleurs très surprise, mais ça m'arrangeait, je n'entendais aucun bruit par delà les murs, si ce n'était la respiration saccadée de William. Que faire sans qu'il me retombe dessus ? Toute tentative avait l'air désespéré et inutile dans son état.

- William, je... Pourquoi, qu'est-ce qui avait de mal dans le fait de vouloir te soigner, tu peux me dire ?

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Ven 1 Avr - 18:33

Il y avait eu quelque chose de douloureusement déjà vu dans cette marche vers la violence dans le seul but d'anéantir. Peut-être était-ce la mémoire inconsciente de William qui s'était manifestée, la partie de lui réprouvée qui se souvenait de cette nuit-là, dans la cabane. A présent qu'il entamait le chemin inverse, à savoir ravaler cette rage, la contenir assez longtemps pour qu'elle s'évapore, elle résonnait en lui, en adéquation avec son coeur effreiné. Ça allait prendre plus de temps que prévu. Il lui était toujours aussi difficile de réfléchir correctement, mais au moins, il écoutait. Il écoutait et cette fureur qui transpirait de lui, qu'il n'arrivait pas à exprimer de vive voix, lui rappelait son incapacité à faire face. De longues minutes passèrent comme ça, avec pour seul bruit de fond son souffle allourdi par les vagues qui le submergeaient. Il avait entendu Anaïs, mais choisit de ne pas répondre immédiatement. Pas avant d'avoir déterminé si, oui ou non, il pouvait reprendre le contrôle sur lui-même.
Il s'avérait que non.
Le retour au calme tant attendu ne vint pas, à la place se présenta à la porte le calme avant la tempête, l'intériorisation dangereuse qui le mènerait forcément à un moment ou à un autre à l'explosion. Certes, il paraissait tout à fait normal, excepté la tension de ses muscles, mais si on y faisait pas attention, elle était imperceptible. Au lieu de se manifester comme quelques minutes plus tôt, la fureur se cachait derrière un écran innexpressif. Même lui avait conscience que s'il restait dans cette pièce, il courrait à leur perte. Il fallait juste... Qu'il parte d'ici. Comme un automate, ou plutôt comme un tueur à gage dont le calme apparent ne présageait rien de bon, William alla ramasser son tee-shirt sans un mot, sans manifester une quelconque émotion, et marqua un temps d'arrêt.

"Dis-moi, dit-il sans manifester la moindre émotion, À qui suis-je censé faire confiance ?"

Comme il n'y avait pas de réponse acceptable, il disparut.

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Ven 1 Avr - 21:27

William resta immobile, quelques minutes de plus. Je ne savais même plus si je devais être soulagée, surprise, agacée, ou apeurée. J'en avais marre d'avoir peur. Trop à la suite, trop trop intense. Pourquoi devais-je subir les ardeurs d'un fou-assassin, et ensuite la colère de William ? Pourquoi tout devait me tomber sur la gueule en même temps, hein ? La malchance puis les conséquences ? Ne pouvait-il pas avoir des conséquences moins... Cauchemardesques ? Je le suivais des yeux, il ramassa son t-shirt blanc, s'arrêta, répondit. Et avant même que je puisse réagir, il se téléporta. Il venait d'insinuer qu'il ne pouvait pas avoir confiance en moi. Après tout ce que j'avais donné pour lui il osait me dire ça ? Combien de personne serait restée après qu'il ait tenté de me tuer ?! Qui serait encore avec lui alors qu'il avait décidé de ne plus me voir ?! Qui ne serait pas allé voir ailleurs après ces mois d'attentes qu'il guérisse ..? Quelqu'un aurait-il eu le courage de venir à chaque fois dans cet hôpital psychiatrique ? Quelqu'un aurait-il eu la patience dont je faisais preuve depuis toujours ..? Se rendait-il compte de la douleur qu'il causait en insinuant que je ne méritais pas sa confiance ? Après tout ce que j'avais fait pour lui...
Abattue, je tentais de conserver mon sang froid, le cœur lourd. Ne pas craquer. Ne pas craquer. Ne pas craquer... Je me répétais cette phrase, dans ma tête, sans cesse.
Sans faire attention aux débris de la pauvre table de chevet qu'il avait disséqué, je me levais, et m'approchais des plans de travail où reposaient de nombreux petits morceaux de verre. Ils brillaient comme du cristal, renvoyant les lumières des néons. J'en pris quelques-uns dans ma main, froids, mais aussi beaux. Comme quoi, la destruction pouvait faire de belles choses.
Je n'arrivais pas à passer la phrase de William. Le "ne craque pas" fut remplacé par : "Dis-moi, à qui suis-je censé faire confiance ?" Pourquoi moi ? Je voulais juste le soigner ! L'aider, comme toujours ! Ne pouvait-il pas se retenir de gueuler pour une fois ? Voir que j'allais mal, voir que ce n'était absolument pas le moment de me faire des reproches. Voir que c'était trop, juste trop que ... que je ne tenais plus, que ce n'était plus possible... que j'allais tout simplement craquer.
Je serrais les cristaux de verre dans ma main, jusqu'à me les enfoncer dans la paume.

- ET TU VOULAIS QUE JE FASSE QUOI HEIN ?! N'AIES PLUS CONFIANCE EN PERSONNE SI TU VEUX ET RETOURNE DANS TA FORÊT SI JE SUIS INDIGNE !  Hurlais-je en plein milieu de l’infirmerie.

La glace bloquant le verrou de la porte explosa. Je voulais partir, maintenant.

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Sam 2 Avr - 10:27

        Il ne l'avait pas fait. J'eus, je l'avoue, un sourire ironique devant le regard surpris de Joseph. Je me levai aussitôt sans regarder la suite du feuilleton mal parti. Il ne la toucherait pas, mais ce n'était pas pour autant une réelle victoire, il restait tant de choses à régler dans l'histoire du patient numéro trente-trois et de sa compagne que je me devais d'intervenir. Et j'avais déjà ma petite idée sur la question. Mais avant, je devais délaisser mon rôle de dirigeant, ma véritable personne à avoir Vladimir Leski, pour celui de Victor, et pour cela, un changement de tenue pour quelque chose de plus approprié qu'un costard serait le bienvenue.

        "Je veux la salle 2 d'interrogatoire libre dans une minute, et dégage l'entrée de l'infirmerie !" lançai-je en quittant la pièce à Joseph, un ami de longue date, mais dont l'incapacité à gérer les ennuis ces derniers temps me surprenaient.

         Il était vrai que les patients de l'Institut n'avaient rien d'enfants de cœur mais il savait à quoi il s'attendait. Durant mon absence, il était la tête du serpent. Et ça ne nous réussissait pas.

       Après m'être rapidement changé pour revêtir la blouse réglementaire, me voilà dans les couloirs de l'Institut, droit vers l'infirmerie du bloc concerné. Joseph vient de me faire savoir que le patient numéro trente-trois vient de se téléporter. Il pourrait mettre en danger toute l'installation et il était hors de question que je cautionne ceci. Heureusement, il y avait dans cette infirmerie l'atout dont j'avais besoin pour le contrôler. Comme je l'avais demandé, le couloir était désert.
J'arrivai juste à temps pour voir la porte exploser. La violence dont Miss Young faisait preuve me surprit, mais il ne fallait pas oublier que j'habitais dans un asile psychiatrique.

        "Miss Young, voulez-vous bien me suivre, s'il vous plait ?" demandai-je avec un sourire aimable.

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Sam 2 Avr - 14:04

Je tenais toujours dans mes mains les débris de verre qui me rentraient un peu plus à chaque pression dans la peau, le calme était revenu, laissant la pièce abîmée dans un silence de mort. La glace qui avait collé les pieds de chaise au sol s'était morcelée pour devenir des petits morceaux brillants, comme ceux de verre que j'avais en main. Quant à la porte... C'était un accident. Sous la pression, la colère, je n'avais pas fait attention. Défoncer des portes comme ça n'était pas dans mes habitudes, là je pouvais dire que nous avions détruit une pièce, rien qu'à deux. Les petits oreillers de tout à l'heure, c'était de la poussière par rapport à ça.
Perdue dans mes pensées, je n'entendis pas Victor entrer, je sursautais donc lorsque je l'entendis me parler. Je me rattrapais de peu à la table, en reculant légèrement, la tête tournée vers lui. Il était dans la pièce, et me demandait de le suivre. Aller où ? Je ne voulais pas retourner dans la chambre de William, je ne voulais pas le voir. Mais sortir de l'infirmerie signifierait voir d'autre fou furieux, peut-être croiser la route du pyromane (n'ayant pas vu dans quel état il était lorsque William nous a téléporté, je ne savais pas s'il était encore vivant ou pas). Certes Victor devait être habitué en cas de danger, avoir du matériel sur soi, mais ce n'était plus suffisant pour me rassurer. Il n'avait d'ailleurs pas précisé où nous allions. J'allais savoir si j'allais rentrer chez Miss Tit ou rester ? Rester ici, signifierait revoir William à un moment ou à un autre, si j'avais perdu sa confiance, je l'avais perdu lui. S'il ne me parlait plus éh bien... je ne le forcerais pas, c'était son choix. Avait-il juste fallu de ça pour qu'il me raille ? Combien de fois aurais-je pu le railler moi, hein ? Comment allais-je surmonter ça, ce lieu s'il n'était pas là ..? Une petite voix me ramena à la rue, à la séparation, lorsque je fus mise dehors. J'avais réussi, à cette époque, j'étais arrivée loin sans personne pour m'aider. Si William n'était plus là, je devais bien pouvoir y arriver de nouveau, panser mes plaies par moi-même. Tout était question de force, de courage et d'envie. Je l'avais déjà fait, je pouvais le refaire.
Je fronçais les sourcils, et décidais de ne pas bouger malgré la demande de Victor.

- Vous suivre où, au juste ?

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Sam 2 Avr - 14:41

        Mon sourire ne dissipa en aucun cas la suspicion dans les yeux de mon interlocutrice. Je m'y attendais un peu, il faut dire qu'après tout ce qu'elle a traversé ces derniers jours, c'est compréhensible. Une pointe d'agacement me titille à cette pensée, les bévues qui ont été commises n'auraient jamais dû voir le jour, mais ce qui est fait est fait, inutile de chercher à modifier des faits sur lesquels on a plus aucun pouvoir. Je préférai prévenir les risque à l'avenir. Et pour cela, Miss Young et le patient numéro trente-trois allaient m'y aider grandement. Je conservais mon amabilité et balayait sa surprise d'un revers de la main : inutile qu'elle se fasse des idées :

      "Vous avez ici, dis-je d'un ton tout à fait calme en montrant un coin de la pièce, une caméra, ce qui explique ma présence. Je suis chargé de vous emmenez dans un lieu moins... Encombré."

      Une façon polie de désigner le saccage qu'avait subi ces lieux. Je laissais quelques secondes se passer pour qu'elle se remette de sa surprise de me voir premièrement, et de cette nouvelle.

       "Quant à notre destination, ne vous inquiétez pas, c'est à côté. Nous n'allons pas voir William, simplement faire le point sur votre état de santé."

      J'avais par ailleurs apporté un bloc-note pour procéder à cet échange, qui n'attendait que d'être rempli.

      "Vous êtes en sécurité, Miss Young." ajoutai-je pour conclure.

Je me retournai et sortis simplement de la pièce, et m'arrêtai dans le couloir pour l'attendre.[/font]

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Sam 2 Avr - 15:13

Alors ici aussi il y avait des caméras ? Je suivis son regard jusqu'à rencontrer un boitier plus petit et discret que la normal. Enfin, plus petit et plus discret que dans la chambre de William. C'était obligé ces caméras partout ? Y en avait-il dans les toilettes aussi, pour vérifier qu'un particulier ne se noyait pas dans la cuvette ? Mon regard lasse, fatigué, passa du coin de la pièce, pour revenir au jeune homme blond qui travaillait ici. Et voilà qu'il fallait faire un "point sur ma santé". Physique, ça pouvait aller, c'était tenable, rien de grave si ce n'était les bouts de verre que j'avais toujours en main, mais psychologique, c'était autre chose. Il ne risquait pas de trouver grand chose, même s'il cherchait très profondément. A part la douleur, la peur, et un désespoir additionné à de la fatigue, il ne touchera rien de différent par rapport à d'autres qui auraient vécu la même chose que moi.
Victor fit demi-tour, et sortit de la pièce, en ajoutant que j'étais en sécurité. Oh oui, j'avais vu ça. J'étais parfaitement rassurée et à l'aise c'était certain. Je me sentais comme au paradis. Parmi les fous, les violeurs et les caméras, je ne pouvais pas rêver mieux. Bref, assez de sarcasme. Le jeune homme m'attendait dehors, je le voyais d'à travers la porte en mauvais état. Bon, si je n'y allais pas, il m'y forcerait, alors autant y aller de son plein gré.
Je passais au dessus des bouts de verre, et sortais à mon tour de l'infirmerie, pour le rejoindre. Je pris une grande respiration en sortant de la pièce, le "repos" était fini, j'allais devoir reprendre le travail, et sûrement, souffrir de nouveau.    

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Sam 16 Avr - 0:38

      La salle 2 est toute proche, par chance. J'entre et allume les lumières, qui, loin d'être des néons éblouissants, diffusent une faible clarté, avant de présenter une chaise à Miss Young, et d'effacer en quelques gestes le tableau blanc présent sur un des murs, face au bureau. Pleine de sièges plutôt confortables, cette pièce, comme toute autre de l'Institut, ne possède pas de fenêtres, mais une large surface opaque, miroir sans teint placé à gauche. Cette salle attenante à la pièce espionnée dont l'entrée se fait bien sur hors de vue du patient interrogé, est conçue pour faciliter le travail des médecins qui auraient tout le loisir de se pencher sur le comportement du malade, quitte à prendre des notes pour être certains que rien n'échappe au psychologue en train d'exercer. Bien plus précis que les caméras, bien que celles-ci aient prouvé leur utilité dans plusieurs domaines, ces miroirs bien sur renforcés (il ne fait pas toujours bon s'enfermer avec un malade interné ici) permettent aussi une réaction rapide en cas de besoin. Aujourd'hui et maintenant, j'ai demandé que cette section soit entièrement vide, nous ne sommes donc pas observés. Et Miss Young est loin d'être aussi instable que les patients auxquels j'ai affaire tous les jours, l'entretien - qui, curieusement, n'était pas son entretien devrait donc se dérouler sans accroc.
     Et, justement, pour lui montrer que je fais la distinction et que je n'ai en rien oublié ce qu'elle a vécu récemment (oh non, croyez-moi, je n'ai pas oublié), et pour mon propre plaisir, je sors d'un placard deux tasses et utilise la bouilloire encore chaude posée sur le bureau (mes employés devaient être en train de prendre leur pause quand l'alerte a été donné, je m'occuperai de régler les comptes plus tard). Avant de lever les yeux vers Miss Young :
     "Vous en voulez ?"
      Un hochement de tête plus tard, nous voilà tout deux face à face avec une tasse de thé dans les mains. Je l'observe sans me cacher, et pose ma tasse avant de saisir un stylo, toujours installé dans mon siège, rassurant.
       "Maintenant, je sais que cela peut être dur pour vous, Miss Young, mais j'aimerais que vous vous détendiez. Étant donné ce qui s'est passé, nous avons d'importantes choses à nous dire. Nous devons en premier lieu évoquer votre séjour ici, mais nous attendrons pour ça que vous soyez en forme. Néanmoins... J'aimerais vous montrez quelque chose. D'ici environ vingt minutes, un de nos hommes interrogera le patient numéro trente-trois, William, dans la salle attenante à celle où nous nous situons. William ne sera pas au courant de votre venue, il a déjà passé plusieurs heures ici. Je vous offre la possibilité de prendre part comme témoin muet à cet interrogatoire. Si vous ne le souhaitez pas, vous pouvez partir, je ne vous en empêcherai pas."
      Je désigne la porte d'un geste, au cas où elle envisagerait cette possibilité. Si elle décide de la franchir, c'est que je me suis trompé.

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Sam 16 Avr - 10:27

Je l'avais suivi jusque dans une pièce un peu spéciale. Blanche comme partout ici, mais avec un mur noir. Plutôt une vitre, il était simple d'en déduire que c'était comme dans les interrogatoires, d'autres personnes de l'autre côté pouvaient prendre des notes ou écouter. Je tiquais à ces pensées. Interrogatoire ? Institut ? C'était pas vrai, il n'allait quand même pas ... C'était peut-être juste une salle de transition, pour attendre quelque chose (quoi aucune idée mais quelque chose quand même). La preuve, Victor me montra une chaise, je m'y assis et me proposa même un thé ! Ouais, c'était juste une salle vide pour le moment qu'il utilisait pour me sortir de l'infirmerie en mauvais état. Légèrement rassurée par cette idée, je hochais timidement la tête pour dire que je n'étais pas contre la tasse de thé. Je commençais à avoir soif et faim depuis le temps moi, y avait pas des cookies ou un truc dans le genre pour aller avec ?
La tasse fut en face de moi, je la pris entre les mains surtout pour empêcher la glace de se diffuser, la chaleur me fit étonnement du bien. Trouver un petit coin de chaleur rassurant dans ma propre glace et ma propre peur, c'était pas désagréable. C'était chaud, mais pas étouffant et douloureux comme le feu du pyromane. C'était ... Doux.
J'écoutais ce que Victor avait à me dire, grimaçant à la mention du « séjour ». J'allais devoir rester ici, avec d'autres fous qui me mettraient la main dessus et William qui ne désirait plus me voir. Ce n'était pas forcément ça, mais sa réaction le laissait sous-entendre. Je n'allais pas pouvoir supporter.
Je tournais la tête vers la vitre teintée dont il me parlait. Finalement ce n'était pas juste une salle de transition, une salle d'attente oui, mais pas pour ensuite m'amener dans une troisième pièce. Je déglutis avec difficulté. Ils allaient poser des questions sur le pyromane et tout ce qui allait avec, mais à William. Dans un sens ça m'allait : je n'étais pas obligée d'en parler mais le fait qu'ils interrogent William me laissait... je sais pas... Perplexe ? C'était bizarre, sans que je ne sache pourquoi. Quelque chose me gênait en ce moment. Et rester pour voir ce qu'il allait dire ? Perturbant, juste perturbant.
Je reposais ma tasse sur le bureau.

- Je... Je vais rester là. répondis-je en voulant toucher ma gourmette pour cacher ma gêne.

Sauf qu'elle n'était plus là. Bah oui, je l'avais donnée à William la dernière fois, mais cette habitude n'était jamais partie. En même temps je l'avais déjà lorsque j'étais encore chez mes parents, je ne l'avais jamais enlevée par la suite donc ce tic d'y toucher lorsque ça n'allait pas, alors le geste n'allait pas disparaître comme ça juste parce qu'elle n'était plus là. Par conséquent je me frottais le poignet droit, les yeux rivés dessus.

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Sam 16 Avr - 13:56

          William entra, agité malgré la prise de médicaments. Ils avaient réussi à les proportionner assez précisément pour qu'il soit tout à fait lucide mais son acclimatation à certaines substances ne facilitait pas le dosage. Comme d'habitude, trois infirmiers dont un psychologue restaient dans la pièce, le psychologue, assis face à lui, était le seul qui allait parler pendant la séance. Les deux autres n'étaient qu'ici pour garantir sa sécurité, au cas où William se rebellait. Au début, la phase d'adaptation avait été difficile : le jeune homme détestait sentir la présence des deux spectateurs dans son dos. Ils étaient malgré tout parvenu à un accord : les infirmiers supplémentaires se postaient contre le mur, derrière le psychologue, là où William pouvait les voir. Le reste, il s'en fichait, on pouvait bien l'observer de toutes ses coutures derrière le miroir sans teint (William n'était pas complètement stupide, il n'y avait pas de fenêtres dans l'Institut, il était aisé de comprendre à quoi servait celle-ci) il n'en avait rien à faire.
Le psychologue, Dr Weryk, se racla la gorge et ouvrit son dossier papier sur lequel était noté patient numéro trente-trois. C'était un homme dans la fleur de l'âge, aux tempes grisonnantes et à la mine patibulaire qui remplaçait Victor lorsque celui-ci n'était pas là, dont la particularité était qu'il possédait une seconde bouche à l'arrière du crâne. Un véritable esprit scientifique qui, quand il souriait, semblait grimacer. Passons. William avait du mal à se calmer, depuis son éclat de colère ça n'allait pas fort – comment ça pouvait aller fort alors qu'il avait une fois de plus fait du mal à Anaïs ? Tout ne tournait pas autour de son petit nombril et il l'oubliait trop souvent. Ses tics nerveux étaient revenus à la charge et sa concentration qui n'était pas au beau fixe déclinait rapidement.


           « Alors, William, comment vas-tu aujourd'hui ? »


          Question à laquelle William n'avait jamais répondu, et à laquelle il ne répondrait sans doute jamais. Mais le Dr Weryk avait comme qui dirait oublié un terme de leur accord... William leva les yeux vers lui et le fusilla du regard juste un quart de secondes, histoire de lui rappeler qu'il avait beau être considéré comme un fou furieux, ce qui était sans doute le cas, il n'était pas dupe. Le psychologue soupira et farfouilla dans sa poche avant de poser sur la table un objet métallique que William s'empressa de lui ravir. Ses nerfs s’apaisèrent un peu tandis qu'il tournait entre ses doigts la gourmette d'Anaïs qu'on lui avait confisqué. Laisser un bijou de valeur à un malade, et puis quoi encore ? Après tout, qui sait ce qu'il pouvait faire avec ? William passa ses doigts sur les reliefs qui constituaient les lettres, qu'il connaissait par cœur, sentant une énorme tristesse l'écraser et remplacer tout ce qu'il avait pu ressentir auparavant. Qu'est-ce qu'il avait encore fait, où était-elle maintenant ? Avait-il une chance qu'elle veuille bien le voir après ça ? Lui avait-il fait peur au point qu'elle tremble dès qu'il demeurait devant elle ? Le pire était qu'il était conscient, véritablement conscient. Il ne pouvait pas se cacher derrière la fièvre, il n'avait pas d'alibi. Il était coupable, c'était dans sa nature de maltraiter les gens qu'il aimait. Et il en était malade.
Le Dr Weryk venait de claquer des doigts devant son visage pour le ramener sur terre, s'éloignant malgré tout rapidement malgré son air nonchalant et William le dévisagea, les sourcils froncés.


          « Bien, maintenant que j'ai toute ton attention... Raconte-moi ce qui s'est passé lors de l'altercation avec le patient numéro vingt-six. »


         William arqua un sourcil, l'air de dire « vous rigolez, les brûlures n'étaient pas assez explicites pour vous ? » mais concéda malgré tout à répondre, sa voix résonnant dans la pièce :


          « On me raccompagnait dans ma... Cellule quand l'alerte a sonné. On a crié qu'un pyromane s'était échappé. Je savais qu'Anaïs venait me voir ce jour-là, j'ai erré n'importe comment dans les couloirs et je me suis débarrassé des menottes, c'est là que...
       - Comment t'es-tu débarrassé des menottes ? » Le coupa Dr Weryk au beau milieu de sa phrase.

         William haussa les épaules :


       « J'ai tiré dessus.
       - Et... Les décharges électriques ne t'en ont pas empêché ?
       - J'ai une résistance à la douleur plutôt élevée, » ricana William.

       En vérité, quand ses émotions prenaient le dessus il ne pensait plus à rien, autant dire que quand il s'agissait d'Anaïs elles se déchaînaient. Le psychologue prit quelques notes et l'invita à continuer :


       « Ensuite ?
       - Je l'ai entendu crier. »

       Une grimace douloureuse déforma les traits de William pendant un quart de secondes. Ses hurlements résonnaient encore dans sa tête, et il était certain que malgré ses efforts pour les enterrer, il ne les oublierait jamais. Ils seront là pour lui rappeler ce qui se passait s'il n'arrivait pas à la sauver. La colère flamba dans les yeux du jeune homme et ses traits se durcirent.


       « Cette ordure la torturait. Il la torturait !.. »


        Il lui casserait encore la gueule une dizaine de fois que ça ne dédommagerait pas le mal qu'il avait causé. Quel genre de monstre faisait endurer ça ? William avait de nouveau envie de frapper quelque chose. Sentant le danger arriver à grands pas, le Dr Weryk s'empressa d'ajouter :


       « Comment les as-tu trouvé ?
       - J'ai franchi les portes blindées grâce à mon don et j'ai défoncé les autres. Et ensuite, je lui ai défoncé le portrait.
       - Miss Young était seule ?
       - Bien sur qu'elle était seule ! Ce malade a essayé de la violer, en prime ! »

        Le Dr Weryk faillit ajouter quelque chose mais s'abstint avec sagesse. William mit quelques minutes à se calmer. Le regard dans le vide, il serrait et déserrait le poing sur la gourmette d'Anaïs en songeant que s'il avait pu arriver plus tôt, rien de tout cela ne se serait passer. Quand le Dr Weryk estima qu'il avait repris le dessus sur lui-même, il reprit :


       « Comment a fini cette altercation.
        - On s'est battu, je l'ai poignardé, j'ai porté Anaïs jusqu'au couloir principal. Ils l'ont emmené dans l'infirmerie, et le Guérisseur l'a soigné.
       - Et tu as perdu conscience à ce moment-là, oui... » conclut le médecin en griffonnant dans son carnet.

        William haussa de nouveau les épaules, ce n'était pas très important, il se remettait vite de ses blessures. Pour Anaïs, c'était une autre histoire par contre. Rien que sa réaction à son réveil donnait une idée d'à quel point elle avait été ébranlé par les faits, par les stigmates qu'avaient laissé cette tragédie sur sa peau, qui lui rappelaient ce qui s'était passé. Il fallait qu'elle trouve la force de passer outre, et lui le calme nécessaire à l'accompagnement dont elle avait besoin. C'était râpé, encore une fois, il avait tout foutu en l'air. Momentanément hors de l'attention du docteur, William baissa les yeux sur la gourmette, observant ses creux et ses bosses (elle avait vécu, comme sa propriétaire), en se demandant comment se racheter. Mais il avait beau tourner le problème dans tous les sens, la solution demeurait introuvable. Il ne pouvait qu'attendre leur prochain tête à tête, en priant pour qu'il se produise.

        « Parlons maintenant de ce qui s'est passé dans l'infirmerie. »


       William était trop tendu pour masquer ses sentiments, son accablement apparut donc au grand jour, tout comme son anxiété. Il n'était pas clair du tout avec lui-même sur ce coup-là, pas clair du tout. Il s'était énervé, comme ça lui arrivait tout le temps ici. Cette violence avait éclaté hors de lui et encore une fois il avait été incapable de la refréner.


        « Comment vis-tu le fait qu'Anaïs soit témoin d'une de tes crises de colère ? »


       William blêmit à la mention du prénom d'Anaïs. C'était la première fois qu'il la nommait aussi directement, comme pour remuer un peu plus de couteau dans la plaie. Il serrait si fort la gourmette que ses jointures en devenaient blanches.


         « Je... déglutit-il, je n'ai jamais voulu qu'elle assiste à ça. »


        Une pause. Longue pause, durant laquelle William chercha ses mots avec difficulté. Aller, traduis ce que tu as dans la tête, si t'es même pas capable de le faire avec un tiers, alors tu peux oublier Anaïs.


        « Je ne voulais pas qu'elle me voit comme ça. »


        Le jeune homme secoua la tête pour s'éclaircir les idées, et retenta sa chance.


       « C'est une partie de moi-même que je... »


       Que je quoi ? Que j'assume pas, que je déteste tellement que je suis capable de m'auto-détruire ? Il n'était pas apte à la juger, à mettre des mots sur cette chose. Pas maintenant. Peut-être même jamais.


        « C'était la première fois qu'elle vous voyait comme ça ? » demanda le Dr Weryk avait une certaine forme de compassion, histoire de ne pas rendre cette discussion plus difficile qu'elle ne l'était déjà.


        J'en sais rien. Non, je ne pense pas, aurait du répondre William. Mais d'un point de vue conscient... C'était la première fois qu'il laissait sa colère autant prendre le dessus en sa présence.


        « Oui. »


        Le psychologue ferma son carnet et posa les coudes sur la table, les doigts joints.


        « Bien, nous en avons fini pour aujourd'hui. Je vous laisse quelques minutes avant qu'on vous raccompagne, comme d'habitude. »


         Soulagé que ce soit enfin fini et le moral au plus bas, William le regarda s'en aller puis reporta son attention sur l'objet qu'il avait entre les doigts, quelques minutes avant qu'on ne lui enlève et qu'on le reconduise dans sa chambre.
        La porte claqua, laissant une pièce vide.

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Sam 16 Avr - 17:19

Ils entrèrent. William entouré de trois autres hommes en blouse blanche que je n'avais jamais vu. Il s'assit sur une chaise présente, deux autres restèrent debout et le dernier s'assit face à lui. Je quittais ma chaise pour avancer vers la fenêtre ; vers William. Il ne me voyait pas, je le savais, mais était-il au courant que j'étais là ? Juste de l'autre côté ? Que j'allais tout entendre ? Il avait l'air... Plus calme que tout l'heure. Après réflexion qu'il ne sache pas que j'étais là me convenait, je n'avais pas digéré ce qu'il avait dit, je n'avais rien digéré du tout même. Un élément brillant attira mon attention et je reconnus ma gourmette que venait de prendre William dans ses mains. Je la fixais, les sourcils froncés, pensive. En entendant le récit de la part de William je revus les différents passages, les étapes du drame. Et... C'était presque plus douloureux encore, je n'avais aucun mal à sentir de nouveau les mains du pyromane sur moi, la douleur lancinante, le chaos dans ma tête et dans mon corps. Et tout ça, ça allait rester dans ma mémoire comme les cicatrices sur mes poignets. On n'oubliait pas le visage de celui qui nous avait torturé, pas plus que la douleur. À tout jamais dans mes souvenirs, j'allais l'avoir pour l'éternité. Une éternité à revoir la pièce froide de l'institut, les yeux verts profonds du pyromane. Je me lèverai le matin, et verrai mes marques, alors je repenserai à ce cauchemar. Pour toujours, tellement c'était encré dans ma mémoire. Pourquoi on ne pouvait pas faire un nettoyage parfois hein ? Se soulager en perdant un peu de ce qui nous a fait souffrir. Trop simple, voila pourquoi, ça serait trop simple. Or rien dans la vie n'est simple, je devrais le savoir depuis le temps. Je secouais la tête en fermant les yeux. William avait fini, passant brusquement à un autre sujet. Les images, elles, mirent un peu plus de temps à s'estomper pour disparaître totalement. Ma main s'était posée sur la vitre, je ne pipais mot, ne faisant même plus attention à Victor qui devait toujours se trouver derrière moi. La seule chose que j'eus à dire fut un bref : « non », à peine soufflé qui se fit entendre en même temps que son « oui ». Bien sûr que non, je l'avais déjà vu dans une telle rage. La cabane, lorsque cette fois il m'avait étranglé. Certes il n'était pas conscient mais le geste avait été fait. L'avait-il oublié ? Je baissais les yeux sur le carrelage impeccable de l'institut. Ce qu'il avait dit montrait qu'il s'en voulait, le « Je ne voulais pas qu'elle me voit comme ça » principalement. Mais je le savais déjà. Je le savais sujet à de fortes colères, ce n'était pas nouveau... Avait-il honte ? Aucun doute. Il resta quelques minutes assis à la table avec ma gourmette que je voyais d'ici, je n'arrivais pas à détacher mon regard de sa silhouette. Et il repartit enfin, le silence redevint maître des lieux.
Victor attendait. Je retournais m'asseoir sur la chaise, fatiguée. Dans ma position, je n'étais plus qu'une équilibriste sur son fil, et le fil en question était beaucoup trop fin pour supporter mon poids. Il n'attendait que de craquer, et moi de tomber.

- Il a tout dit.

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Dim 24 Avr - 10:46

        Anaïs avait été installé dans une chambre d'ami, confortable et spacieuse qui avait été aménagé pour accueillir les invités de marques de Vladimir. William se dit distraitement que ses quartiers ne devaient pas se situer très loin de cette section, et qu'il lui suffirait de chercher pour trouver. A quoi bon ? Cela ne l'avancerait pas à grand chose. Encore une fois, il était devant cette porte. Encore une fois, il la détaillait en fixant la poignée comme si elle allait s'ouvrir toute seule. Il en connaissait à présent toutes les aspérités. Chaque centimètre carré de bois et de blindage de cette fichue porte le séparaient d'Anaïs, et il n'avait pas le courage d'entrer. Simplement une pression, puis un cliquetis, et cette porte s'ouvrirait sans bruit, du moins c'était comme ça qu'il se l'imaginait, puisque il ne savait même pas si elle était déverrouillée. Le comble serait qu'il tente enfin de la franchir (ce n'était pas la première fois qu'il se retrouvait dans ce couloir, la dernière fois, il s'était même endormi). Il préparait ses excuses depuis l'instant où il avait retrouvé ses esprits après avoir (difficilement) chassé la colère qu'il abritait alors et qui lui avait fait dire des saloperies. Et il s'en souvenait très bien. Comment effacer ces paroles qui avaient du la blesser, alors qu'elle était déjà mal à cause de ce qui s'était passé ? Comment avait-il pu ?.. Il aurait peut-être pu, du... Je ne sais pas, prendre ses médicaments, s'éloigner d'elle, peut-être que ça aurait pu tout arranger, éviter le pire... Ce n'est pas le pire, William... Elle peut te pardonner malgré ce que tu as fait, même si ça te parait impossible. Mais est-ce que ce serait une bonne chose, qu'elle lui pardonne si facilement ? Connaissant Anaïs, lorsqu'elle était blessée elle tentait par tous les moyens de le cacher, son silence était pire que les cris. Il n'en voyait pas le bout et n'avait aucune idée de ce qui se cachait derrière cette porte. C'était pour ça qu'il avait peur de la franchir, peur face à ce que son échec avait produit. Il n'assumait pas ce qu'il avait dit ? Oui, c'était un peu près ça, et c'était aussi pour ça qu'au lieu de dormir il passait ses heures de libre ici, devant cette porte qu'il n'avait toujours pas franchi.
        William, ayant marre de gamberger, ferma les yeux une demi-seconde, la tête contre le mur en face de la porte qui le narguait depuis tout ce temps. Il n'allait pas la laisser gagner, tout de même... Las de ce combat acharné contre lui-même, le jeune homme se leva et ouvrit la porte. A son grand soulagement (il aurait eu l'air con, en plus) elle était ouverte. William pénétra dans une large pièce, et ne prêta aucune attention à la décoration, à cause de l'obscurité presque autant que parce qu'il était pressée de savoir Anaïs en bonne santé. Il referma la porte derrière lui. Il faisait noir, dans l'histoire le jeune homme avait presque oublié qu'il était quelque chose comme trois heures du matin, un peu perturbé par le sommeil des autres (alors que lui avait tendance à ne pas en avoir). Dans la pénombre, il distingua un imposant lit à deux places, à baldaquin, dont les rideaux n'étaient pas tirés. C'était logiquement là où Anaïs devait se trouver. Il s'approcha sans bruit, et la vit enfin. Elle paraissait toute petite dans cet énorme lit, sous les draps, son visage à peine visible. La seule source de lumière était un panneau sortie de secours, au-dessus de la porte qui diffusait une très faible clarté. Ce qu'elle était belle !.. Mais si elle était paisible endormie, cela ne voulait pas dire qu'il en était de même réveillée. William se passa une main sur le visage, avant de décider de rester malgré tout. Il s'assit contre la table de chevet, qui était inconfortable ce qui était le but. Il ne voulait pas dormir, et aurait ainsi tout le temps d'observer la jeune fille endormie. Il aurait sans doute pu la réveiller mais c'était hors de question de la déranger, surtout qu'elle n'avait sans doute aucune envie de le voir. Il partirait le matin venu, et elle n'en saurait rien, voilà tout.
        Il s'écoula un long moment avant qu'elle ne commence à s'agiter inexplicablement. William, alerté, sauta sur ses pieds et s'approcha. Le joli visage d'Anaïs était tordu en une expression de douleur, et elle pleurait : ses larmes dévalaient ses joues et se perdaient dans sa chemise de nuit. William ne pouvait pas la laisser, la voir comme ça souffrir en silence lui crevait le cœur. Il monta sur le lit et la secoua avec douceur.
      "Anaïs ? Anaïs, réveille-toi !"

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Dim 24 Avr - 13:57

Tout était brumeux, une fumée étrangère qui recouvrait tout, et ne laissait pas la possibilité à l'œil d'entrevoir le paysage. Rien, rien, rien.
Je tournais sur moi même, lentement, et en fait si, il y avait bien une chose qui me donnait quelques indices sur ma position, mais je refusais d'y approcher. Pas question que j'approche, au contraire. Je me retournais brusquement et commençais à courir pour m'enfoncer dans le brouillard, encore et encore, sans m'arrêter sans regarder où j'allais, dans une fuite désespérée pour mettre le plus de distance entre moi et ma peur. La brume se dissout doucement, et je vis enfin où je mettais les pieds. L'herbe jusque là inconnue se transforma en forêt, et tout le décor de la boucle me sauta à la figure. J'étais à la maison ! Essoufflée, je fixais, ébahie, chaque arbre qui formait la nature, qui se trouvait là. Et puis...  La nature se referma, lentement, des murs de glace dont on ne voyait plus le bout bloquait le passage, m'empêchant de rentrer à la maison, le chemin formé s'enfonçait dans la forêt et la brume ne me permettait pas de voir très loin. C'était quoi ce bordel ? D'où ils venaient ces murs de glace ?! Je voulais rentrer moi ! Je cherchais une sortie pour m'enfuir de ce chemin tout tracé, mais je n'avais pas le choix : je suivis les parois de glace et de feuilles pour atteindre les plaines de la boucle. Les barrières délimitant le territoire des moutons, et plus loin encore, je savais qu'il y avait la falaise. Aucune sortie ne se trouvait là, je devais continuer à avancer, encore. Après plusieurs minutes de silence, de méfiance et de peur, les murs de glace s'agrandirent et laissèrent place au vide, le même vide que j'avais eu en face de moi au début. Or de question que j'approche puis qu'est-ce que je faisais là aussi ? Pourquoi je ne pouvais pas rentrer à la maison, et pourquoi je n'arrivais pas à utiliser mon don pour me libérer des parois de glace ? Agacée par cette situation qui n'avançait pas le moins du monde, mes yeux détectèrent au loin, une silhouette qui se détacha progressivement de la brume. Les traits devinrent plus fin, et je pus deviner assez aisément que cette silhouette n'était d'autre que William. Bien proche de la falaise, du bord, d'ailleurs. Il marchait, un pied devant l'autre, la tête levée, il ne m'avait pas vue. Il ne s'arrêtait pas, sa route n'avait pas de bout. C'était le seul endroit où j'avais accès, comme pour me permettre de l'arrêter, de l'empêcher d'avancer encore. Je me mis à courir le plus vite possible, vers lui, malgré la peur d'aller vers le vide qui allait m'engloutir. Si je faisais deux pas, j'avais l'impression que William en faisait cinq, qu'il était bloqué dans le mode « marche » et qu'il ne se rendait pas compte du danger.
J'arrivais de justesse pour lui attraper brusquement le bras, et en lui demandant ce qu'il faisait. Son regard était vide, dépourvu de tout sentiment, ils se posèrent sur moi, puis se détachèrent comme si je n'étais qu'une chose bien peu importante, qui ne méritait aucunement qu'on s'y attarde. Et il reprit sa route, malgré ma main qui le tenait, il avait tellement plus de force, je ne devais ressembler qu'à un moustique un peu gênant, mais qui ne l'empêcherait pas d'avancer. Il forçait alors que je me battais pour l'éloigner, mais le vide se retrouvait un peu plus proche de nous à chaque mouvement. Le cœur au bord des lèvres, les yeux déjà rendu humide par la peur. La peur du vide, la peur de sa mort. Il ne pouvait pas, il n'avait pas le droit ! Je tentais une nouvelle fois de modifier sa trajectoire en hurlant son nom à m'en déchirer les cordes vocales. Et ce don qui n'était pas d'accord pour se montrer ! Mais pourquoi plus rien ne fonctionnait ?! Pourquoi William voulait sauter ?! Désespérée, je me plaçais brusquement face à lui en espérant que ça le fasse arrêter. Moins de deux pas me séparaient de la chute, j'avais l'impression qu'elle était presque inévitable à ce stade, mais je refusais d'y croire, de laisser la peur prendre le contrôle. Je déglutis, tremblante, pâle, les yeux fixés sur William pour ne pas regarder derrière moi. Il s'avança encore jusqu'à se retrouver juste en face de moi. Le temps s'était arrêté depuis longtemps, ce qui donnait une impression que quoi que je fasse, il se remettrait à zéro pour qu'il saute. Était-ce la fatalité ? Aucun échappatoire se présentait.
Il me prit le bras, m'écarta du bord pour m'en éloigner et secoua la tête, comme un père interdisant à son enfant de jouer avec le feu. Et puis il recula, sans me quitter des yeux, encore et encore. Trop estomaquée, je n'eus aucune réaction lorsque ses pieds ne touchèrent plus le sol, et il tomba en arrière. En silence, j'entendais à peine le vent fouettant l'air, où les vagues se fracassaient au loin. Au contraire, le temps s'était arrêté, la nature avec. Je mis plusieurs secondes avant d'ouvrir la bouche pour hurler son nom et me précipiter vers le vide. Non non non ! C'était pas possible ! Il ne pouvait pas être mort ! Pas lui ! Le visage déformé par la douleur, les larmes coulants inlassablement en gros flot, la main devant la bouche pour étouffer un cri qui sortit quand même, je fixais son corps à peine visible qui disparut progressivement pour finir englouti dans l'océan. Il n'y avait même plus de mot pour exprimer ma peur et ma douleur, et s'il y en avait, ils ne devraient pas exister : ils seraient trop horribles.
Je murmurais toujours son nom, même si je savais qu'il ne m'entendait plus, ma voix devint aussi fluette qu'un souffle, pour disparaître totalement, ma gorge étant trop serrée et douloureuse. Je n'étais même pas debout, que deux mains brûlantes se posèrent sur mes épaules.
- Alors, on a plus son petit copain pour se protéger maintenant ? ricana le maître de ces mains.
On me releva de force malgré mes gémissements et mes protestations. Je reconnaissais très bien cette voix, c'était pour cette raison que je refusais de tourner la tête, celle-ci bloquée vers la falaise, les yeux fermés. Encore une fois de force, il me retourna et mes yeux rencontrèrent les verts profonds du pyromane. Il souriait, d'un sourire mauvais, moqueur, celui d'un animal affamé qui venait enfin de débusquer sa nourriture. C'était tout à fait ça. Je le dévisageais avec horreur, il me tenait dans ses bras, son corps collé au mien, et je me débattais, comme la proie qui voulait quand même vivre même si elle se savait perdue. D'un geste brusque il me serra encore un peu plus à lui, ses lèvres dans mon cou, ses mains dans mon t-shirt et j'avais beau bouger dans tous les sens rien n'y faisait. J'étais perdue, perdue perdue...


Je sursautais, d'un coup, surprise de sentir des mains à température plus... A température normale sur mes épaules. Et encore plus de voir le visage de William en face de moi. Je me jetais dans ses bras et le serrais comme je l'avais jamais fait, rassurée de le voir ici et non pas dans ... Dans l'océan. De le voir, de le savoir vivant et contre moi, de savoir que j'avais réussi à le sauver la première fois et que la seconde n'était qu'un simple cauchemar. Que le pyromane n'était plus là, et que lui était vivant.

- Tu... Tu... Tu tombais William, du haut de la falaise et et... J'arrivais pas à t'empêcher... Je... Je... murmurais-je d'une voix de plus en plus faible, qui s'éteint totalement au bout du compte.

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Dernière édition par Anaïs Young le Dim 24 Avr - 16:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Dim 24 Avr - 16:36

         William, surpris de sa réaction - ou plutôt de son manque de réaction en le voyant, qui après considération était plutôt normal étant donné son cauchemar, elle avait besoin de tout le réconfort disponible - la serra lui-aussi contre lui, en espérant qu'elle puisse puiser dans ce contact de quoi faire fuir ses peurs vivaces qui venaient de lui porter un coup. Elle s'accrochait à lui comme une naufragé saisirait sa bouée de sauvetage, tendue comme jamais. Ses larmes mouillaient son tee-shirt mais il n'en avait que faire. Dans ce mélange de bras, il caressa la tête d'Anaïs en attendant qu'elle se calme, la berçant légèrement comme on le ferait à un enfant qui a peur du noir. C'était le même type de peur, de cauchemar, des choses ancrées en nous que les gens normaux oublient sans trop d'efforts en grandissant. Ceux qui avaient rouvert leurs cicatrices, ou qui s'étaient fait blessés de nouveau n'avaient pas cette chance. Leur sang ravivait les graines de terreur qui germaient, poussaient et s'enroulaient autour de leur propriétaires comme pour mieux les étouffer dans leur sommeil. Ce n'était pas un poison foudroyant, non, c'était une prison mouvante construite sur-mesure pour mieux les enfermer dans eux-mêmes. Alors, ici et maintenant, avec Anaïs dans ses bras, il s'employait à la libérer de sa cage pour la ramener doucement à la réalité. Tant pis si elle le détestait, le haïssait même après ça, mieux valait qu'il soit là pour ce genre de chose, parce que dans l'environnement de l'Institut, il était le seul capable de la rassurer. Peut-être qu'une fois qu'elle sera revenue dans la boucle de Miss Tit, quelqu'un d'autre sera en mesure de prendre ce rôle. Cette pensée lui fit mal et il resserra sa prise sur la jeune fille, pas assez pour l'étouffer mais juste s'assurer qu'elle irait bien dans ce monde de fou, qu'elle serait toujours là, et que maintenant, elle était avec lui et avec personne d'autre. Lequel des deux vivait dans un cauchemar, à présent ? C'était à se demander après leurs récentes et malheureuses mésaventures. Redeviendrait-elle un jour comme avant ? Surement pas, mais elle traverserait ça. Elle devait le traverser.
      William respira profondément, on ne peut plus calme, et invitait par son attitude à Anaïs de faire la même chose. Ses hoquets étaient douloureux à entendre, mais mieux valait qu'elle pleure plutôt que de garder toute cette souffrance pour elle. Il voulait même bien la supporter pour elle, si ça avait été possible, au point où il en était un de plus ou de moins ça ne devait pas faire si mal non ? Mais puisqu'il arrivait à vivre avec depuis si longtemps, Anaïs en était capable aussi. Il serait là pour l'aider, elle ne fallait pas qu'elle l'oublie.

     "C'est fini, c'est fini, tu n'as plus rien à craindre," chuchota-t-il en attendant patiemment qu'elle se calme.

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Lun 25 Avr - 21:42

Dans les rêves, on s'échappe doucement de la réalité, sans s'en rendre compte, sans même le comprendre puisqu'il est possible de se réveiller dans un rêve, et de se demander ensuite pourquoi on s'est réveillé une nouvelle fois, mais cette fois dans la vraie vie. Les deux mondes sont totalement opposés, voir un chien à trois têtes pouvait être tout à fait normal et ne pas se rendre compte de l'improbabilité de la chose dans son rêve. Ils étaient collés, mais différents quand même, et dans cet état de sommeil, on ne réagissait plus. Pour réussir à se réveiller d'un rêve, encore fallait-il saisir que rien n'était vrai, juste une invention de notre cerveau, de notre mémoire. Je n'aurais jamais compris que ce n'était pas réel, que William n'était pas tombé, que le pyromane n'était plus là. Jamais. Sur le coup, je me souvenais même plus que j'étais censée être à l'Institut. La réalité était oubliée pour laisser place aux nouveaux décors. Après un cauchemar, le réveil était le plus souvent libération, le retour au calme et à la vraie vie, la sortie du l'horreur. Mais si la vraie vie était aussi horrible que le cauchemar, je devais faire quoi ? Être sortie du sommeil ne me donnait pas plus envie que ça d'être éveillée, je ne voulais ni dormir, ni rester debout, juste comater comme je le faisais depuis que Victor m'avait amenée dans cette chambre, sans possibilité de m'occuper pour passer le temps, ni l'envie, je l'avouais. C'était sortir d'un cauchemar, pour en retomber dans un second, moins horrible, certes, mais un cauchemar restait un cauchemar. Je n'avais vraiment rien fait, trop chamboulée, trop détruite par ce trop plein d'émotion, et brisée par les paroles et le manque de le voir. J'avais déjà dit que je ne serai pas capable de me redresser seule. Pourquoi avait-il remué le couteau dans la plaie ?
Sur le coup de la peur et de la surprise, je n'avais réagi qu'à moitié à la présence de William. Oui, j'avais compris qu'il était là, merci, mais l'épisode de la dernière séparation n'était pas encore revenue dans ma petite tête endommagée. Et je n'allais pas le repousser alors qu'il était là, que j'avais besoin de lui. Si j'avais voulu le faire, c'était avant, plus maintenant, et l'envie manquait aussi. J'avais la tête calée dans son cou, en respirant le plus lentement possible pour me calmer. Rien que d'être comme ça, de me sentir dans mes bras m'assurait que j'étais bien sortie du cauchemar, moi aussi vivante et en à peu près bonne santé. On pouvait trouver pire, oui, il y avait forcément pire. Après s'être presque fait violer, brûlée à mort par un pyromane, frappée par son petit ami... Ouais, si si il devait bien y avoir pire : j'avais mes deux bras (un peu abîmés mais autant ne pas y penser), mes deux jambes et il n'avait pas su me violer. Oui, il fallait relativiser, voir le bon côté des choses... Je déglutissais avec difficulté, la gorge serrée et douloureuse par la pression des larmes, qui avaient cessé de couler. Je lui en voulais, oui, et non. Après ce qu'il avait dit durant l'entretien les choses avaient changé, je ne savais plus comment réagir en conséquence. J'avais espéré qu'en le voyant les choses s'éclairciraient... Elles n'étaient pas décidé alors, parce que rien n'avait changé, c'était tout comme le brouillard dans mon cauchemar : on ne voyait plus rien.

- Tu m'as fait mal, William. lâchais-je alors.

Ce n'était pas sur le ton de la rapproche, aucune colère n'enflammait ma voix, ce n'était qu'une constatation pour le mettre au courant, pour faire un bilan de la dernière situation.  

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Sam 30 Avr - 13:43

    William se mordit la lèvre. En énonçant tout haut son forfait accompli, elle le mettait face à une vérité qu'il était forcé d'affronter. Il était là pour ça, alors pourquoi avait-il si peur de la casser un peu plus entre ses bras ? Pourquoi craignait-il d'achever la souffrance qui transpirait déjà d'elle, d'ouvrir un peu plus la blessure qu'il avait déjà aggraver il y a peu ? Bien sur qu'il lui avait fait mal, il le savait au plus profond de lui depuis l'instant où il avait prononcé ces mots, même si sur le moment la colère dévastait tout. L'immense culpabilité était venue plus tard, quand la pression était redescendue et la nervosité revint au galop en repensant à ce moment où, enfin, il avait pu penser par lui-même, sans être étouffée par la haine, où le voile de l'agressivité avait déserté son regard et qu'il s'était rendue compte de ce qu'il avait dit. Imaginer les mains des infirmiers sur lui le rendaient malade, mais ce n'était rien à côté de perdre Anaïs. C'était fou comme l'Institut réunissait physiquement les personnes mais avait le don de les éloigner psychiquement. Ou peut-être était-ce les drames, en tout cas, il lui semblait qu'être avec une personne qui lui est cher et en même temps à des années lumière d'elle psychiquement était une chose très difficile à supporter. Il n'y avait qu'une personne à blâmer, ici, et c'était lui. William n'avait pas de réponse à fournir. D'ailleurs, c'était une affirmation, une simple constatation qui, si elle n'était pas agréable à entendre, n'en était que plus juste.

     "Je sais."

       William chercha ses mots pendant quelques secondes, une réponse valable à lui fournir, sans en trouver aucune. Il était à deux doigts de partir pour la laisser en paix.

    "Je suis désolé, fit-il, si tu veux que je parte, je..."

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Sam 30 Avr - 19:46

Pourquoi ? Pourquoi voulait-il partir ? Ne voyait-il donc pas que j'avais besoin de lui ? S'il savait... La dernière fois que je l'avais vu, j'avais ensuite un peu parler à Victor, il m'avait expliquée que je resterai un temps indéfini pour voir si mon état se dégradait ou si je m'en remettais. Qu'ils m'apporteraient mes repas dans ma chambre, et qu'avec un peu de chance je pourrais un jour aller manger dans la salle commune. Que je trouverai des affaires dans les armoires, que tout allait bien se passer, que j'allais me reposer que ... Des paroles pour essayer de me rassurer, comme il l'avait fait dix minutes auparavant. Ensuite, il s'était levé, et m'avait amenée ici, une chambre spacieuse, un peu vieille (par rapport au reste de l'Institut, c'était assez étonnant), comportant un grand lit à baldaquin, une salle de bain juste à côté, une armoire, un bureau, une chaise. Un grand tapis décorait le sol, tous les meubles avaient l'air de dater, encore plus que chez Miss Tit. Et il m'avait laissée là, pour que je me "repose". Cela faisait au moins un jour, maintenant. Une journée à passer, allongée, ou assise dans le lit, à penser à la boucle. Ce qui est pratique avec la tristesse, c'est que, de fils en aiguille, on arrive toujours à repenser à quelque chose qui n'a rien à voir. Et moi, hier, je me suis dit que j'aurais bien aimé avoir quelqu'un, puisque William n'était pas là. J'aurais aimé avoir des parents, quelqu'un à qui parler, pour expliquer, me soulager de ma douleur, quelqu'un qui aurait pu me dire que j'allais retrouver ma chambre dans la boucle, avec mes affaires. Ma sœur, même, juste pour savoir qu'elle était là, et non pas dans un monde totalement différent du mien : avoir une famille. La nuit, l'obscurité, ça a tendance à être vicieux, et à rappeler toujours le pire. A jouer avec les nerfs, à faire remonter la mélancolie et les larmes, qu'on ne voit jamais dans le noir. Et moi, toute seule dans une chambre inconnue, sombre, alors que je n'avais jamais été aussi seule qu'à ce moment, j'avais rêvé d'avoir un entourage, une famille. Qui n'existerait sans doute jamais.  
Et maintenant que ce que j'avais espéré hier était là, il voulait partir ? Je l'aurais bien serré encore plus dans mes bras, pour lui montrer que je ne voulais plus le lâcher, mais j'avais peur de l'étouffer à force. Pour qu'il ne puisse pas finir sa phrase, et dire de nouveau qu'il allait partir, je l'embrassais. 

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Ven 6 Mai - 22:11

      ...m'en vais. William n'avait pas eu l'occasion de finir sa phrase, couper en plein élan par une délicieuse interruption. Ce geste était on ne peut plus explicite. Elle lui démontra par 1 + 1 = 2 qu'elle voulait qu'il reste, et ce en comblant le faible espace entre eux. William sentit son désir flamber et prit sur lui pour ne rien tenter du tout. Il avait peur de la brusquer, de faire quelque chose qui allait faire voler en éclat ce moment. Il avait attendu si longtemps de pouvoir la toucher qu'il pouvait bien attendre encore une journée, deux semaines, voir un an ou deux. Elle ne lui avait sans doute pas pardonner, mais elle voulait qu'il reste, c'était un bon pas vers la réconciliation complète, non ? Il n'y a pas si longtemps, il ne pouvait pas la toucher et elle ne pouvait pas l'approcher sans risquer d'être blessée, alors pourquoi tardaient-ils toujours à se démontrer leur affection autrement que par des mots, maintenant que le contact était autorisé ? William faisait des efforts avec Anaïs, même s'il n'avait jamais été doué pour parler - cela se voyait particulièrement quand il était avec quelqu'un d'autre qu'elle, ce qui arrivait beaucoup plus souvent dans l'Institut que dans la forêt - mais ces efforts ne fonctionnaient pas toujours, et il avait tendance à les faire voler en éclats quand il était énervé (et c'était un euphémisme). C'est encore ce qui s'était passé hier, et un doute s'était alors emparé de lui et l'avait suivi jusqu'à cette chambre : et si, à force, elle ne le croyait plus quand il lui disait son importance et sa beauté ? Et si elle ne lui faisait plus confiance maintenant qu'il avait une fois de plus tout fait foirer ? Ç’aurait été compréhensible. Naturel. Évident. Mais non, elle venait une nouvelle fois de faire table rase, et en un instant, William avait tout oublié. Et se retenait d'en demander plus. Il décolla d'elle les bras qui l'encerclaient et prit avec douceur son visage entre ses mains, se sépara d'elle pendant quelques secondes, le temps de l'admirer et de passer les pouces sur ses joues pour sécher ses larmes, avant de l'embrasser de nouveau, en étant le plus doux possible (ce qui n'était pas du tout dans son tempérament, on peut le dire).

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Sam 7 Mai - 23:41


William s'éloigna doucement, pour prendre mon visage dans ses mains. De ses pouces, il chassa mes larmes qui n'avaient pas encore séché complètement puis rapprocha ses lèvres des miennes, encore tremblantes. Ce qui est bien avec les séparations, c'est qu'avec nous il y aura toujours des retrouvailles, où un de nous deux essayera d'aller rattraper l'autre. Et ces retrouvailles elles font du bien, elles sont agréables, douces. J'esquissais un sourire fatigué contre ses lèvres, sans bouger. La dernière chose que je voulais en cet instant c'était bouger, me séparer de lui, ou m'en éloigner, même de quelques centimètres. Je le voulais proche, plus proche que jamais maintenant que nous pouvions nous toucher, nous embrasser ; je ne le lâcherais plus. Et puis, j'étais coincée à l'Institut, et lui aussi, qu'est-ce qui pouvait nous séparer désormais ? Je n'avais plus à attendre de longs mois qu'on me donne l'autorisation de le voir. Le temps et la distance ne seraient plus mes ennemis comme cette année d'attente. C'était un des bons points de la chose. A cette pensée, je mis de côté la douceur dont il faisait preuve pour l'embrasser farouchement et avec passion. J'en avais assez de devoir me retenir. Là, nous étions dans le noir, et ma chambre ne devait pas être la plus surveillée en pleine nuit. Alors bon. Je ne me gênais pas pour l'embrasser, encore et encore.
Puis la fatigue me retomba brusquement dessus, je n'avais pas fini ma nuit à cause de mon cauchemar. Sans me détacher de lui, je l'emportais avec moi pour m'allonger sur le lit. Il n'était pas dans les couvertures comme moi, mais j'espérais bien qu'il s'y mettrait, et qu'il ne retournerait pas dans sa chambre quand je me serai rendormi. Fatiguée, je détachais finalement mes lèvres des siennes et le regardais, un léger sourire planant sur mes lèvres. Même dans l'obscurité je discernais ses traits, son visage dans son ensemble, et ses yeux, qui restaient ouverts et me regardaient. Je passais ma main sur sa joue, puis jusqu'au coin de sa bouche, mes yeux se fermant peu à peu.

- Je suis contente que tu sois venu... murmurais-je d'une voix qui témoignait de ma fatigue.

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Dim 8 Mai - 10:42

        Le moins qu'on puisse dire, c'était qu'elle avait repris du poil de la bête. Anaïs prit de nouveau les devants en l'embrassant avec ferveur. Oh la la si elle ne voulait pas l'allumer c'était raté, elle ferait bien d'arrêter ça tout de suite avant qu'il ne fasse un malheur. Instrument qui n'avait pas son mot à dire, William la sentit le tirer en avant et n'eut pas le temps de réagir qu'elle basculait sur l'oreiller en l'entrainant dans sa chute. En oubliant cependant une chose : le jeune homme était plus grand qu'elle et se cogna à la tête de lit en essayant de ne pas l'écraser du même coup. Les mains de chaque côté de la tête d'Anaïs, il se décala et jura comme un charretier dans l'obscurité. Si Anaïs se retint de rire, elle ne le montra pas ou il ne le remarqua pas. Il finit par obtempérer tout de même à son ordre implicite en se laissant tomber à ses côtés. Sur les draps peut-être, mais en s'allongeant quand même. Le jeune homme se tourna vers elle, détaillant son visage à peine éclairé, le doux ciselé de sa mâchoire, la courbure de ses lèvres, la finesse de ses traits et l'harmonie qui régnait entre eux.  Il remarqua aussi la fatigue qui n'avait rien à faire là. Si chez lui, elle exacerbait ses sens et le rendait plus nerveux, plus à fleur de peau, et qu'il la connaissait si bien qu'elle faisait à présent parti du décor, Anaïs, elle, ne paraissait que plus fragile et vulnérable en sa compagnie. Après un moment de calme, où William avait l'impression de n'entendre que son cœur battre dans la pièce, Anaïs toucha son visage, chose qu'il trouva étrange et agréable. Depuis combien de temps ne lui avait-on pas témoigné une telle forme d'affection ? Hormis Anaïs, personne ne pouvait le toucher, ça réduisait fortement les probabilités.
         Elle le surprit de nouveau en énonçant ces mots. S'il avait su, il n'aurait pas passé des heures à gamberger sur la conduite à tenir en pareilles circonstances ! Elle ne savait pas combien il avait été mal en reprenant ses esprits, tout comme il ne pouvait qu'imaginer le ressenti d'Anaïs sur ce qu'il s'était passé.

        "Ouais, moi aussi," chuchota-t-il, la gorge sèche.

        Elle allait s'endormir, c'était sûr. Il devra alors s'en aller, non ? Mais il avait désespérément besoin de ce contact et d'une nuit de sommeil complète. Simplement une. Il plaça sa main par-dessus la sienne pour lui signifier qu'il voulait qu'elle continue.

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Mar 10 Mai - 20:40

Je fus surprise lorsqu'il déposa sa main sur la mienne, m'incitant ainsi à continuer. Il s'était rapproché, allongé, et se tenait donc en face de moi, dans mon lit. Il n'avait pas refusé, j'en fus rassurée. Il aurait pu utiliser le prétexte de devoir retourner à sa chambre, je ne savais d'ailleurs pas comment il était venu ici, s'il avait le droit, s'il avait un couvre feu ou quelque chose comme ça. C'était le plus grand des mystères mais dans ma tête fatiguée ces questions n'étaient que secondaires, ma seule obsession était qu'il reste avec moi ce soir, et demain, et même après-demain. Je souriais, sans rien ajouter, caressais doucement sa joue, jusqu'au haut de son front, et me rappelais tristement que la dernière fois que j'avais fait de pareils gestes, c'était lorsque nous étions au bord de la falaise et qu'il s'y était brusquement endormi après sa ... Tentative. Mes doigts ne bougèrent plus durant quelques minutes, les sourcils froncés, puis je relevais lentement les yeux. Mon cauchemar me revint en mémoire : son corps tomber. Et si je n'avais pas été là ? Si je ne l'avais pas empêché de le faire ? Que serais-je devenue ? Je ne l'aurais jamais revu après qu'il ait décidé de couper les ponts, ça aurait été ma dernière image de lui, je n'aurais jamais su qu'il était en fait peut-être mort. Je clignais plusieurs fois des yeux, un peu perturbée par cette idée. Je ne l'aurais jamais revu, et même si nous n'étions plus dans la boucle, je préférais être ici que chez Miss Tit en sachant qu'il était tombé de la falaise. Mes pensées s'éclaircirent, ma main n'avait pas bougé, je me rendais compte de mon immobilité du moment, j'étais trop endormie pour faire quoi que ce soit sur le moment, ni même réagir.
Ayant de plus en plus de mal à retenir mes yeux qui se fermaient, je fis descendre me main pour attraper la sienne et m'approchais, finissant contre lui.

- Tu pourras toujours me faire confiance, tu sais. murmurais-je avant de m'endormir totalement.

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Mer 11 Mai - 20:12

      "Euh, ouais, sûrement."

      T'aurais pas pu trouver plus stupide comme réponse, William ? Vive la perte de crédibilité, tu viens de remporter la palme du mec le plus convainquant du monde, félicitations. Le jeune homme n'avait pas les idées très claires, tout ceci s'était déroulé un peu vite pour son cerveau fatigué, fallait pas lui en vouloir. Heureusement, quand William (qui était jusqu'à présent en train de fixer l'obscurité qui se nichait dans le tissu au-dessus d'eux) risqua un œil vers elle, il constata qu'elle dormait à poings fermés. Une chance pour lui vu la réponse pas très éclairée qu'il venait de lui fournir. Il n'était vraiment pas doué pour le langage oral, on se demandait parfois comment Anaïs faisait pour le comprendre. C'était surement parce qu'elle le connaissait bien, et parce qu'il s'exprimait globalement mieux et beaucoup plus souvent en sa présence. Remarque, il avait de la chance qu'elle mise sur ses paroles et non sur ses actes, (et que, parfois, elle fasse l'inverse) parce qu'avec lui, elle en voyait des vertes et des pas mures.
Appuyé sur un coude, il se redressa un peu pour s'approcher d'elle. Seuls quelques centimètres le séparait de la belle endormie tournée vers lui, il sentait son souffle sur son bras replié. Ce lit, ce décor... Il ne l'avait pas vu dans sa globalité mais cette immersion dans le passé lui rapportait une foule de souvenirs. Rien que l'odeur du bois... La scierie dans le petit village où il avait grandi ne se trouvait pas loin du tout, et ils y allaient souvent, avec son frère. Il y avait tant de choses qu'il avait oublié...
William contemplait le visage d'Anaïs encadré de boucles blondes. Elle était détendue, paisible. Elle avait presque l'air d'une enfant, délestée du poids que lui imposait la vie, surtout dernièrement. Qu'il lui imposait aussi. Du bout des doigts, il joua un moment avec l'une de ses mèches, prenant garde à ne pas la réveiller. Et puis, pris d'une inspiration soudaine, il parla. En français, cette langue qui réveillait de lointains souvenirs ancrés en lui, dont les consonances résonnaient d'une mémoire éteinte. Elle signifiait son enfance, qui, avant la guerre, avant de savoir qu'il était un particulier, avait été la meilleure période de sa vie. Mais le sujet de ses dires n'avait rien à voir avec tout cela.

     "Je t'aime," chuchota-t-il tout bas, d'une voix un peu hésitante, juste pour voir.

       Pour vérifier s'il parlait en la bonne langue, si tout ce dont il se souvenait n'était pas un rêve - cela lui semblait si loin, si flou... Mais non, il y arrivait encore. Et il en était étonné.

      "Je sais que même si t'étais réveillée, tu comprendrais pas un mot de ce que je raconte, rit-il tout bas pour lui-même, mais je t'aime comme je pensais pas être capable d'aimer quelqu'un."

     Il se tut, et resta là, à l'observer un long moment dans la chambre silencieuse. Être là, pour bénéficier d'un peu de sa paix lui suffisait. Il finit par s'endormir, piquant du nez sur l'oreiller pour, enfin, sombrer dans un sommeil pas vraiment mérité, mais pourtant tellement bienfaisant.

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MessageSujet: Re: L'Institut - Bienvenue chez les particuliers très particuliers - Entrevue 2   Jeu 12 Mai - 21:03

Un léger bruit de porte se fit entendre dans la pièce, un jet de lumière, une personne qui entre, qui sort, referme la porte derrière elle. Mes yeux s'entrouvrirent une fois, deux fois, je ne discernais au début que du noir, mais petit à petit, je vis William, qui dormait en face de moi. Je relevais la tête, et cherchais pourquoi je m'étais réveillée. Dans le fond de la pièce, la petite lampe rangée sur la commode était allumée, et non loin d'elle, se trouvait un plateau. Comme hier, j'avais eu droit à ce même service, qui, je l'avouais, me mettait assez mal à l'aise. Qu'on me serve, qu'on me donne une telle chambre, des vêtements... Je trouvais ça tellement gênant alors que je ne devrais même pas être ici. Je jetais un coup d'œil au jeune homme, qui continuait de dormir tranquillement, et me levais pour approcher du plateau de déjeuner. Comme hier, il comportait de quoi bien manger. Je fis passer mon doigt sur le rebord du verre encore vide, mais finalement retournais m'allonger dans le lit. Il n'avait pas bougé, respirant doucement, lentement. Je souriais dans la pièce sombre et me glissais à côté de lui, en déposant ma main sur son torse. Elle remonta jusqu'à la base de son cou, pour redescendre tandis que j'avançais mon visage du sien, effleurant du bout des lèvres ses joues avant de l'embrasser délicatement, jusqu'au coin de sa bouche. Je n'allais pas le réveiller en lui tapant dessus, c'était la première fois que nous passions une nuit sans catastrophe, sans que je fasse semblant... Une vraie nuit, à deux, dans un même lit qui n'était pas un accident comme dans la boucle. Alors je pouvais bien le réveiller en douceur, sans qu'il ne tombe du lit, qu'il ne pète les plombs ou je ne sais quoi d'autre. C'était assez étrange de se dire qu'après autant de temps, nous venions seulement de passer une véritable nuit à deux. Tiens, j'allais devoir demander un lit double à l'ombrune une fois rentrée, parce que c'était bien plus confortable avec de l'espace que tous les deux collés l'un à l'autre pour réussir à tenir. Quoi que, en fait, être collés, c'était à revoir...

- William...  murmurais-je à son oreille, en esquissant un sourire.
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